La Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (en abrégé BUMP) est la bibliothèque de l’Université de Namur. Ouverte au grand public, la bibliothèque comptait en 2019 plus de .
Histoire gauche|vignette|Portrait du père Henri Moretus Plantin (Bibliothèque universitaire Moretus Plantin, Guide du lecteur, Namur, 1984, .)
Inauguré en 1979, mais initiée en 1921 par le père Moretus Plantin, la bibliothèque centrale a été construite, selon les plans de l'architecte namurois Roger Bastin.
Il n'existe pas de bibliothèques centrales au . Néanmoins, les formations des Facultés n’ont cessé de se diversifier dans la seconde moitié du avec, En 1921, on en dénombrait neuf : philosophie, histoire, philologie classique, littérature moderne, physique, chimie, botanique, zoologie et minéralogie. Il s’agit là du premier fonds de la future bibliothèque.
Le temps du père Henri Moretus Plantin Né à Anvers d’une famille noble, le père Henri Moretus Plantin (1878-1957) était au départ professeur au Collège jésuite Notre-Dame de la Paix de Namur. Formé par la suite à l'École nationale des chartes à Paris, il devint en même temps directeur du Séminaire d’Histoire des Facultés en 1913. Durant cette période, il se rend compte de la pauvreté des fonds proposés à Namur. Ce manque de ressources le pousse à créer une nouvelle bibliothèque scientifique et centrale qui serait prioritairement destinée aux professeurs jésuites du Collège ainsi qu'aux professeurs et étudiants de la Faculté de Philosophie et de Lettres.
Profitant de la générosité financière de sa mère, la comtesse Louise de Theux de Meylandt, le père Moretus Plantin débute la constitution d’un fonds à partir de 1921. Il visite dans un premier temps des librairies allemandes où il achète plusieurs ouvrages de grande valeur. Il acquiert également d’autres documents en France, en Belgique ainsi qu’en Autriche, en Angleterre et en Italie. Il envoie progressivement le tout à Namur. Ainsi est née en la bibliothèque , plus familièrement appelée « la bibliothèque Moretus », destinée à tous les Jésuites de Belgique.
Le père Moretus Plantin ne s’arrête cependant pas à ces premiers achats. Grâce à une politique méthodique d’acquisition de livres, neufs ou anciens, sa collection passe de en 1924 à en 1957, année de son décès accidentel. Cet accroissement du nombre de volumes est de surcroît facilité par les subventions de l’État belge puisque les Facultés Notre-Dame de la Paix sont officiellement reconnues en tant qu’institution universitaire en 1948.
Le père Moretus fait construire une bibliothèque qu’il appellera « Bibliothèque des Belles-Lettres ». Situé au niveau de la rue Grafé, ce bâtiment en béton creux était prévu pour accueillir . Terminée en 1928, elle est inaugurée par le roi en 1931 à l’occasion du centenaire du second Collège jésuite de Namur. Modernisée en 1958, elle porte au fronton de son édifice la devise des imprimeurs anversois Moretus et Plantin : . Aujourd’hui encore, la bibliothèque des Belles-Lettres sert, entre autres, d’espace de stockage pour la bibliothèque centrale actuelle.
Morcellement des ressources Au cours des années 1960, de nouvelles orientations d’études comme les sciences économiques, les sciences exactes, le droit ou encore l’informatique ont été ouvertes sur le campus namurois. Afin d'éviter l’explosion des coûts liés aux livres ainsi que les problèmes de gestion, le recteur des Facultés de l’époque), lance en 1973 le projet de construire une nouvelle bibliothèque, moderne, au cœur du campus. Cet édifice central pourrait ainsi accueillir les collections de la Bibliothèque des Belles-Lettres mais aussi les collections des bibliothèques de philologie, de langues germaniques, de sciences ou d’économie. Seules les bibliothèques de Sciences-ÉconomiquesAu début des années 1980, la bibliothèque de Sciences économiques a été intégrée dans les collections de la BUMP., de Droit ainsi que quelques bibliothèques de départements resteront en dehors de la BUMP.
Le , les autorités décident de nommer la nouvelle bibliothèque centrale « Bibliothèque universitaire Moretus Plantin. Après de nombreux débats au sujet de son architecture et plus particulièrement de sa tour, le chantier débute en . La bibliothèque sera ainsi inaugurée le lundi .
Évolution de la BUMP depuis 1979 Depuis 1979, l'aménagement a été modifié ainsi que gestion de la bibliothèque. Le Père Jacques Denis, afin de protéger les collections la bibliothèque a inauguré une nouvelle Réserve en 1997.
Le Centre de documentation religieuse Dans un autre registre, la BUMP a obtenu durant l'été 2012 la gestion des collections du Centre de Documentation et de Recherche Religieuses [CDRR]. Ce fonds est en fait originaire des facultés philosophique et théologique jésuites d'Eegenhoven-Louvain. Ouvert en 1927, ce site - un peu à l’extérieur de Louvain - accueille alors la Faculté jésuite de Philosophie de Louvain devenu trop exiguë. Parallèlement, environ sont également déplacés dans cette nouvelle implantation. Malgré de lourdes pertes à la suite des bombardements de Louvain en 1940, les collections n’ont cessé de croître avec une augmentation annuelle de près de volumes. À la fin des années 1960, le scolasticat d’Eegenhoven, victime de la crise des vocations et de la préférence des étudiants jésuites à vivre en 'petites communautés', ferme ses portes. Les étudiants de philosophie sont alors envoyés dans les institutions jésuites de Namur. En 1967, c’est au tour de la section de théologie de quitter Eegenhoven pour BruxellesElle y deviendra l'Institut d'Études Théologiques [IET], installé sur le 'site Saint-Michel', à Etterbeek. Sans étudiant ni professeur, la bibliothèque jésuite, avec ses riches collections, est peu utilisée.
En 1970 débutent des négociations avec les Facultés universitaires (jésuites) de Namur pour l’accueil de ses collections. Le déménagement des collections du CDRR a lieu en 1980, un an après le transfert de celles de la Bibliothèque des Belles-Lettres vers la BUMP. Les locaux de la rue Grafé accueillent ainsi les de la bibliothèque de philosophie, de théologie et d'histoire religieuse des jésuites francophones de Belgique. Entre 1980 et 1990, le père Charles Matagne recense les fonds patrimoniaux (imprimés du ), qui sera par la suite publié sous forme de catalogues. La gestion des collections du CDRR est finalement confiée en 2012 à la BUMP sous la forme d’un commodat. Pour conserver au mieux les , une seconde Réserve est inaugurée en .
Le bâtiment de Roger Bastin le recteur Jacques Denis fait appel aux services de l’atelier d’architecture de Roger Bastin, architecte namurois. Il sera chargé plus tard de la rénovation de l'Arsenal. La nouvelle bibliothèque a pour ambition de répondre à l’accroissement du nombre d’étudiants tout en donnant une nouvelle dimension aux FUNDP.
Il faudra finalement attendre le projet pour voir la ville et les FUNDP trouver un accord et adopter les plans de Roger Bastin. La tour sera finalement couchée sur le flanc pour ne pas gêner le paysage tout en maintenant une importante capacité d’accueil.
Selon Guy Van Oost, ancien collaborateur et associé de Roger Bastin : .
Une bibliothèque moderne intégrée dans la ville Le projet définitif de ce bâtiment, qui se veut moderne, est ainsi adopté en 1976. La construction est guidée par des objectifs de fonctionnalité et par la simplicité des lignes et des matériaux inspirés du Corbusier. La « tour couchée », d'une hauteur de 27 mètres, est recouverte de plaques d’aluminium visant à fondre l’édifice dans le paysage et à s’accorder avec la coupole de la cathédrale. Le choix d'utiliser du béton brut de décoffrage, même à l’intérieur des salles de lecture, induit à la fois le dépouillement des espaces et la mise en valeur du « pouvoir d'expression » du béton.
Les ouvrages ainsi que la salle de lecture se trouvent aux deux étages suivants. Pour y accéder, les usagers empruntent une cage d’escalier qui peut s’avérer banale. Pourtant, un soin tout particulier a été apporté à cet escalier : il donne l'impression de flotter dans l’espace, puisqu’il ne repose sur aucun appui. Cette prouesse a été rendue possible grâce à l'ingéniosité de René Greisch.
Les tables de lecture, les lutrins et une grande partie du mobilier ont été dessinés par l’atelier de Roger Bastin. Les étages supérieurs de la « tour couchée » sont consacrés aux deux Réserves précieuses ainsi qu’aux magasins où sont classés les livres qui ne sont pas disponibles en accès direct. alt=|centré|vignette|347x347px|Vue générale du campus réalisé par Roger Bastin au cœur de la ville. Le bâtiment de la BUMP se trouve au centre de l'image. Dès la construction de la BUMP, des espaces ont été aménagés pour accueillir des œuvres d’art. La grille sculpturale du sculpteur franco-mexicain Jorge Dubon est la pièce maîtresse de ce dispositif. Située au niveau du hall d’entrée, cette grille, de 5 mètres 30 de long sur 2 mètres 30 de hauteur, permettait à l’origine de fermer l’accès à la première cage d’escalier. En outre, on retrouve au niveau de la salle Henri Moretus Plantin, au , le triptyque « Végétation » confié par la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’architecte Bastin a également offert deux sérigraphies de Jo Delahaut.
Collections
Les ouvrages en libre accès Il a été décidé, lors de l’ouverture de la bibliothèque en 1979, de rompre avec la tradition de consultation contrôlée encore bien palpable à l'époque dans bon nombre de bibliothèques. Ainsi, les salles de lecture, situées aux et au étages, proposent depuis lors aux usagers d'accéder librement aux documents les plus fondamentaux d’une thématique ou les plus fréquemment consultés. Le journaliste Pierre Dulieu déclare même qu’il s’agit de la « nef du temple […] la bibliothèque cesse d’être un lieu secret et pieux ».
Ces ouvrages sont de facto classés par matières et rangés pour la plupart d’après un schéma inspiré de la Bibliothèque du Congrès dont le système de classement est répandu dans le monde entier. Parmi les diverses matières présentes en libre accès, on retrouve au second étage l’histoire, l’histoire de l’art, la musique, les fonds régionaux, la bibliothéconomie, l’histoire du livre, la psychologie mais aussi les sciences politiques et économiques. Le troisième étage est dévolu aux ouvrages usuels de sciences, de médecine, de géographie, de philologie ainsi qu’aux ouvrages de littératures romane et germaniqueUniversité de Namur : BUMP, Plan de l’accès direct..
Sur base du catalogue informatisé, qui ne prend donc pas en compte les fiches catalographiques numérisées, on trouve en libre accès 60 000 ouvrages..
Les fonds en magasin Néanmoins, il n’est pas possible de placer tous les ouvrages en libre accès, cela prendrait bien évidemment trop de place. C’est pourquoi les ouvrages les plus spécialisés ou plus anciens sont rangés en magasin, soit dans les étages supérieurs de la tour soit à la rue GraféSite internet de la BUMP.. Au sein de la BUMP, les ouvrages sont rangés dans des rayonnages mobiles Compact. Collés les uns aux autres permettant ainsi un important gain de place, les rayonnages sont montés sur des roulettes permettant le déplacement des rayons sur des rails encastrés dans le sol. Les monographies y sont là aussi classées par thématiques. . Selon le catalogue informatisé, la BUMP conserve plus de 253 000 ouvrages en magasin alors que les locaux de la rue Grafé accueillent 39 540 ouvrages.
Les périodiques et autres ressources électroniques