Le fleuve Adour prend sa source dans les Pyrénées occidentales (au sud) et rejoint vers l'ouest le golfe de Gascogne (océan Atlantique), au sud des Landes de Gascogne, en décrivant une courbe de 335 km. Les Pays de l'Adour (lous Païs d'Adoù(r) en gascon, dictionnaire de Simin Palay), territoires traversés par l'Adour et ses affluents, s’étendent ainsi depuis (au sud) les Pyrénées occidentales et leur piémont jusqu'à l'océan (à l'ouest) et à la limite (ligne de partage des eaux) entre bassin de l'Adour et bassin de la Garonne (au nord et à l'est).

Objets d'études et de propositions de regroupement en une région, ils forment moins un échelon administratif qu'une région naturelle au sud-ouest de la France. Ils recouvrent plusieurs provinces historiques, reliées par le fleuve Adour ou ses affluents, dont le Pays basque français, le Béarn et la Bigorre, les pays de l'Adour landais, et sont par ailleurs mentionnés dans le nom officiel de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. La documentation disponible permet de préciser les notions de Pays de l'Adour des points de vue géographique, historique, économique ou culturel.

thumb|Carte topographique des Pays de l'Adour, entre Garonne (et ses affluents), Atlantique et Pyrénées

Etudes rétrospectives et prospectives Les Pays de l'Adour, de tradition pays d'agriculture et d'élevage en majorité, ont connu une évolution considérable à partir des années 1950 : développement industriel d'une partie du Béarn notamment, tandis que l'agriculture se transformait considérablement. À l'échelle de cette région, naturelle mais non officielle, des divisions et obstacles administratifs freinent cependant la possibilité de synergies.

« Abadies » médiévales des pays de l’Adour Une « abbaye laïque » (abadia en ancien gascon, abadie en gascon graphie fébusienne) n'est pas liée à un ordre religieux ; ces établissements sont une particularité des pays de l’Adour du Moyen Âge. Elles étaient présentes à la fois dans les vallées de montagne et dans le piémont pyrénéen occidental du nord des Pyrénées, principalement le bassin intérieur de l'Adour (entre le fleuve et les Pyrénées), mais pas au-delà des pays de l'Adour. .

Le principe de fondation était la création d'une paroisse par un seigneur, même petit, afin d'en prélever la dîme à la place des autorités religieuses, à charge pour lui d'entretenir une église. Il peut y avoir eu une ou deux, voire plus, abbayes laïques dans une commune actuelle.

Abadie et ses dérivés (Dabadie, Labadie) sont parmi les patronymes les plus courants des pays de l’Adour.

Les pays de l'Adour d’après la carte des Cassini La géographie humaine des Pays de l'Adour au XVIIIe siècle a été étudiée en analysant les documents de la carte de Cassini (« qui comprend tous les lieux de la France », établie entre 1760 et 1780 pour la région). De vastes espaces sont encore couverts de bois (feuillus au sud) ou landes, mais les conifères sont nettement en retrait vers le nord, au-delà du pays de Seignanx (les plantations massives de pin datent du XIXe siècle).

Un défrichement important est cependant entamé, surtout dans le nord et l'est du Béarn. L’habitat est groupé en gros villages avec des cultures homogènes dans les vallées des Gaves dont la plaine de Nay. Dans les régions de coteaux, au contraire, l'habitat est morcelé et les exploitations dispersées ; les parcelles de vigne apparaissent d’ailleurs sous-représentées sur la carte, notamment dans le Vic-Bilh, d’après l'information fournie par les terriers de villages.

Les pays de l'Adour au XXe siècle L’attention pour l'entité Pays de l'Adour a été notamment porté par le G.E.T.I.S., association créée en 1965 par des ingénieurs d'Elf Aquitaine (SNPA), qui a focalisé ses travaux sur cette région occidentale du piémont pyrénéen. Son but initial était d’apporter une information précise et de réaliser des études prospectives, en suggérant des orientations concrètes de développement pour la région.

Le sigle G.E.T.I.S. signifiait d’abord « Groupe d'étude et d'information statistique des Basses-Pyrénées » (ancien nom, jusqu'en 1969, du département Pyrénées-Atlantiques), complété dès 1970 par un G.E.T.I.S. des Hautes-Pyrénées ; avec la prise en compte des départements des Landes et du Gers, en partie dans les Pays de l'Adour, le sigle devient « Groupe d'étude et d'initiative au service des Pays de l'Adour » en 1972. Les études régionales menées ont concerné de nombreux sujets, notamment la démographie, les villes, le secteur tertiaire, la presse, les résultats des élections, la disparité des revenus, etc.

La proposition émerge de création d'une région Pays de l'Adour. Un manifeste « Brisons les fatalités », publié en 1972, indique la volonté de passer à une phase plus politique. L'analyse dérange : elle considère que les Pays de l'Adour sont traités par l'Etat et son appareil administratif centralisé, alors gestionnaire majeur de l’économie, comme des pays sous-développés. Mais aussi qu’ils se comportent comme tels, en raison du poids du passé et des apathies locales. Pour remettre en cause ces « fatalités », le G.E.T.I.S. propose une stratégie de développement de la région des Pays de l'Adour et œuvre pour que se développe une conscience régionale aturienne.

Un exemple de défaut du découpage administratif est la présence des agglomérations de Pau et de Tarbes, à peine distantes de 30 km, dans deux régions différentes : elles dépendent de métropoles régionales différentes, respectivement Bordeaux et Toulouse, situées chacune à 200 km.

« La ligne qui sépare les Pyrénées-Atlantiques des Hautes-Pyrénées n’est dessinée clairement que sur la carte » (Raymond Ritter, ancien président de l’Académie de Béarn) : la frontière administrative départementale (et régionale) n’est pas une frontière géographique, et plutôt le résultat de hasards de l'histoire.

Organisation régionale

Lois d’organisation des régions Les « établissements publics régionaux » créés en 1972, sur une base géographique de groupes de départements français, deviennent en 1982 des régions avec statut de collectivités locales. Le périmètre de la majorité d'entre elles a été modifié au , date d'entrée en vigueur de la loi votée en 2014 modifiant, par fusion, le nombre et la taille des régions.

Lors du débat précédant le vote de la loi, des opinions favorables à la fusion entre Aquitaine et Midi-Pyrénées s’étaient exprimé, en vain : l'Aquitaine a néanmoins été finalement fusionnée avec Limousin et Poitou-Charentes, tandis que Midi-Pyrénées l'a été avec Languedoc-Roussillon.

On observe le principe d’étendre les régions en rattachant tous les départements (des ex-régions) à une métropole régionale majeure : dans le Sud-Ouest, Bordeaux pour la Nouvelle-Aquitaine et Toulouse pour l'Occitanie (région administrative).

Régions et départements Les pays de l'Adour restent partagés entre deux régions : Aquitaine et Midi-Pyrénées avant 2016, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie (région administrative) actuellement.

Concernant les départements français, l'Adour et (ou) ses affluents traversent, en tout ou partie : Les départements Pyrénées-Atlantiques et Landes en région Nouvelle-Aquitaine (actuellement, et région Aquitaine avant 2016). Les départements Hautes-Pyrénées et Gers en région Occitanie (région administrative) (actuellement, et région Midi-Pyrénées avant 2016).

Projet(s) de région des Pays de l'Adour L'espoir de création d’une région « Pays de l'Adour », à l’occasion de la création des « établissements publics régionaux » en 1972, ne s’était pas concrétisé. Après la création des régions françaises en 1982, une nouvelle proposition est déposée en 1994 pour une telle création, avec détachement de départements des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées d'alors.

Michel Inchauspé, député des Pyrénées-AtlantiquesMichel Inchauspé fut député des Pyrénées-Atlantiques d' à , puis d' à , et de à , défend le un amendement, approuvé en commission, au projet de loi d’aménagement du territoire, portant sur la création d'une région Pyrénées-Adour, de capitale Pau, formée (avec scission des Pyrénées-Atlantiques) de trois départements : Pays-Basque-Adour, Béarn et Hautes-Pyrénées.

Ses arguments : il s'agit de faciliter les coopérations transfrontalières avec l'Aragon, la Navarre et le Pays basque voisins espagnols, à l'exemple de l'Alsace avec ses voisins rhénans. Les chambres locales de commerce, des métiers et de l'agriculture sont favorables à cette création, l'opinion locale (consultée par sondage) également. Les deux régions existantes, Aquitaine et Midi-Pyrénées, parmi les plus grandes, restent de taille importante, tandis que la nouvelle région permet une autonomie de décisions pour y développer l'économie et l'emploi.

Les objections émises concernent le fait d'augmenter le nombre de collectivités territoriales, dont il est toujours délicat de modifier les délimitations, et appellent à plus de concertations préalables avec notamment le conseil général. M. Inchauspé est d'accord, et appelle même à un référendum auprès de la population. Autre objection, pour M. André Labarrère (maire de Pau de à , entre autres mandatsAndré Labarrère a été président du Conseil régional d'Aquitaine (de 1979 à 1981), député PS (de juin 1967 à juillet 1981, puis d'avril 1986 à septembre 2001), sénateur PS (d'octobre 2001 à mai 2006).) : la région envisagée serait petite, il appelle plutôt à réunir en une seule région l'Aquitaine (ancienne région), Midi-Pyrénées et une partie de Languedoc-Roussillon

L'amendement est rejeté. Dans un futur ultérieur (2015) ce seront Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon qui seront fusionnées. Les métropoles régionales Bordeaux et Toulouse, respectivement 4e et 5e aires urbaines de France, ne sont pas favorables à la création d’une région empiétant sur leur région respective.

Hydrographie Le bassin hydrographique de l'Adour fournit une délimitation des Pays de l'Adour. Ils comprennent ainsi la zone de montagne (des Pyrénées occidentales) où le fleuve Adour et ses affluents pyrénéens prennent leur source, et le piémont où se déposent, le long de leur cours, les alluvions fournis par l'érosion des Pyrénées.

Le tracé de la frontière franco-espagnole correspond, en principe, à la ligne de crête ou de partage des eaux et par suite délimite au sud le bassin versant des fleuves pyrénéens : Adour (excepté à l'ouest du Pays basque), Garonne (excepté au Val d'Aran) et son affluent l'Ariège, puis Aude (à l'est). Il s’agit ainsi de la limite sud des pays de l'Adour en Bigorre, Béarn, Soule et Basse-Navarre.

La Ténarèze, très ancienne voie (chemin) de circulation nord-sud jusqu'aux Pyrénées, via la vallée d'Aure, suit la ligne de partage des eaux entre le bassin de l'Adour et celui de la Garonne. Tracé (proto)historique de la limite entre les deux bassins hydrographiques, l'avantage de la Ténarèze fut de permettre les déplacements (y compris transhumance) sans devoir franchir de rivère.

Affluents pyrénéens de l'Adour Les principaux affluents pyrénéens de l'Adour sont : l'Arros (à l'est) qui conflue (en rive droite) peu après Plaisance (Gers), les gave de Pau et gave d'Oloron qui se joignent à Peyrehorade, 10 km avant leur confluence (en rive gauche) avec l'Adour. La Nive qui conflue (en rive gauche) avec l'Adour à Bayonne, peu avant son estuaire.

En Haute-Bigorre, l'Adour résulte de la réunion des trois torrents de montagne nommés adour : adour de Payolle, adour du Tourmalet et adour de Lesponne.

Vers l'ouest, de nombreux cours d’eau (torrents de montagne) nommés gaves sont affluents directs ou indirects du gave de Pau ou du gave d'Oloron ; ce dernier a pour origine la confluence du gave d'Aspe et du gave d'Ossau (nom de deux vallées pyrénéennes du Béarn) à Oloron-Sainte-Marie. Le Lavedan, vallée et bassin du gave de Pau en amont de Lourdes, est lui localisé dans les Hautes-Pyrénées.

Autres affluents de l'Adour