est une série de six tableaux peints par William Hogarth entre 1743 et 1745, qui présentent une critique acérée de la haute société anglaise du . Ils illustrent les résultats désastreux d'un mariage arrangé pour des raisons d'argent ou de statut social et tournent en dérision le favoritisme et l'esthétique. Les tableaux sont exposés à la National Gallery de Londres. La suite peinte a été traduite en gravures, et vendue au public à partir de 1747.

Contexte Inscrites dans une veine ironique et satirique chère à l'artiste, les peintures jouent sur la fascination qu'exerce à cette époque le « goût français » sur la bourgeoisie britannique. Au printemps 1743, William Hogarth lance une souscription pour une série de gravures intitulées Marriage A-la-Mode, traduite donc de ses peintures ; il entend faire appel aux « maîtres de Paris », soit les meilleurs graveurs français pour l'y aider, souhaitant .. La dégradation des relations politiques entre la Grande-Bretagne et la France, du fait de la Guerre de Succession d'Autriche, fait qu'Hogarth, qui effectuera un voyage assez mouvementé en France en 1748, va contacter trois graveurs français déjà installés à Londres : Bernard Baron — qui avait été déjà employé pour graver une partie de la suite Four Times of the Day. —, Simon François Ravenet et Gérard Jean-Baptiste II Scotin. Ceux-ci exécutent une partie des six gravures que compte la série, Hogarth se contentant de graver les têtes des personnages« Le Mariage à la mode » [notice n° 78], par Christine Ridding, dans William Hogarth, Paris, Hazan/Musée du Louvre éditions, 2006, , ..

Un relatif échec La série peinte n'a pas été aussi bien reçue que ses autres contes moraux, La Carrière d'une prostituée (1732) et La Carrière d'un libertin (1735), et quand Marriage A-la-mode est finalement vendue en 1751 pour la somme de 120 guinées à un certain « Mr. Lane of Hillington », elle part à un prix bien moindre que les deux autres et que ce que Hogarth espérait. La série passe ensuite au neveu de Lane, le colonel Cawthorn. En , elle est vendue aux enchères chez Christie's, atteignant la somme de guinées, déboursée par John Julius Angerstein ; elle finit dans les collections de la National Gallery « William Hogarth, Marriage A-la-Mode, Plate II, etching and engraving », fiche sur le site du British Museum..

La série ou Le Contrat de mariage vignette|gauche|Tableau Le Contrat de Mariage (, National Gallery). vignette|Estampe Le Contrat de Mariage (gravée par Gérard Jean-Baptiste II Scotin, , cinq états, Metropolitan Museum of Art). Le Comte Squanderfield atteint de la goutte et devant beaucoup d'argent pour sa vie de débauche ou pour le palais qu'il fait rénover ou construire, est installé dans une sorte de trône surmonté d'un baldaquin. Il montre autant d'importance que le portrait d'apparat surmontant la table, désigne du doigt son ascendance prestigieuse qui part directement de Guillaume le Conquérant et cache son bandage sous la table. Face à lui, le vicomte, père du jeune homme, négocie en financier averti les termes de l'accord qui permettra à sa famille de bénéficier du prestige des Squanderfield. Les deux futurs mariés se tournent le dos, elle, désespérée, est courtisée par l'homme de plume Silvertongue, et lui, l'air fat, se contemple dans le miroir en prisant du tabac. Des symboles, le tableau de la Gorgone surmontant la jeune femme et les deux chiens à l'air abattu attachés par une même chaîne, laissent présager des malheurs de ce mariage..

ou Le Petit déjeuner vignette|gauche|Tableau Le Petit déjeuner (, National Gallery). vignette|Estampe Le Petit déjeuner (gravée par Bernard Baron, , quatre états, Metropolitan Museum of Art). Le jeune couple n'est pas heureux. La vicomtesse a organisé une réception de whist la veille, le livret des règles du jeu étant à ses pieds. Cependant, un tableau caché par un rideau et deux violons (en anglais fiddle, qui peut aussi vouloir dire une cachotterie) indiquent qu'elle cache quelque chose. Leur maison coûte cher et est en désordre. Le mari a une tache noire au cou, signe de syphilis. Il est fatigué et a sa tenue défaite car il a probablement passé la nuit dans un bordel. Le chien renifle le chapeau d'une femme qui se trouve dans sa poche... Une épée gît brisée à côté de lui, peut-être signe d'impuissance.

L'intendant transporte de nombreuses factures et semble prier pour que la situation cesse.

ou Chez le charlatan vignette|gauche|Tableau Chez le charlatan (, National Gallery). vignette|Estampe Chez le charlatan (gravée par Bernard Baron, , trois états, Metropolitan Museum of Art). Le Vicomte est avec une très jeune prostituée et cherche auprès du médecin français un remède contre la syphilis.

ou Le Lever de la Comtesse vignette|gauche|Tableau Le Lever de la Comtesse (, National Gallery). vignette|Estampe Le Lever de la Comtesse (gravée par Simon François Ravenet, , trois états, Metropolitan Museum of Art). Le vieux comte est mort, la femme est devenue comtesse et dispose d'un lit à baldaquin. Elle a eu un enfant car une tétine en corail pend de la chaise. Pendant qu'elle se fait coiffer, elle discute avec Silvertongue son amant qui l'invite à un bal masqué. Les tableaux au mur préfigurent la suite des événements. L'un d'eux représente la nymphe Io séduite par Zeus, l'autre les filles de Loth qui l'enivrent pour se reproduire avec elles. Au sol, un enfant moqueur montre une statuette d'Actéon, symbole de l'adultère de la comtesse. Un plat représente l'union de Léda et Jupiter..

Hogarth moque dans ce tableau la coutume de Louis XIV d'inviter des courtisans à son réveil, imitée par certains nobles britanniques.

ou Mort du Comte vignette|gauche|Tableau Mort du Comte (, National Gallery). vignette|Estampe Mort du Comte (gravée par Simon François Ravenet, , quatre états, Metropolitan Museum of Art). Après le bal masqué, la Comtesse et son amant se sont retirés dans un Bagnio, lieu qui propose des chambres pour la nuit sans poser de question. Le Comte les a suivis et est mortellement blessé par l'amant qui fuit par la fenêtre. La comtesse supplie son mari de lui pardonner, alors que le tenancier et le personnel rentrent dans la pièce.

Au mur, une tapisserie représente le Jugement de Salomon. Le tableau d'une prostituée semble pointer la comtesse de son éventail. Un fagot de bois et un tisonnier rappellent le proverbe .

ou Mort de la Comtesse vignette|gauche|Tableau Mort de la Comtesse (, National Gallery). vignette|Estampe Mort de la Comtesse (gravée par Gérard Jean-Baptiste II Scotin, , trois états, Metropolitan Museum of Art). La scène a lieu dans la maison du père de la comtesse. Elle s'est empoisonnée après avoir lu l'avis de pendaison de son amant. Son fils, déformé par la syphilis congénitale, embrasse sa mère pendant que le père récupère un anneau du doigt de sa fille, sachant que le suicide signifie la perte de propriété. Jusqu'en 1822, les biens des personnes suicidées sont en effet confisquées. L'apothicaire reproche au serviteur d'avoir fourni le poison à la comtesse.

Les tableaux pastichent des scènes de genre flamandes : Hogarth moque le père qui souhaitait s'affilier à la noblesse britannique.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie . .

Liens externes

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