Le prince Piotr Ivanovitch Bagration (en ) ou Pétré Ivanis dzé Bagrationi (en ), plus communément appelé Pierre de Bagration, né en 1765 à Kizliar et mort le près de Mojaïsk, fut l'un des généraux les plus distingués de l'Empire russe.
Famille Le prince de Bagration est né en 1765 à Kizliar au sein de la branche géorgienne de la famille des Bagration (consulté le 27 novembre 2022), qui régna longtemps sur la Géorgie et l'Arménie. Il est le fils du prince Ivan Alexandrovitch Bagration.
Son frère cadet, le prince Roman Ivanovitch Bagration, servit dans l'armée russe au grade de lieutenant-général. Son neveu, le prince , fit également carrière dans l'armée impériale de Russie et devint célèbre pour ses travaux sur la galvanoplastie, qui lui permirent de découvrir en 1843 une méthode pour extraire l'or d'un minerai : la cyanuration.
Mariage thumb|left|200px|La comtesse Iekaterina Pavlovna Skavronskaïa, une œuvre de Jean-Baptiste Isabey, musée du Louvre Le , le prince Piotr Ivanovitch Bagration épousa la comtesse Ekaterina Pavlovna Skavronskaïa (1783-1857).
Catherine Bagration s'illustra au congrès de Vienne, elle était la rivale de Wilhelmine de Courlande dans le cœur de ces messieurs du Congrès, notamment de Metternich (dont elle aura une fille, nommée Clementine) et d'Alexandre. Elles habitaient toutes les deux au palais Palm et tenaient un salon très fréquenté.
Carrière militaire Entré au service de l'armée russe en 1782, il est affecté dans un premier temps dans le Caucase. Durant la septième guerre russo-turque (1787-1792), il est présent lors du siège d'Otchakov. Il sert alors sous les ordres du général Souvorov et du prince Grigori Potemkine, de même que lors de sa campagne en Italie. Il fut surnommé « le dieu de la bataille » par ses frères d'armes. En 1794, il contribue à réprimer l'insurrection polonaise qui fait suite au partage de la Pologne entre la Russie et la Prusse. Durant cette dernière, il s'illustre en s'emparant de Brescia le . À Trebbia, il commande l'avant-garde des forces combinées austro-russes. À la suite de quelques revers, il fut disgracié avec Souvorov par . Rappelé en 1805 par , il commanda un corps de l'armée envoyée au secours de l'Autriche sous les ordres de Koutouzov. Avec ses , il fait face aux adverses lors du combat d'Hollabrunn, ce qui laisse le temps à l'armée russe de se retirer en Moravie. Il met le feu au village d'Hollabrunn et, après la confrontation, arrive à s'échapper avec son unité sans abandonner ni artillerie ni autre matériel. Il passe, bien qu'il ait perdu près d'un tiers de ses effectifs. Bagration affirmera par la suite avoir combattu avec contribuant ainsi à la légende fantastique de cette bataille.
Entre 1805 et 1807, il est engagé aux batailles d'Austerlitz, d'Eylau, d'Heilsberg et de Friedland, qui se soldent par des défaites. C'est lui qui, le , entama les pourparlers avec Murat qui débouchèrent sur le Traité de Tilsit entre la France et la Russie. En 1808, Bagration part alors pour le théâtre militaire suédois, où il s'empare de la zone-clef des îles Åland, puis il retourne l'année suivante dans le sud pour combattre les Turcs dans le cadre de la guerre russo-turque de 1806-1812. Mais, après la défaite à Tataritsa et la levée du siège de Silistra, le , il est remplacé.
En 1812, il commande la russe lors de l'invasion française. Le , il est battu à la bataille de Moguilev, mais parvient à rejoindre le gros de l'armée russe après en avoir été séparé. Il échappe ainsi aux tentatives françaises d'encerclement et rejoint, le , Barclay de Tolly et la russe à Smolensk. Le lendemain a lieu la Bataille de Smolensk (1812). Le , Koutouzov lui confie le commandement de l’aile gauche à la bataille de la Moskova, au cours de laquelle il est mortellement blessé. Il succombe 17 jours plus tard, le .
Postérité
Dans ses Mémoires inédits le général Langeron écrit de lui :
Napoléon lui rend hommage, après que Piotr Bagration eut succombé à sa blessure : « Il n'y a pas de bons généraux russes, à l'exception de Bagration ! ». Le tsar fit élever un monument en son honneur sur le champ de bataille de Borodino. Les restes du général y furent transférés à l'endroit où il fut mortellement touché. La tombe, détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, fut reconstruite. Staline nomma « opération Bagration », du nom du général, la grande offensive soviétique lancée le et qui détruisit le groupe d'armée Centre allemand et repoussa les forces allemandes hors de Biélorussie. Comme Bagration, Staline était originaire de Géorgie. Après la guerre, les Soviétiques annexèrent le nord de la Prusse-Orientale (aujourd'hui l'Oblast de Kaliningrad) et la ville de Preußisch Eylau, lieu de la bataille de 1807, dont les habitants avaient fui ou furent expulsés pour les derniers restants, fut repeuplée de Russes et renommée Bagrationovsk. Un astéroïde découvert le par l'astronome russe Lioudmila Tchernykh reçut le nom de (3127) Bagration. Aux , au moins 15 navires ont été nommés en l'honneur de Piotr Bagration Guerre patriotique de 1812 sur les campagnes de libération de l'armée russe de 1813-1814. Sources. Les monuments. Problèmes. Matériaux de la Conférence scientifique internationale, 3-5 septembre 2019. Borodino, 2020. // S. Yu. Rychkov. La mémoire historique des participants à la bataille de Borodino dans les noms des navires. PP.302-329...
Distinctions : Ordre de Saint-André ; : Ordre de Saint-Georges () ; : Épée d'or avec l'inscription « Pour bravoure » ; : Ordre de Saint-Vladimir () ; : Ordre de Saint-Alexandre Nevski (avec diamants) ; : Ordre de Sainte-Anne () ; 1807 : Ordre de l'Aigle rouge (Prusse) ; 1807 : Ordre de l'Aigle noir (Prusse) ; 1799 : Ordre militaire de Marie-Thérèse () (Autriche) ; 1799 : Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (Sardaigne - Italie).
Notes et références
Source
Liens externes
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