vignette|droite|Manifestation du sur l'autoroute Fidel Castro. vignette|Manifestant Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) est un regroupement civique qui est à l'origine d'une série de manifestations du en Guinée pour protester contre la modification ou l'adoption d'une nouvelle constitution qui a conduit le président Alpha Condé à un troisième mandat présidentiel.

Le mouvement et d'autres organisations, soucieux du respect des droits de l'homme en Guinée, furent condamnées.

D'une ampleur inédite depuis des décennies, ces manifestations, qui ont lieu dans la capitale, à l'intérieur du pays notamment Labé, Mali, Lelouma, Dalaba, Nzérékoré, Mamou, Boké, Kindia, Guéckédou, Macenta et à l'internationale dans plusieurs pays à l'appel de la coordination nationale du mouvement.

La pandémie de coronavirus conduit à la suspension des marches, tandis que le régime d'Alpha Condé promulgue la nouvelle constitution du référendum du 22 mars 2020..

Quant au FNDC, il rejette la nouvelle constitution et les législatives, appelle à de nouvelles élections.

Contre toute attente, le président Alpha Condé sera investi le pour un mandat de six ans qui ne durera que neuf mois avant d'être renversé le 5 septembre 2021 par le CNRD dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya.

Il est dirigé par Oumar Sylla (Foniké Menguè) depuis le ..

Déroulement

Revendications et slogans Les manifestants réclament en premier lieu la non-candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat et la non-modification ou la nouvelle constitution en Guinée. De façon plus générale, ils appellent à plus de démocratie, des slogans , , , , et en langues nationales en soso, en peul, en malinké. Le slogan . lancé par l'artiste reggaeman Tiken Jah Fakoly sur son compte Facebook, devient viral sur les réseaux sociaux.

Chronologie

Prémices Dans une déclaration du , le chef de l’État Alpha Condé a demandé à ses partisans de se préparer pour le référendum et à des élections en marge l’Assemblée générale de l’ONU à New York..

Le Front opposé au changement constitutionnel dans une déclaration le lue devant la presse par le coordinateur national Abdourahmane Sanoh, je cite le président Alpha Condé a exprimé publiquement le sa décision de faire un coup d’État constitutionnel aux conséquences néfastes pour la Guinée et pour la sous-région.

Par conséquent le FNDC lance un appel à la mobilisation de tous les guinéens pour faire barrage à ce macabre projet des ennemis de notre pays et qu’il rendra Alpha Condé responsable de toute violence contre les citoyens et leurs biens durant ces manifestations dont l’unique but est de défendre pacifiquement la constitution de ..

Après sa déclaration le à deux jours de la manifestation, Abdourahmane Sanoh, coordinateur national du FNDC, Ibrahim Diallo le chargé des opérations, Sékou Koundouno responsable des stratégies, l’artiste Bill de Sam, le blogueur Abdoulaye Oumou Sow et l’activiste Bailo Diallo sont accusés de troubles à l’ordre public et d’incitation à la désobéissance civile..

Manifestations du 14 au 17 octobre 2019

Conakry L'appel à manifester du FNDC a été largement suivi à Conakry, elle a regroupé les principales organisations de la société civile et de l’opposition sur des artères publiques qui ont été dispersées par des forces de défense et de sécurité guinéennes.

Des morts, des blessés et un très grand nombre d’arrestations, dont le chanteur Elie Kamano et 27 autres personnes pour attroupement illégal..

Poursuivant la manifestation les 15, 16 et avec la même ardeur on dénombre 10 morts dans le rang des opposants au changement constitutionnel..

Journée du 23 octobre 2019

Conakry Les femmes du FNDC marchent encadrées par un cordon de femmes policières et de gendarmes du rond-point Hamdallaye jusqu’au stade du 28-Septembre pour exiger la justice pour leurs enfants morts lors des manifestations sociopolitiques en Guinée. selon Hadja Maimouna Bah, la porte-parole des femmes du FNDC. pour la journaliste d'Espace TV et militante du droit des femmes Moussa Yéro Bah.

Journée du 24 octobre 2019 vignette|Camion transportant des manifestants le 24 octobre à Conakry Alors que la répression s'intensifie sur les manifestants, le régime a nié. avoir interdit les manifestations en Guinée et a autorisé la manifestation du qui a mobilisé plus de 1 500 000. protestataires selon le FNDC et le gouvernement parle de manifestants.

Journée du 7 novembre 2019

Conakry Le cortège des manifestants parti de la Tannerie au rond-point de l’aéroport, au carrefour de Kondébounyi jusqu'à l'esplanade du stade sans incident majeur.

La journée est immortalisée avec une salutation entre deux leaders en conflits. depuis des années, le président de l'UFDG Cellou Dalein Diallo et le président de l'UDD Bah Oury..

A l’intérieur

Journée du 14 novembre 2019

Conakry vignette|Bus calciné Le cortège des manifestants partis de la Tannerie au rond-point de l’aéroport est stoppé au carrefour de Kondébounyi en tentant de forcer le passage sur un itinéraire non autorisé.

Les manifestants s'opposent aux forces de l'ordre par des jets de pierres, celle-ci répondent par des tirs de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Dans leur fuite, les manifestants se sont attaqués à cinq bus, dont l’un a été entièrement calciné..

A l’intérieur Des manifestations ont eu lieu à Dalaba, Boké, Fria, Mamou, Koundara, Lélouma, Gaoual et Kindia..

Journée du 28 juillet 2022 Le FNDC appelle pour la deuxième fois à une manifestation après celle du , qui a été annulé pour accorder un moratoire d’une semaine au Gouvernement pour la prise en charge de ses revendications.. Après son expiration, le mouvement appelle à une série de manifestations citoyennes et pacifiques dans le Grand Conakry (Conakry, Coyah et Dubréka), le jeudi ..

Interdite par les autorités, la marche a été remplacée par une manifestation dans le grand Conakry de la nuit du 27 au entraînant des accrochages entre manifestants et forces de l’ordre.

Sur appel du président Bissau guinéen Oumar Cissoko ambalo les FNDC accordent une trêve d’une semaine pour donner place à la diplomatie lors de la session des chefs d’État du à Accra sur la crise guinéenne..

Journée du 15 août 2022 Les membres du FNDC en Europe ont manifesté devant le siège de l'Union européenne contre la décision du MATD sur la dissolution du FNDC à Bruxelles

Journée du 17 août 2022 À l'appel du FNDC de manifester sur l'étendue du territoire national, les forces de l'ordre ont investi plusieurs villes du pays pour barrer la route aux manifestants, à Conakry la manifestation a fait deux morts et plusieurs arrestations des échauffourées à Labé. et Dalaba.

Journée du 16 février 2023 À l'appel du FNDC et des partis politiques alliés, il y a une manifestation à Conakry qui a fait le bilan de 2 morts, 58 blessés et 47 arrestations selon le FNDC. et la police nationale fait état de 7 agents des forces de l'ordre blessés et 7 individus interpellés..

Arrestations et condamnations vignette|droite|Manifestation sur l'autoroute Fidel Castro. Après l'intervention de Foniké Menguè responsable de la mobilisation du mouvement dans les GG d'espace FM, annonçant des nouvelles stratégies du FNDC le , il est arrêté dans la journée par les forces de défense et de sécurité à son domicile, sis à Commandanyah minière (Conakry). et passera 4 mois en prison avant d'être libéré en .

Le , il est de nouveaux arrêté en marge de la manifestation du FNDC..

Le , après la déclaration d'Abdourahmane Sanoh coordinateur national du mouvement annonçant les manifestations, il est arrêté avec huit de ses membres, jugés et condamnés au tribunal de Mafanco et Dixinn. : Abdourahmane Sanoh est condamné à 1 an de prison ; Sekou Koundouno, Ibrahima Diallo, Bailo Destin En Main, Elie Kamano, Bill de Sam, Badara Koné sont condamnés à 6 mois d'emprisonnement ; trois sont libérés pour délit non constitué.

Les manifestants arrêtés en région, notamment à Boké, Kindia et Mamou, sont libérés pour délit non constitué. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent les arrestations et la répression en Guinée. Les institutions internationales appellent au dialogue, notamment l'Union européenne et la CEDEAO..

Abdourahmane Sanoh et les 7 condamnés du bénéficient d'une liberté provisoire le à la cour d'appel de Conakry..

Du au , le chargé des opérations Oumar Sylla Foniké Menguè en prison a fait une grève de la faim pour obtenir son procès qui s'ouvre le et le verdict est rendu le le condamnant à 11 mois de prison ferme et le , le juge de la cour d'appel de Conakry le condamne à son tour à 3 ans de prison ferme après que les avocats du mouvement ont interjeté appel.

Le , Foniké Menguè et plusieurs autres prisonniers seront libérés par les meneurs du coup d'état du contre Alpha Condé.

Le , le coordinateur du mouvement Foniké Menguè, Djanii Alpha et Billo Bah ont été mis au arrêt.

Le , ils ont été libérés par le tribunal de première instance de Dixinn pour délit non constitué..

Dans la nuit du 29 au , le coordinateur général du mouvement Foniké Menguè a été arrêté à son domicile à 1h 40 du matin par des hommes en uniforme à la suite de l’appel du parquet général. de l’arrestation des organisateurs de la marche du ..

Le , Billo Bah est de nouveau arrêté par des hommes en uniforme à Tombolia et déposé à la maison centrale de Conakry..

Après les manifestations du , le ministre Alphonse Charles Wright ordonne des poursuites à l'encontre de Sékou Koundouno et autres..

Le , Foniké Mengué, Bilo Bah et Ibrahima Diallo sont libérés, à la demande des religieux qui font office d'arbitrage dans la négociation entre les forces vives et le gouvernement guinéen qui a abouti à leur jugement puis leur libération.

Dans la nuit du , Billo Bah, Mohamed Cissé et Foniké Menguè ont été kidnappés par des hommes en tenue militaire et armée chez le dernier à 22h et déposé à un endroit inconnu depuis, leurs avocats et le barreau de Guinée demandent leurs présentations devant les juridictions compétentes. Mohamed Cissé est relâché peu après le kidnapping, en cause son statut de simple cadre au sein du FNDC. On a appris également que plus tard, l'ancien responsable local du FNDC de la zone de Gbèssia, Mamadou Bhoye Diallo, qui devrait assister à leur rencontre pour s'entretenir sur les manifestations à venir du au , avait été pisté et filé depuis plusieurs jours. Depuis lors, il reste introuvable, sa famille, ses amis et certains membres du FNDC du côté de Gbèssia pensent qu'il a dû quitter le pays nuitamment pour éviter un sort comme ses autres camarades.

Depuis leurs kidnappings la nuit du , les appels à leur libération fusent de partout en Guinée, notamment les forces vives de Guinée, le barreau de Guinée, le syndicat de presse professionnel de Guinée. Et à l’international des ONG et hommes politiques, notamment Guy Marius Sagna au parlement de CEDEAO ou Jean-Luc Mélenchon sur X.

Traitement médiatique

Justice

Plainte contre la Guinée et la CEDEAO Le , en présence des leaders du FNDC, son coordinateur Abdourahamane Sanoh ; le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo ; le président du PADES, Ousmane Kaba et le président du Bloc Libéral Faya Millimono le procès est ouvert en demandant à la cour de « constater, les violations, par la CEDEAO, des règles communautaires spécialement instituées pour garantir le respect des droits de l’homme, l’État de droit et la préservation de l’ordre constitutionnel ».

Le , la juridiction sous-régionale a déclaré que la mesure provisoire demandée par les requérants était désormais sans objet, dans la mesure où les élections n’ont pas eu lieu le . En effet, ces élections ont été reportées au . En ce qui concerne la requête contre les 14 états membres de la CEDEAO, la Cour s’est déclarée incompétente pour défaut de qualité. Une audience aura cependant lieu le prochain à Abuja sur la suite de la procédure