Auguste Roussel, de Méry, né en 1817 à Méry (Oise) et mort le à Boulogne-sur-Seine, est un poète et fabuliste français.

Biographie

Né en 1817 à Méry (aujourd'hui Méry-la-Bataille), Auguste-Constantin RousselAuguste Roussel, de Méry, Gros-Jean et son curé (16 édition), Paris, Librairie anticléricale/Librairie populaire, 1882, . est le fils de Marie-Rose Barbier et Antoine-Victor RousselArchives départementales des Hauts-de-Seine, état civil de Boulogne-Billancourt, registre des décès de 1880, acte (vue 61 sur 82)..

Sous la Seconde République, après avoir accompagné en province la troupe de la comédienne RachelLe Figaro, 5 octobre 1856, ., qui en avait fait son impresarioLe Temps, 27 avril 1881, ., Auguste Roussel tient une boutique de libraire-marchand d'estampes et de journaux à Paris, au de la rue Saint-HuguesLa Voix du peuple, 7 mai 1850, ..

Chantre à l'église Saint-Merri « par nécessité »Le Tintamarre, 12 mai 1850, . mais farouchement voltairien, il publie des satires religieuses intitulées Les Sermons de mon curé.

vignette|Caricature de Roussel, de Méry, en Saint-Michel, par Alfred Le Petit (1882).

En 1850, il écrit des fables publiées dans Le TintamarreLe Tintamarre, 3 février 1850, . et La Voix du peupleLa Voix du peuple, 4 février 1850, ., organe des socialistes proudhoniens. En avril de la même année, il entreprend la rédaction des Prolétariennes, une série de satires politiques et sociales, dont la première partie, intitulée L'Avenir et dédiée à ProudhonLa Voix du peuple, 31 mars 1850, ., est interprétée sur la scène du théâtre de Belleville par Jean-Pierre Noailles. Au retour de la première représentation, Roussel est arrêté par la police, qui saisit de nombreux exemplaires de la pièceLa Voix du peuple, 4 mai 1850, ..

En 1855, Roussel est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Cadet-Roussel. Le numéro du contient un poème, déjà paru dans les Sermons de mon curé, qui choque les autorités. Accusé d'outrage à la morale publique et religieuse et d'outrage envers les ministres d'un culte reconnu en France, Roussel est condamné le à une année d'emprisonnement et 500 francs d'amende, peine confirmée en appel le mois suivantLa Gazette de France, 21 juillet 1855, .. Il est ainsi incarcéré pendant un an à Sainte-Pélagie.

Entre 1863 et 1879, Auguste Roussel soumet régulièrement ses œuvres à l'Académie des jeux floraux. En 1864, l'une de ses fables, Le Moucheron voyageur obtient une PrimevèreLe Petit Journal, 29 mars 1864, .. Cette fable est intégrée au recueil Les Miettes d’Ésope, édité à la fin de l'année suivante et illustré par Gavarni. Publiée dans ce même recueil, la fable Le Cygne et le canard est récompensée du prix de l’Œillet aux jeux floraux de 1866Le Constitutionnel, 6 mai 1866, .. Le même prix est décerné au conte oriental Le Calife AbdérameRecueil de l'Académie des jeux floraux, 1866, .. Roussel obtient deux nouveaux œillets en 1868, pour le poème Le Petit Trianon et pour la fable L’Épée et le socRecueil de l'Académie des jeux floraux, 1868, . puis, en 1869, deux autres œillets pour l'apologue La Parade et la fable Le Loup et les oiseauxLa France, 4 avril 1869, ., et enfin une nouvelle primevère en 1870 pour l'apologue Le Suffrage universel chez les animauxLa France, 9 mai 1870, ..

Poète satirique anticlérical, Roussel compte naturellement parmi ses bêtes noires le journal catholique L'Univers. Or, quand ce dernier reparaît en 1867, il compte parmi ses nouveaux collaborateurs le jeune (1844-1910). Ne voulant pas être confondu avec cet homonyme, le fabuliste ajoute dès 1868Auguste Roussel, de Méry, Le Petit Trianon, Paris, 1868. « de Méry » à son patronymeLe Constitutionnel, 12 janvier 1871, ., en faisant précéder d'une virgule cette allusion à sa commune natale, afin de ne pas donner l'impression de s'attribuer une particule d'apparence nobiliaire contraire à ses convictions républicainesLe Rappel, 15 août 1880, ..

Pendant les deux sièges de Paris de 1870-1871 (celui conduit par les Allemands puis celui mené par les Versaillais), Roussel lit ses vers lors de spectacles organisés au profit des victimes. Le , son Lion surpris connaît ainsi beaucoup de succès auprès des communards au cours d'une soirée de concerts aux TuileriesLe Siècle, 13 mai 1871, .. L'un de ses poèmes écrit sous la Commune, Les Modérés, prend clairement parti contre les VersaillaisEugène Schulkind, « La Commune de 1871 à travers sa littérature », La Pensée, , mars-avril 1951, ..

En 1874, il compose une ode intitulée L’Évasion à propos de l'évasion du maréchal Bazaine. Cette œuvre remporte le prix de poésie au concours académique de Boulogne-sur-MerMémoires de la Société académique de l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer, t. V, Boulogne-sur-Mer, 1874, .. Le , l'actrice Élise Duguéret dit une poésie de Roussel, Le Doigt de Dieu, lors d'une soirée au profit des inondés du Midi. En 1877, Roussel collabore à l'éphémère revue républicaine montpelliéraine L'Idée moderneCentenaire de Voltaire. Poèmes couronnés au concours de la Muse républicaine à Évreux, en 1877, Montpellier, 1878, ..

vignette|Le Geai paré des plumes du paon, caricature de Léo Taxil par Le Petit à propos de l'affaire de plagiat des Sermons (Les Contemporains, , 1880).

En 1880, le pamphlétaire Léo Taxil, alors spécialisé dans les publications anticléricales, publie une nouvelle édition des Sermons de mon curé sans l'autorisation de Roussel, qui s'en plaint dans une lettre au RappelLe Rappel, 29 juillet 1880, .. Taxil argue de sa bonne foi en déclarant qu'il pensait avoir entre les mains un « péché de jeunesse » du Roussel de L'UniversLe Rappel, 14 août 1880, ..

Pauvre et relativement oublié, Roussel meurt le à son domicile du de la Grande-Rue, à Boulogne-sur-Seine. Le surlendemain, lors de l'enterrement civil, le deuil est conduit par la compagne de défunt, aux côtés du caricaturiste Alfred Le PetitLe Rappel, 12 octobre 1880, .. Celui-ci dessinera bientôt de nombreuses illustrations pour la édition de Gros-Jean et son curé, une autre œuvre anticléricale de Roussel.

Amis de Roussel devenus ses ayants droit, Émile de Beauvais et son épouse attaquent Léo Taxil en justice au sujet de la contrefaçon des Sermons de mon curé. Le , à l'issue d'un procès au cours duquel Savinien Lapointe a témoigné en louant le talent du poète défuntGil Blas, 11 avril 1881, ., Taxil est condamné à verser 1000 francs d'amende et 2000 francs de dommages-intérêts. La peine est confirmée et alourdie en appelL'Intransigeant, 20 novembre 1881, ., mais Taxil et Émile de Beauvais finissent par s'entendreLa Petite République, 7 avril 1882, ., ce qui permet à la Librairie anticléricale de Taxil de publier une nouvelle édition des Sermons ainsi que la édition de Gros-Jean et son curé.

Principales œuvres publiées Mlle Rachel et sa troupe en province, satires, Paris, Lévy frères, 1849, 47 p. Les Sermons de mon curé, satires dédiées à MM. les curés, Paris, s.d. , 160 p. Les Prolétariennes : L'Avenir, au citoyen P.-J. Proudhon, Paris, 1850, 8 p. Cadet-Roussel embêtant Nicolas (l'empereur), Paris, 1854, 16 p. (consultable sur Gallica). La Comédie scandaleuse, satire en 5 actes et en vers, précédée d'une réponse de l'auteur à une lettre de Georges [sic] Sand, Paris, Nolet, 1855, 85 p. Le Jeu de paume, satire, Paris, 1860, 20 p. Gros-Jean, poème en six chants (première édition de Gros-Jean et son curé), Bruxelles, Lacroix, Verboeckhoven et , 1864, 324 p. Les Miettes d'Ésope, fables (dessins de Gavarni), Paris, Furne, Jouvet et , 1865, 284 p. (consultable sur Gallica). Les Embellissements de Paris, [suivis de] Le Petit Trianon, poème descriptif, Paris, 1868, 37 p. (consultable sur Gallica). Le Lion surpris (), Paris, 1871, 4 p. Les Modérés, Paris, 1871, 4 p. Le Doigt de Dieu, Paris, 1875, 7 p. L'Évasion, ode, Paris, 1875, 8 p. Les Gauloises, chants patriotiques et populaires, Paris, 1876, 240 p. (consultable sur Gallica). Gros-Jean et son curé ( édition, illustrée par Alfred Le Petit), Paris, Librairie anticléricale/Librairie populaire, 1882, 311 p. (consultable en ligne sur Gallica).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Robert Brécy, La Chanson de la Commune, Paris, Éditions ouvrières, 1991, .

Liens externes

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