Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi (en ), né Amir Mohammed Abdul Rahman al-Mawli al-Salbi le ou le à Tall Afar ou (Irak) et mort le à (Syrie), est un djihadiste irakien, troisième chef et deuxième « calife » de l'organisation État islamique du à sa mort.

Il succède à Abou Bakr al-Baghdadi, tué durant le raid de Baricha mené par l'armée américaine. Il prend le commandement de l'État islamique, avant d'être tué à son tour dans la nuit du au , à , en Syrie, lors d'une opération des forces spéciales américaines.

Nom et identité Sa nisba (partie du nom qui désigne l’origine) revendique, comme son prédécesseur al-Baghdadi, une ascendance directe avec les Quraych, la tribu du prophète Mahomet, et le clan hachémite. Cela est nécessaire afin d'affirmer sa légitimité pour la direction de ce qui fut le Califat islamique, car il est né dans l'enclave multiconfessionnelle de Tal Afar, à de Mossoul.

Al-Mawla est issu de la minorité des Turkmènes d'Irak. Fils d'un muezzin de Mossoul, il fait dans sa jeunesse des études de théologie. Il étudie la charia à l'université de Mossoul, avec une spécialisation en étude coranique, il obtient sa licence avec les honneurs en l'an 2000.

Jusqu'en 2020, les responsables Américains pensaient qu'Al-Mawla était Turkmène, mais à partir de l'été 2020, il est devenu notoire qu'Al-Mawla a bien des origines arabe. En 2008, les États-Unis avaient classifié Al-Mawla comme étant d'origine arabe.

D'autres sources affirmeront quant à elles que Abu Ibrahim est bien d'origine arabe avec une lignée remontant jusqu'au prophète Mahomet, mais que la lignée a été "turquifiée" par des ancêtres d'Al-Malwa.

L'expert en généalogie, Nizar al-Saadoun, rapporte que la majorité du clan de Qardash, Al-Mawla, sont d'origine arabe, descendant du clan abbasside Burisha, et qu'ils remontent tous au Bani Hashim, la tribu du Prophète Mahomet.

Amaq, l'agence de presse de Daech, n'a pas livré d'autres éléments de biographie, photographie ou données personnelles induisant l'anonymat ipso facto de la personne désignée. Le , le président américain Donald Trump affirme sur Twitter que l'identité du nouveau chef de l'EI est connue des États-Unis : . Cependant le , un haut responsable américain déclare anonymement à des journalistes que le successeur d'al-Baghdadi est un .

En , le indique que le nouveau chef de l'État islamique est probablement de nationalité irakienne et en , The Guardian estime que le véritable nom d'Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi est Amir Mohammed Abdul Rahman al-Mawli al-Salbi, une identité confirmée par les renseignements irakiens et américains. En , le département d'État des États-Unis offre une prime de dix millions de dollars pour sa capture.

Biographie D'après le groupe terroriste, il est un vétéran ayant combattu l'Occident : la propagande l'a introduit par le triptyque , classé comme une et décrit comme un .

Dans une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP), Hicham al-Hachemi, expert irakien de Daech, indique qu'il était : Il dirigeait en particulier l'Autorité de la Charia, organe dédié à l'application de la loi islamique.

D'après le Counter Extremism Project, relayé par l'AFP, il est d'abord officier de l'armée irakienne sous Saddam Hussein et diplômé de l'université des sciences islamiques de Mossoul, avant d'intégrer Al-Qaïda après la seconde guerre du Golfe. Il rejoint la lutte armée après sa libération de prison, puis se hisse rapidement dans la hiérarchie de l’État islamique. Al-Mawla participe activement à la persécution de la minorité yazidie par .

Chef de l'État islamique Le , l'État islamique publie un communiqué audio dans lequel il reconnait la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, tué dans la nuit du au lors du raid de Baricha. Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi est présenté comme son successeur et comme le nouveau et .

Selon le porte-parole de l'EI, l'assemblée consultative de l'organisation lui prête allégeance et Abou Bakr Al-Baghdadi aurait désigné lui-même son successeur dans son testament. Le personnage est alors totalement inconnu des spécialistes du djihadisme.

Le groupe se considère toujours comme un califat, malgré la perte de l'ensemble de son territoire en Irak et en Syrie. Cependant, le futur de Daech sous al-Hachimi ne peut être prévu, les observateurs pensent qu'il sera le . Certains experts pensent que la mort d'al-Bagdadi provoquera probablement l'éclatement de Daech, .

D'autres analystes estiment cependant que le décès du Bagdadi n'aura pas d'impact sur l'OEI et qu'il est probable .

Al-Hachimi vit clandestinement dans une maison d', une ville contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham et située près de la frontière turque, à seulement une vingtaine de kilomètres du lieu où Abou Bakr al-Baghdadi avait été tué en 2019.

D'après un témoignage, recueilli par l'AFP, de Mohammed al-Cheikh, le propriétaire de la maison, al-Hachimi loue la propriété pendant onze mois et se fait passer pour un simple chauffeur de taxi. Il déclare : . Il décrit al-Hachimi comme une .

Mort

Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi trouve la mort dans la nuit du au , lors d'une opération héliportée des forces spéciales américaines, dans la ville d', dans le gouvernorat d'Idleb, en Syrie. L'opération est lancée depuis une base militaire de la ville de Kobané, contrôlée par les Forces démocratiques syriennes. Les militaires américains sont déposés près du camp de réfugiés. Ils cernent ensuite un bâtiment de trois étages, situé dans une zone entourée d'arbres et appellent ses occupants à se rendre. Une partie du bâtiment est détruite par des explosions. L'opération a duré entre deux et trois heures.

Le lendemain, le président américain Joe Biden annonce la mort du chef de l'État islamique et affirme qu'il s'est fait exploser lors de l'assaut. Il précise que .

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'opération fait au moins treize morts, dont quatre enfants et trois femmes. L'ONG Save the Children et l'Unicef font état de la mort de six enfants, dont deux bébés. Les forces américaines ne déplorent aucune perte mais ont dû détruire un de leurs hélicoptères MH-60M du 160th Special Operations Aviation Regiment (Airborne), qui ne pouvait repartir.

L'État islamique confirme officiellement la mort de son chef le et annonce qu'Abou Hassan al-Hachemi al-Qourachi lui succède comme .

Références

Voir aussi Bibliographie

Vidéographie Des casques blancs syriens diffusent des images de la maison où le chef de l’organisation Etat islamique s’est fait exploser, Le Monde avec Reuters, .

Liens externes

Catégorie:Naissance en Irak Catégorie:Naissance en octobre 1976 Catégorie:Étudiant de l'université de Mossoul Catégorie:Membre d'Al-Qaïda en Irak Catégorie:Membre de l'État islamique Catégorie:Chef d'une faction armée islamiste Catégorie:Mort lors de la guerre civile syrienne Catégorie:Décès en février 2022 Catégorie:Décès à 45 ans Catégorie:Suicide en Syrie