Le régiment de Lorraine est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1644 sous le nom de « régiment de Carignan » devenue sous la Révolution le d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations Avril 1644 : création du régiment de Carignan : renommé régiment de Carignan-Balthazard 1665 : prend le nom de régiment de Carignan-Salières : devient régiment de Soissons : prend le nom de régiment de Perche : prend le titre de régiment des Gardes-Lorraines : prend le nom de régiment de Lorraine : renommé d'infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp Avril 1644 : Baron de La Val d'Isère Juillet 1652 : N. d'Aloigny de Rochefort 1665 : Jean de Balthazardmaréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † après 1668. 1665 : Henri de Chastelard de Salières : Joseph de Robert marquis de LigneracNé au château de Saint-Chamant, il est brigadier des armées du roi le , lieutenant général et grand bailli d'épée d'Auvergne et décède le Juillet 1705 : N. Cotteron : Claude marquis de CéberetBrigadier le , maréchal de camp le , et lieutenant général le . : Louis Auguste marquis de RieuxBrigadier le , maréchal de camp le et lieutenant général le . : Paul Sanguin marquis de Livry : Jean-Baptiste de Marin comte de Moncan Jean-Baptiste de Marin comte de Moncan qui était déjà colonel des Gardes Lorraines depuis le , fut fait brigadier le , maréchal de camp le , et lieutenant général le . : Ferdinand Jérôme chevalier de Beauvau-Craon : Louis Bruno de Boisgelin comte de Cucé : Victurnin Jean-Baptiste Marie de Rochechouart duc de Mortemart : Antoine César de Choiseul comte de Praslin : Pierre François vicomte d'Olonne
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment de Carignan (1644-1665) Guerre franco-espagnole et La Fronde En 1643, le régiment est formé à 2 bataillons. Son uniforme comprend un habit, doublure, veste et culotte blancs, parements, revers et collet de panne noire, doubles poches en long garnies de 3 boutons, le dessous de la manche et du parement fermé par 6 petits boutons, 6 petits au revers et 3 gros au-dessous, boutons jaunes , chapeau bordé de galon blanc. Drapeau jaune et noir Claude-Antoine Littret : Uniformes militaires, drapeaux, étendards et guidons, de tous les régiments de France, tant de la cavalerie que de l'infanterie, page 46.
Ce régiment d'origine piémontaise est levé dans le cadre de la guerre franco-espagnole, en , par Thomas Emmanuel Philibert de Savoie, prince de Carignan, avec pour noyau, la compagnie des Gardes de ce prince. Jusqu'à la paix des Pyrénées, en 1659, il n'a servi dans l'armée française qu'à titre d'auxiliaire. Dans les premières années de son existence, il était fort de hommes et obéissait aux ordres d'un mestre de camp ou colonel en second, nommé le baron de La Val d'Isère.
En le régiment de Carignan participe au siège de Vigevano et le on le voit au combat de La Mora.
En 1646, il est de l'expédition d'Orbetello, commandée par le prince Thomas. Il s'embarque le au bourg de Vay, dans la rivière de Gênes, sur la flotte du duc de Brezé, arrive le 10 du même mois dans la rade de Talamone, débarque au pied du mont Argentaro à trente milles de Civitavecchia après une vive résistance, et se distingue à la prise du fort des Salines. L'expédition ayant manqué son but, le régiment revient en Piémont et est mis en garnison à Trino, où il reste jusqu'en 1648, ou, il est envoyé à Casal.
En 1649 lorsque les troupes françaises sont rappelées en France en raison des troubles de La Fronde, il passe, lui aussi, les Alpes et va servir en Guyenne. Il demeure dans cette province jusqu'en 1652.
En 1652, il rejoint la cour réfugiée derrière la Loire, et fait partie de la petite armée avec laquelle Turenne ramena Louis XIV à Paris. Il se distingue le à la bataille du faubourg Saint-Antoine. Il était placé, avec le régiment d’Huxelles, à l'extrême gauche, dans les jardins qui couvraient alors l'espace compris entre la rue de Charenton et la Seine. Malgré la mort du baron de La Val d'Isère, tué dès les premiers coups de fusil, le régiment entreprit de déloger les troupes du prince de Condé qui se faisaient successivement un retranchement de tous les murs de clôture, et il y parvint après une lutte des plus acharnées. Il comptait alors trente compagnies. Au mois d'octobre, les huit premières compagnies retournèrent en Piémont puis les vingt-deux autres prirent la même route en décembre. Après quelques opérations insignifiantes, le régiment tout entier revint prendre ses quartiers d'hiver dans le Dauphiné.
Le , le régiment de Carignan arrive à Turin, où Charles-Emmanuel duc de Savoie vient le voir, et il entre aussitôt en campagne. Il combat, le , à La Roquette, sur le Tanaro, et il hiverne dans la vallée de Saint-Martin.
En 1655, il se fait remarquer au siège de Pavie.
En 1656, le régiment devient la propriété de Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan, par la mort de son père. Il fait cette année le siège de Valenza.
Il termine cette guerre, en 1658, par le siège de Mortare.
Après la paix des Pyrénées, le prince de Carignan ne pouvant faire entretenir son régiment en Savoie, le donna à Louis XIV. Le corps fut dès lors admis dans l'armée française, mais sur le pied étranger, et à dix compagnies seulement.
Le régiment possédait 3 drapeaux, dont un blanc Colonel, et 2 d’Ordonnance « rouges et bleux par opposition, & croix blanches »Cinquième abrégé général du militaire de France, sur terre et sur mer, Pierre Lemau de La Jaisse, Paris, 1739
Régiment de Carignan-Balthazard et régiment de Carignan-Salière (1665-1676) Guerres franco-iroquoises dans le Nouveau Monde Au mois de , ces compagnies, présentant ensemble un effectif de hommes, s'embarquent à La Rochelle pour passer au Canada avec un régiment allemand, le « régiment de Balthazard » . Le prince de Carignan ne suivant pas son régiment en Amérique, la totalité des troupes embarquées est placée sous les ordres de Jean de Balthazard. Il est alors formé une espèce de brigade ou de régiment provisoire, qui prend le nom de « régiment de Carignan-Balthazard » , et qui conserve deux drapeaux colonels. La compagnie colonelle du prince de Carignan était la première, et celle de Jean de Balthazard la seconde. Jean de Balthazard étant mort la même année, est remplacé par N. de Chastellar de Sallières, qui était le premier capitaine de son régiment. Cela n'apporta aucun changement à l'organisation du corps, qui prit seulement le titre de « régiment de Carignan-Sallières ».
Le régiment de Carignan-Sallières est le premier régiment de troupes réglées et soldées par l'État, qui ait franchi l'Atlantique pour aller porter la gloire des armes françaises dans le Nouveau Monde. À peine arrivé à Québec, il prend part à une expédition dirigées contre les tribus iroquoises du lac Champlain, et c'est lui qui, sous la direction du capitaine Pierre La Motte, construisit le fort Sainte-Anne dans une île du lac.
Le , une petite armée, commandée par le marquis de Tracy, et composée de de Carignan-Sallières et de colons et algonquins, partit du fort Sainte-Anne pour aller détruire les habitations des Iroquois. L'expédition remonta le Champlain, et avant de passer dans le lac du Saint-Sacrement , elle construisit, près du saut qui sépare ces deux nappes d'eau, un fortin dans lequel N. de Chastellar de Sallières est laissé avec quatre compagnies de son régiment pour assurer le retour de l'armée. Celle-ci continua sa route, s'enfonça dans les vieilles forêts qui recélaient les huttes des Iroquois, détruisit leurs campements, et, après une course plus pénible que périlleuse, rentra à Québec le .
On ignore ce que fait le régiment l'année suivante.
Au mois de , les deux compagnies colonelles, de chacune, débarquent à La Rochelle, tout le reste du régiment était resté au Canada. Il est probable que le gouvernement , qui n'attachait alors qu’une médiocre importance à cette colonie, se lassa de solder des troupes, dont la présence en Amérique ne profitait qu'aux marchands de pelleteries, et qu'il autorisa les soldats des compagnies ordinaires à passer au service des colons. Quant aux compagnies colonelles qui appartenaient au prince de Carignan et au colonel de Chastellar de Sallières, il n'était pas possible d'en disposer ainsi, et elles rentrèrent en France.
De 1668 à 1671, ces deux compagnies furent entretenues, l'une à côté de l'autre, sans faire corps cependant.
Guerre de Hollande En 1671, au moment où tout se préparait pour la guerre de Hollande, le prince de Carignan reçut l'ordre de rétablir son régiment à seize compagnies . Il proposa à M. de Chastellar de Sallières, qui n'avait guère l'espérance de voir le sien remis sur pied, d'incorporer définitivement sa compagnie dans le corps dont il était propriétaire, mais qu'il ne voulait pas commander en personne, sous la condition que M. de Chastellar de Sallières aurait le titre et les fonctions de colonel commandant, qu'il conserverait un drapeau blanc dans la compagnie qui lui appartenait en propre, et que le régiment porterait, comme auparavant, le titre de « régiment de Carignan-Sallières ». Cette proposition était trop avantageuse pour ne pas être acceptée, et de là naquit une bizarrerie qui, dans ces temps d'étiquette et de respect pour les choses établies, devait durer près de cinquante ans.
Le régiment de Carignan-Sallières fait la campagne de 1672 sous le commandement maréchal d'Humières, et est mis en garnison à Courtrai, où il demeure pendant les deux années suivantes.
En 1674, quelques compagnies passèrent en Sicile, ou elles défendent courageusement, le , le fort de Castellazo contre une entreprise des Espagnols.
En 1675, le gros du régiment se rend, de Courtrai à Huy et il évacue cette dernière ville en , après en avoir rasé les fortifications, et part tenir garnison à Philippeville.
Régiment de Soissons (1676-1690)
Guerre de Hollande Le , la propriété du régiment passa à Louis-Thomas de Savoie, comte de Soissons, neveu du prince de Carignan. M. de Chastellar de Sallières, vieux et fatigué, renonça alors à sa part de commandement. Le régiment, prend alors le nom de « régiment de Soissons », et, le , d'ouvrir la tranchée devant Valenciennes en même temps que les Gardes Françaises et le régiment de Picardie. Le , les grenadiers, prennent part à l'attaque où la place est emportée. Le régiment de Soissons fait encore cette année les sièges de Cambrai et de Saint-Ghislain.
En 1678, le régiment assista à la prise de Gand et d'Ypres, puis, au mois de juin, il se met en route pour l'Alsace, et joint l'armée du maréchal de Créquy , sous les ordres duquel il prend part à la conquête du fort de Kehl et à toutes les opérations qui eurent encore lieu cette année et la suivante sur la frontière du Rhin .
Guerre des Réunions Le , le « régiment de Soissons » arrive devant Luxembourg dans le cadre de la guerre des Réunions. Le , un piquet du régiment, s'empare d'une demi-lune, évente les fourneaux de mine qui y étaient préparés et se loge dans l'ouvrage.
Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1688, la guerre recommence plus sérieusement. Le « régiment de Soissons » fait partie de l'armée du Rhin et se trouve aux prises de Philippsburg, de Manheim et de Frankenthal.
L'année suivante, il sert avec le maréchal d'Humières dans les Pays-Bas, et s'illustre durant la bataille de Walcourt. Il y commence l'attaque avec le régiment de Guiche, et quand la fortune se déclare contre nous, ses grenadiers se jettent au-devant de la cavalerie ennemie et arrêtent son élan. Le , il se distingue encore au combat de Gerpines La Gazette de Renaudot : Camp de Gerpinnes, 7 septembre 1689.
Le , le régiment fait admirer sa valeur à la bataille de Fleurus, ou il formait brigade avec le régiment de Champagne et fit tout ce que fit ce vieux corps, et de plus il contraignit à mettre bas les armes hommes qui s'étaient retranchés dans un château voisin du champ de bataille.