Le régiment d'Île-de-France est un régiment d'infanterie français, créé en 1629, sous le règne de Louis XIII, comme régiment de Mesle. Il reçoit ensuite plusieurs autres noms, notamment celui de régiment d'Ile-de-France en 1762. Durant la Révolution fraçaise, il devient le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : Création du « régiment (liégeois) de Meslé » 1631 : Le régiment est licencié : Création du « régiment de La Bloquerie » : renommé « régiment de Vallemont » : prend le nom de « régiment de Guiche » 1642 : devient « régiment de Gramont » parfois dénommé « régiment de Gramont-liégeois » : devient « régiment de Louvigny » 1674 : prend le nom de « régiment de Guiche » : renommé « régiment de Noailles » : renommé « régiment de Coëtquen » : devient « régiment de Tourville » : prend le nom de « régiment de Meuse » : prend le nom de « régiment de Montmorin » 10 décembre 1762 : renommé « régiment d'Île-de-France » 1791 : devient le « d’infanterie de ligne »
Colonels et mestres de camp : baron de Meslé : N de La Bloquerie : N de Vallemont : Antoine III de Gramont, comte de Guiche : Antoine-Charles de Gramont, comte de Louvigny : Antoine de Gramont, comte de Guiche : Anne Jules, duc de Noailles : Malo Auguste, marquis de CoëtquenMalo III Auguste, marquis de Coetquen, comte de Combour, baron des baronnies d'Aubigné et de Bonne-Fontaine, seigneur qhâtelain d'Uzel, la-Motte d'Onon, Gaugray, Godheust, Boulet, Plessis l'Epine, Malestroit sous Dol et autres lieux, né le . Fait brigadier le , il se rend célèbre durant la défense de Lille, qui lui valut sa nomination de maréchal de camp le . L'année suivante, il se distingue durant la bataille de Malplaquet où il eût une jambe emportée. Il est nommé lieutenant général des armées du Roi le , commandant ses troupes dans les pays et duché de Bretagne en 1718, gouverneur des villes et château de Saint-Malo en 1719. Le , il présente à l'évêque de Saint-Malo, Vincent-François Desmarets, un nouveau titulaire pour les chapellenies de la Madeleine, de l'hôpital et du château de Combour. Selon Saint-Simon, son premier mariage avec Marie de Noailles ne fut pas heureux car il l'épousa pour le crédit des Noailles. Sa femme était la plus laide et la plus répugnante créature qu'on pût voir, et il prétendit plaisamment qu'on lui avait fait voir la troisième qui était jolie et qu'on lui avait passé l'autre. Il décède le : Louis Alexandre de Costentin marquis de TourvilleLouis Alexandre de Costentin, comte de Tourville, fils de Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville vice-amiral et maréchal de France et de Louise Françoise Laugeois est né en 1690 et mort à la bataille de Denain le : Henri Louis de Choiseul, marquis de MeuseHenri Louis de Choiseul-Meuse (-), marquis de Meuse (1703-1754), comte de Sorcy, brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général le , gouverneur de Saint-Malo en 1743, chevalier du Saint-Esprit : Maximilien de Choiseul-Meuse comte de Meusefils du précédent né en 1715 décédé le : Jean-Baptiste François de Saint-Herem, marquis de MontmorinLieutenant général des armées de Louis XVI, gouverneur du château de Fontainebleau et de Belle-Île-en-Mer. Maréchal de camp en et lieutenant général des armées du Roi en . Né en 1704 : Jean-Baptiste Calixte de Saint-Herem, marquis de Montmorinfils du précédent, il est né le et décédé le au Château de Vollore à Vollore-Ville. Brigadier le ,il devient maréchal de camp en : Anne Louis de Quengo comte de CrenolleQui deviendra mestre de camp du régiment de Béarn en 1764 : Raymond Pierre du Guast, marquis de Berenger 1733-1806. Marié le , à la Chapelle Notre-Dame-des-Armées de Versailles : Joseph Texier vicomte d'HautefeuilleNé le , il est reçu chevalier de Malte, ayant d'abord servi dans la marine qu'il a quitté en 1772, pour raison de santé, étant lieutenant de vaisseau. Entré lieutenant-colonel dans le régiment de Normandie, commandé par Charles Louis Texier d'Hautefeuille, marquis d'Hautefeuille, son frère, reçu chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1774, breveté colonel un an après il est nommé colonel en second du même régiment en 1781, puis colonel-commandant du régiment d'Île-de-France. Il devient maréchal de camp en 1788 et inspecteur en 1790. Il demeurait au château de Rouhet à Beaumont Saint-Cyr près de Châtellerault : Charles Bernard Joseph Percin de La Valette marquis de Montgaillard : Claude Jean Henri comte de SaissevalEpoux de Charlotte Hélène de Saisseval : Jean François de Loras : Jean François Régis Alexis Marie Prat
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Origines Ce régiment est d'origine liégeoise, et ses deux premiers colonels furent liégeois. La tradition rapporte, qu'avant d'arriver en France, il formait la garde du prince-évêque de Liège.
Régiment de Meslé (1629-1631) Guerre de Succession de Mantoue Quoi qu'il en soit, ce corps fut admis au service du roi par lettres du , et en même temps que plusieurs autres régiments liégeois, à la fin de la guerre de Succession de Mantoue. Il était commandé par le baron de Meslé, qui le conduisit en 1630 sur les Alpes. Il se trouve à la bataille de Veillane, vint prendre ses quartiers d'hiver en Lorraine, et fut licencié au commencement de 1631. Son colonel était mort, et il était, en ce moment, sous les ordres du lieutenant-colonel de Hautepenne, de la famille de Barlaymont.
Régiment de La Bloquerie (1633-1637)
Guerre de Trente Ans Le régiment fut rappelé en France le L’Armée sous Louis XIII (Guerre de Trente Ans). Il était, cette fois, fort de douze enseignes, et avait pour chef le colonel La Bloquerie, sous le nom duquel il s'acquit une grande réputation. Dans le cadre de la guerre de Trente Ans, il prit part, en 1633, à la conquête de la Lorraine, et fit, au mois de septembre, le siège de Nancy. Il y avait construit une redoute qui, dans le plan des attaques de cette ville, est désignée sous le nom de « redoute des Liégeois ». Après l'occupation de la capitale de la Lorraine, le régiment fut envoyé à Haguenau.
Au mois de , le maréchal de La Force ordonne au colonel La Bloquerie d'aller observer le château de Wildenstein dans les montagnes de la Haute-Alsace, et d'enlever, s'il était possible, ce lieu de refuge des Lorrains. Le colonel prend avec lui quatre de ses compagnies et huit cornettes de cavalerie, et défait complètement près de Thann, et lorrains, avant d'attendre à Gérardmer, le reste de son régiment. Dès qu'il a réuni toutes ses forces, il investit Wildenstein le . L'attaque de ce château, défendu par et situé sur des rochers élevés, présentait de grandes difficultés. Une partie des défenseurs de ce nid d'aigle s'était logée dans les anfractuosités de la montagne avec des arquebuses à croc et rendait les approches excessivement périlleuses. Ce ne fut qu'au bout de trois semaines que La Bloquerie parvint à les débusquer et à commencer le siège du château. Celui-ci capitula le et le régiment retourna à Haguenau. Quelques mois après, il eut encore le principal honneur d'une autre entreprise importante. M. de Feuquières, ambassadeur du roi en Allemagne, avait persuadé aux habitants de Philisbourg de se donner à la France, mais ils étaient tenus en respect par une garnison impériale. Le , La Bloquerie reçoit avis de Feuquières de se trouver le lendemain, à cinq heures du matin, sur les bords du Rhin, vis-à-vis de Philisbourg. Exact au rendez-vous et informé du projet de l'ambassadeur, il s'empare, sans coup férir, de la redoute de Stolhofen, située entre la ville et le fleuve, et par cette action hardie détermine la garnison, déjà intimidée par l'attitude des habitants, à évacuer Philisbourg, que le régiment occupa le .
En , le régiment marche au siège de Spire et se trouve de garde aux tranchées, le , lorsqu'on donne l'assaut au corps de place. Chargé de l'attaque du centre, et animé par la réputation des deux régiments français, Turenne et Ménillet qui le flanquaient à droite et à gauche, il fit des prodiges de bravoure. Après cet exploit, il demeura en garnison dans les places du Rhin.
En 1636, il fit partie de l'armée de Champagne, commandée par le comte de Soissons.
Régiment de Vallemont (1637-1641) Guerre de Trente Ans L'année suivante, il fit la guerre sur la Meuse, et s'empara le du château de Dinau, entre Stenay et Mouzon. Quelques jours après, le colonel La Bloquerie mourait de la peste, et son régiment était donné au sieur de Vallemont, gentilhomme de Picardie, sans cesser d'être sur le pied étranger. Il fut dans le même temps mis en garnison à Damvillers.
Dans la nuit du 2 au , le colonel de Vallemont part avec du régiment de Rambures et du sien, arrive près de Montcantin à la pointe du jour, charge les soldats de Rambures d'occuper toutes les issues, et, pénétrant dans le bourg avec déterminés, il s'en rend maître, et force la garnison à demander quartier. « Parmi le butin des vainqueurs se trouvait, dit l'histoire, une belle damoiselle, en l'âge de dix-sept ans, fille d'un officier lorrain ; mais la courtoisie française la fit rendre à l'instant à ceux qui la demandoient, voire sans rançon, mais non sans faire honte aux ennemis, qui ne rougissaient point, quand ils le pouvaient, d'exiger rançon jusques des enfants. »Au mois d', le colonel de Vallemont alla faire le siège du Catelet, après lequel il entra en quartiers dans Le Cateau-Cambrésis.
Il fut assiégé dans cette place en , mais l'ennemi fut obligé de se retirer. Le régiment ne reprit point la campagne cette année ni la suivante.
Régiment de Gramont-liégois puis régiment de Gramont (1641-1665)
Guerre de Trente Ans En 1641, il fut appelé au siège d'Aire. À la fin de cette année, le régiment fut donné au maréchal de Guiche, connu plus tard sous le nom de maréchal de Gramont, et qui devint colonel des Gardes Françaises. Il continua d'être considéré comme corps étranger, car on le trouve encore pendant quelques années désigné sous le titre de régiment de Gramont-liégeois.
En 1642, régiment de Gramont-liégeois fit partie de l'armée de Champagne, dont on avait confié le commandement à son colonel Antoine V de Gramont, et partagea la mauvaise fortune de celui-ci à la bataille de Honnecourt. Après cette déroute, il fut jeté dans La Bassée, où il fut immédiatement assiégé par les Espagnols. Le régiment évacua La Bassée le , après une capitulation des plus honorables, et se retira à Calais. À la fin de l'année, il fut mis en garnison à Arras.
Il quitta Arras au printemps de 1643 pour joindre l'armée du duc d'Enghien avec laquelle il combattit le 19 mai à Rocroi, et, au mois de juillet, au siège de Thionville. Il s'y fit remarquer, le 18, aux côtés de Picardie et de La Marine, à la prise de la contrescarpe.
Il continua de servir, en 1644, sous le duc d'Enghien, concourut à la prise de plusieurs petites places du Luxembourg, marcha au se cours de l'armée d'Allemagne, prit une part glorieuse aux combats dont l'ensemble compose ce que l'on appelle la bataille de Fribourg, et termina cette campagne par la prise de Philisbourg et de quelques autres places du Rhin.
En 1645, Gramont débuta dans le Luxembourg. Appelé en Allemagne après l'échec subi par Turenne à Mariendal, il combattit vaillamment à Nordlingen. On sait que son colonel, le maréchal de Gramont, qui commandait l'aile droite, y fut pris.
L'année suivante, le régiment faisait partie de l'armée de Flandre. Il se trouva à la prise de Courtrai Plan de la bataille de Courtrai en 1646 et fut du corps de troupes qui se joignit, à la fin de la campagne, à l'armée du prince d'Orange pour faire le siège d'Anvers.
Il fit la petite guerre sur cette frontière pendant la campagne de 1647.
En 1648, il combattit à Lens.
La Fronde Les premiers troubles de la Fronde l'appelèrent aux environs de Paris. Il y passa l'hiver de 1648 à 1649, et le maréchal de Gramont l'envoya ensuite dans son gouvernement de Bayonne, où il demeura en garnison pendant toute la durée des troubles.