La station thermale de La Léchère-les-Bains est un complexe thermal situé sur la commune de La Léchère, dans le département de la Savoie, comprenant un centre thermal, un spa thermal, un hôtel et un restaurant. Les vertus curatives de ses eaux s'appliquent essentiellement à la rhumatologie, à la phlébologie et à la gynécologie. Unique station thermale indépendante en Rhône-Alpes, La Léchère-les-Bains accueille plus de par an et sa gestion est confiée à une société d'économie mixte (SEM), la société des eaux thermales de La Léchère.
Géographie thumb|upright=0.8|Parc et station thermale en hiver. Située à d'altitude sur la commune de La Léchère, dans la vallée de la Tarentaise, entre Albertville et Moûtiers, le site thermal de la Léchère-les-Bains est implanté au pied du massif de la Lauzière. Son parc thermal est traversé par l'Isère .
Historique Découverte de la source thermale Le , , un paysan du hameau de Doucy, assiste à un effondrement de part et d'autre de l'Isère, créant deux entonnoirs remplis d'eau. Les eaux de l'étang situé en rive gauche conservant une température élevée et constante, elles attirent dans un premier temps les femmes des proches hameaux, qui viennent y laver leur linge. En 1888, Jean-Louis Rullier, notaire à Albertville et membre de l'Académie de la Val-d'Isère, acquiert les terrains et fore deux puits dans cet étang pour faire analyser son eau par l'École des mines de Paris. Dans les années qui suivent, il ouvre un premier petit établissement, afin de proposer des bains et douches aux premiers "curistes", puis fait bâtir le modeste Hôtel des Bains, comptant 12 chambres. En 1894, il publie le premier ouvrage grand public vantant les intérêts thérapeutiques des eaux de La Léchère; toutefois, cette activité thermale balbutiante ne décolle pas. En 1901, un projet de double exploitation des eaux à des fins thérapeutiques mais aussi agricoles voit le jour. Fondée par un ancien élève de l'École nationale d’horticulture et un ingénieur constructeur d'appareils de chauffage, La Société des forceries de La Léchère innove en utilisant l'eau thermale, émergeant à près de , pour la culture de fruits et légumes sous serre, selon la méthode de culture agricole et horticole nommée « forçage » ; elle s'affranchit alors du charbon, qui rend à l'époque ce type d'agriculture très coûteux. Sous l'impulsion du pharmacien chambérien Paul Hollande, le bâtiment thermal voit ainsi fleurir à ses pieds un immense champ de serres (2 500 châssis) à énergie géothermique, premier du genre en France. Le premier melon est expédié à Paris en 1913, mais la Société sera mise en liquidation en 1914, faute de personnel compétent.
Années 1930 Au début des années 1920, Esther Stern-Goloubkine (1885-1965), docteure es-Sciences chimiques originaire de Russie, vient soulager ses maux à La Léchère. Convaincue du potentiel de ses eaux, elle achète les terrains et la source en 1924 et 1925. Un nouvel établissement thermal de style néo-mauresque voit le jour en 1928. En 1930, l'hôtel Radiana est construit pour accroître les capacités d'accueil de la station et devient l'un des premiers palaces de la vallée. Le , Édouard Herriot, maire de Lyon, futur président du conseil et de l'Assemblée nationale vient poser la première pierre. Le Radiana et La Léchère séduisent des écrivains (Paul Morand, Victor Margueritte) comme des membres de la famille royale belge et suédoise, venus faire une cure de jouvence en Savoie. La station attire également curistes et touristes, en grande majorité des femmes, conquises par les publicités de l'époque, au slogan prometteur : .
Années 1950 à 1960 Après la Seconde Guerre mondiale, la famille de Jean Stern et de son épouse Fira reprend les commandes de la station et poursuit son développement. La bourgeoisie défile à La Léchère. Édouard Herriot, le baron Empain et des avocats célèbres de l'époque comme Moro Giaffredi (avocat de l'affaire Landru) s'y rendent régulièrement.
Années 1980 à 1990 En 1985, le district du bassin d'Aigueblanche (future CCVA) devient propriétaire de la station. Il en confie deux ans plus tard l'exploitation à la Société des eaux thermales de La Léchère (SAEM). En 1988, le Centre de recherche universitaire de La Léchère (CRULL) s'installe dans la station sous la direction du professeur Carpentier.
En 1992, le drapeau olympique flotte sur La Léchère À l'occasion des Jeux Olympiques d’Albertville, de divers pays affluent à la Léchère. Plus de 400 postes de travail sont installés, des centaines d'ordinateurs, des écrans géants retransmettent les compétitions dans le centre de presse construit pour l'occasion. Depuis, ces d'infrastructures sont réservés aux colloques, séminaires, conférences et réunions. La salle de presse est devenue une médiathèque, la salle d'accueil un gymnase et la salle de retransmission une salle de spectacle.
Années 2000 En 2004-2005, les « Thermes bleus », puis les « Thermes blancs » de style mauresque, sont restaurés, réaménagés et modernisés pour apporter plus de confort aux curistes. En 2012, la station inaugure le plus grand spa thermal de Savoie () puis, en 2015, lance le grand chantier de rénovation des chambres du Radiana. Deux plans de soutien au thermalisme sont impulsés en 2016 et 2020 par le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.
Indications thérapeutiques La Léchère-les-Bains est agréée pour trois orientations thérapeutiques (phlébologie, rhumatologie, gynécologie) traitées par des cures de et des mini-cures de . Puisée à de profondeur, sous le socle rocheux, l'eau de La Léchère appartient à la famille des eaux sulfatées, calciques et magnésiennes. Hyperthermale et fortement minéralisée, elle recèle des oligo-éléments tels que le strontium et le lithium aux effets favorables dans les cas d'anxiété légère et de troubles du sommeil.
La station est également la seule en Rhône-Alpes à proposer une cure du traitement du lymphoedème (blocage de la circulation de la lymphe).
Géothermie La mise en place d'un système géothermique en 2012 puis en 2014, a mis fin au recours aux énergies fossiles coûteuses et génératrices de gaz à effet de serre. Utilisant de l'eau à 10° provenant d'une galerie de l'Électricité de France (EDF) située à proximité, ce système fait transiter l'eau par des échangeurs thermiques qui alimentent ensuite le circuit de rafraîchissement de l'hôtel, via une soufflerie douce dans les thermes et le spa, ainsi que des ventilo-convecteurs plafonniers installés dans les chambres de l'hôtel. Ce nouveau système utilise également l'eau thermale à 61° pour chauffer les thermes, l'hôtel et le restaurant. Cette ressource naturelle est également utilisée pour la production d'eau chaude sanitaire. La réduction de l'impact environnemental de l'activité thermale globale est considérable. Il a été évalué que tout autre système de régulation thermique existant aurait nécessité de dioxyde de carbone (), l'équivalent de de kilowatts et de fioul par an.
Centre de recherche universitaire de La Léchère Depuis 1988, la station thermale accueille le dont le directeur est le professeur Patrick Carpentier, chef du service des maladies artérielles, veineuses, lymphatiques et de la micro-circulation au centre hospitalier universitaire de Grenoble. Modèle de partenariat entre une station thermale et la recherche universitaire, le mise sur la recherche thermale appliquée pour étudier les maladies veineuses.
Notes et références
Bibliographie
Jacques Garieri, « Et si l'eau thermale de la Léchère, possédait d'autre vertus ? » Tarentaise hebdo, . Une recherche et un comparatif avec d'autres sources thermales.
Le Dauphiné libéré Entreprises, « Les thermes font peau neuve avec d'euros », édition du .
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Liens externes Site des Thermes de La Léchère Site de l'office de tourisme
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