Lucien Paye, né le à Vernoil (Maine-et-Loire) et mort le à Chantal de Tourtier-Bonazzi et François Pourcelet (avant-propos par Jean Favier), Guide des papiers des ministres et secrétaires d'État de 1871 à 1974, Paris, Archives nationales, 1984, , 282 , 190., est un diplomate et homme politique français.

Biographie Fils d'un ingénieur des Ponts-et-Chaussées, et petit-fils d'instituteur, Il effectue sa scolarité au lycée David d'Angers puis au lycée Louis le Grand à Paris.

Normalien, agrégé de lettres, docteur ès lettres, Lucien Paye, arabophone, enseigne d'abord au lycée de Fès (Maroc) en 1931, puis au collège musulman de Rabat, avant d'entrer dans l'administration de l'éducation nationale, comme chef du service de l'enseignement du Maroc, en 1938.

En 1934, il adhère au parti socialiste SFIO et propose, en 1937, de chercher une position de conciliation entre les tendances pro-coloniale et celle plus favorable à l'autonomie du Maroc, afin que la fédération socialiste présente une motion de consensus au congrès national de Marseille. Cette tentative est cependant vaine.

En 1943, il participe, comme officier, aux opérations militaires de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et notamment au débarquement de Provence, puis à la campagne d'Allemagne. Proche de Charles de Gaulle, c'est l'un de ses conseillers lors de la conférence de Brazzaville.

Nommé en 1946 directeur des affaires musulmanes en Algérie, c'est l'un des auteurs du statut indigène de 1947. L'année suivante, après la nomination de Marcel Naegelen comme gouverneur général de l'Algérie, Paye, après avoir exercé brièvement les fonctions de directeur du plan dans l'administration coloniale, devient directeur de l'instruction publique en Tunisie.

En 1955, il est nommé directeur du service universitaire des relations avec l'étranger et l'outre-mer au ministère de l'éducation nationale, avec statut d'inspecteur général, à Paris. Appelé en par Robert Lacoste au poste de directeur général des affaires politiques et de la fonction publique d'Algérie, il quitte cette fonction en , officiellement pour cause de cumul difficile avec ses fonctions dans l'administration centrale, plus vraisemblablement pour protester contre les méthodes de répression à l'égard des nationalistes algériens, et notamment l'utilisation systématique de la torture.

Il part alors au Sénégal, et participe à la mise sur pied de l'université de Dakar, inaugurée en , et dont il est nommé recteur. À la suite de la démission d'André Boulloche, Charles de Gaulle propose à Paye de lui succéder comme ministre de l'Éducation nationale. Celui-ci, s'estimant trop peu « politique », refuse le poste, mais accepter les fonctions de directeur général de l'organisation et des programmes scolaires.

Il est finalement nommé ministre de l’Éducation nationale, fonctions qu'il exerce du au dans le gouvernement Debré. Il est notamment à l'origine, en 1961, de la création du Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD), concours scolaire proposé depuis lors aux élèves des classes de et des lycées, ainsi que d'une réorganisation de l'administration centrale.

Il est ensuite haut représentant de la France au Sénégal en 1962, avec rang d'ambassadeur, avant d'être le premier ambassadeur de France en Chine populaire de 1964 à 1969. Du fait de la condamnation par la France de l'intervention américaine au Viet-Nam, il bénéficie d'un accueil très favorable des autorités chinoises, accentuée par les relations d'amitiés qu'il lie avec le ministre chinois des Affaires étrangères Chen Yi. Son action est essentielle dans le domaine des relations culturelles franco-chinoisesBernard Krouck, « Un ambassadeur lucide : La première année de Lucien Paye à Pékin », Revue d'histoire diplomatique, 115, 4, 2002, 309-328.Jacques Guillermaz, Une vie pour la Chine (1937-1993), Paris, Robert Laffont, « Vécu », 1989 , et Paris, Hachette, « Pluriel » (8567), 1994 .. Les relations se tendent cependant pendant la période de la « révolution culturelle », et il doit notamment faire face à des manifestations hostiles et menaçantes des gardes rouges devant l'ambassade de France en . Il est aussi agressé, sans conséquences importantes, lorsqu'il accompagne les diplomates soviétiques qui quittent Pékin le .

De retour en France en , il préside la commission de réforme du statut de l'ORTF, qui propose notamment la création d'une troisième chaîne « régionale », dans son rapport rendu l'année suivante.

Nommé Premier président de la Cour des comptes en 1970, et président du conseil des impôts l'année suivante, il meurt de maladie, à 64 ans, le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.

Il reçoit alors de nombreux hommages, dont celui de Léopold Sédar Senghor, qui le qualifie de « Sénégalais d'adoption » et de Maurice Druon qui voit en lui un « homme de cœur, homme de culture et grand citoyen ».

Il est le père de Jean-Claude Paye.

Les papiers personnels de Lucien Paye sont conservés aux Archives nationales sous la cote 364APVoir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.

Décoration Légion d'honneurBase Léonore.

Hommages

Deux établissements au moins portent son nom :

une résidence de la Cité internationale universitaire de Paris l'école primaire publique de la commune de Saint-Nolff dans le Morbihan Une place porte son nom à Aix-en-Provence. Elle est située devant le rectorat de l'Académie d'Aix-Marseille et de la région académique Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Sources « M. Lucien Paye est mort », Le Monde, .

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Ministre français de l'Éducation nationale Catégorie:Ministre de la Cinquième République Catégorie:Ministre de l'Éducation nationale durant la Cinquième République française Catégorie:Premier président de la Cour des comptes Catégorie:Ambassadeur de France au Sénégal Catégorie:Ambassadeur de France en Chine Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Agrégé de lettres Catégorie:Naissance en Maine-et-Loire Catégorie:Naissance en juin 1907 Catégorie:Décès en avril 1972 Catégorie:Décès dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 64 ans