Un déchet ménager est tout déchet, dangereux (qualifié aussi de « déchet ménager dangereux ») ou non dangereux, dont le producteur est un ménage.

Ils sont collectés par la collecte traditionnelle des ordures ménagères résiduelles et par les collectes sélectives (matériaux recyclables issus des emballages : verre, métal, matière plastique, carton, fraction putrescible, etc.) hors déchèteries, collectes d'encombrants et collectes de déchets vertsAdeme, La composition des ordures ménagères et assimilées en France. Campagne nationale de caractérisation 2007, 2010 . Une partie de cette fraction putrescible fait souvent l'objet d'une gestion domestique par les ménages : compostage ou alimentation animale (poules, chiens, chats, etc.).

La collecte et le traitement des ordures ménagères constituent des services publics essentiels. Elle se fait de plus en plus par l'intermédiaire de bennes de collecte automatisée.thumb|Un camion poubelle collecte de façon automatisée les ordures ménagères.

Caractérisation du déchet ménager (composition, qualité, toxicité, risque sanitaire) Caractériser précisément les déchets et leurs flux est déterminant pour les choix des manières de collecter, trier, transporter et traiter ces déchets, au regard des enjeux climatiques et de santé environnementale, de réglementation et d'investissements.

La connaissance des ordures ménagères est donc un préalable important aux programmes de gestion et de prévention des déchets des collectivités, notamment car le contenu des ordures ménagères évolue saisonnièrement et change selon les ménages, les régions et les époques. Une bonne caractérisation permet aussi une meilleure évaluation des impacts environnementaux de ces choix (notamment pour l’incinération et le stockage en décharge)Ngnikam, E., Zahrani, F., Naquin, P., Djietcheu, B. K. et Gourdon, R. (2012), Évaluation des impacts environnementaux d’un centre de stockage de déchets ménagers en activité sur la base de la caractérisation des flux de matière entrants et sortants : Application au site de Nkolfoulou, Yaoundé, Cameroun, Revue francophone d’écologie industrielle, (61).

Depuis 1990, cette caractérisation se fait en France par la méthode d'analyse des déchets ménagers dite « Modecom »Modecom : MéthOde DE Caractérisation des Ordures Ménagères., qui est norméeMéthode d’abord reprise dans la pour l'échantillonnage, et dans la pour le tri et la classification, puis intégrant un échantillonnage respectant la dans la fosse d'une usine de tri de déchets, ou la s’il est fait dans une benne à ordure ; de manière à obtenir un résultat objectif et indépendant des opérateurs. Source : Morvan B. (2000), Méthode de caractérisation des déchets ménagers : analyse sur produit sec, Déchets, Sciences & Techniques, (20), 9-11. Résumé Inist/CNRS.

En 1990, l'Ademe a lancé un programme de caractérisation des ordures ménagères. L’Agence a pour cela créé un ensemble d’outils normés et standardisés de collecte et de traitement de l'information sur les ordures ménagères, le MODECOMAdeme (1993), Modecom – Méthode de caractérisation des ordures ménagères.. Celui-ci évolue avec les besoins de ses utilisateurs : initialement prévu pour s'appliquer à des ordures ménagères mélangées, il caractérise maintenant des flux séparatifs et dépasse la connaissance de la simple composition des déchets. Il intègre un contrôle de qualité et un outil d’audit d'efficacité des collectes séparatives et de la qualité des flux collectés. Les données et moyens de les acquérir sont fortement standardisés pour pouvoir comparer les chiffres des donnéesNoyon N. (1997), « La caractérisation des ordures ménagères : Le MODECOM, une réponse normative ». Dans General association of municipal hygienists and technicians, 77th Congress, . Résumé Inist-CNRS.

Les travaux faits à l'aide du MODECOM ont montré qu’un gisement important de matières biodégradables et fermentescibles est susceptible d’alimenter des filières de compostage et/ou de méthanisation à partir des déchets des ménages français (54 % des déchets en masse humide vers 2005).

D’autres études peuvent affiner les connaissances en matière de teneurs en produits toxiques ou indésirablesStaub M et Gourc J P (2008), Possibilités de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au stockage de déchets, Déchets, Sciences & Techniques, 52, 8-16) ; divers tests complémentaires permettent de mieux caractériser le déchet : tests de lixiviation, de fractionnement des composés organiques selon le caractère hydrophobe et tests biologiques.

La sélectivité de la collecte modifie le gisement de déchets non-recyclables, dont en augmentant (passage de 15 à 30 % environ) le taux de déchets fins (nettement plus riches en éléments-traces métalliques (ETM) toxiques). Une étude faite à Bordeaux montre qu’une collecte plus sélective entraînera en moyenne une baisse de l’ordre de 33 % du tonnage de « déchets gris » (part restante des déchets ménagers, souvent la plus contaminées en ETMAdeme (1993), La composition des ordures ménagères en France - Données et références.) et de 4 % de leur PCILeymarie-Martin, C., Bajon, F. et De Freitas, J. (2003), Impact de la collecte sélective sur le gisement de déchets non-recyclables, Déchets, Sciences & Techniques, (31), 22-24..

Histoire

En France Définition En France, l'article R. 541-8 du code de l'environnement définit les déchets ménagers comme étant .

Les déchets ménagers sont couramment dénommés « ordures ménagères », mais l'Ademe note que le concept d'ordures ménagères exclut les déchets occasionnels produits par les ménages : encombrants, déchets verts, déchets dangereux, déchets d’équipements électriques et électroniques et ce, quel que soit leur type de collecte.

À noter également que les regroupent les déchets des activités économiques pouvant être collectés avec ceux des ménages sans sujétion technique particulière, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites. Il s’agit des déchets des entreprises (artisans, commerçants, etc.) et des déchets du secteur tertiaire (administrations, hôpitaux, etc.) collectés dans les mêmes conditions que les ordures ménagères.

Par conséquent, les (DMA) sont la somme des déchets ménagers et des déchets assimilés.

Pour être complet, l'Ademe définit le concept d' (OMA) qui sont les déchets ménagers et assimilés qui sont produits par les ménages et par les acteurs économiques dont les déchets sont pris en charge par le service public de collecte des déchets, c'est-à-dire : les : déchets collectés en mélange dans les poubelles ordinaires ; les déchets collectés sélectivement, soit en porte-à-porte, soit en apport volontaire (emballage, déchets fermentescibles, verre, etc.).

Collecte vignette|Un collecteur d'ordures ménagères vidant sa cargaison à Abidjan, en Côte d'Ivoire. thumb|Point de recyclage à l'École polytechnique de Gdańsk. Dans la plupart des pays, la collecte et le traitement sont aujourd'hui organisés par les collectivités territoriales, souvent sous-traités par des entreprises privées ayant répondu à des appels d'offres financés par les revenus de taxes spécifiques calculés selon la quantité/qualité de déchets collectés (ces financements proviennent en France de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) forfaitaire, une redevance spéciale (RS) ou une redevance d'enlèvement des ordures ménagères).

À Paris par exemple la gestion des ordures ménagères, des poubelles de rue, des encombrants est un service public à gestion privée. La Ville de Paris fait en effet appel à des entreprises privées telles que Veolia, Derichebourg ou encore SEPUR. Toutefois la gestion des déchets dans l'ensemble de la région Île-de-France est gérée par le Syctom (Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères), syndicat mixte français d’Île-de-France qui est spécialisé dans le traitement et la valorisation des déchets ménagers. On distingue alors trois types de collecte des déchets à Paris : la collecte en porte-à-porte (ordures ménagères : poubelles vertes, déchets recyclables : poubelles jaunes, verre : poubelles blanches, déchets alimentaires : poubelles marron) la collecte en apport volontaire : vêtements, verre, huiles de vidange, batteries... la collecte sur signalement : les particuliers peuvent demander l’enlèvement gratuit d’encombrants de 3m2 maximum déposés en bas de chez eux après prise de rendez-vous. Autrement il s’agit d’un dépôt sauvage qui peut alors faire l’objet de poursuite judiciaire.

Traitement Le traitement des déchets en France se décline selon plusieurs méthodes que l'on peut identifier sous quatre grandes filières : recyclage (verre, plastiques, papiers, métaux) traitement biologique (compostage, méthanisation). Ainsi la Ville de Paris s’est engagée dès 2010 dans le développement du compostage urbain en mettant en place des dispositifs visant à soutenir les particuliers souhaitant s'engager dans cette voie-là. Afin d’amplifier les pratiques de compostage, la Ville de Paris a adopté en son plan compost parisien 2016-2020. incinération (avec valorisation thermique et/ou mécanique, en cogénération si possible) stockage (maintenant de plus en plus réservé aux seuls déchets ultimesExemple : loi du 13 juillet 1992 limitant le stockage aux déchets ultimes en France.).

Les deux premières voies sont de plus en plus privilégiées, dans le cadre d'une économie circulaire et bas-carbone, par rapport aux deux dernières (plus polluantes et sources de gaspillage). En effet aujourd'hui à Paris et en France plus généralement, les politiques de gestion des déchets se déclinent sous deux principes : la valorisation à travers la récupération des matières et de l’énergie - on distingue alors la « valorisation matière » par recyclage matériaux en nouvelles matières premières ou compostage de matières organiques de la « valorisation énergétique » avec la production d’électricité ou de chauffage urbain grâce notamment à l’incinération - et la proximité induisant le traitement des résidus au plus près de leur lieu de production. Le secteur des déchets s’inscrit dans un projet de « développement urbain durable » mettant l’accent sur l’optimisation de la gestion des ressources et l’importance de responsabiliser les acteurs des espaces urbains face aux externalités qu’ils produisent.

Historiquement la gestion des déchets en France s'est longtemps traduit par la valorisation des matières premières. Cette pratique ancrée permettait aux déchets résiduels ménagers d'être réintroduits dans la production agricole et industrielle.

À la fin du et au début du , on assiste en France à une dissociation nette entre la ville, les espaces industriels et les espaces agricoles : les villes se dotent alors d’incinérateurs suivant la pensée hygiéniste de l’époque avec une volonté de valoriser les résidus sous forme de chauffage urbain. Mais très rapidement l’augmentation croissante du nombre de déchets ainsi que la complexification des déchets posent un problème de coût financier aux collectivités pour les revaloriser : les déchets ménagers sont alors incinérés ou finissent dans des décharges sauvages puis contrôlées dans une logique d’élimination des déchets.

Les années 1970 sont marquées par un contexte de crise pétrolière et une conscience grandissante de la part des autorités françaises de la dépendance énergétique de la France. Ainsi durant ces années des lois sont votées pour favoriser la récupération des matériaux réutilisables dans le processus de gestion des déchets.