La Dérision du Christ ou Le Christ moqué est un tableau de dévotion du peintre florentin Cimabue. Il constitue l'un des huit panneaux du diptyque composé vers 1280 dont quatre seulement sont connus dont un perdu. Réalisé à la peinture à l'œuf et fond d'or sur un panneau en bois de peuplier de , il représente Jésus-Christ pendant un épisode de sa Passion. Retrouvé en 2019 lors d'un inventaire d'une maison particulière proche de Compiègne (Oise, France) il est vendu aux enchères le pour un prix de 24,18 millions d'euros (frais compris) et classé trésor national par le ministère de la Culture le . Le tableau est finalement acquis par l'État, pour le musée du Louvre, en 2023.

thumb|upright=1.45|Représentation schématique du Diptyque de dévotion.

Composition

La Dérision du Christ ou Le Christ moquéBéatrice de Rochebouët, « Paris bloque l’exportation du Cimabue de tous les records, vendu 24 millions d’euros en octobre », Le Figaro, 23 décembre 2019.« Un panneau peint par Cimabue vers 1280, représentant La Dérision du Christ, reconnu trésor national », Ministère de la Culture, 23 décembre 2019. est l'un des panneaux peints par le maître de la pré-Renaissance italienne Cimabue vers 1280 constituant le Diptyque composé de huit tableaux disposés en deux volets vraisemblablement dispersés au . Il s'agit du panneau du bas à gauche du volet de gauche du Diptyque. C'est une peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier de , , .

Thématique Le tableau représente l'un des de la Passion du Christ au cours duquel Jésus est agressé, moqué et tourné en dérision devant la foule, épisode que l'on retrouve à deux reprises dans les Évangiles : une première fois à son procès devant le Sanhédrin, où la foule crache sur Jésus et le gifle, et une seconde fois, après sa comparution devant Pilate, où Jésus est flagellé vêtu d'un manteau de pourpre et couronné d'épines, , . La thématique du Christ moqué ou outragé a fait l'objet depuis le Moyen Âge de nombre de représentations par des artistes tels que Fra Angelico, Matthias Grünewald ou Antoine van Dyck illustrant l'épisode chez Caïphe — contrairement à ceux-ci, Cimabue ne représente pas le Christ les yeux bandés et les poignets enserrés dans des liens, mais les bras ballants, opposant à ses agresseurs une expression de sérénité — ou Jérôme Bosch, le Titien, ou le Caravage illustrant le Couronnement d'épines — dans le tableau de Cimabue un personnage semble tenir une couronne d'épines au-dessus de la tête du Christ.

Découverte et vente aux enchères Le panneau est retrouvé en 2019 lors de l'inventaire d'une maison particulière des environs de Compiègne, dans l'Oise, où il était accroché.. Les propriétaires, qui y voyaient , ignoraient la provenance de l'œuvre. Celle-ci est alors expertisée par Stéphane Pinta du cabinet TurquinLe cabinet Turquin avait en 2014 procédé à l'expertise du « Caravage de Toulouse ». Sa découverte est annoncée aux médias le .

Estimé quatre à six millions d'euros, le tableau est proposé à la vente aux enchères le à Senlis (Oise) par maîtres Dominique Le Coënt-de Beaulieu et Philomène Wolf, commissaires-priseurs d'Actéon. Il est exposé au public le mercredi à l'hôtel de ville de Compiègne où un peu plus de quatre cents personnes le découvrent avant la vente pour laquelle sont attendus des collectionneurs privés et des institutions muséales internationales dont les musées français qui peuvent appliquer un droit de préemption.

La Dérision du Christ est adjugée millions d'euros. Son prix tous frais compris s'élève à millions d'euros. Son acquéreur est Álvaro Saieh, un Chilien installé aux États-Unis et propriétaire de la collection Alana de primitifs italiens. Il avait démissionné peu auparavant du conseil d'administration du Metropolitan Museum of Art de New York afin d'enchérir librement.

Protection du patrimoine À la suite de l’avis de la Commission consultative des trésors nationaux, La Dérision du Christ est classée trésor national le par le ministère de la Culture. Ce classement interdit pendant trente mois sa sortie du territoire français et laisse au musée du Louvre le temps de rassembler les fonds nécessaires à son acquisition.

La ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, et la présidente-directrice du musée du Louvre, Laurence des Cars, annoncent, le , l'entrée de la Dérision du Christ dans les collections du Louvre. Le tableau rejoint la Maestà dont la restauration se poursuit. Les deux tableaux réunis feront l’objet d’une exposition au printemps 2025.

Exposition Une conférence, "La Dérision du Christ" de Cimabue L'Œuvre en scène par Thomas Bohl est programmée le préalablement à l'exposition organisée du au par le musée du Louvre, Revoir Cimabue Aux origines de la peinture italienne, réunissant les trois tableaux du Diptyque de dévotion et la Maestà restaurée.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Diptyque de dévotion La Flagellation du Christ La Vierge à l'Enfant trônant et entourée de deux anges Maestà du Louvre (Cimabue) Trésor national (France)

Liens externes

relatif à la demande de certificat d'exportation déposée le pour le panneau de Cenni di Pepo, dit Cimabue, La Dérision du Christ, peinture à l'œuf et fond d'or sur panneau de peuplier, vers 1280. pour le même tableau.

Catégorie:Tableau de Cimabue Catégorie:Tableau du XIIIe siècle Catégorie:Renaissance italienne Catégorie:Dérision du Christ dans la peinture Catégorie:Œuvre de Cimabue dans l'Union européenne Catégorie:Collection de peintures italiennes du Louvre Catégorie:Tableau trésor national conservé au musée du Louvre