Ishaq Ibn Imran () est un médecin, originaire de Samarra (Irak), qui exerce à Bagdad puis à Kairouan entre la fin du et le début du .

Biographie Bien qu'il n'existe que peu d'informations sur sa vie, il est admis qu'Ishaq Ibn Imran est originaire de Samarra, qu'il exerce un temps à Bagdad puis, sur demande de l'émir des Aghlabides Ibrahim II, à Kairouan (capitale de l'Ifriqiya), ville de l'actuelle Tunisie. Il est également le médecin de l'émir suivant, Ziyadat Allah III qui finit par ordonner sa mise à mort.

Médecin de l'émir Ishaq Ibn Imran est relativement âgé lorsqu'il entre au service d'Ibrahim II. Bénéficiant probablement d'une solide réputation à Bagdad, il est contacté par l'émir Ibrahim II qui lui écrit en lui promettant qu'il serait libre de partir quand il veut, lui fait parvenir une monture et de quoi subvenir à ses dépenses liées au voyage depuis Bagdad afin qu'il devienne son médecin.

Après la mort d'Ibrahim II, il entre au service de Ziadet Allah III.

Fondateur de l'École médicale de Kairouan, il a comme élève Isaac Israeli ben Salomon (avec qui il est parfois confondu)

L'émir s'adjoint aussi un autre médecin venant d'Espagne, qui est régulièrement en désaccord avec les recommandations d'Ibn Imran.

Il est finalement disgracié par l'émir.

Disgrâce Les hypothèses et légendes entourant les conditions de la disgrâce d'Ishaq Ibn Imran sont rapportées par Ahmed Ben Miled. L'auteur suppose qu'Ishaq Ibn Imran, surnommé le (probablement parce qu'il savait préparer un poison conduisant à une mort rapide), aurait refusé une demande de l'émir qui l'aurait alors renvoyé.

Sans revenu, il décide de proposer ses services aux habitants de la ville mais l'émir finit par ordonner sa mise à mort.

Travaux Sur les treize ouvrages qui lui sont attribués (dont un seul nous est parvenu), certains sont cités par Ibn Abi Usaybi'a dont :

Traité des médicaments simples Son Traité des médicaments simples est de nombreuses fois cité par plusieurs auteurs dont Rhazès et Ibn al-Baytar.

Traité sur la mélancolie Le seul ouvrage encore disponible est son Traité sur la mélancolie (composé de 22 feuillets). Constantin l'Africain le traduit sous le titre De melancholia sans préciser le nom de l'auteur original.

Au , époque où Ishaq Ibn Imran rédige probablement son Traité sur la mélancolie ( soit Maqālah fī l-mālīkhūliyā), la théorie des humeurs est encore admise.

Dans cette théorie, un excès de bile noire (ou de mélancolie), l'une des quatre humeurs, entraîne la mélancolie. Bien avant lui, de nombreux médecins et penseurs grecs s'y sont intéressés et Hippocrate en donne la définition suivante :

Ishaq Ibn Imran a connaissance des travaux de ses prédécesseurs (ce que son Traité prouve) et, bien qu'il s'inspire notamment de Rufus d'Éphèse, il estime que les connaissances sur la mélancolie sont insuffisantes et commence son Traité en le soulignant :

Son Traité se compose de deux parties. Dans la première, il expose les différentes caractéristiques de la maladie, ses symptômes, l'étiologie, la pathogénie et, dans la deuxième, donne des indications thérapeutiques, et ..

Ishaq Ibn Iram est dans la même lignée qu'Hippocrate (la mélancolie comme excès de bile noire), mais il va plus loin en indiquant la possibilité de causes purement psychiques.. Il indique que la et ajoute que les .

La mélancolie se manifesterait alors de diverses manières : états dépressifs, hallucinations, phases de délires ou encore phobies.

Il affirme aussi que mélancolie et activité intellectuelle peuvent se stimuler mutuellement. Cette opinion jouera un rôle important pendant la Renaissance européenne, en s'associant à la notion astrologique de .

Parmi les causes possibles de mélancolie, , Ishaq Ibn Imran, musulman, étant probablement influencé par sa foi. Quand il s'inspire de Rufus d'Éphèse , il écrit .

Toutefois, alors que chez Rufus il aurait été question d'Atlas, pour Ishaq Ibn Imran

Les causes possibles avancées par Ishaq Ibn Imran sont, par exemple, d'ordre héréditaire ou environnemental.

La dernière partie, qui fait plus de la moitié du Traité, est dédiée aux traitements. À cette époque, il est encore admis que la bile noire serait la cause de la mélancolie, les indications thérapeutiques ont donc pour but d'expulser cet excès de bile noire. Mais l'auteur y donne aussi

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

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Articles connexes Médecine arabe au Moyen Âge Mélancolie

Liens externes

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