Damgan est une commune française, située dans le département du Morbihan et la région Bretagne. Elle fait également partie des douze communes de la communauté de communes Arc Sud Bretagne et de l'arrondissement de Vannes.

Après avoir été un important lieu de transit de marchandises avec le port de Pénerf, la commune devient dans la première moitié du une station balnéaire et trouve dans l'activité touristique un nouveau souffle économique.

Géographie Situation

Damgan fait partie du Parc naturel régional du golfe du Morbihan. Damgan est une presqu'île située entre celle de Rhuys et l'estuaire de la Vilaine. À l'ouest, la rivière de Pénerf marque la limite de la commune, l'océan Atlantique au sud, la commune d'Ambon au nord et à l'est.

Relief et paysages vignette|gauche|Grande Plage de Damgan. Du fait de sa localisation sur le littoral, on retrouve essentiellement des paysages marins : plages : la commune cumule près de de plage avec notamment la grande plage de Damgan, et la plage de Kervoyal ; la ria de Pénerf s'étend entre les anciens marais salants d'Ambon jusqu'à la Pointe du Dibenn à Pénerf ; le marais de Saint-Guérin marque, avec la pointe du Bil, l'embouchure entre le tombolo de Pénerf et le continent ; l'étang du Loch à Kervoyal est un étang côtier naturel ; on retrouve de nombreuses zones rocheuses propices à la pêche à pied mais aussi de petites criques.

Depuis le littoral, on peut distinguer l'île Dumet inhabitée depuis la fin du et désormais propriété du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres qui en a fait une réserve ornithologique.

La commune de Damgan s'étendant assez peu à l'intérieur des terres, on retrouve très peu de paysages agricoles. Le remembrement a également fait disparaître bon nombre d'exploitations.

Quant à la végétation, on peut noter une importante concentration de conifères typiques de certaines régions littorales françaises.

Le risque de submersion marine Selon un index global correspondant à l'agrégation de 5 critèresPopulation concernée, pourcentage de la population totale concernée, superficie du bâti exposé, bâti de plain-pied exposé, et part des entreprises situées en zone inondable. effectué en 2011 par l'Observatoire National des Risques NaturelsL'Observatoire National des Risques Naturels a été créé en France en 2012, à la suite des conséquences catastrophiques de la tempête Xynthia de 2010., Damgan est, après Carnac, la deuxième commune du Morbihan la plus exposée au risque de submersion marine avec 45,10 % de sa population totale concernée et de bâti exposé au risque de submersion..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Penerf, le Sarzeau, le Lamblat, l'étier de Damgan, l'étier de Lic et divers autres petits cours d'eau..

Le Pénerf, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Berric et se jette dans l'océan Atlantique en limite du Tour-du-Parc et Damgan, après avoir traversé .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sarzeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Damgan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (39,6 %), terres arables (36 %), zones agricoles hétérogènes (18,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,4 %), zones humides côtières (2,2 %), prairies (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Habitat En 2019 on recensait à Damgan. étaient des résidences principales (24,5 %), 2999 des résidences secondaires (74,1 %) et 56 des logements vacants (1,4 %). Sur ces , 3095 étaient des maisons (76,5 %) contre 946 seulement des appartements (23,4 %). Sur les 905 résidences principales, 56 avaient été construites avant 1919, soit un taux de 6,2 %. Le tableau ci-dessous présente la répartition en catégories et types de logements à Damgan en 2019 en comparaison avec celles du Morbihan et de la France entière.

+ Le logement à Damgan (56) en 2019. Damgan. Morbihan. France entière. Résidences principales (en %)24,574,982,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 74,1 17,99,8

Logements vacants (en %) 1,4 16,28,1

Toponymie Damgan Le nom de la localité est attesté sous la forme Damgan dès 1262.

Il s'agit d'un toponyme breton, dont les éléments ne sont pas identifiés avec certitude.

Albert Dauzat a considéré qu'il s'agissait d'un composé en Dam- mot issu du bas latin domnus « saint », suivi de jann > Yann avec mutation en [g] (comme latin Januarius > breton Genver), d'où le sens global de « Saint-Jean », cependant il ne connaissait vraisemblablement pas de forme ancienne, car Damgan est attesté avec régularité depuis 1262.

Plus vraisemblablement, il s'agit d'un composé breton, basé un élément dam signifiant « dune », associé à la forme contractée de lagan « épave », c'est-à-dire -gan, d'où le sens global « la dune aux épaves ». Ce nom peut être lié à la ligne de rochers à l’entrée de la rivière de Pénerf qui pouvait être meurtrière pour les bateaux non avertis, surtout associée aux vents dominants qui ramenaient les épaves sur la côte. Ce toponyme ferait allusion au droit d'épave, « dit droit de Lagan » qui laissait propriété au seigneur et à son découvreur, de tout ou partie des objets sans propriétaire reconnu arrivant sur les grèves avec les marées.

-gan peut aussi représenter gwenn « blanc », à moins que gan ne soit une forme mutée adoucie de kan « canal ». D'où les sens éventuels de « dune blanche » ou de « canal blanc ».. François Falc'hun et Albert Dauzat voient dans Dam, une altération du latin Domnus, cela transformerait Damgan en « lieu sur le chenal ».

Le breton dam a aussi le sens de « point fort, point privilégié de la côte ». En effet, sur la côte, on trouve des rochers qui protègent de l'érosion.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Damgan.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 90,6 % des toponymes de la commune sont bretons.

Pénerf Le nom de la localité est attesté sous la forme Pennerz en 1261. Du breton Penn signifiant « tête, extrémité, pointe » et erf signifiant « chêne » soit « la pointe des chênes ». Du breton erf signifiant « sillon » sorte de cordon ou tombolo entre Damgan et Pénerf soit « la pointe du sillon » qui est l'hypothèse la plus vraisemblable.

Histoire Préhistoire La présence d'un dolmen à Kervoyal (aujourd'hui disparu) et la découverte d'outils (bifaces) montre que la région fut habitée de façon temporaire ou bien permanente dès la préhistoire.

Antiquité La découverte d'outils à Kervoyal attestent avec certitude de la présence de l'homme dans cette région entre -900 à -600.

Moyen Âge Au , le territoire est associé au moine irlandais Sauveur, le même qui fonda l'abbaye Saint-Sauveur à Redon. La tradition locale associe d'ailleurs Kervoyal à ce moine.

À cette époque, Damgan fait partie intégrante de la paroisse d'Ambon. Le territoire est mentionné pour la première fois à travers Pénerf dans un acte du sous le règne de Jean Le Roux.

Époque moderne Du , le port de Pénerf devient important en Bretagne. Le est d'ailleurs l’âge d’or pour Pénerf qui est alors le quatrième port breton.

Ses bateaux vont de Bordeaux à Rouen, de Cadix en Norvège. Entre 1554 et 1557, Pénerf est le port breton dont les vaisseaux sont les plus nombreux à fréquenter Nantes (Skol Vreiz, 1986). Des navires viennent des pays nordiques (sel utilisé pour la conservation des aliments, notamment le poisson). Les marins de la rivière de Pénerf étaient spécialisés dans le commerce et on y retrouvait peu de pêcheurs sinon des pêcheurs de morue à Terre-Neuve au . Le maître de barque et deux ou trois mariniers partent avec du sel ou des céréales et reviennent avec du vin, des ardoises, des pierres de taille de Loire ou du fer d’Espagne.

L’augmentation du tonnage des bateaux rend impossible l’entrée dans la rivière de Pénerf : l’activité du port se réduit aux échanges de proximité. Le fut celui des salines, même si elles étaient déjà présentes auparavant : les plus anciens documents citent Brouël. Au et au début du : le sel est un élément majeur du trafic portuaire de Pénerf, transport par cabotage vers la Vilaine (Redon) et la Loire (Nantes).

Jusqu'à la fin du , on compte des salines dans les marais salants de la rivière de Pénerf. Aujourd'hui disparues, on peut encore distinguer les reliefs des différents bassins.

Époque contemporaine De nombreux changements interviennent au cours du . Damgan se détache de la tutelle d'Ambon : paroisse à part entière en 1820 puis acquiert le statut de commune en 1824. La géologie particulière de la rivière (ou ria) de Pénerf permet l'implantation d'un premier parc ostréicole en 1858. La même année est inaugurée la de la commune puisque les élèves se rendaient auparavant à Ambon.