Meltek Sato Kilman Livtunvanu, dit Sato Kilman "The Hon Meltek Sato Kilman Livtunvanu", Commonwealth des Nations., né le à Malekula dans le Condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides Fiche biographique officielle sur le site du Parlement vanuatais., est un homme d'État vanuatais. Il est le président et fondateur du Parti progressiste populaire (PPP) depuis 2001 et représente l'île de Malekula au Parlement. Il est Premier ministre du Vanuatu de à (invalidé), de mai à (invalidé), de à , de à , puis à nouveau de septembre à .

Avant la politique À l'âge de 19 ans, en 1977, alors que se profile l'indépendance du pays, Sato Kilman entame une carrière dans la police coloniale britannique, avec le grade de caporal. En 1984, quatre ans après l'indépendance, il est nommé commandant de la Vanuatu Mobile Force, les forces paramilitaires au sein de la police, dans ce pays sans armée. En 1986, il devient vice-Commissaire de la Police, puis Commissaire de la Police (à la tête des forces de police) en 1992. L'année suivante, il est remercié de ses fonctions, et entame une carrière d'homme d'affaires, dans l'exploitation forestière.

Du PPM au PPP Sato Kilman est élu pour la première fois au Parlement du Vanuatu pour Malekula en 1995, sous les couleurs du Parti progressiste mélanésien (PPM) de Barak Sopé (devenu Premier ministre en 1999), dont il est vice-président. Il est nommé Ministre du Programme de Réformes de fond en 1999. Il rompt avec Sopé, qui touché par un scandale politico-financier, en 2001, démissionne du gouvernement, et aide à faire voter une motion de censure contre lui. Il fonde alors son propre mouvement, le Parti progressiste populaire (PPP), ou People's Progressive Party. Il critique alors la classe politique au pouvoir pour, selon lui, ses faibles prises de position par le passé, sa faible autorité et sa corruption, et cite comme principale raison l'ayant pousser à créer le PPP la « croyance en ce que le progrès politique et économique peut uniquement être obtenu à travers des réformes au sein de la structure de domination des partis et des mesures politiques ». Il met l'accent sur le renouvellement de la classe politique, en intégrant dans sa direction de nombreux jeunes et des femmes, et sur sa moralisation Les partis politiques du Vanuatu, Université du Pacifique sud..

Un allié du VP Il s'associe ensuite dans la nouvelle majorité dominée par le Vanua'aku Pati (VP) d'Edward Natapei, successeur de Barak Sopé au poste de Premier ministre. Il forme une plateforme commune avec le VP et le Parti fren mélanésien francophone lors des élections législatives du Europa World Year, Livre 2, éd. Taylor & Francis Group, 2004, .. Il est nommé ministre de l'Agriculture.

Aux élections législatives suivantes, le , le PPP de Kilman remporte un certain succès et augmente considérablement sa représentation, obtenant 4 des 52 sièges du Parlement. Il soutient alors la coalition de gauche formée entre le Parti national unifié (PNU, 10 sièges) de Ham Lini et le VP d'Edward Natapei. Mais c'est pourtant Serge Vohor, chef de la conservatrice et francophone Union des partis modérés (UPM), qui est élu Premier ministre le , avec 28 voix contre 24 à Ham Lini. Ce dernier finit par s'allier avec Vohor dans un gouvernement d'unité nationale le , laissant de fait à Sato Kilman le poste de chef de l'opposition.

Un poids lourd au Parlement

Chef de l'opposition au gouvernement Vohor

Sato Kilman concentre ses attaques contre les tentatives de Serge Vohor d'établir des relations diplomatiques avec Taïwan. La République populaire de Chine offre depuis longtemps des aides économiques fructueuses au Vanuatu contre la non-reconnaissance officielle de la République de Chine, aux yeux de Pékin. Le changement décidé par Vohor seul le provoque un séisme dans la classe politique vanuataise et Kilman demande l'arrestation de représentants taïwanais qui, selon lui, menacent de dicter la politique étrangère du Vanuatu. Puis il dépose une motion de censure sur la question, que Serge Vohor tente d'invalider en estimant inconstitutionnel de tenter de renverser un gouvernement durant sa première année en exercice mais que la Cour suprême accepte dans un jugement rendu le . La censure est adoptée trois jours plus tard, et Ham Lini est élu à la tête du nouveau gouvernement.

Vice-Premier ministre de Ham Lini

Sato Kilman, fort d'avoir réussi à faire chuter l'administration précédente, devient vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du au , dans le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Ham Lini Les partis politiques du Vanuatu, Université du Pacifique sud.. L'une des premières décisions de ce cabinet est d'interrompre les relations diplomatiques avec Taipei et de rétablir pleinement celles avec la République populaire de Chine, que Kilman est chargé de réchauffer.

Toutefois, en , trois des quatre députés du PPP (Noel Tamata de Pentecôte, Dunstan Hilton de Torba qui est lui aussi ministre et Malon Hopsmander de Malekula) sont accusés de fraude bancaire, Sato Kilman étant alors le seul élu du parti à échapper à tout soupçon. Les trois hommes sont suspendus du Parlement, et le mouvement est exclu du gouvernement : Kilman perd ainsi son poste et se retrouve isolé. Tamata et Hilton sont par la suite acquittés, mais Hopsmander est reconnu coupable de complicité dans un acte de contrefaçon, et condamné à quinze mois de prison - ternissant l'image du parti qui se voulait irréprochable.

De nouveau figure de l'opposition Kilman fut réélu député lors des élections législatives du et son parti, avec (4,92 % des voix), retrouve quatre sièges au Parlement (outre Kilman, Dunstan Hilton retrouve son siège à Torba et sont élus pour la première fois David Areiasuv pour Paama et James Ngwango pour Ambae). Il forme ensuite le « Bloc de l'Alliance » avec tous les petits partis de cette assemblée (dont surtout la Confédération verte mais aussi des indépendants comme Ralph Regenvanu) pour servir de troisième force entre la majorité formée en autour du VP d'Edward Natapei (redevenu Premier ministre), du PNU de Ham Lini et de l'UPM de Serge Vohor d'une part, et le Parti républicain de Vanuatu (PRV) de Maxime Carlot Korman qui prend la tête de l'opposition d'autre part.

En , il devint officiellement chef de l'Opposition parlementaire. Son « Bloc de l'Alliance » étant désormais fort de 11 députés, il peut ainsi déloger de cette position Maxime Carlot Korman, qu'il accuse de plus de traiter en coulisse pour intégrer la majorité "Vanuatu opposition name Kilman as new leader", Radio New Zealand International, 4 mars 2009 (ce qui est fait au mois de juin de la même année, Carlot Korman obtenant alors la présidence du Parlement).

Vice-Premier ministre de Natapei

En , toutefois, le Premier ministre Edward Natapei provoque un renversement d'alliance au sein de sa majorité et remanie son gouvernement le suivant : il en exclut le Parti national unifié (touché par plusieurs scandales) ainsi que le Parti républicain, accusant ces partis de préparer une motion de censure contre lui, et s'associe désormais avec le « Bloc de l'Alliance » dont le nombre de membres est passé à 16 parlementaires. Kilman devint ainsi vice-Premier ministre et Ministre du Commerce et de l'Industrie "Vanuatu PM counters challenge with major reshuffle", Radio New Zealand International, 18 novembre 2009]. "Vanuatu speaker’s post at centre of parliamentary vote", Radio New Zealand International, 8 décembre 2009. Députés et ministres de la , Parlement du Vanuatu..

Premier ministre De 2010 à 2013 Le , il obtient la destitution de Natapei (alors que celui-ci vient de quitter le Vanuatu pour se rendre à la conférence de Cancún sur le climat) par une motion de censure, et il est choisi par les députés pour le remplacer au poste de Premier ministre "Vanuatu’s Natapei ousted in no confidence challenge", Radio New Zealand International, 2 décembre 2010.. Sa coalition est alors formée des 14 membres de son « Bloc de l'Alliance » (soit les 4 députés du PPP, des 2 de la Confédération verte, des uniques parlementaires du Parti de l'action populaire, du PPM, de l'Alliance des Bergers, du Parti des agriculteurs républicains de Vanuatu pour le progrès et du Parti national du Vanuatu, ainsi que des quatre indépendants), du Parti national unifié (7 sièges, son président Ham Lini étant vice-Premier ministre), du Parti républicain de Vanuatu (7 élus) ainsi que deux membres dissidents du Vanua'aku Pati (Harry Iauko et, jusqu'au , Yoanne Simon). L'UPM (8 sièges) rejoint cette majorité quelques jours après sa formation, mais la quitte dès le , en même temps que le Parti républicain (qui la réintègre toutefois le suivant) "Three Vanuatu govt MPs resign leading to a minority govt", Radio New Zealand International, 11/02/2011.. Une fois au pouvoir, il nomme notamment trois commissions d'enquête sur des institutions importantes du pays : sur une compagnie d'acconage, sur la police et sur la sécurité du Vanuatu "Vohor takes Vanuatu's top job but instability expected to continue", ABC Radio Australia, 25 avril 2011..

Il est lui-même destitué via une motion de censure initiée par Edward Natapei le (le dimanche de Pâques), par vingt-six voix contre vingt-cinq, et Serge Vohor, président de l'UPM, le remplace. Sur les sept élus du Parti républicain, seuls trois (dont les deux ministres Marcellino Pipite et Alfred Carlot) lui sont restés fidèles. Il est rétabli dans ses fonctions le après l'invalidation de l'élection de Serge Vohor qui n'avait recueilli qu'une majorité simple au lieu de la majorité absolue. Il retrouve la majorité absolue grâce au ralliement de deux dissidents de l'opposition qui entrent en échange au gouvernement : Stephen Kalsakau de l'UPM qui devient ministre des Terres et des Ressources naturelles le et Willie Reuben Abel du Vanua'aku Pati le . Sato Kilman réussit ainsi à survivre à une nouvelle motion de confiance le suivant, obtenant 27 votes en sa faveur contre 25 pour Serge Vohor (Maxime Carlot Korman, qui s'était abstenu le , à cette fois voté la censure). Il appelle toutefois à l'organisation d'élections législatives anticipées « aussi vite que possible » afin d'éviter que cette situation instable se prolonge "Vanuatu's ruling alliance survives parliamentary vote", ABC Radio Australia, 20 mai 2011]..

Son retour au pouvoir est toutefois invalidé le de la même année, cette fois par un jugement du président de la Cour suprême, Vincent Lunabek, déclarant que son élection en n'avait pas été conforme aux dispositions sur le vote des députés à bulletin secret prévues par l'article 41 de la Constitution. Son élection est ainsi rendue nulle et non avenue, et Edward Natapei est restauré Premier ministre par intérim, chargé de convoquer le Parlement pour l'élection d'un nouveau chef de gouvernement "Vanuatu Court rules Kilman election void, reinstates Natapei as interim PM", Radio New Zealand International, 16 juin 2011. "Supreme Declared Natapei, Acting Prime Minister ", gouvernement du Vanuatu, 16 juin 2011..

Le , Kilman est élu Premier ministre par le Parlement, avec vingt-neuf voix contre vingt-trois pour Serge Vohor "Kilman elected Vanuatu PM - ten days after ouster by court", Radio New Zealand International, 26 juin 2011.. Il reforme le gouvernement qu'il avait remanié le précédent. Le , son gouvernement fait adhérer le Vanuatu à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui provoque sa rupture avec Ralph Regenvanu en .