La traduction automatique est un sous-champ de linguistique computationnelle qui étudie l'utilisation de logiciels pour traduire le texte ou la parole d'une langue naturelle à une autre.

L'histoire de la traduction automatique questionne le besoin pour l'automatisation de la traduction d'avoir recours à la traduction automatiquehttps://journals.openedition.org/histoire-cnrs/3461.

Elle appartient à l'industrie langagière.

Histoire Premier projet

En 1931, pour répondre à un besoin public, l'ingénieur soviétique Smirnov-Troianski envisage le premier projet de machine à traduire, d'après les russes.

Premières recherches vignette|Traductions du début du préambule de la constitution de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture

En 1943 et 1953, l'UNESCO se rend compte de l'augmentation des besoins mondiaux en traductions scientifiques et techniques, du manque de formation des traducteurs et du coût élevé des traductions.

En 1948, la faisabilité de traductions à l'aide d'une calculatrice électronique est envisagée en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

En 1949, Warren Weaver publie un memorandum sur la traduction automatique des langues naturellesLa première version de ce memorandum a été publiée à Carlsbad (Nouveau Mexique) en juillet 1949. Il a été reproduit dans qui est à la fois visionnaire et optimiste sur l'avenir de l'intelligence artificielle.

En 1954, la faisabilité de traductions à l'aide d'une calculatrice électronique est envisagée en Union Soviétique.

Origines

vignette|droite|unité centrale de l'ordinateur IBM 701

En 1954 commence la première expérience publique de traduction automatique par des chercheurs d’IBM et de l’université Georgetown de Washington DC, qui espéraient atteindre la traduction automatique instantanée de qualité du russe vers l’anglais en quelques années..

En , à New York, une première démonstration sur IBM 701 permet la traduction depuis le russe vers l'anglais de phrases pouvant utiliser jusqu'à 250 mots et six règles de syntaxe. La mise en valeur par la presse de cette démonstration impressionne une partie du public et quelques scientifiques.

Dans les années 1950, la traduction automatique est devenue une réalité dans la recherche, bien que des références au sujet peuvent être trouvées dès le . L'expérience de Georgetown, qui impliquait une traduction entièrement automatique réussie de plus de soixante phrases russes en anglais en 1954, fut l'un des premiers projets enregistrés. Les chercheurs de l'expérience de Georgetown ont affirmé leur conviction que la traduction automatique serait un problème résolu dans les trois à cinq ans. En Union soviétique, des expériences similaires ont été effectuées peu de temps après. Par conséquent, le succès de l'expérience a donné le début d'une ère de financement important pour la recherche sur la traduction automatique aux États-Unis.

En 1956, le congrès du PCUS approuve la recherche en traduction automatique.

En 1958, Moscou organiser le premier congrès de traduction automatique, regroupant 340 participants de 79 institutions.

La recherche se développe ensuite à un niveau international: en 1956 le Japon, en 1957 la Tchécoslovaquie, en 1958-59 la Chine, en 1959 l'Italie et la France, en 1960 le Mexique, en 1961 la Belgique . Toutefois, certains pays comme la République fédérale d'Allemagne, la Suède et la Finlande ne développent pas ces recherches.

La France ne peut s'intéresser plus tôt à la traduction automatique du fait du caractère analogique des calculateurs analogiques et par manque de calculateur numérique (affaire Couffignal).

En février et , en France, É. Delavenay organise deux réunions sur la « machine à traduire ». Des personnes comme Georges-Théodule Guilbaud, Benoît Mandelbrot ou Marcel-Paul Schützenberger ou Clemens Heller y assistent. À cette époque, le sujet n'intéresse pas les linguistes français.

En est créé l'Association pour l'étude et le développement de la traduction automatique et de la linguistique appliquée (ATALA).

Les premières traductions automatiques (du moins à partir de 1962 .) étaient connues pour être des traductions littérales car elles utilisaient simplement une base de données de mots et leurs traductions.

Les progrès réalisés ont été beaucoup plus lents que prévu; en 1966, le rapport de l'ALPAC a révélé que dix années de recherche n'avaient pas répondu aux attentes de l'expérience de Georgetown et ont entraîné une réduction spectaculaire du financement.

En 1966 et après le rapport de l'ALPAC (Automatic Language Processing Advisory Committee) les Français ont presque été le seul pays de la planète à continuer les recherches relatives à la traduction

La traduction automatique ne peut plus être financée que par l'intelligence artificielle, dans les années 1970.

Années 1970

vignette|droite|L'Europe des Neuf, 1973

Dans les années 1970, le logiciel Systran développe ses activités mainframe au Canada et en Europe.

En 1968 et en 1970 respectivement, aux États-Unis, sont fondées les sociétés SYSTRAN (Peter Toma) et Logos (Bernard Scott) pour servir le DoD (Department of Defense) des États-Unis.

En 1970, le système SYSTRAN est installé pour la United States Air Force.

En 1976, le système SYSTRAN est installé pour le précurseur de la Commission européenne qu'est la Commission des Communautés européennes.

En 1968, en Europe, est initiée la version initiale du système de traduction automatique Systran (SYStem TRANslation), «Systran Mainframe», commercialisé par World Translation Center Inc. et sociétés affiliées..

En 1975, un contrat avec WTC permet d'utiliser le système pour ses services de traduction, dans la version «EC-Systran Mainframe».

Des contrats signés entre 1976 et 1987 avec WTC cherchent à passer à neuf couples de langues.

En 1977, le Canada installe le METEO System, developpé à l'Université de Montréal, pour traduire les prévisions météorologiques depuis l'anglais vers le français, pour traduire près de mots par jour soit 30 million de mots par année jusqu'au remplacement par un système concurrent le .

Décennies 1980 et 1990

Systran 1980-1999

À partir de , un ensemble de contrats permettent à Gachot SA d'acquérir les sociétés du groupe WTC, propriétaires de la technologie Systran et de la version Systran Mainframe du système de traduction automatique Systran. Ce groupe d'entreprise s'est dénommé groupe Systran.

Le , le groupe Systran et la Commission signent un contrat pour organiser ensemble le développement et l’amélioration du système de traduction automatique Systran.

En 1988 et 1989, la Commission obtient de Gachot une «licence d’utilisation» du système de traduction automatique Systran pour les couples de langues allemand-anglais, allemand-français, anglais-grec, espagnol-anglais et espagnol-français.

En , la Commission dénonce le contrat considérant que Systran ne respecte pas ses obligations contractuelles. La version EC-Systran Mainframe compte alors seize versions linguistiques.

Par la suite, Systran crée «Systran Unix» pouvant fonctionner sous Unix et Windows.

La Commission a développé la version EC-Systran Mainframe.

À partir de , des contrats de migration sont mis en place pour permettre au versions mainframe de l'union européenne de fonctionner sous Unix et sous Windows. Ce système est nommé «EC-Systran Unix».

La société Systran donne à la Commission la marque Systran de manière systématique pour tout système de traduction automatique dérivant du système de traduction automatique Systran d’origine aux seules fins de la diffusion ou de la mise à disposition de ce système.

Traduction de langues distribuée 1980-1999 De 1981 à 1990, le projet traduction de langues distribuée a été développé et a coûté 6,5 millions d'euros financés à 46 % par le Ministère néerlandais des Affaires économiques, 52 % par BSO. La Commission européenne avait investi les deux premiers pourcents.

Autres logiciels 1980-1999 thumb|Dictionnaire électronique japonais. Un dictionnaire électronique est un appareil électronique servant de dictionnaire. Il permet de consulter des définitions, des synonymes, des traductions et parfois des informations grammaticales.

vignette|droite|Un dictionnaire Sony avec affichages anglais et japonais Le TR-2000 (japonais - anglais), parut sur le marché en 1981 par Casio. Le Japon reste toutefois le pays le plus avancé et le plus friand de ces appareils multilingues.

L'intérêt s'est accru pour les modèles statistiques pour la traduction automatique, qui sont devenus plus fréquents et aussi moins coûteux dans les années 1980 à mesure que la puissance de calcul disponible augmentait.

Dans la décennie 1980, à la fois le diversité et le nombre des systèmes installés pour la traduction automatisée a augmenté. Certains systèmes utilisaient la technologie mainframe, comme SYSTRAN, Logos, Ariane-G5, et Metal.

À la fin de la décennie 1980, une émergence large de nouvelles méthodes de traduction automatique apparaît. Un système est développé par IBM basé sur des méthodes statistical methods. Makoto Nagao et son groupe utilisent des méthodes basées sur un grand nombre d'exemples de traductions, une technique maintenant nommée example-based machine translation. Une qualité définissant chacune de ces deux approches était l'omission de règles syntaxiques et sémantique et la dépendances dans le manipulation de corpus de textes étendus.

Durant la décennie 1990, encouragé par les succès de la speech recognition et de la speech synthesis, la recherche dans la traduction de la parole commença avec le développement du projet allemand Verbmobil.

Le système Forward Area Language Converter (FALCon), une technologie de traduction automatique conçue par l' Army Research Laboratory, a été en 1997 pour traduire des documents de soldats en Bosnie-Herzégovine.

Une croissance significative de l'utilisation de la traduction automatique s'est produite sous l'effet des avancées et des moindres coûts d'ordinateur dont la puissance augmente. Au début des années 1990, la traduction automatique commence à s'affranchir des grands mainframe computers pour fonctionner sur des ordinateurs personnels et sur des workstations. Deux sociétés qui mènent le marché des PC un temps sont Globalink et MicroTac, qui fusionnent (en ). Intergraph et Systran commencent à offrir des versions PC à cette époque. Des sites web deviennent disponibles sur Internet, comme le Babel Fish d'AltaVista (qui utilise la technologie Systran) et le Google Language Tools (initialement basé sur la technologie Systran).

À la suite de l'amélioration de la disponibilité des microordinateurs, un marché émerge pour des terminaux de traduction automatisée.

Décennie 2000 Le champ de la traduction automatique a connu des changements majeurs dans les années 2000s. Une grande quantité de recherche a été faite sur le statistical machine translation et l' example-based machine translation.

Dans le domaine de la traduction ou du doublage de la parole, la recherche s'est focalisée sur le passage de systèmes limités par le domaine à des systèmes de traducitons non limités par le domaine. Dans différents projets de recherche européens (comme TC-STAR) et aux Éetats-Unis (STR-DUST et DARPA Global autonomous language exploitation program), des solutions pour traduire automatiquement des discours parlementaires et diffuser les nouvelles ont été développées. Dans ces scenari le domaine du contenu n'est plus limité au aucun domaine spécifique, mais les discours à traduire couvrent plutôt des sujets variés.

Le projet franco-allemand Quaero a envisagé la possibilité d'utilisaer la traduciton automatique pour un Internet multilingue. Le projet visait à ne pas seulement traduire des pages web, mais aussi de traduire des vidéos et des fichiers audio sur l'Internet.