L'abbaye de Saint-Éloi-Fontaine est une ancienne abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin rattachée à la congrégation d'Arrouaise puis à la congrégation de France.

Histoire Le comte de Vermandois, , permet à quelques-uns des chanoines réguliers de saint Augustin de l'abbaye de Chauny d'établir à Commenchon, à six kilomètres de Chauny, un oratoire et un cimetière par une charte de 1139 ratifiée par une bulle d' en 1142 pendant l'épiscopat de , évêque de Noyon et Tournai.

autorise les chanoines réguliers de Chauny à transférer, en 1139, le siège de leur établissement dans un lieu appelé Saint-Éloi-Fontaine ou les Fontaines-Saint-Éloi, dépendant de Commenchon. La maison de ces religieux quitte le nom d'abbaye de Sainte-Marie de Chauny, sous lequel elle avait pris naissance, avant l'année 1130 et adopte celui de Saint-Éloi-Fontaine et, plus tard, celui de Commenchon.

Vers la fin du une abbaye est construite dans le style architectonique de l'époque et suivant la règle de saint Nicolas d'Arrouaise.

L'abbaye est bâtie au pied d'un coteau boisé d'où sourdait une eau pure s'écoulant dans le fond d'un agréable vallon entourant le site de Calmansione du devenu Commenchon et Sanctus Éligius de Fontibus, Saint-Éloi-Fontaine, en référence aux séjours que faisait déjà l'ermite Éloi avant d'être évêque de Noyon en 640.

Elle est dédiée et consacrée le , par Étienne, évêque de Noyon, sous le titre de la Très-Sainte-Nativité..

Les papes , , , et confirment par leurs bulles l’abbaye et lui donnent plusieurs privilèges. Saint Louis et Philippe le Bel lui confèrent de riches fonds ; les seigneurs de Vendeuil et de Sailly, Guy de Faillouel et le comte Philippe d’Alsace surtout et les évêques de Noyon lui attachent de gros revenus.

L'abbaye est pillée et incendiée pendant la guerre de Cent Ans.

En juillet 1472, l'abbaye est incendiée, par les Bourguignons, ses titres enlevés, la plupart de ses biens perdus. L'abbé et ses religieux sont obligés de fuir et de s'installer dans une maison, appelée « l'Abbayette », près de la future église Saint-Martin. Il faut plus de 50 années avant que l'abbaye ne soit reconstruite et son ancienne régularité rétablie.

Elle est de nouveau incendiée par le comte de Roeux, commandant l'armée de Marie de Hongrie, en 1552.

Elle s'agrège a la congrégation de France en 1639.

Le , l'Assemblée constituante prononce l'abolition des vœux monastiques et la suppression des congrégations religieuses. L'abbaye est fermée. Les religieux quittent leur couvent vers la fin de l'année. Déclarée comme bien national, le , morcelée et vendue le . Le monastère est démoli en 1828.

Abbés D'après Gallia Christiana, Guillaume Desnos et Poissonnier Abbés réguliers

Abbés commendataires À partir du concordat de Bologne, commence la série des abbés commendataires et seigneurs temporels, nommés par le roi.

Prieurs Le prieur est le moine choisi par l'abbé pour le seconder : on parle alors de prieur claustral, ou de grand-vicaire, numéro deux d'une abbaye. Le prieur, depuis la mise en commende, est le véritable chef du monastère.

Droit de patronage et dîmage L'abbaye a le droit d'élire et de pourvoir aux cures des églises dont elle est patron, de prêtres qu'elle présente à l'ordination de l'évêque diocésain. C'est le droit de patronage, de présentation à l’évêque et de nomination d'un desservant aux églises ou cures (paroisses) où elle percevait les grosses dîmes : Notre-Dame et Saint-Martin de Chauny ; Saint-Médard de Béthancourt ; Saint-Quentin de Guyencourt ; Notre-Dame de Commenchon ; Notre-Dame de Frières ; Saint-Quentin de Jussy ; Saint-Médard de Liez ; Notre-Dame de Hinacourt ; Saint-Martin de Benay ; Saint-Martin de Neuflieux et le prieuré-cure de Plessis-Godin.

Patrimoine Foncier Les biens de Notre-Dame de Chauny passèrent à l’abbaye de Saint-Éloi-Fontaine lors de la translation de l’abbaye de Chauny à Commenchon.

Au mois d', il y eut un accord entre les religieux de Prémontré et les religieux de Saint-Éloi-Fontaine, par lequel les premiers cédaient à l'abbaye de Saint-Éloi-Fontaine, un moulin qui leur appartenait à Sinceny, avec les prés, les buissons et tout le pourpris du moulin ; et en échange, les religieux de Saint-Éloi-Fonfaine donnaient à ceux de Prémontré, une maison qu'ils possédaient depuis longtemps à Chauny, avec toutes ses dépendances et toutes leurs terres à Senicourt (Seniscourt) qui avaient été autrefois déjà la propriété de l'abbaye de PrémontréBulletin de la Société littéraire et scientifique de Chauny,1861 ..

L'abbaye possédait à Chauny deux maisons près du cours d’eau des Boucheries ; les moulins à blé au nombre de quatre au commencement du ; un moulin à fouler les draps (1353) ; une habitation et son entourage sis sur l’emplacement où s’éleva plus tard le couvent des Minimes, vendus à l’abbaye en 1410 par Guillaume Le Barbier.

À Commenchon, des maisons construites vers 1274 entre la rue de l’Abbé et le vivier dit « de Crèvecoeur » ; des censives et droits seigneuriaux d’une partie de Commenchon avec haute, moyenne et basse justice ; le pressoir banal avec les fruits ; deux morceaux de terres d’environ un setier chacun près des vignes et bois de l’abbaye, un moulin à blé avec un vivier et un étang.

L'abbaye possédait des terres à Senicourt, Essigny-le-Grand, Gricourt, Seraucourt-le-Grand, Sissy, Travecy, Plessis-Patte-d’Oie ; des immeubles à Villers-Saint-Christophe et à Collezy (Oise) ; à Artemps, les dîmes ; à Liez, la seigneurie du Moulinet et des immeubles.

Héraldique

Voir aussi

Bibliographie Gallia Christiana . .

Articles connexes Abbaye de Chauny Liste des abbayes, prieurés et couvents en Picardie

Liens externes

L'abbaye de Saint-Éloi-Fontaine, dans Commenchon de Victor Leducq

Références et notes

Catégorie:Commenchon Catégorie:Abbaye dans l'Aisne Catégorie:Abbaye du Moyen Âge Catégorie:Abbaye détruite en France