Caroline Esterházy de Galántha (, née le à Penzing (Vienne) et morte le à Presbourg, est une comtesse hongroise, amie et égérie du compositeur Franz Schubert, qui lui a dédié en 1828 sa Fantaisie en fa mineur.
Biographie Caroline Esterházy naît en Autriche, à Penzing (Vienne). Elle est la fille de János Károly Esterházy de Galántha et de Róza Festetics de Tolna. Elle appartient à la famille noble hongroise des Esterházy..
Elle est pianiste amatrice, comme sa sœur aînée Marie. Les deux jeunes filles suivent des leçons de musique données par Franz Schubert, engagé comme maître de musique par le comte János (ou Johann, en allemand) pendant les étés 1818 et 1824, dans le domaine familial des Esterházy à Zselíz.
Comme le dit le pianiste, compositeur et musicologue Jérôme Ducros, spécialiste entre autres de Schubert : En fait, c’est la famille entière qui était musicienne. Non seulement avec divers instruments mais aussi pour le chant : vignette|Manoir de villégiature d'été du comte Esterházy à Zselíz, où Schubert enseigna la musique à Caroline et à sa sœur aînée Marie. Optant résolument pour l'hypothèse d'un grand amour secret et impossible de Schubert, Ducros indique :
On ne sait pas non plus si cet amour platonique était partagé par Caroline, ni même si Schubert le sût jamais. Dans le même sens, Misha Donat note en tout cas qu’en 1818, lors de son premier séjour à Zselíz, . [en secret].
Pourtant, Caroline a finalement été dédicataire d'une des œuvres les plus abouties de Schubert, et aujourd'hui l'une des plus célèbres, considérée comme l'un de ses chefs-d’œuvreVoir les nombreuses citations de musicologues qui corroborent cette appréciation dans l'article consacré à cette Fantaisie en fa mineur de Schubert. : la Fantaisie en fa mineur, D. 940, opus posthume 103, pour piano à quatre mains. Pièce pour quatre mains, , Préface (par le transcripteur) à l'édition de la partition suivante : , présentation en ligne :..
En effet, .
Toujours est-il qu'après l'été de 1824, Schubert et elle sont restés amis jusqu'à la mort de celui-ci, en 1828.
Beaucoup plus tard, le , Caroline épouse le comte Karl Folliott de Crenneville-Poutet mais le mariage est de courte durée et le couple se sépare. Elle meurt à Pressburg, actuelle ville de Bratislava en Slovaquie, le des suites d'une maladie intestinale.
Relation avec Schubert La nature des sentiments de Schubert pour la comtesse a fait l'objet de nombreuses spéculations.
Il existe en effet encore des controverses, chez les biographes et musicologues, sur la réalité comme sur l’importance de l'amour platonique impossible voué par Schubert à Caroline Esterházy, plus ou moins secret, et dont la frustration sublimée en ferait l'origine de certaines des œuvres les plus belles et les plus déchirantes de la fin de sa vie, ce qui place la jeune femme en position de « muse » et inspiratrice. Ainsi, comme l’écrit Bauernfeld, dramaturge et ami intime de Schubert :
Si certains critiques en doutent, mettant en cause les sources., d'autres l'affirment en s'appuyant sur certaines remarques allusives des lettres de Schubert, ainsi que sur des témoignages d’époque de ses amis les plus proches, notamment Eduard von BauernfeldTémoignage d'Eduard von Bauernfeld à retrouver chez : ., Moritz von SchwindNotamment dans une lettre datée du 2 août 1824, envoyée depuis Zseliz par Schubert à Schwind : , présentation en ligne :., Franz von Schober, et Karl von SchönsteinCe témoignage de Schönstein, dans une traduction légèrement différente, est aussi repris dans la biographie de Schubert écrite au par ...
D’autres encore évoquent même la possibilité d'une homosexualité de Schubert, bien cachée et encore moins attestée (mais rappelons que celle-ci était encore à l'époque un délit, voire un crime, poursuivi pénalement dans l’empire des Habsbourg-Lorraine très catholiques, sous la férule de Metternich)C’est aussi l’hypothèse de Charles Rosen dans la polémique qui semble l’opposer à Rita Seblin déjà évoquée : .
D'ailleurs, comme le dit Rita Seblin dans son article sur son livre : .
Hommages et postérité vignette| "Schubertiade chez Josef von Spaun", de Moritz von Schwind. Un portrait de Caroline Esterházy est accroché au-dessus du piano où joue Schubert. Moritz von Schwind, dans son dessin "Schubertiade at Josef von Spaun", montre un portrait de Caroline Esterházy au-dessus du piano dont joue Schubert.
Plusieurs films ont évoqué les relations de Caroline Esterházy et de Schubert, notamment Gently My Songs Entreat (1933), Unfinished Symphony (1934) et Symphony of Love (1954).
La comtesse est également un personnage principal d'un roman de Gaëlle Josse, Un été à quatre mains.
Références
Voir aussi Articles connexes Franz Schubert Fantaisie en fa mineur (Schubert) Liens externes
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