Tuzla (en cyrillique : ) est une ville de Bosnie-Herzégovine située dans le canton de Tuzla et dans la fédération de Bosnie-et-Herzégovine. Selon les premiers résultats du recensement bosnien de 2013, la ville intra muros compte habitants et sa zone métropolitaine, appelée ville de Tuzla (), ..

Par sa population, Tuzla est la troisième agglomération du pays après Sarajevo et Banja Luka. C'est une ville industrielle, aujourd'hui réputée pour la tolérance qui règne entre les différentes composantes ethniques de sa population, ce qui lui a valu de devenir un en Bosnie-Herzégovine - Accès très partiel désormais. Tuzla, chef-lieu de la ville de Tuzla et du canton de Tuzla, est également un important centre administratif du pays. Historiquement, la ville est associée à l'exploitation du sel, attestée depuis le Néolithique ; étymologiquement, ses noms successifs de Salines dans l'Antiquité, Soli au Moyen Âge et Tuzla à partir de l'époque ottomane font d'elle la « ville du sel ». De nos jours, le sel constitue toujours l'un des fondements de son activité industrielle mais aussi, plus récemment, l'un des atouts de son développement touristique.

Depuis 2007, Tuzla, qui constituait jusqu'alors une municipalité du pays, fait désormais officiellement partie des villes (au singulier : ; au pluriel : ) de Bosnie-Herzégovine., ce qui lui accorde une plus large autonomie.

Géographie La ville de Tuzla, intra muros, est située au nord-est de la Bosnie-Herzégovine, dans une zone de transition entre les Alpes dinariques et la plaine de Pannonie. Elle se trouve à d'altitude, dans une plaine orientée est-ouest qui longe les pentes orientales du mont Majevica ; dans la municipalité de Tuzla, cette montagne culmine à au pic de Medvednik. Au sud-est, la ville est également entourée par les monts Ozren, Konjuh et Javornik.

Sur le plan géologique, la zone se caractérise par des roches sédimentaires datant du Néogène ; on y trouve aussi du charbon, du sel gemme et du quartz, qui sont exploités économiquement.

vignette|centré|Le lac de Modrac. La rivière principale du territoire de la ville est la Jala, qui prend sa source à une altitude de dans la montagne de Majevica et qui se jette dans la Spreča, un affluent de la rivière Bosna, après une course de . La Jala structure le réseau fluvial de la région, avec ses affluents dont les principaux sont la Solina, la Joševica, la Požarnička et les ruisseaux Grabovo et Mramorski. Le lac de Modrac, un lac de retenue sur la Spreča, est situé à quelques kilomètres au sud-ouest de Tuzla, dans la municipalité de Lukavac ; créé en 1964 pour alimenter en eau les installations industrielles de la ville et de la région, il s'étend sur , ce qui en fait l'un des plus grands lacs réservoirs de l'ex-Yougoslavie..

Le territoire métropolitain de Tuzla s'étend sur , soit un peu moins de . La ville est bordée par les municipalités de Srebrenik et de Lopare au nord et au nord-est, de Kalesija au sud-ouest, de Živinice au sud et de Lukavac à l'est.

Climat La ville dispose d'une station météorologique, située à d'altitude et qui enregistre des données depuis 1910 (coordonnées ).. La région jouit d'un climat continental tempéré chaud, avec une température moyenne annuelle de ; juillet est le mois le plus chaud de l'année, avec une moyenne de . Le mois le plus froid est janvier avec une moyenne de .. La moyenne des précipitations annuelles est de , avec les précipitations mensuelles les plus faibles en mars et les plus élevées en juin.

+ 20px  Relevés à la station météorologique de Tuzla ()Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc AnnéeTempératures maximales moyennes (°C)3,66,311,916,821,524,727,327,623,817,59,85,1 Températures moyennes (°C) 0,2 2,1 6,7 11,1 15,6 18,7 20,7 20,7 17,2 11,9 5,9 1,911,6Températures minimales moyennes (°C)-3,1-2,11,55,49,712,814,213,810,66,42,1-1,3Précipitations moyennes (mm)6158547489102897367637878884

La température la plus élevée relevée à Tuzla a été de le et la température la plus basse de le . Le record de précipitations enregistré en une journée a été de en .

Histoire De la Préhistoire au Moyen Âge vignette|Reconstitution d'une maison du Néolithique dans le Parc archéologique de Tuzla.

La région de Tuzla était habitée au Néolithique, ainsi qu'en témoignent des fouilles archéologiques réalisées près de Tuzla et de Gornja Tuzla. À Tuzla, les archéologues ont mis au jour les ruines d'une localité située près du Vieux lac salé et, à Gornja Tuzla, se trouve un site daté d'environ 4 500 av. J.-C. Des restes de poteries ornées de motifs noirs, gris et rouges, des couteaux, des haches et d'autres outils servant à la vie de tous les jours y ont été découverts mais, parmi les découvertes archéologiques les plus importantes, figurent des récipients en céramique qui servaient à la cuisson de l'eau salée et à l'extraction du sel, découverte qui atteste l'ancienneté de l'exploitation des ressources en sel de la région et, surtout, l'utilisation de ce sel dans l'alimentation humaine dès le Néolithique.. Les Illyriens s'installèrent dans la région, se livrant à l'agriculture, à l'élevage, à la chasse et à la pêche ; ils s'y livrèrent également à toutes sortes d'activités minières. Les Illyriens furent suivis par les Celtes, qui s'installèrent dans le secteur au milieu du avant Jésus Christ, puis, au début du , par les Romains, qui intégrèrent la région à leur province de Dalmatie. Cette période romaine, qui dura environ cinq siècles, fut marquée par la construction de routes et de ponts ; les ressources minières et thermales du secteur furent alors exploitées de façon plus intensives et des localités y furent fondées, dont probablement la ville de Salines, située à l'emplacement de l'actuelle Tuzla..

Au début du , les Slaves et les Avars s'installèrent sur le territoire de l'actuelle municipalité. Mais peu de sources sont disponibles pour décrire la situation de la région au début du Moyen Âge. La première trace écrite témoignant de l'existence de Tuzla remonte à l'an 950 ; la ville est citée dans le De administrando Imperio, un ouvrage de l'historien et empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète, sous le nom romain de Salines, « la ville du sel » ; l'ouvrage précise qu'elle se trouve sur les terres du prince de Rascie Časlav. Aux et s, la ville fut impliquée dans les conflits entre l'Empire byzantin et le royaume de Hongrie. Le territoire compris entre la rivière Bosna à l'ouest, la Save au nord et la Drina à l'est, fut alors connu sous les noms d' Usora et Soli, Soli (« le sel ») étant le nom médiéval de l'actuelle Tuzla. En 1166, l'empereur Manuel Comnène reprit la région qui était alors contrôlée par les Hongrois et il accorda à un chef local appelé Kulin le titre de ban de Bosnie. Soli fit partie des terres gouvernée par le ban, qui, d'abord vassal de l'Empereur byzantin, changea d'allié et devint le vassal du roi de Hongrie Béla III. La ville fit ensuite des possessions de Stjepan Kulinić, le fils de Kulin. Après le renversement de la dynastie des Kulinić, au début du , Soli fit partie de la Bosnie des Kotromanić, une dynastie dont le ban Stefan II Kotromanić et le roi Tvrtko figurent parmi les plus célèbres représentants. Tvrtko fit de la Bosnie un royaume indépendant, qui devint l'un des États les plus importants des Balkans. . De la période médiévale, la région conserve des vestiges, comme la nécropole de Kicelj, près du centre ancien de Tuzla, le site de Gradovrh (« la ville du sommet »), à Solina, qui abrita un monastère franciscain jusqu'à l'arrivée des Ottomans ou encore celui de Krešića Gradina, près du village de Par Selo. Des pierres tombales retrouvées à Tuzla attestent l'ancrage du bogomilisme dans la région à l'époque médiévale. ; ce mouvement religieux, considéré comme une hérésie par l'Église catholique romaine, s'est particulièrement développé en Bosnie à partir du règne du ban Kulin..

Période ottomane Soli fut conquise par les Ottomans en 1463. La ville et sa région furent alors intégrées dans le sandjak de Zvornik, qui, jusqu'en 1541, fut une subdivision de l'eyalet (ou pachalik) de Roumélie puis, jusqu'en 1580, de l'eyalet de Buda. Après 1580, Tuzla, comme le reste du sandjak de Zvornik, fut intégrée dans le pachalik de Bosnie nouvellement créé ; le sandjak était lui-même divisé en 31 nahijas, dont celles de Gornja Tuzla et Donja Tuzla, situées sur le territoire de l'actuelle cité. Ce sont les Ottomans qui donnèrent à Soli son actuel nom de Tuzla, qui vient du mot turc qui signifie le « sel », nom attesté dans les documents écrits ottomans à partir de 1468.. Après la guerre austro-turque de 1683-1699 et à la suite du traité de Karlowitz, la frontière entre les possessions des Habsbourg et l'Empire ottoman fut fixée sur la Save et, de ce fait, la région de Tuzla et les régions voisines virent leur importance stratégique augmenter.

vignette|La čaršija de Tuzla. La présence ottomane apporta des changements considérables dans la région de Tuzla. Après la bataille de Mohács (1526), de nombreuses populations chrétiennes franchirent la Save pour se réfugier dans les territoires encore contrôlés par la Hongrie. Les habitants de Tuzla se convertirent en grand nombre à l'islam, au point qu'à la fin du la majorité de la population était devenue musulmane ; après 1699, ce mouvement fut encore amplifié par l'arrivée de Musulmans quittant la Slavonie et les parties de la Hongrie passées sous contrôle autrichien. Dans la région de Tuzla, l'islamisation se traduisit par la construction de nombreuses mosquées. À Tuzla même, la mosquée de Turali-bey fut construite en 1572 et la mosquée de Husein Čauš, également connue sous le nom de Džindijska džamija, en 1650 ; y furent encore édifiées la Mosquée blanche et la mosquée Jalska (vers 1600). Des mosquées furent également construites sur le territoire de l'actuelle municipalité et notamment à Gornja Tuzla, comme la mosquée Atik.. Plus généralement, Tuzla et les localités alentour prirent une allure plus orientale, avec la construction de médersas, comme la médersa de Behram-bey à Tuzla, qui ouvrit ses portes en 1626.., des tours de l'Horloge (), un type d'édifices caractéristique de l'architecture ottomane dans les Balkans, ainsi que des quartiers appelés čaršija, regroupant autour d'une fontaine des édifices religieux et de petits commerces. De cette période, Tuzla conserve des édifices civils, comme l'hôpital Hastahana (construit en 1874)., ou militaires, comme la Barutana (la « fabrique de poudre ») et Gornja Tuzla abrite encore un important ensemble de maisons anciennes d'architecture ottomane..

Période austro-hongroise Après la défaite de l'Empire ottoman dans la guerre russo-turque de 1877-1878 et à la suite du congrès de Berlin, la Bosnie et l'Herzégovine furent placées sous le contrôle de l'empire d'Autriche-Hongrie, ces régions restant officiellement intégrées à l'Empire ottoman ; cette décision provoqua la formation d'un gouvernement provisoire à Sarajevo et de nombreux mouvements de résistance lors de la campagne d'occupation menée par les Austro-Hongrois. Le mufti de Tuzla, Mehmet Vehbi Šemsekadić, organisa la résistance locale et, le , il rassembla dans la ville environ , venus pour certains de Kladanj, Srebrenik, Lukavac et Zvornik. Ces hommes furent vaincus par les troupes austro-hongroises qui, le , entrèrent dans Tuzla. Fin , les Autrichiens s'étaient rendus maîtres de la Bosnie et son territoire réorganisé. Tuzla devint alors le centre d'un district (), qui, outre Tuzla, englobait aussi les villes de Bijeljina, Brčko, Gračanica, Gradačac, Modriča, Bosanski Šamac, Kladanj, Maglaj, Orašje, Srebrenica, Vlasenica et Zvornik, ce qui en fit un centre administratif de premier plan. En raison de sa proximité avec la frontière serbe, la ville devint également un important poste militaire. Un bureau de poste militaire a été ouvert, identifié par les chiffres romains XVIIIÖsterreich 1850-1918, Spezialkatalog und Handbuch, von Dr. Ulrich FERCHENBAUER,