Fret SNCF était une entreprise ferroviaire française, qui, du au , est l'une des cinq sociétés constituant la SNCF. Elle faisait en outre partie de Rail Logistics Europe, le pôle fret et logistique ferroviaire du groupe SNCF.
Jusqu'au , Fret SNCF était une activité de la SNCF. L'activité était, par ailleurs, nommée SNCF MarchandisesDocument publicitaire SNCF Marchandises de 1985. jusqu'en 1989.
Dans le cadre d'une procédure de « discontinuité économique » choisie par le gouvernement français pour répondre à des accusations d'aides illégales portées par la Commission européenne, deux nouvelles sociétés lui succèdent au : Hexafret, pour le transport, et Technis, pour la maintenance du matériel...
Histoire Origines et développement Lors de la seconde moitié du , on assiste à une révolution dans le domaine des transports avec l'apparition du chemin de fer. Nécessaires pour les transports des marchandises, les réseaux ferroviaires vont se développer rapidement pour desservir une grande partie de la France. En 1852, le réseau français compte environ de voies. Ce chiffre atteint en 1870 et en 1882Petite histoire du chemin de fer en France.. La densité du réseau ferré est alors la plus élevée d’Europe. La construction du réseau principal s'est faite à l'image des axes routiers, en étoile autour de Paris.
vignette|Un train de Fret SNCF tracté par une BB 26000 (avec la BB 67478 en véhicule), à droite une ancienne halle à marchandises. Aux débuts du chemin du fer, le trafic des marchandises était traité dans des halles à marchandises souvent accolées aux bâtiments voyageurs des gares. Ces halles permettaient le chargement et le déchargement des wagons ainsi que l'entreposage des marchandises. Rapidement il devint nécessaire d'isoler le trafic marchandises du trafic voyageurs au moins dans les gares moyennes. Des halles à marchandises plus grandes et indépendantes des bâtiments voyageurs furent alors construites souvent en périphérie des agglomérations. Elles étaient pour la plupart dotées de vastes cours de débords — aussi appelées cours marchandises — permettant le transbordement entre les wagons et les véhicules routiers. Pour les plus grandes villes, des gares destinées uniquement au trafic des marchandises et comportant parfois plusieurs halles, bâtiments et cours furent également construites. Les wagons isolés, qui représentaient alors l'immense majorité du trafic, transitaient par plusieurs gares de triage. On voit également apparaître de nombreux embranchements particuliers permettant de relier directement un site industriel au réseau ferré. Si à l'origine le droit de raccordement au réseau ferré n'était autorisé qu'aux mines et aux usines, celui-ci a été entendu à d'autres catégories d'entreprises en 1898 et en 1908. En 1914, la France compte embranchements particuliers. Il n'était pas rare à l'époque de trouver des trains mixtes, voyageurs et marchandises, sur les petites lignes.
On distingue deux types d'acheminement des marchandises : la petite vitesse (PV) et la grande vitesse (GV). La petite vitesse représentait la majorité du trafic grâce à ses tarifs avantageux. La grande vitesse, plus coûteuse, était utilisée pour les marchandises nécessitant un transport rapide comme les fruits et légumes ou les animaux vivants.
La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) est née le 1937 par le regroupement des anciens réseaux privés et publics. Lorsque l'exploitation des anciens réseaux lui revient, le , elle dispose alors de de voies (à la fin des années 2010 le réseau ferré national compte un peu moins de de voies) et particuliers.
Le chemin de fer est mis en concurrence avec le transport routier dès les années 1930, on assiste alors aux premières fermetures de lignes. Ce phénomène s’amplifie dans les années 1950 et 1960. Si de nombreuses lignes sont fermées au service des voyageurs, le service des marchandises parvient souvent à se maintenir plus longtemps. Les petites lignes, généralement à voie unique, qui ne connaissent qu'un faible trafic marchandises sont alors désignées sous le terme de « lignes capillaires ».
Le 1946, la SNCF entreprend une réforme du transport de marchandises en remplaçant la petite vitesse et la grande vitesse par le régime ordinaire (RO) et le régime accéléré (RA). Grâce à cette réforme le régime accéléré représenta jusqu'à 33 % du trafic marchandises alors qu'à l'époque de la grande vitesse, celle-ci ne dépassa jamais les 13 %.
En 1948, la SNCF créée la Compagnie nouvelle de cadres (CNC) afin d'utiliser ce nouveau mode de transport.
Dans les années 1960, on comptait près de ou points frontières traitant quotidiennement entre de marchandises.
En 1970 est créé le Sernam, Service national des messageries, afin de s'occuper du transport des colis.
« Ferdom » (fer à domicile) était une activité de SNCF Marchandises qui consistait à transférer un wagon sur une remorque routière pour le livrer directement chez un client non desservi par le rail« Livraison/transfert de wagons par la route » sur le forum LR Presse..
vignette|Un train de Fret SNCF tracté par les BB 67544 et 67507. En 1980, le fret ferroviaire en France représentait de tonnes kilomètres« Fret ferroviaire : des mesures urgentes sont nécessaires » article Les Échos du 26 juin 2015. dont de tonnes kilomètres pour les wagons isolés.
Le 1983, la SNCF change de statut pour devenir un établissement public à caractère industriel et commercial.
En 1989, le régime ordinaire et le régime accéléré sont supprimés au profit du régime unique et SNCF Marchandises devient Fret SNCF.
En 1990, Fret SNCF avait transporté de tonnes de marchandises (dont de tonnes à l'international), employait , comptait et réalisait un chiffre d'affaires de de francs. Environ 90 % du trafic est traité au sein de Document commercial Fret SNCF 1991..
La chute du fret ferroviaire En 1993, les wagons isolés ne représentaient plus que de tonnes kilomètres« Où en sont les triages français? » dossier La Vie du Rail, du 21 septembre 1994 sur le site Raconte moi Woippy.. Entre 1989 et 1993, la SNCF ferme environ au service du fret. En 1994, le wagon isolé comptait , en 2020 l’effectif total de Fret SNCF est inférieur à temps plein. Dans les années 1980 et 1990, la part du transport de marchandises par le rail était de 21 %.
Fret SNCF est une activité en difficultés depuis plusieurs années, l'équilibre budgétaire n'ayant plus été atteint depuis 1998« Fret ferroviaire : comment encourager le report modal ? » article Actu-Environnement du 19 juillet 2013..
En 2000, un objectif gouvernemental prévoyait de doubler le trafic de Fret SNCF en . De de tonnes kilomètres en 1999, il était prévu d'atteindre de t.km en 2002 et en 2010« Des plates-formes multimodales au service de la relance du fret », article Le Moniteur du 15 septembre 2000..
La part modale du ferroviaire dans le transport de marchandises en France était de 17 % en 2000 (le trafic était alors dans son immense majorité traité par Fret SNCF), elle a chuté à 10,5 % en 2006 et à 8,8 % en 2008 (tous opérateurs confondus), première année de la crise économique« Fret ferroviaire : analyse des déterminants des trafics français et allemand » Commissariat général au Développement durable, juillet 2013..
Le Sernam est privatisé entre 2002 et 2005 et délaisse le transport ferroviaire au profit de la route. En 2005, la CNC devient Naviland Cargo et réduit considérablement son activité. 25 terminaux de transport combiné sont fermés entre 2002 et 2006 Transports combinés rail-route, fleuve-route et mer-route. Tableau de bord national 2006, Agence de l'Environnement et de la maitrise de l’Énergie, octobre 2006..
Restructuration et contraction du trafic vignette|Croisement de 2 trains de Fret SNCF. En 2002, le chiffre d'affaires de l'activité était de d'euros. Le trafic a représenté de tonnes transportées soit de tonnes kilomètres. Fret SNCF compte en Europe. Le réseau ferré national compte alors Fret, , et de transport combiné. Concernant le matériel, le groupe SNCF dispose de fret. Le parc de locomotives destinées au fret est composé de (, de ligne et de manœuvre) et Site Fret SNCF le 31 décembre 2003 consulté grâce à Internet Archive Wayback Machine..
En 2003, le chiffre d'affaires de Fret SNCF était de d'euros. Le trafic a représenté de tonnes transportées soit de tonnes kilomètres. Le réseau ferré national ne compte plus que fret, de triages et combinés. Le parc de locomotives destinées au fret comporte (, de ligne, de manœuvre) et Site Fret SNCF le 5 mars 2005 consulté grâce à Internet Archive Wayback Machine..
En 2004, l'activité a enregistré une perte de près de d’euros. Un plan de recapitalisation, d’un montant de d’euros sur trois ans, a été engagé en 2005 avec l’accord de la Commission européenne. L’État français est autorisé à subventionner la SNCF à cet effet à hauteur de tandis que l’entreprise financera par elle-même le solde de . En contrepartie, les conditions posées par la Commission portent sur l’ouverture effective (ouverte en théorie depuis 1993) du marché du fret à la concurrence, pour les relations internationales au et pour le marché intérieur au 2007 et sur l’interdiction de toute autre subvention pendant dix ans, sauf si l’activité fret était filialisée. Finalement, l'État français a souhaité accélérer l'ouverture à la concurrence qui est devenue effective le 2006.
Fret SNCF a été surpris par le dynamisme et la réactivité des « nouveaux entrants » qui ont pris une partie des marchés rentables, les trains massifs (dont la composition n'est pas remaniée entre l'origine et la destination), lui laissant le soin d'opérer des trafics plus coûteux (trains de lotissement, créés par associations de wagons isolés, qui passent par les triages pour changer de train) dans des zones plus diffuses.
Parallèlement, la SNCF a lancé un plan de restructuration de l’activité pour lui permettre de retrouver un équilibre économique stable. Ce plan, qui vise à améliorer la rentabilité en améliorant la régularité, la fiabilité et le taux de remplissage des trains, se traduit dans un premier temps par une contraction du trafic, du fait de l’abandon des flux insuffisamment rémunérateurs. Ce plan, dit « plan Véron », associé à une réorganisation du pilotage opérationnel de la production, n'a pas eu les effets escomptés. La nouvelle stratégie arrêtée en 2007 concentre les moyens sur des hubs, gros triages où les wagons sont en correspondance, et vise à réduire les coûts en massifiant les flux : c'est l'idée du « haut débit » ferroviaire. Début , Fret SNCF s'est réorganisé en pôles d'activité orientés vers les clients.
En 2008, la direction nationale de Fret SNCF quitte la place de Budapest à Paris pour s'installer à Clichy dans un ancien bâtiment industriel des années 1930 réhabilité« Mille salariés du Fret SNCF débarquent à Clichy », article Le Parisien du 18 décembre 2007.. La même année, le chiffre d'affaires de Fret SNCF était de d'euros pour d'euros de pertes. L'activité employait « FRET SNCF : Les syndicats alertent sur l'état "catastrophique" du fret », article Le Figaro republié sur le blog Passion Trains le 3 juin 2009..
Avec la crise économique, le trafic du fret a subi une chute de 25 % au premier semestre 2009. La SNCF s'est donné deux ans pour redresser la situation en limitant à quelques axes le trafic de wagon isolé (70 % du déficit du fret), en soutenant le projet Euro Carex de TGV fret entre les grandes métropoles européennes (ce projet est toutefois au point mort à la fin des années 2010) et en réduisant les coûts de structure de 20 à 10 %Fret: la SNCF dévoile les grandes lignes de son plan de sauvetage, Les Échos, 20 juillet 2009.
La part de marché des nouveaux entrants, concurrents de Fret SNCF, est passée de 11 % en 2008 à près de 32 % en 2011. Les volumes transportés sont passés de de t.km en 2004 à de t.km en 2008 et de t.km en 2011.
Fret SNCF dans les années 2010 vignette|Un train de Fret SNCF tracté par la BB 37023.