L’ étude de la communication mondiale est un domaine interdisciplinaire qui questionne les moyens par lesquels les personnes se connectent, partagent, et se mobilisent au-delà des divisions géographiques, politiques, économiques, sociales et culturelles. La communication mondiale implique un transfert de connaissances et d’idées des centres de pouvoir vers les périphéries et l’imposition d’une nouvelle hégémonie interculturelle au niveau du « pouvoir discret »..

"International" ou "Mondiale" La fin du XXe siècle et le début du nouveau millénaire signifie des changements importants dans le domaine de la communication internationale.. « Communication mondiale » commence à être utilisé comme terme parce que certains auteurs font valoir que le terme met l’accent sur la communication entre les peuples au-delà des frontières géographiques et sur la montée des médias transnationales.

La communication internationale fait traditionnellement référence à la communication entre, et parmi les états-nations. Ceci évoque des questions de souveraineté nationale ainsi que des questions de contrôle des ressources d’information nationales.

La différence entre « mondiale » et « internationale » est que mondiale implique un affaiblissement dans le rôle et souveraineté de l'état. Internationale par contre, implique une relation bilatérale ou multilatérale. Les auteurs qui préfèrent « mondiale » utilisent le terme parce qu'il permet une utilisation plus inclusive et dynamique que « internationale » qui met l'accent sur les relations entre des États-nations.

Histoire

Au cours des années 1945-1955, une grande quantité de recherches sur la communication mondiale a été produite, la plupart liées à la seconde guerre mondiale et la guerre froide. En 1970, la recherche sur la communication mondiale s’est développée pour inclure une grande variété de sujets, en particulier les systèmes de communication de masse., la propagande et l’opinion publique.

Du point de vue des universitaires du domaine de la communication mondiale, les théories précédentes de modernisation, de dépendance et de l'impérialisme culturel n'ont pas permis d'expliquer de manière satisfaisante la communication mondiale..

Développement technologique On peut faire remonter l'origine de la communication mondiale comme étude académique à l’émergence des technologies de communication mondiales du XXe siècle.. De nombreux progrès techniques, tels que la convergence des entreprises de médias, le développement de l’Internet, sont deux exemples qui démontrent le passage de la communication internationale à la communication mondiale.

Changements de pouvoir globaux L'effondrement de l'Union soviétique a révélé un changement des relations politiques, économiques et culturelles. Ces changements sont d’une grande importance pour l’étude de la communication mondiale parce qu’ils démontrent le changement des relations historiques et contemporaines des états-nations. Approches théoriques

Économie politique transculturelle L'économie politique transculturelle est un concept présenté par Paula Chakravartty et Yeuzhi Zhao. Ce concept examine la communication mondiale et les études sur les médias dans trois domaines principaux :

Le mouvement mondial d’information et de la culture. La décentralisation des paramètres conceptuels des études mondiales sur l’information. Les débats normatifs sur la communication mondiale dans le contexte du néolibéralisme.

L'économie politique transculturelle est une étude multidisciplinaire qui se concentre sur les tensions entre l'économie politique et les études culturelles. Comme idée académique, l’économie politique transculturelle s’intéresse à l’intégration des analyses culturelles et institutionnelles dans le contexte de . L’économie politique transculturelle aborde les problèmes liés à la pratique du néolibéralisme et à la création de structures de pouvoir inégales.

Théorie de la mondialisation La théorie de la mondialisation a été popularisée dans les années 90 pour essayer de mieux comprendre le nouveau système de communication mondiale. Le concept de mondialisation est inspiré de diverses théories reliées aux études de communication.. Par exemple, la transnationalisation des entreprises est souvent célébrée comme une progression vers un monde plus interconnecté. Souvent, les théories de la mondialisation sont associées aux théories de la modernité.

Certains spécialistes considèrent la mondialisation comme l'intégration sociale, politique, économique et culturelle des sociétés dans un système capitaliste. D'autres voient dans la mondialisation un successeur de la modernité, tandis que d'autres encore y voient une itération de l'impérialisme. Certains interrogent l'utilité et la légitimité de la théorie de la mondialisation, affirmant qu'elle ne conceptualise pas de manière adéquate les relations internationales actuelles et qu’elle ne permet pas un examen des événements quotidiens..

De nombreux chercheurs critiquent les théories de la mondialisation comme irréalistes quant à l’effet de l’intégration mondiale.. Certains reprochent aux sociologues d'énoncer des opinions et des prédictions basées sur la théorie, avec peu de preuves pratiques. En revanche, certains chercheurs s’efforcent de contester les vues pessimistes de la théorie de la mondialisation..

Théorie du système-monde La théorie du système-monde, développée par Immanuel Wallerstein durant les années 70, est une perspective macro-sociologique qui cherche à expliquer la dynamique de en tant que . Un système mondial est ce que Wallerstein appelle une « économie mondiale », intégrée par le marché plutôt que comme un centre politique. Dans ce système, deux régions ou plus sont interdépendantes en ce qui concerne des produits de nécessité telles que la nourriture, le carburant, etc.

La théorie du système-monde, conçue par Wallerstein, repose sur trois sources théoriques : la méthodologie générale de l'école des annales, l'accent mis par Marx sur le processus d'accumulation et les luttes des classes, et l'explication néo-marxiste de la théorie de la dépendance Thomas Barfield (1998), The dictionary of anthropology, Wiley-Blackwell, ..

Faisant référence à la division transnationale du travail, la théorie système-monde divise le monde en pays principaux, pays périphériques, pays semi-périphériques et zones extérieures. Les pays principaux ont généralement un gouvernement central fort, de vastes bureaucraties et de grandes armées Paul Halsall (1997) Modern History Sourcebook: Summary of Wallerstein on World System Theory.. Les pays périphériques manquent souvent d'une administration centrale forte, ont été contrôlés par des pays principaux, exportent des matières premières et ont recours à des pratiques de travail coercitives. Les pays semi-périphériques servent comme tampons entre les pays principaux et leurs pays périphériques. Ils conservent un accès limité à la banque internationale et à la production de produits manufacturés de haute qualité à un coût élevé. Des régions extérieures telles que la Russie maintiennent leurs propres systèmes économiques et préfèrent rester en dehors de l'économie mondiale moderne.

Théorie de la modernisation La théorie de la modernisation a été développée par Daniel Lerner en 1958 dans Le passage de la société traditionnelle. Cette théorie examine la transition des sociétés traditionnelles vers des sociétés modernes, où les sociétés modernes sont distinctement industrielles, urbaines, alphabétisées et participantes. La théorie de la modernisation engage un développement linéaire, concluant que les pays doivent devenir une société moderne pour en faire un pays durable et prospère. Le développement de sociétés modernisées inclut aussi le progrès technologique et le développement des secteurs des médias pour aider à créer une culture participative Lerner, D. (1958). The passing of traditional society: Modernising the Middle East. Free Press.

Post-colonialisme Voir aussi : post-structuralisme, impérialisme, modernité,

Le post-colonialisme est une approche théorique qui examine l'expérience et la relation entre colonisateur et colonisé. Un concerne des études post-coloniales est l'adaptation des pays anciennement colonisés et leur développement dans les domaines culturel, politique et économique. Certains théoriciens notables incluent : Frantz Fanon, Edward Saïd et Gayatri Spivak. .

Impérialisme culturel L'impérialisme culturel est le phénomène dans lequel une culture puissante exerce une influence culturelle sur une culture moins puissante. Des pays avec une industrie de culture moins développée doivent souvent importer les produits culturels des pays occidentaux qui ont les moyens économiques de produire la majorité des médias culturels du monde Dan Ketchum, What Is the Meaning of Cultural Imperialism?.. La civilisation faible adopte les coutumes, philosophies, conceptions du monde, et les modes de vie quotidiens de la civilisation puissante.

La fondation théorique de l'étude académique de l'impérialisme culturel provient principalement du concept de post-colonialisme d'Edward Saïd, qui considère l'impérialisme culturel comme l'héritage culturel du colonialisme. Une autre influence théorique peut être le concept de biopouvoir de Michel Foucault.

L’étude de l’effet des médias est l’argument fondamental de l’impérialisme culturel. En ce domaine, il existe deux argument principaux. Le point négatif est que les médias occidentaux imposent des conflits sociopolitiques au pays en développement et à leur résistance pour préserver leurs identités culturelles traditionnelles G. K., & Tan. A.S. (1987), American TV in the Philippines: A test of cultural impact. Journalism Quarterly.. Les effets positifs sont reliés au développement d’une civilisation, tels que le droit des femmes ou l’égalité raciale Kang, J. G., & Morgan, M. (1988). Culture clash: Impact of U.S. television in Korea. Journalism Quarterly..

Maintenant, le terme impérialisme culturel désigne généralement l'expansion d’une culture mondiale de l'Amérique au reste du monde, qui comprend des produits de marque, des supports vidéo, des fast foods, etc.

Communication pour le développement (C4D) La communication pour le développement (C4D) est un aspect d’études de la communication mondiale qui met l’accent sur la participation civile au changement social mis en œuvre par des systèmes de communication.. C4D souligne comme des valeurs fondamentales qui se prêtent au développement mené par les citoyens.. C4D incorpore souvent des théories qui favorisent les changements sociaux avec le but de créer un changement durable et équitable. C4D repose sur l’hypothèse que ces changements positifs auront une plus grande chance de succès si les efforts sont planifiés et soutenus par les membres de la communauté eux-mêmes.

Certains agents de développement et académiques suggèrent de clarifier une définition commune de la communication pour le développement. Bien qu'il existe des différences mineures, la plupart des partisans de C4D considèrent comme essentielle la recherche-action participative (PAR). Les différences entre les projets C4D et d’autre projets de développement s’articulent autour des systèmes de médias en tant que site central du changement social. Les théories qui soutiennent C4D soulignent que les projets de développement doivent être situés dans un contexte particulier et que les différentes technologies de communication affecteront différents types de changements sociaux.

Études des médias mondiaux Les études des médias mondiaux étudient le contenu, l'historique et les effets des médias. L’étude des médias mondiaux utilise souvent des théories et méthodes issues des disciplines des études culturelles, de la rhétorique, de la philosophie, de la communication, de la théorie féministe, de l’économie politique et de la sociologie.