vignette|Jean Jaurès, homme politique socialiste, figure de la gauche en France et dans le monde.

En politique, les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d'idéaux progressistes, humanistes et égalitaires, la critique de l'ordre social établi et le souci d'une plus grande justice sociale.. La gauche comprend la social-démocratie, le radicalisme, le socialisme, le communisme et la plupart des courants de l'écologisme et de l'anarchismeJean-Jacques Becker et Gilles Candar écrivent ainsi dans l'avant-propos à leur Histoire des gauches en France (La Découverte, Paris, 2004, ) : ...

Les notions de gauche et de droite en politique (auxquelles s'ajoute celle de centrisme) sont une construction progressive entre la fin du et le début du .

Le terme « gauche » trouve son origine dans la Révolution française, où les députés favorables aux idées républicaines et progressistes prenaient place à gauche de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Ces députés, souvent partisans de l'égalité sociale, des droits des citoyens et d’une transformation radicale de l’ordre ancien, se distinguaient par leur opposition à la monarchie et aux structures de pouvoir traditionnelles.

L'appartenance à la gauche de la cyberdémocratie (partis dits pirates) n'a rien de consensuel ni d'officiel. Le terme est essentiellement associé aux partis et organisations politiques, mais on parle aussi parfois de gauche syndicale ou, plus rarement, de gauche associative..

Origine

vignette|La salle des Menus-Plaisirs, à Versailles, le jour de l'ouverture des États généraux, le . vignette|La salle du Manège pendant la Révolution française.

L'origine de l'utilisation des termes droite et gauche en politique remonte à la Révolution française, bien qu'il faille un certain temps avant que cette division devienne caractéristique de la politique françaiseMichel Winock, La Droite, hier et aujourd’hui, tempus, 2012, .. Le , lors du débat sur le veto royal à la Constituante, les députés opposés à cette mesure se regroupent à gauche du président du bureau (la salle n'avait pas encore la forme d'un hémicycle), tandis que les partisans du veto royal se placent à droiteMichel Winock, La Droite, hier et aujourd’hui, tempus, 2012, .. Un observateur de l'époque note dans ses mémoires que les députés « de droite » se sont ainsi spontanément regroupés pour échapper à l'agitation, à la violence, aux provocations de leurs collègues « de gauche »..

Toutefois, en France, c'est au début de la Troisième République et au lendemain de l'affaire Dreyfus que la distinction prend son sens actuel et devient d'usage courant..

Bien qu'historiquement datées et géographiquement situées, les notions de gauche et droite se répandent progressivement au cours des en Europe puis à travers le monde, pour ensuite structurer la vie politique de la plupart des pays démocratiques de la planète, de manière plus durable dans les pays latins, plus circonstancielle dans les pays germaniques et anglo-saxons.

On notera toutefois que la Convention nationale française a aussi utilisé une autre disposition, même si l'on a continué à parler de « côté gauche » et de « côté droit ». À partir des affrontements d', les « montagnards » choisissent, dans la salle du Manège, les bancs les plus élevés à la droite du président (alors que les « patriotes » de la Constituante et de la Législative se tenaient à sa gauche) — on parle même de Crêtois en l'an III. De leur côté, les Girondins, également qualifiés de « Rolandins », de « Brissotins » ou de faction des « Hommes d'État », se placent sur les bancs à gauche du président. Enfin, le tiers parti du « Marais », également baptisé la « Plaine », occupe les rangs inférieurs (comme les Indépendants de la Législative), entre les deux autres groupes. Cette assemblée quitte ensuite le Manège et s'installe le dans la galerie des Machines du Palais des Tuileries..

Représentation Valeurs Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la gaucheHenri Weber, la Gauche expliquée à mes filles: "La gauche est attachée à toutes les valeurs de la République: liberté, égalité, solidarité, droits de l'homme", Seuil, 2000..http://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2006-4-page-725.htm : égalité, progressisme, insoumission, fraternité, tolérance, solidarité, protection de l'environnement, justice sociale, travail, liberté réelle.

Par opposition, les valeurs suivantes sont généralement associées à la droite : ordre social, conservatisme, autorité, identité nationaleMichel Winock, La Droite, hier et aujourd’hui, Perrin, 2012, ., sécurité, tradition, justice pénale, liberté économique.

Certaines valeurs ont un caractère plus transversal et peuvent se retrouver, selon les cas, à droite comme à gauche. Il s'agit par exemple de la démocratie, de la laïcité ou de la justiceCertains de ces termes étant polysémiques, chaque camp peut utiliser un mot pour désigner des concepts différents : par exemple, la gauche invoque davantage le concept de , qui veut atteindre une plus grande égalité des conditions, alors que la droite se réclame davantage d'une justice pénale, qui punit les criminels de leurs actes. Il n'est par exemple pas rare que la droite attaque la gauche sur sa gestion de la Justice, la considérant comme (voir par exemple : Ciotti (UMP) accuse Taubira de vouloir instaurer une "impunité légale", Le Point).

Progressisme de mœurs

Ainsi, des partis politiques sociaux-démocrates comme le PS en France mettent en avant un libéralisme des mœurs en se réclamant solidaires de causes comme la défense des femmes ou l'extension des droits des , comme ceux de la communauté homosexuelleMichel Winock, La Droite, hier et aujourd’hui, Perrin, 2012, ..

Des idées qui peuvent être contradictoires Pour le sociologue Raymond Aron, la gauche est animée par trois idées différentes qui s'expriment plus ou moins fortement et peuvent entrer en contradiction. :

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Pour cet auteur, la tendance libérale au sens large ou organisationnelle s'exprime le plus, selon les pays et les époques.

Dans Les mystères de la gauche (2014), Jean-Claude Michéa poursuit cette critique de la gauche, qui selon lui, . La gauche étant devenue identique à la droite, cherche à dissimuler cette proximité en mettant en avant les questions . Pour retrouver les classes populaires, la gauche devrait ..

Il est indispensable de , dans l'analyse de la gauche comme la liberté économique et la liberté démocratique dans l'analyse de la droite, sinon la droite et la gauche se mélangent. Il faut aussi différencier . Il y a donc la gauche économique (égalitariste), gouvernementale (démocratie libérale ou gouvernement autoritaire), mais aussi culturelle (libérale ou conservatrice)..

Courants idéologiques de la gauche Socialisme

Définition thumb|upright|Imagerie socialiste (Roumanie, 1895). Un prolétaire, porteur d'un drapeau rouge orné du slogan , fait face à une allégorie de la social-démocratie, qui lui indique les principes des droits politiques et du suffrage universel. L'enfant assis à leurs pieds tient des armoiries portant le titre du Capital de Marx. Dans cette optique, reprise par la tendance léniniste et ses divers héritiers, le socialisme correspond alors à la de la société communiste, la correspondant au communisme intégral, c'est-à-dire à une société fonctionnant théoriquement sans État ni propriété privée ; le socialisme est donc l'organisation sociale de transition entre le capitalisme et le communisme intégralGeorges Labica, Gérard Bensussan (dir), Dictionnaire critique du marxisme, Presses universitaires de France, 1982, pages 816-821. Dans la seconde partie du , les partis socialistes s'éloignent dans leur grande majorité, bien qu'à des degrés et des rythmes inégaux selon les pays, des conceptions marxistes et s'identifient non plus à une suppression de l'économie de marché mais à une réforme de l'intérieur de la démocratie libérale. Bien que demeurant revendiqué par les courants communistes et les diverses formes de , le terme socialiste est principalement associé aujourd’hui à une approche réformiste des problèmes sociaux. Le mot social-démocratie, qui tend désormais à être confondu avec le concept de socialisme démocratique, tend tout particulièrement à être associé à un ensemble de politique réformistes modérées. En 1999, Lionel Jospin, alors chef du gouvernement français, définit le , qu'il désigne du nom de , comme Lionel Jospin, Ma Social-démocratie, texte écrit pour la Fabian Society, reproduit dans Libération, 19 novembre 1999.

Naissance La qualité de socialiste est revendiquée par des courants politiques très divers, incluant aussi bien le centre gauche que l'extrême gauche. Historiquement, le mot , qui désigne, de manière très large, une forme d'organisation de l'économie et de la société, allant dans le sens d'une plus grande justice sociale et d'une réduction des inégalités, fait son apparition dans le vocabulaire politique dans les années 1820, dans le contexte de la révolution industrielle et du phénomène d'urbanisation qui l'accompagne. Le courant de pensée socialiste se développe en réaction à la formation en Europe d'une importante classe ouvrière, aux conditions de vie souvent très difficiles. Cette première époque du socialisme, caractérisée par l'apparition de doctrines cherchant, par des moyens parfois utopiques, à résoudre la question sociale, est appelée a posteriori . Au Royaume-Uni, qui connaît une industrialisation précoce par rapport au reste du continent, le terme de socialisme est tout d'abord associé au courant oweniste, du nom de Robert Owen, chef d'entreprise et écrivain attaché à concevoir un modèle de société égalitaire destiné à améliorer le sort des travailleurs. En France, le saint-simonisme, doctrine inspirée des idées du comte de Saint Simon, est apparenté au courant disparate du socialisme utopique. D'autres écrivains comme Charles Fourier, Pierre Leroux, Étienne Cabet (ce dernier se disant avant tout , c'est-à-dire favorable à une société sans propriété privée), Louis Blanc ou Pierre-Joseph Proudhon, s'emploient chacun à leur manière à réfléchir à des modes d'organisation plus justes et égalitaires de la société. Les Allemands Karl Marx et Friedrich Engels rédigent au début de 1848 le Manifeste du Parti communiste, destiné à exposer la ligne de la Ligue des communistes : l'appellation de tend dès lors à être revendiquée par les courants les plus radicaux du socialisme. C'est également à partir de 1848, dans le contexte du , que le socialisme fait réellement son apparition au premier plan de la scène politique, différents théoriciens et militants socialistes profitant des bouleversements politiques pour faire mieux connaître leurs théories du grand public, ou participant activement aux mouvements révolutionnaires de divers pays d'Europe continentale. C'est à cette même époque qu'apparaît le mot social-démocrate, qui désigne alors ceux qui associent dans leurs revendications la démocratie politique – soit l'instauration du suffrage universel – et la justice sociale.

Expansion internationale

En Allemagne, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), au sein duquel l'influence du marxisme est très prégnante, s'adosse à un important mouvement syndical pour incarner une véritable : la social-démocratie, nom utilisé dans divers pays européens pour désigner le socialisme au sens d'organisation politique, se définit alors comme une alliance étroite entre parti et syndicat.

En Suède, l'influence marxiste demeure lettre morte au sein du Parti social-démocrate suédois des travailleurs.

Scission au thumb|upright|left|Discours de Jaurès au Pré-Saint-Gervais (25 mai 1913)