Le deuxième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est rédigé en 1996. Il s'agit d'une évaluation des informations scientifiques et socio-économiques disponibles sur le changement climatique. Il est suivi du troisième rapport d'évaluation en 2001. Il sert de base au protocole de Kyoto. À l'instar des autres rapport, il se compose de quatre parties : trois parties rédigées par trois groupes de travail et un rapport synthétique. Les trois groupes de travail ont travaillé sur trois aspects de l'évolution du climat : l'aspect scientifique pour le premier, ses incidences scientifiques et techniques et les mesures d'adaptation et d'atténuation pour le deuxième et l'aspect socio-économique pour le troisième.

Le processus d'écriture du huitième chapitre, intitulé « Détection de l'évolution du climat et attribution de ses causes », dont l’auteur principal est le climatologue américain Benjamin D. Santer, est vivement contesté par une partie du monde scientifique et notamment par le président du groupe de réflexion institut George C. Marshall, Frederick Seitz. Une des autres controverses soulevées par ce deuxième rapport concerne la valeur d'une vie humaine dans les pays en voie de développement, convertie en dollars américains, utilisée dans les estimations monétaires des impacts climatiques.

Vue d'ensemble Le deuxième rapport d'évaluation du GIEC, intitulé Le Changement climatique 1995, se compose de quatre parties : un rapport de chacun des trois groupes de travail et un rapport synthétique.. Le rapport du premier groupe de travail traite des Aspects scientifiques de l'évolution du climat (The Science of Climate Change), le rapport du deuxième groupe de travail réalise l'Analyse scientifique et technique des incidences de l'évolution du climat, mesures d'adaptation et d'atténuation (Impacts, Adaptations and Mitigation of Climate Change: Scientific-Technical Analyses). Le rapport du troisième groupe de travail traite des Aspects socio-économiques de l'évolution du climat (Economic and Social Dimensions of Climate Change), tandis que le rapport synthétique s'intitule Document de synthèse des informations scientifiques et techniques relatives à l'interprétation de l'article 2 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Synthesis of Scientific-Technical Information Relevant to Interpreting Article 2 of the UN Framework Convention on Climate Change).

Ces rapports sont élaborés par plus de deux mille experts et .

Le rapport de synthèse a pour but de fournir les informations scientifiques, techniques et socio-économiques permettant de déterminer .

Chapitre 8. Détection de l'évolution du climat et attribution de ses causes Processus de rédaction

Dans le processus du GIEC, un chaque chapitre et travaille avec les autres auteurs principaux et les contributeurs, pour s'accorder sur la structure du chapitre, et affecter des équipes scientifiques à la rédaction de chaque section du chapitre, en vue de produire un projet soumis à l'acceptation de l’ensemble du groupe d'auteurs. Les gouvernements participants peuvent ensuite fournir des commentaires sur la version initiale, lesquels sont intégrés à l’évaluation présentée dans le but de faire accepter ces remarques lors d'une séance plénière du GIEC.

Le président du GIEC, Bert Bolin a du mal à trouver un auteur principal coordinateur pour le huitième chapitre. Après plusieurs semaines, il parvient à convaincre Benjamin D. Santer, qui effectue alors des recherches postdoctorales sur le sujet, d'assumer cette tâche. Vingt participants venus de différents pays se rassemblent lors de la réunion initiale tenue à Livermore en Californie, en , afin d'identifier les périmètres du sujet scientifique traité, puis la discussion se poursuit par courrier électronique. Lors de la première séance de rédaction, en octobre à Sigtuna en Suède, Benjamin Santer persuade les autres auteurs que le chapitre 8 devrait traiter des incertitudes relatives aux observations et aux modèles, bien que celles-ci soient également abordées dans d'autres chapitres. Ce premier jet, qualifié de , est ensuite envoyé aux experts scientifiques, à tous les auteurs du chapitre et aux auteurs principaux des autres chapitres, pour examen par les pairs. Leurs réponses sont intégrées lors de la deuxième session de rédaction en à Brighton. En mai, l'ensemble du texte élaboré par le premier groupe de travail, ainsi que le résumé destiné aux décideurs, sont soumis à un par les gouvernements participants, afin de permettre la prise en compte de ceux-ci lors de la troisième session de rédaction tenue en juillet à Asheville en Caroline du Nord. En raison des retards de calendrier, Benjamin Santer ne reçoit pas les commentaires du gouvernement pour cette session. Certains n'arrivent pas avant la réunion plénière de novembre.

Influence humaine discernable sur le climat mondial L'ébauche du chapitre 8 préparée le contient un résumé analytique d'éléments factuels, et après diverses qualifications, les auteurs déclarent que . Lors de la réunion plénière de novembre à Madrid, les gouvernements demandent des changements dans la formulation du résumé à l'intention des décideurs. Après de longues discussions, Bert Bolin suggère l'adjectif , ce qui est accepté. Le résumé approuvé pour les décideurs comprend une section intitulée , qui décrit les progrès obtenus en matière d'études de détection et d'attribution des causes du changement planétaire, mais avertit également que . Le GIEC demande ensuite à Benjamin Santer de mettre le reste du chapitre en conformité avec ce libellé.

Le résumé au début de la version finale du chapitre est le suivant : . Le dernier paragraphe du chapitre indique que . Le président du GIEC, Bert Bolin, et ses coprésidents John T. Houghton et Gylvan L. Meira Filho, écrivent une introduction dans la préface du deuxième rapport d'évaluation, dans laquelle ils soulignent que .

Attaques par des organisations climatosceptiques

Avant la publication du deuxième rapport d'évaluation, le groupe industriel Global Climate Coalition publie un rapport intitulé Le GIEC : Nettoyage scientifique institutionnalisé à des journalistes, à des membres du Congrès américain et à des scientifiques, selon lequel Benjamin Santer a modifié le texte, après acceptation du texte par le groupe de travail et sans l'approbation des auteurs, afin de supprimer le contenu caractérisant l'incertitude scientifique. Trois semaines plus tard, une semaine après la publication du rapport, le Global Climate Coalition est à nouveau impliqué dans une lettre publiée dans le Wall Street Journal par le physicien de la matière condensée à la retraite et ancien président de l'Académie nationale des sciences, Frederick Seitz, président du think tank conservateur et climatosceptique nommé institut George C. Marshall et du Science and Environmental Policy Project. F. Seitz n’est pas climatologue. Dans cette lettre, il allègue que Benjamin Santer a perpétré . Il critique les conclusions du huitième chapitre et écrit que , supprimant ainsi qu'il attribue à d'autres scientifiques anonymes.

Soutiens à l'auteur et controverses

La position de l’auteur principal du chapitre 8, Benjamin D. Santer, est soutenue par d'autres auteurs du GIEC et des personnalités de l'American Meteorological Society et de l'University Corporation for Atmospheric Research. Les présidents de ces deux groupes déclarent qu'il y a .

Parmi les autres points d'achoppement entre le monde de la climatologie et Frederick Seitz se trouvent un article de 1997, rédigé par Paul Edwards et l'auteur du GIEC Stephen Schneider, et une plainte déposée en 2007 auprès du régulateur britannique de la télévision, l'Ofcom, à propos du programme télévisée The Great Global Warming Swindle. Cette plainte comprend une réfutation des déclarations de Frederick Seitz par l'ancien président du GIEC, Bert Bolin.

Débat sur la valeur économique d'une vie humaine Une des controverses à propos du rapport du troisième groupe de travail de cette deuxième évaluation est l'estimation économique d'une vie humaine qui est utilisée dans les estimations monétaires (convertie en dollars américains) des impacts du changement climatique. Souvent, dans ces estimations monétisées, les risques inhérents au changement climatique pour la santé sont estimés de manière à être avec les évaluations d'autres risques pour la santé. Il existe un large éventail d'opinions sur les estimations monétisées des impacts du changement climatique. Les forces et les faiblesses de ces estimations monétisées sont discutées dans le deuxième rapport d'évaluation du GIEC et les suivants .

Lors de la préparation du deuxième rapport d'évaluation, des désaccords apparaissent à propos du résumé à l'intention des décideurs (RID) du troisième groupe de travail. Le RID est écrit par un groupe d'auteurs du GIEC, qui discutent ensuite du projet avec les délégués gouvernementaux de tous les partis de la CCNUCC (c'est-à-dire des délégués de la plupart des gouvernements du monde). Selon certains gouvernements, comme l'Inde, l'estimation économique d'une vie humaine, définie par les économistes comme la , suggère que les habitants des pays pauvres valent moins que ceux des pays riches. David Pearce, qui est un des auteurs principaux du chapitre correspondant au sein du deuxième rapport d'évaluation, est officiellement contre le RID. Selon lui :

Autrement dit, quelques délégués gouvernementaux ont souhaité que la dans les pays pauvres soit valorisée au même niveau que celle des pays riches. L'auteur du GIEC, Michael Grubb déclare par la suite :

Conclusions Le premier groupe de travail, qui traite les aspects scientifiques de l’évolution du climat, déclare que .

Le premier groupe de travail souligne par la suite que ses rapports dans les première et deuxième évaluations ont fait des progrès dans la compréhension de l'effet de serre. Les gaz à effet de serre augmentent (en grande partie à cause des activités humaines) et devraient donc entraîner un réchauffement planétaire significatif (bien que les prévisions régionales spécifiques soient limitées). La compréhension globale des phénomènes en jeu s'améliore, malgré les incertitudes persistantes, et permet d'acter que le réchauffement planétaire se poursuit et est probablement dû à l'activité humaine, et qu'une réduction très importante des émissions serait nécessaire pour stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre.

Le deuxième groupe de travail analyse si les incidences plausibles du réchauffement planétaire représentent une perturbation anthropique dangereuse pour le système climatique, tandis que le troisième groupe de travail fournit des informations pour aider les pays à .

Références

Annexes

Bibliographie . . . .

Articles connexes Consensus scientifique sur le réchauffement climatique

Liens externes Site officiel du GIEC

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