Le régiment de Guyenne est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1610 sous le nom de régiment de Vaubécourt, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations 1598 : existence d'un régiment aux ordres de Henri de Nettancourt, comte de Vaubecourt, gentilhomme lorrain qui met son unité à disposition de l'armée du roi de France Henri IVHistoire de l'ancienne infanterie française T4 par Louis Susane : à la paix de Vervins, le régiment de Vaubecourt est licencié 1606 : reformation du régiment de Vaubécourt en tant que corps étranger : le régiment de Vaubécourt est admis au service de la France 1646 : prend le nom de régiment d'Entragues 1647 : reprend le nom de régiment de Vaubécourt 1661 : Prend le nom de régiment d'Espagny 1669 : renommé régiment de Bandeville 1677 : Devient régiment de Vaubécourt 1695 : renommé régiment de Nettancourt : Prend le nom de régiment de Mailly : Devient régiment de Bueil-Racan : Prend le nom de régiment La Brosse : renommé régiment de Boufflers : Prend le nom de régiment de Pons : Devient régiment de Marsan : Prend le nom de régiment de Bouzols : renommé régiment de Mailly : Prend le nom de régiment de Talaru : Devient régiment de Chastellux 10 décembre 1762 : renommé régiment de Guyenne : Prend le nom de d'infanterie de ligne ci-devant Guyenne

Mestres de camp et colonels : Jean V de Nettancourt, comte de VaubecourtJean de Nettancourt V obtint une commission de capitaine en 1586. En 1594 il était alors baron de Vaubecourt et capitaine de cavalerie à Sainte-Menehould Le grand dictionnaire historique, Volume 4, page 414 et suivante : Nicolas II de Nettancourt, comte de Vaubecourt, son fils mai 1646 : Victor-Amédée de Crémeaux, comte d'Entragues François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois : Dictionnaire de la noblesse Tome V page 304Marié le 22 mai 1653, Saint-Nicolas-des-Champs, Paris (75), avec Marie Angélique Chevalier du Coudray. 1 enfant : Camille de Crémeaux d'Entragues, comte de Saint Trivier †1679 : Nicolas de Nettancourt, comte de Vaubecourt : Maximilien Gouffier, marquis d'Espagny 1669 : Louis Sévin, marquis de Bandeville 1674 : Charles Sévin, chevalier de Bandeville, frère du précédent : Louis Claude de Nettancourt-Haussonville, comte de Vaubecourt, fils du premier colonel : Louis d'Haussonville, marquis de Nettancourt : Adrian de Silly, comte de Mailly-La-Houssaye Anselme de Sainte-Marie : Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France Tome 8, page 660 : Pierre Antoine comte de Bueil-Racan Pierre Antoine comte de Bueil-Racan : François Henri de Tiercelin, marquis de La Brosse François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois : Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire...page 405 : Charles François de Boufflers-RemiancourtLe marquis de Boufflers était brigadier du . Il fut fait maréchal de camp le , et lieutenant-général le . : Charles Louis de Lorraine, prince de PonsLe prince de Pons, devint brigadier le , maréchal de camp le , et lieutenant-général le . Il céda le régiment à son fils le prince de Marsan, entré au corps comme enseigne deux ans auparavant. : Gaston Jean-Baptiste Charles de Lorraine, comte de Marsan, fils du précédent : Joachim Louis de Montaigut, marquis de Bouzols : Louis, marquis de Mailly : Chalmazel César Marie, marquis de Talaru : Jacques François, chevalier de Chatellux : Marie Charles, marquis du Chilleau : Nicolas Thomas Hue, comte de Miromesnil : Louis Élisabeth, marquis de Pardieu d'Avremesnil : Stanislas Louis, chevalier de Bassompierre : Jean Claude Henri, comte de Saisseval : Charles-Bernard-Joseph Percin de La Valette, marquis de Montgaillard : René Adrien Leseigneur du Chevalier : Alexandre Blaise Victor Joseph de Vault : François Pierre Jean de Saint-Vincent d'Aiglun

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines (1589-1610) Henri de Nettancourt, comte de Vaubecourt, seigneur lorrain des confins de la Champagne, à la suite d'un démêlé qu'il eut avec le duc de Lorraine, à propos d'un couvent enclavé dans ses terres, abandonna le service de ce prince et leva en 1589 un régiment d'infanterie qu'il conduisit en France à l'armée de Henri IV.

Ce régiment fut licencié, le à la paix de Vervins. Ses compagnies retournèrent en Lorraine avant de suivre en 1598 Jean V de Nettancourt comte de Vaubecourt en Hongrie et se distinguèrent à la prise de Raab, sur les Turcs.

En 1606, quand Henri IV, mécontent de Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, qui avait trempé dans la conspiration du maréchal de Biron, voulut sévir contre lui, il accepta de nouveau les services de la famille de Nettancourt, et le régiment lorrain du comte de Vaubecourt fut mis le en garnison à Sedan, ville qui appartenait alors au duc de Bouillon.

Régiment de Vaubecourt (1610-1646) Ce corps étranger qui avait bien servi fut définitivement admis au service de France, par commission du , au moment des grands armements que Henri IV préparait contre la maison d'Autriche.Réduit au mois d'août de la même année à la compagnie du mestre de camp, qui était en garnison à Vitry, il fut remis sur pied le . Depuis ce jour il a toujours été maintenu, au moins à deux compagnies, ce qui lui assura le rang de des Petits Vieux entretenus.

Rébellions huguenotes Au début des rébellions huguenotes, il fit en 1615 partie de l'armée du maréchal de Bois-Dauphin, destinée à agir contre les princes mécontents. Le régiment débuta au mois d'octobre, au passage des marais de Saint-Gond près de Sézanne et au combat du , qui amena la prise de la petite ville de Chanlay, où s'était renfermé Henri de Luxembourg prince de Tingry. Le régiment tira quelques volées de coups de canon contre deux tours qui s'écroulèrent, et l'ennemi se rendit à discrétion Mémoires du maréchal de Bassompière. Il servit ensuite en Champagne sous Charles duc de Guise.

Après la mort du maréchal d'Ancre, en 1617, il fut mis en garnison à Verdun, d'où il se rendit à Châlons, après l'arrestation d'Henri prince de Condé; la cour désirant rapprocher d'elle les corps sur lesquels elle pouvait particulièrement compter. Il retourna plus tard à Verdun.

Quand, en 1619, Louis XIII assembla des troupes pour soumettre les places de la Normandie qui tenaient pour la reine-mère, Vaubecourt fut laissé dans ses quartiers de Verdun; mais il céda au régiment de Picardie qui était alors en assez mauvais état, 400 hommes à raison d'un écu par tête.

Guerre de Trente Ans - Guerre de la Valteline En 1620, placé sous les ordres de Charles duc de Nevers, il contribua à fermer l'entrée de la Champagne aux troupes levées dans le pays de Liège, pour Marie de Médicis.

En 1622, lors de l'invasion de Mansfeld dans la Champagne, le régiment de Vaubecourt réduit à 200 hommes, formait toute la garnison de Mouzon, que l'aventurier allemand menaçait principalement. Il n'osa cependant point l'attaquer.

La première guerre importante à laquelle Vaubecourt ait participé, est celle de la Valteline. Il quitte ses quartiers de Champagne en 1624, traverse la Suisse et va partager les travaux et la gloire des régiments de Normandie, d'Estrées et des régiments suisses de Diesbach, de Schmidt et de Siders dans ses laborieuses expéditions. Il se trouve cette année au passage de vive force du Steig Un Régiment valaisan au service de France dans la Campagne de Valteline de 1624-1627, à l'attaque du pont du Rhin, de Pio-Domo, Platemale, Poschiavo, Tirano et de son château, Sondrio, Morbegno, Traone, Dubino Mémoires et lettres sur la guerre de la Valteline. Tome 2.

En 1625 il participe aux sièges de Chiapino et de Bormio, au combat de Campo, au siège de Chiavenne à la reprise des retranchements de Cercino et de Traone Histoire de France Tome 13 page 436 et suivantes.

Revenu en France, il passa l'année 1626 à se rétablir, car il avait fourni la plupart des soldats qui lui restaient pour remplir les cadres de Normandie.

Rébellions huguenotes En 1627, il est envoyé devant La Rochelle dans le cadre des rébellions huguenotes. D'abord cantonné à Périgny avec le régiment de Chappes, il fait partie plus tard de l'attaque particulière du maréchal de Bassompierre du côté du Fort-Louis. Le , il détacha 300 hommes qui contribuèrent à chasser les Anglais de l'île de Ré. Pendant le reste du siège de La Rochelle, il garda les forts établis sur la rive droite de la baie et les batteries de la pointe de Chef-de-Baie. Le , 300 hommes du régiment avec 300 Suisses accomplirent une action des plus hardies. Le blocus de la ville était incomplet du côté de la porte de Cougne, au nord. Bassompierre s'engagea à y improviser un fort, et avec ces 600 braves, il alla s'établir à trois cents pas des remparts et construisit une redoute à la pointe de la garenne de Lafond. Les Rochelais qui ne pouvaient comprendre qu'on entreprît sérieusement un pareil travail sans de grandes forces, le laissèrent faire. Le , Nicolas de Nettancourt, comte de Vaubecourt, succède à son père Jean V de Nettancourt, comte de Vaubecourt.

Guerre de Succession de Mantoue Après la chute de La Rochelle, le le régiment de Vaubecourt est dirigé sur le Piémont, où il participe à la guerre de Succession de Mantoue et se signale à l'attaque du Pas de Suze et le , il permet de faire lever le siège de Casal assiégée par les Espagnols.

Rébellions huguenotes Après ce raid en Piémont, le régiment de Vaubecourt repasse les Alpes et revenu dans la vallée du Rhône avec Louis XIII, il contribue du 14 au à la prise de Privas puis du 8 au à celui d'Alès.

Guerre de Succession de Mantoue En 1630, on le trouve au combat de Veillane, à la prise de Saluces et à l'attaque du pont de CarignanGravure du combat du pont de Carignan le 6 août 1630 par Charles Gavard et la défense du fort de Briqueras.

Après le traité de Cherasco, Vaubecourt rentra en France en 1631 et fut mis en garnison à Toulon. Il était fort alors de douze compagnies.

Rébellions huguenotes En 1632, il reçut l'ordre d'occuper les montagnes au-dessus de Privas, devenues le foyer de la révolte. Un de ses détachements s'empara du comte Claude de Hautefort, baron de Lestrange, vicomte de Cheylane et Privas, gouverneur du Puy, un des principaux chefs des rebelles qui soulevaient le VivaraisClaude de Hautefort de Lestrange, vicomte de Lestrange, de Cheylane et de Privas, baron de Boulogne, gouverneur du Puy en 1621. Fils de Claude de Hautefort de Lestrange, seigneur du Teil, vicomte de Cheylard, baron de Boulogne et de Marie de Lestrange, nait en 1580 à Saint-Michel-de-Boulogne et se marie le 20 mars 1620 avec Paule de Chambaud, dame de Privas, vicomtesse de Privas. Il est exécuté le à Pont-Saint-Esprit. Le régiment assista aussi à la bataille de Castelnaudary.

Guerre de Trente Ans En 1633, le régiment de Vaubecourt, qui avait passé l'hiver dans la Bresse, fut employé à la conquête de la Lorraine et se trouva à la prise d'Haguenau, de Saverne, de Lunéville et de Nancy.

L'année suivante, il fait les sièges de Bitche et de La Mothe. Au mois d'octobre il marche au secours de Philisbourg, et à celui d'Heidelberg en décembre.

Il se trouve, en 1635, à la défaite de Charles duc de Lorraine près de Fresche Augustin Calmet : Histoire de Lorraine volume 6 pages 180-181, à l'assaut de Spire, à la prise de Vaudémont et à celle du château de Moyen et se trouve à la retraite de l'armée de Mayence sur Metz.

En 1636 le régiment de Vaubecourt se rend en Picardie et contribue à la reprise de Corbie et vient passer l'hiver à Langres.