La (« farine salée ») est, dans la religion de la Rome antique, un mélange de farine d'amidonnier grossièrement moulue et grillée et de sel préparée par les Vestales et utilisé dans chaque sacrifice officiel. Elle est saupoudrée sur le front et entre les cornes des victimes animales avant leur sacrifice, ainsi que sur l'autel et dans le feu sacré Ariadne Staples, From Good Goddess to Vestal Virgins: Sex and Category in Roman Religion (Routledge, 1998), 154-155.. Son utilisation était l'une des nombreuses traditions religieuses attribuées à Numa Pompilius, le deuxième roi Sabin de RomeFernando Navarro Antolín, Lygdamus. Corpus Tibullianum III.1–6: Lygdami Elegiarum Liber (Brill, 1996), 272-272 ..

La (« farine salée ») est un mélange de farine et de sel. Le , servant à sa préparation, doit être identifié à l'amidonnier ( subsp. ) de préférence à l'épeautre ( subsp. ). Sa préparation est dévolue aux vierges Vestales (). Il en est de même de sa conservation et vraisemblablement de sa distribution.

Notre principale source littéraire sur la fabrication de la est une glose du Pseudo-Servius au de Servius sur la de Virgile. Chaque année, les trois Vestales les plus âgées (), des nones de mai à la veille des ides de mai, un jour sur deux, placent des épis dans des corbeilles de moissonneurs et les autres vestales elles-mêmes torréfient, pilent et mélangent ces épis puis réservent la mixture. Trois fois par an, aux Lupercales, aux fêtes de Vesta et aux ides de septembre, les jeunes vestales fabriquent la en ajoutant du sel, cuit ou brut, à la mixture.

La céréale utilisée est le dont est dérivé (« tiré du , farine »). Le est aussi connu comme l' ou l'. Il consiste en un blé dur à grain vêtu, désormais identifié à l'amidonnier plutôt qu'à l'épeautre, et sans barbes au contraire du cultivé en Campanie et en Ombrie. Technique antérieure au battage, le grillage convient particulièrement au blé à grain vêtu qu'est le car il permet l'élimination des glumelles avant de piler ou de moudre ; d'autre part, en convertissant en dextrine une partie de l'amidon, il donne à la farine une saveur douce.

L'attribution aux Vestales de la moisson du destiné à la n'est pas attestée par le témoignage pseudo-servien : elle résulte d'une interprétation moderne, proposée par (-) en mais explicitement rejetée par (-) en .

En , (-) propose de relier la au culte des Argées (). Elle suggère qu'aux sanctuaires des Argées, doivent être associés des champs céréaliers publics sur lesquels est cultivé le destiné à la ; et que les résidus du récolté pour la servent à la fabrication des mannequins ou figurines anthropomorphiques qui, les ides de mai, sont jetés dans le Tibre depuis le pont Sublicius.

Les auteurs antiques ne reliant pas la à la (saumure), ils ne répondent pas à la question de savoir si celle-ci est un ingrédient de celle-là. Pour des auteurs modernes, la étant fabriquée à partir de et/ou de , elle est un ingrédient essentiel de la . Pour d'autres auteurs modernes, la est un des deux ingrédients salés de la , l'autre étant le .

De , est dérivé le verbe (« saupoudrer la tête de la victime de ») ; et, de celui-ci, est dérivé (« action de saupoudrer » ainsi la victime) qui est la phase de la procédure sacrificielle qui suit la et précède l'abattage de la victime ; en effet, l' se compose des trois gestes suivants : le sacrifiant saupoudre de la tête de la victime ainsi que le couteau sacrificiel et l'autel ; il verse du vin sur le front de la victime ; et, juste avant ou juste après avoir versé le vin, il passe un couteau sur le dos de la victime en traçant une ligne imaginaire de la tête à la queue.

D'après Pline l'Ancien, c'est à Hémina que remonterait la tradition attribuant à Numa l'introduction tant de la .

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie

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