Le château de Mont-l'Évêque est situé dans l'Oise sur la commune de Mont-l'Évêque. Il a connu de nombreuses modifications entre sa fondation au siècle et le siècle. Tour à tour forteresse, résidence des évêques de Senlis puis résidence privée, son histoire est étroitement liée à celle du village et de l'abbaye de la Victoire dont le domaine est limitrophe.

Il est un des rares exemples aboutis du style troubadour en architecture et comporte plusieurs dépendances, une chapelle construite avec des éléments du siècle ainsi qu'un grand parc à l'anglaise.

Bien qu'il s'agisse d'une propriété privée et non d'un espace public, la terrasse ainsi qu'une partie du parc sont ouvertes au public toute l'année, librement et gratuitement, dans les limites indiquées à l'entrée. L'accès aux bâtiments est strictement interdit pour des raisons de vie privée et de sécurité. L'intérieur du château, qui est habité, est visitable occasionnellement accompagné d'un guide ou du propriétaire.

Histoire Une forteresse royale aurait déjà existé à Mons (ancien nom de Mont-l'Évêque) mais était déjà en ruine à la fin du siècle. Son emplacement n'est pas connu avec précision. De même, l'évêque Henri de Senlis y possédait déjà une résidence en 1181, son emplacement est également inconnu.

: maison de campagne des évêques de Senlis Pour le remercier de son rôle à la Bataille de Bouvines en 1214, le roi Philippe Auguste offre à Guérin, garde des sceaux et évêque de Senlis, la seigneurie de Mons, alors domaine de chasse royal, dont le nom change pour Mont-l'Évêque. Guérin cède une partie de ces terres afin qu'y soit fondée l'abbaye de la Victoire, à l'emplacement où se seraient rencontrés les messagers annonçant la victoire de Bouvines et celle de la Roche-aux-MoinesAmédée Vattier, « L'Abbaye de la Victoire », Comité Archéologique de Senlis, Comptes rendus et Mémoires, Senlis, Imprimerie Eugène Dufresne, série, 1887-1895. vignette|Vue du Mont-l'Évêque, maison de campagne des évêques de Senlis dans le Valois en 1785, par Tavernier de Jonquières, vu du sud-est.|alt= Guérin lance la construction de l'actuelle église Saint Germain dans le village et installe sa résidence de campagne un peu plus au sud. Il s'agissait vraisemblablement d'une fortification dont il reste des traces dans le château actuel.

Cette fortification devient la résidence d'été des évêques de Senlis qui l'agrémentent au fil des siècles et y ajoutent diverses dépendances, dont certaines subsistent, tout en asséchant les terres à l'aide de divers ouvrages hydrauliques, permettant leur exploitation (pisciculture, moulins, potagers, etc.).

Gravement endommagé durant la Guerre de Cent Ans, le château a été en grande partie reconstruit au siècle.

À la suite de la Révolution, le domaine de Mont-l'Évêque devient un bien national pendant quelques années. Le dernier évêque a y avoir vécu est Armand de Roquelaure.

À partir de 1807 : propriété de la famille Delfau de Pontalba vignette|Photographie du château dans la seconde moitié du siècle avant les dernières modifications, vu du sud-ouest.

Les chantiers du siècle Joseph-Xavier Delfau de Pontalba acquiert la propriété en 1807. Celle-ci devient un majorat attaché au titre de baron en 1810. Entre cette date et 1834, il fait légèrement agrandir le parc, détruire certaines dépendances et orner le château de son riche décor néogothique troubadourLa Bannière, Soixante-Quatre Quartiers, Paris, C & F Roux-Devillas, 1951, .. C'est aussi durant cette période qu'est construite la tour sud-ouest et que le château est agrandi vers le nordCadastre napoléonien de Mont-l'Évêque, 1811, Archives Départementales de l'Oise.. Les deux tours situées à l'ouest n'ont alors pas encore de toits, mais des terrasses.

Dans la seconde moitié du siècle, le parc à l'anglaise est aménagé par Louis-Sulpice Varé ainsi, peut-être, que d'autres architectes. Dans les années 1880-1890, les architectes Clément Parent et Louis Parent apportent les dernières modifications notables au château. Les tours ouest sont couvertes par des toits, les cheminées prennent leur apparence actuelle et la terrasse sud est remodelée, donnant au château sa silhouette d'aujourd'hui. Ce sont également ces architectes qui sont responsables de certains aménagements intérieurs, dont l'escalier d'honneur et la grande salle à manger, fortement inspirés du château d'Amboise.

Plusieurs projets ambitieux n'ont jamais été réalisés, comme en témoignent des plans conservés dans les archives du château. vignette|Le château de Mont-l'Évêque achevé, vu du sud-est, début du siècle. À la fin des années 1890, le château dispose d'un confort extrêmement moderne : eau courante à tous les étages, électricité produite grâce aux rivières, chauffage central, monte-charge et téléphone.

Le siècle et les deux guerres mondiales Durant la Première Guerre mondiale, le domaine fournit des chevaux pour le front et ne subit pas de dégâts, malgré d'importantes destructions dans la région, des bombardements à proximité du village et quelques pillages. Le , le château fut occupé par des officiers anglais, dont Emund Allenby, accompagnés de hommes, puis le lendemain par des troupes allemandes, dont le général von Trossel et 40 officiers accompagnés de hommes.

En 1939, le parc est aménagé dans le cadre de la ligne Chauvineau, complément de la Ligne Maginot. Certains de ces ouvrages sont toujours visibles aujourd'hui.

La Seconde Guerre mondiale l'épargne également. Des officiers de la Luftwaffe réquisitionnent le château durant l'Occupation et utilisent ses caves pour s'abriter des bombardements alliés, bien que ceux-ci visent plutôt les environs de Creil où se trouvaient des bases de V1. Les Allemands fuient devant l'avancée des alliés qui sont accueillis chaleureusement et logés.

Après la mort d'Alfred de Pontalba (1886-1972), le château reste à l'abandon pendant près de vingt ans durant lesquels il subit de nombreux dégâts et pillages. D'importants travaux de restauration sont entrepris dans les années 90 par Charles-Edouard de Pontalba, portant notamment sur la réfection d'une grande partie de la couverture, la remise en état des étages supérieurs et une modernisation d'ensemble. Ces travaux permettent à la famille de revenir y habiter en 2000, elle y réside toujours.. Les travaux ont ralenti depuis.

La Chapelle, souvenir de l'église des Grands-Carmes de Metz Une chapelle, dédiée à sainte Madeleine, fut construite par Guérin au début du siècle sur le site. Son emplacement pourrait correspondre au bâtiment qui apparaît sur le cadastre de 1811 et la gravure de Tavernier, détruit et rebâti au siècle pour intégrer des pierres de l'autel de l'église des Grands-Carmes de Metz et former la chapelle actuelle. vignette|Ruines des Grands-Carmes de Metz.

Le sauvetage d'Alexandre Lenoir L'église des Grands-Carmes de Metz, construite au et siècles par l'architecte Pierre Perrat, fut très endommagée pendant la Révolution puis détruite en 1818. Il n'en reste aujourd'hui que quelques ruines. Sa beauté, en particulier celle de son jubé et de son autel, était célèbre à Metz et au-delà. Louis XV se serait déplacé pour l'admirer en 1774 et une description assure que le grand autel est Dom Sébastien Dieudonné, Mémoire sur Metz, Tome IV, Bibliothèque Municipale de Metz, si bien qu'Alexandre Lenoir, averti en 1806 de la destruction prochaine du monument, fit remplir 14 caisses de pierres qu'il voulait sauver pour son musée des monuments français à Paris. Il les y transporta grâce au soutien logistique du général Berthier avec le projet de les remonter dans la cour du couvent des Petits-Augustins, aujourd'hui École des Beaux-Arts.

Les projets de la Malmaison et le second sauvetage Ce remontage ne se fit pas comme Lenoir l'avait prévu, puisque Joséphine de Beauharnais, qui avait entendu parler des pierres, les demanda à Napoléon qui les obtint pour elle. Les caisses furent ainsi transportées au château de Malmaison, à l'origine pour orner la chapelle qui s'avéra trop petite pour recevoir les pierres. Une fabrique romantique fut également imaginée, mais le divorce puis la mort de Joséphine interrompirent les projets. Les caisses sont alors stockées dans les caves du château sans avoir été ouvertes.

Après la mort de Joséphine, le château est vendu en 1828 à Jonas-Philip Hagerman qui souhaite réduire les pierres de Metz en gravier pour les allées du parc. Son architecte, Lusson, s'y oppose et échange en 1840 les 14 caisses par leur équivalent en moellons. Les pierres sont partiellement restaurées avant d'être cédées à Victor Lenoir. À ce moment, leur provenance n'est plus reconnue et elles gagnent la réputation d'être les fragments du tombeau de Charlemagne. vignette|La chapelle de Mont-l'Évêque, avant la première phase de restauration de 2016.

Division des pierres et édification de la chapelle de Mont-l'Évêque En 1850, Victor Lenoir vend les pierres en deux lots : l'un part près de Douai, au château de Gueulzin, servant à construire une galerie aujourd'hui disparue.

L'autre arrive à Mont-l'Évêque et est intégré dans une nouvelle chapelle conçue spécialement pour mettre ces pierres en valeur. Celles-ci se distinguent aujourd'hui par leur couleur jaune, qui tranche avec la pierre plus pâle de la région et constituent un des derniers témoignages de l'église des Grands-Carmes.

Un portail de la Vierge était prévu au nord, ainsi qu'une tribune, cela impliquait toutefois la destruction d'une partie du "petit château" avec lequel la chapelle forme un coin de la terrasse. Ce projet, dessiné par Ancelet, n'a donc pas été réalisé, soit par économie, soit pour préserver le petit châteauProjet d'une façade et d'une tribune en avant de la chapelle de Mr de Pontalba, Gabriel-Auguste Ancelet, archives privées de la famille Delfau de Pontalba.

L'histoire de la chapelle est indissociable de celle des pierres qui la composent, puisqu'elle a été construite pour les accueillir, constituant ainsi un ouvrage picard du siècle bâti avec des pierres lorraines du siècle.

Description

Le château vignette|La façade ouest du château.|alt=

Extérieur L'apparence actuelle du château est de style troubadour, mais de nombreux éléments plus anciens subsistent. Il est composé d'un corps principal comportant quatre tours cylindriques coiffées de toits en poivrière et surmontées de girouettes. Ces toits sont couverts d'ardoises formant de discrets motifs géométriques. Les façades sont très richement décorées de sculptures diverses, chaque encadrement de fenêtre étant différent des autres. Certaines fenêtres sont factices et servent à améliorer la symétrie de l'ensemble. La façade ouest du château, qui donne sur la terrasse, comporte la statue d'un croisé qui tenait une lance avant les dégradations du siècle, ainsi qu'une horloge dont le mouvement est daté de 1794. vignette|Détail d'une fenêtre de la façade Est. Le château est conçu pour être vu des façades ouest, sud et est, la façade nord étant moins harmonieuse et plus dissimulée. À la base de la tour sud-est, le passé militaire de l'édifice apparaît puisque les murs épais y sont percés de deux meurtrières et soutenus par un petit contrefort de forme triangulaire. L'apparence de l'ensemble est à rapprocher de celui du château de la Reine Blanche, également de style troubadour.

Le perron donne sur une terrasse sur laquelle se trouve une dépendance et la chapelle du château, ainsi qu'un tilleul bicentenaire. La table en pierre de la terrasse est une table à dépecer, transférée là dans les années 1990. L'ensemble est entouré par un fossé qui peut être traversé à l'aide d'un pont.

Intérieur