Septima Poinsette Clark (née Septima Poinsette le et morte le ) est une pédagogue, universitaire et militante des droits civiques américaine. Septima Clark est connue pour ses ateliers d'alphabétisation, de citoyenneté, d'émancipation pour les Afro-Américains, avec la création en 1957 des citizenship schools / écoles de la citoyenneté. Elle devient une des figures emblématiques de la NAACP. Son travail d'alphabétisation joue un rôle déterminant pour permettre aux afro-américains de s'inscrire sur les listes électorales, ce qui lui vaut d'être reconnue comme la mère du mouvement des droits civiques.
Biographie
Jeunesse et formation Septima Poinsette, née à Charleston, en Caroline du Sud en 1898, est la seconde des huit enfants de Peter Poinsette, un esclave affranchi et cuisinier, et de Victoria Warren Anderson Poinsette, une blanchisseuse. Son père tient son nom de son quand il était esclave, Joel Poinsett, propriétaire d'une ferme sur la , à proximité de Georgetown en Caroline du sud. Sa mère, d'origine haïtienne, est née libre et impose une éducation stricte à ses filles, voulant faire d'elles des . Septima Clark et ses sœurs sont cantonnées à la maison pour effectuer des tâches ménagères six jours par semaine et ne disposent que d’une journée pour rendre visite aux amis mais elle se rebelle souvent contre la sévérité de sa mère.
De son père elle affirme avoir appris la non-violence et de sa mère le courage en toute occasion, qui lui fait dire qu'elle n'eut jamais peur face aux menaces du Ku Klux Klan.
En 1904, à l'âge de six ans Septima Poinsette entre à l'école Mary Street School. Elle ne fait rien d'autre dans cette école que s'asseoir avec cent autres enfants de six ans, sans rien apprendre. Découvrant ceci, sa mère la retire rapidement de l'école. Une femme âgée en face de chez eux enseigne aux filles, et Septima Poinsette apprend à lire et à écrire avec elle. En raison de sa situation financière précaire, elle surveille les enfants de cette femme tous les matins et les après-midis en échange de ses frais de scolarité. À cette époque, il n'y a pas d'école secondaire à Charleston pour les Noirs. En 1914, une école pour les Noirs est ouverte pour les , et années (~ 11- ). Après la sixième année, elle passe un test et est acceptée directement en neuvième année à l', le premier lycée destiné aux enfants noirs à Charleston fondé en 1885. Toutes les professeures sont des femmes blanches, que Septima Poinsette admire. En 1914, des enseignantes noires sont embauchées, ce qui suscite de nombreuses controverses dans la ville, auxquelles elle participe par le biais du NAACP.
Elle obtient son diplôme d'études secondaires en 1916. En raison de contraintes financières, elle ne peut pas aller à l'université tout de suite. Elle passe un examen d'État et commence à travailler comme institutrice à John's Island à l'âge de dix-huit ans. Elle enseigne de 1916 à 1919 à la Promise Land School, puis retourne à Avery de 1919 à 1920. Elle retourne à l'école à temps partiel à Columbia, en Caroline du Sud.
À l'âge adulte Septima Poinsette Clark suit des cours au où elle obtient un Bachelor of Arts (licence) en 1942 puis elle parfait ses études en soutenant avec succès son Master of Arts (mastère 2) au Hampton Institute (devenu l'université de Hampton) en 1946.
Septima Poinsette Clark se souvient des différences flagrantes qui existent entre l'école réservée aux personnes noires où elle enseigne et l'école réservée aux blanches de l'autre côté de sa rue. Son école compte et deux enseignantes. En tant que directrice d’école, elle gagne par semaine, tandis que l’autre enseignante en gagne 25. En parallèle, l’école blanche de l’autre côté de la rue n’a que trois élèves et le professeur qui y travaille reçoit par semaine. Ce sont ces expériences personnelles avec ce type d'inégalités qui conduisent Septima Poinsette Clark à devenir une partisane active de l'égalisation des salaires du personnel enseignant. En 1919, son engagement pour l'égalisation des salaires la pousse à entrer dans le mouvement pour les droits civiques. Dans une interview avec Robert Penn Warren pour le livre Who Speaks for the Negro?, elle explique comment ses expériences à l'école, le fait de grandir dans une ville raciste telle que Charleston, et sa pratique d’enseignement dans les bidonvilles, l’ont incitée à vouloir travailler en faveur des droits civiques.
NAACP : National Association for the Advancement of Coloured Septima Poinsette entend parler de la National Association for the Advancement of Coloured People (Association nationale pour la promotion des gens de couleur) pour la première fois alors qu’elle enseigne sur l’île de Johns de 1916 à 1919. Il n'y a pas de section représentant la NAACP là-bas, mais une réunion se tient au cours de laquelle divers prédicateurs viennent parler de la NAACP et de ses actions. La surintendante de la NAACP est présente pour percevoir les cotisations et c'est à ce moment-là qu'elle décide de se joindre à l'organisation.
En 1945, elle travaille avec Thurgood Marshall sur l'obtention de salaires égaux pour les enseignants blancs et noirs sous la direction de la NAACP à Columbia, en Caroline du Sud. Elle termine son Bachelor of Arts au Benedict College de Columbia, et poursuit ses études à l'université Columbia de New York et à l'Atlanta's Clark College (devenu en 1988 la ). Le niveau et la qualité de l'éducation qu'elle reçoit est typiquement ce qui est requis des administrateurs de la qui recrutait des enseignants hautement qualifiés dans tout le pays.
Université Columbia et leadership de la NAACP Durant les étés, Septima Clark commence ses études à l'université Columbia de New York et à l'université d'Atlanta en Géorgie avec W. E. B. Du Bois, figure emblématique du mouvement pour l'égalité des droits civiques.
Entre 1942 et 1945, elle obtient un Bachelor of Arts (licence) au Benedict College et un Master of Arts (mastère 2) du Hampton Institute (maintenant l'université de Hampton). Tout en obtenant son bachelor, elle suit des cours le matin, enseigne de midi à cinq heures de l'après-midi et suit davantage de cours le soir. Elle gagne par mois à l'université et chaque été elle se rend dans le Maine pour gagner plus d'argent. La NAACP de Columbia, en Caroline du Sud, compte environ et tous sont noirs. Le plus gros impact de la NAACP lors de son séjour à Columbia est le parrainage d'un procès qui a permis d'égaliser les salaires des enseignants. C'est une énorme victoire pour le NAACP.
En 1947, Septima Clark retourne à Charleston pour prendre soin de sa mère qui a eu un accident vasculaire cérébral. Tout en s'occupant de sa mère, le rôle d'éducatrice et de militante de Clark ne s'estompe pas. Pendant cette période, elle enseigne dans les écoles publiques de Charleston, est active au sein de la YWCA et présidente du comité des membres du NAACP de Charleston. La YWCA est l’une des rares organisations interraciales à Charleston. Il y a des branches noires et blanches.
Cours d'alphabétisation de la Highlander Folk School
À partir de 1957, Septima Poinsette Clark est active au sein du à Monteagle, dans le Tennessee. Elle assiste d'abord à un atelier là-bas en 1954. , le cofondateur de Highlander, l'engage rapidement comme directrice d'ateliers à temps plein. Peu de temps après, elle donne des cours d'alphabétisation en s'inspirant de son expérience à John's Island : . Highlander est l'une des rares écoles interraciales du Sud à l'époque et Clark y prospère en tant qu'enseignante. Après avoir été licenciée et mal acceptée dans sa ville natale, Clark a apprécié la communauté présente à Highlander.
En 1959, alors qu'elle enseigne à Highlander, elle est arrêtée pour . Toutefois, ces accusations sont abandonnées par la suite et considérées comme fausses .
Septima Poinsette Clark et sa cousine, Bernice Robinson, élargissent et étendent le programme d'alphabétisation. Elles enseignent aux étudiants et étudiantes comment répondre aux examens du permis de conduire, comment remplir les formulaires d'inscription pour devenir électeur, les bons de commande par correspondance de Sears et comment signer les chèques. Septima Clark en tant que directrice des ateliers chez Highlander recrute des enseignants/enseignantes et des étudiants/ étudiantes. Rosa Parks est l'une des participantes à ses ateliers. Quelques mois après avoir participé aux ateliers, Rosa Parks lance le boycott des bus de Montgomery. De nombreuses autres femmes qui ont pris part à ce boycott avaient reçu l'enseignement de Septima Clark. Après avoir constaté son succès, Ella Baker se rend à Highlander en tant que représentante de SCLC pour déterminer si le programme de Septima Clark peut être intégré à la Croisade pour la citoyenneté de SCLC.
La propagation des écoles de citoyenneté Septima Poinsette Clark est aussi connue pour avoir mis en place des où elle enseigne la lecture à des adultes du Grand Sud, dans l’espoir de perpétuer une tradition. La création d'écoles de citoyenneté s'est développée à partir des cours d'alphabétisation des adultes dispensés par Septima Clark tout au long de l'entre-deux-guerres. Bien que le projet ait permis d’alphabétiser, il a également permis de renforcer les capacités et le savoir des communautés noires. Son approche pédagogique est très spécifique pour s'assurer que ses étudiants se sentent investis dans ce qu'ils et elles apprennent. Elle établit un lien entre la politique du mouvement et les besoins de la population. Elle enseigne non seulement l'alphabétisation, mais aussi les droits civiques. Les objectifs de Clark pour les écoles sont de développer la fierté personnelle, la fierté culturelle, l'alphabétisation et le sens des droits citoyens. Elle recrute dans les communautés rurales pour s'impliquer dans le mouvement. Les cours de citoyenneté sont souvent enseignés dans l'arrière-boutique d'un magasin pour échapper à la violence du racisme des Blancs.
Les personnes qui enseignent sont souvent des personnes qui avaient également appris à lire à l'âge adulte, l'un des principaux objectifs des écoles de citoyenneté étant de former davantage de responsables locaux pour les mouvements populaires. Apprendre à lire aux gens aide non seulement d'innombrables Sudistes noirs à revendiquer le droit de vote, mais cela forme aussi des dirigeants à travers le pays qui contribuent à promouvoir le mouvement des droits civiques longtemps après 1964. Les écoles de citoyenneté ne sont qu'un exemple de la stratégie d'autonomisation des leaders en développement qui était au cœur du mouvement des droits civiques dans le Sud Payne, Charles, I've Got the Light of Freedom: The Organizing Tradition and the Mississippi Freedom Struggle, University of California, 1997.. Les écoles de citoyenneté sont également perçues comme une forme de soutien à Martin Luther King, Jr. dans le mouvement non-violent pour les droits civiques.
Le projet répond à la législation des États du Sud qui exige l’alphabétisation et la capacité d’interprétation de diverses parties de la constitution américaine pour pouvoir s’inscrire et voter. Ces lois sont souvent utilisées pour priver les citoyens noirs de leurs droits. Les écoles de citoyenneté sont basées sur les programmes d'alphabétisation pour adultes développés par Clark et Robinson à Highlander. Elles nécessitent une semaine de formation dans le cadre d'un programme conçu par Clark.