Constantin Nikolaïévitch Nikolski (en ), né le à Moscou, est un musicien de rock russe, chanteur, guitariste et compositeur. Il est connu pour sa participation à différents groupes parmi lesquels Les Fleurs (en ), Festival (en ) ou Résurrection (en ), et pour sa carrière solo. Nikolski, dont le timbre de voix est reconnaissable entre tous, est appelé « la voix d'une génération ».

Biographie Les débuts Constantin Nikolaïévitch Nikolski nait le à Moscou, de parents scientifiques. Il apprend la guitare à , au Palais de la culture Valeri Tchkalov. Passionné par cet instrument, il assemble sa propre guitare à l'aide d'une règle logarithmique. Celle que lui offre son père comporte sept cordes :

À l'âge de 15 ans, il devient la guitare rythmique des Croisés (en ), groupe moscovite formé depuis peu, mené par le batteur Alexandre « Alik » Sikorski et dont le répertoire se compose essentiellement de reprises des Beatles ou des Rolling Stones. Nikolski et Sikorski s'entendent très bien et partagent les mêmes goûts musicaux : ils écoutent aussi des groupes comme The Searchers, The Mamas and the Papas, les Bee Gees, etc.

Accompagnés des frères Laktionov – fils du peintre Sergueï Laktionov – Sikorski et Nikolski forment les Atlantes (en ), groupe qui inspirera le jeune Andreï Makarevitch pour créer Machina Vremeni. Bientôt Nikolski écrit ses premières chansons Tu es une gentille jeune fille (en ), Aliona (en ), J'ai pensé à beaucoup de choses différentes (en ), et, très important, les Atlantes chantent en russe.

Nikolski obtient son baccalauréat physique et mathématique en 1969. Son frère sera, lui, mathématicien. Il interrompt ses études pour effectuer son service militaire. Les musiciens des Atlantes suivent alors leurs chemins respectifs : le guitariste principal et le bassiste, inscrits à l'institut de médecine, jouent dans le groupe de l'université, et les membres restants forment le groupe des Éclats de Sikorski (en ).

Alors qu'il effectue son service en Ukraine dans les forces de défense antiaérienne, Nikolski compose l'une de ses chansons les plus célèbres Le Musicien (en ), initialement titrée Le Musicien de Venise. Il écrit deux autres chansons, la première antimilitariste Tu voulais voir le monde (en ) et la seconde plus patriotique Russie. De retour dans la bande de Sikorski, c'est l'hymne antimilitariste qui, de façon surprenante, connait le plus vif succès :

Les années 1970 : les groupes Les Fleurs et Festival Son service militaire terminé, Nikolski reprend les études et obtient son diplôme d'ingénieur du son. Il travaille alors à la radiotélévision d'État. Il se produit toujours avec les Éclats de Sikorski, rebaptisés Heureuse famille (en ), et écrit de nouvelles chansons. Pris de passion pour un recueil de poèmes français, dans la traduction d'Ilya Ehrenbourg, il en tire deux chansons Les Quatre arbres (en ), provenant de vers folkloriques, et La Voix (en ), d'après un poème de Henri de Régnier.

En 1974, Nikolski devient la guitare rythmique du groupe des Fleurs (en ), du chanteur et étudiant en philologie à l'Université d'État de Moscou, Stas Namine. Après la sortie de deux chansons, les Fleurs collaborent avec l'orchestre philharmonique de Moscou. Le rythme de travail imposé par la philharmonie – le groupe délivre jusqu'à trois concerts par jour, dans les stades, les palais des sports – leur permet de gagner beaucoup d'argent, mais empêche toute activité créative. Namine exprime son mécontentement auprès de la société philharmonique, et finit par entrer en conflit avec l'administration de l'institution. C'est finalement le ministère de la Culture qui règle le différend : le groupe des Fleurs est interdit, accusé de faire la « propagande de l'idéologie occidentale et des idées hippies », quant à son nom, propriété de la philharmonie, il ne peut être utilisé par les membres du groupe.

Libre, Nikolski est invité par Iouri Antonov à rejoindre son ensemble, Magistral (en ). Mais après une faute commise en concert, la lumière vive d'un projecteur l'ayant ébloui durant son solo, il est congédié.

vignette|300px|Le Groupe Stas Namine. De gauche à droite : Constantin Nikolski, Stas Namine, Vladimir Sakharov, Alik Mikoïan et Iouri Fokine (1976). Le musicien retrouve vite un groupe. Stas Namine, à la suite des déboires précédemment vécus avec les autorités culturelles, crée une formation à son nom : le Groupe Stas Namine, dont Nikolski devient le guitariste principal. Leur premier disque sort en 1977, et le titre phare, Le vieux piano (en ), interprété par Nikolski et Alexandre Slizounov, pianiste et ancien membre des Fleurs, devient un tube. L'éditeur bulgare Balkanton le classe dans son Top 10 des chansons de l'année, parmi les succès d'Adriano Celentano, de Donna Summer et de Hotel California des Eagles.

En 1978, le batteur du groupe, Iouri Fokine, quitte la formation et émigre aux États-Unis. Nikolski reprend un moment sa chanson, L'Oiseau de nuit (en ), avant de lui aussi quitter le groupe à la suite d'un différend avec Stas Namine, les disques enregistrés ne contenant que les chansons de ce dernier.

Nikolski rejoint le groupe Festival (en ) au sein duquel il peut interpréter et enregistrer ses propres compositions, connues et moins connues : Un Chanteur heureux (en ), Ne Sois pas triste (en ), Au revoir, cher ami (en ). Il en est de même pour les autres solistes du groupe, Pavel Bogouche et Marc Aïzikovitch. Son fondateur, le compositeur Maxime Dounaïevski, met également le groupe à contribution pour la réalisation de thèmes musicaux de productions cinématographiques telles D'Artagnan et les Trois Mousquetaires ou Ah, Vaudeville, Vaudeville... (en ), et d'autres.

Durant sa période au sein du groupe Festival, Nikolski suit en parallèle les cours de l'École musicale d'État Gnessine.

Résurrection Constantin Nikolski est un temps approché par des membres de Machina Vremeni, formation alors en proie à d'incessantes querelles. Leur leader, Andreï Makarevitch, se méfie des nouveaux venus, surtout quand ils sont talentueux. Nikolski enregistre plusieurs de ses anciennes chansons avec eux avant de finalement décliner leur offre de collaboration.

Le groupe Résurrection (en ) apparaît en 1979. Andreï Sapounov, brillant chanteur et ancien membre du Groupe Stas Namine, rejoint par les musiciens de Machina Vremeni qui ont enregistré les chansons de Nikolski, décide d'inclure ces morceaux dans le premier album du groupe, sans l'accord de Nikolski qui ne fait pas partie de la formation. Il est trop tard pour retirer les chansons de Nikolski, des versions pirates circulent déjà :

En 1980, Nikolski et Sapounov ont failli travailler sur l'opéra-rock L'Étoile et la mort de Joaquín Murieta (en ), au théâtre du Komsomol de Lénine, opéra-rock adapté de la pièce de Pablo Neruda, Splendeur et mort de Joaquin Murieta. Ils auraient remplacé le groupe Arax.

La formation initiale de Résurrection disparaît à l'automne 1980. Son seul véritable succès est le titre d'Alexeï Romanov À qui la faute ? (en ), bien classé dans le hit-parade du Moskovski Komsomolets.

Si le groupe renaît de ses cendres, en , c'est grâce aux efforts de Nikolski qui le façonne à sa main. Les autres membres sont Andreï Sapounov à la guitare basse, Mikhaïl Cheviakov à la batterie et Alexeï Romanov à la guitare. À la suite de sa formation à l'école Gnessine, Nikolski est le seul musicien accompli du groupe, avec une solide maîtrise de son art. Il s'impose naturellement comme leader de la formation. Sous son impulsion le travail des musiciens devient plus professionnel, imposant une véritable discipline et instaurant des répétitions. Le son obtenu est alors totalement différent, plus intense et plus net. Le groupe donne ses premiers concerts, et, le , le premier album est enregistré, intitulé Résurrection 2. Il contient notamment les titres Dans mon âme, le limon du mal (en ), Résurrection (en ) et Regard sur le passé (en ) chanson de Sapounov. Le titre phare Résurrection, écrit par Nikolski en 1978-1979, est celui par lequel débutent généralement les concerts. À cette époque, Nikolski s'éloigne de l'influence de Santana et se passionne pour le groupe Dire Straits, dont de nombreuses compositions empruntent aux rythmes reggae.

À la suite d'une affaire de financement illégal – le département régional des affaires intérieures, à Moscou, soupçonne les membres du groupe de recevoir de l'argent du Komsomol et d'organisations syndicales – Romanov et l'ingénieur du son Alexandre « Artiom » Aroutiounov sont arrêtés et perquisitionnés. L'original de l'album Résurrection 2 est confisqué et enfermé dans un coffre-fort de la police, rue Belinski. Aroutiounov est finalement autorisé à le récupérer, en échange de nombreuses bobines de films qu'il remet aux autorités audiovisuelles pour lesquelles il travaillait.

Au début des années 1990, la maison de disque russe Feelee souhaite ressortir l'album Résurrection 2 en disque vinyle. Elle obtient l'original conservé par Aroutiounov, mais, l'enregistrement de 1981 est de si piètre qualité que Nikolski est obligé de rejouer tous les solos de guitare. Pour le morceau Regard sur le passé, il publie apparemment le meilleur riff de basse de l'histoire du rock russe.

Résurrection n'entre pas dans le Top 10 des meilleurs groupes de rock mais ses chansons rencontreront le succès à la dissolution du groupe, lorsqu'Alexeï Romanov et l'ancien guitariste des Arax, Vadim Goloutvine, créeront le groupe plus tard connu sous le nom de SV. L'un des derniers concerts de Résurrection a lieu semi-légalement le à la maison de la Culture MecTech, près de la station de métro Novoslobodskaïa. Le disque tiré du concert est publié en 1994 par le label D.L.LOTA.

Le Miroir du monde

Après la fin de Résurrection, Nikolski rejoue avec le groupe Festival avec lequel il enregistre un petit album en 1984. Si sa formation à l'école Gnessine s'est bien passée, il se remémore les années antérieures, quand il était membre du groupe des Fleurs :

La formation Festival disparait avec la création de l'orchestre de Maxime Dounaïevski, que Nikolski accompagne au chant et à la guitare acoustique. En 1984-1986, il se produit avec le groupe Galaxie (en ) où il fait la connaissance du batteur Vitali Bondartchouk. Ensemble, ils créent le groupe Le Miroir du monde (en ), en . Bondartchouk, au clavier et à la boîte à rythmes, est rejoint par le bassiste Igor Iachoukov et le choriste Arcadi Berezovski. Le Miroir du monde enregistre un seul et unique album où se mêlent de nouvelles compositions et des chansons du répertoire de Résurrection. Des musiciens partent, d'autre arrivent, ainsi Bondartchouk quitte-t-il le groupe tandis que Vitali Zaïkov (ex-Festival) à la guitare basse et Alexeï Maslov à la batterie le rejoignent-ils. Alexeï Maslov est ensuite remplacé par Andreï Rodine, puis par Igor Kostikov.

De 1986 à 2007, Nikolski joue de façon ponctuelle avec le groupe La Vieille garde (en ), en parallèle à ses propres projets.

En 1987, il participe au clip En Bouclant la boucle (en ) qui rassemble une vingtaine d'artistes de la scène pop et rock russe, interprétant le titre du chanteur Kris Kelmi. La même année le groupe de Kris Kelmi, l'Atelier Rock (en ), sort l'album En Bouclant la boucle, qui contient ce titre ainsi que la chanson de Nikolski Ecoutes, la nuit (en ).

Le , à Moscou, Nikolski participe au concert donné à l'occasion des « 10 ans du groupe Résurrection ». Le concert se tient au Droujba Multiplexe Arena du complexe olympique Loujniki. À la fin du spectacle, Alexeï Romanov, Constantin Nikolski, Andreï Sapounov et Mikhaïl Cheviakov reforment le groupe dans sa configuration de 1981 pour interpréter les derniers morceaux.

Carrière solo Les années 1990