Le boulevard Washington est une voie publique de la commune de Suresnes, dans le département français des Hauts-de-Seine.
Situation et accès Orienté du nord au sud, il commence son tracé dans l'axe de la rue Paul-Vaillant-Couturier, à Nanterre. Il se termine au carrefour de la rue Cluseret, de l'avenue des Landes, de l'avenue de la Fontaine-du-Tertre, dans le prolongement du boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny.
Le boulevard Washington est desservi par la gare de Suresnes-Mont-Valérien, sur la ligne L du Transilien (réseau Paris-Saint-Lazare) et la ligne U (La Défense - La Verrière).
Origine du nom Cette voie, qui portait depuis le milieu du XIX siècle le nom de « route stratégique », est renommée en 1917 en l'honneur de George Washington (1732-1799), premier président des États-Unis d'Amérique, lors de l'aménagement du cimetière américain de Suresnes sur ses hauteurs, où sont enterrés plus de 1500 soldats de la Première Guerre mondiale.Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968, p. 49..
Historique vignette|gauche|Ancienne photo, à l'époque de la « route stratégique ». vignette|gauche|Idem. vignette|gauche|Au croisement avec la rue du Mont-Valérien (actuellement avenue Franklin-Roosevelt). Au , une partie du tracé de l'actuelle voie constitue la limite occidentale du vaste domaine du « clos des Seigneurs », également borné, dans le sens des aiguilles d'une montre, par la rue du Fécheray, l'avenue Franklin-Roosevelt, la rue Merlin-de-Thionville, la rue Desbassayns-de-Richemont et la rue du Calvaire, et qui appartient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Sa production viticole est réservée à l'aristocratie et aux prélats importants. Vendu comme bien national à la Révolution, le site est loti au XIX siècleRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 113-117 et 554.Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989, p. 47.Michel Hebert et Guy Noël, Suresnes, t. 1, Éditions Alan Sutton, , 1995, p. 38.. Un peu plus au nord, parallèlement, entre le boulevard (limite ouest), la rue de la Gauchère, la rue Carnot et l'avenue Franklin-Roosevelt, se trouvait le clos Cottin, puis « clos des Ermites », où les religieux du mont Valérien cultivaient un potager et des arbres fruitiers ; ils l'acquièrent en 1788 mais le site est aussi déclaré bien national à la Révolution. La rue voisine du Clos-des-Ermites conserve le souvenir de cette propriété éphémèreRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 246-247..
Le boulevard est situé sur le plateau sud de Suresnes, entre l'actuelle cité-jardin et la forteresse, surplombant par ailleurs l'ancien village de Suresnes (actuel centre-ville). Jusqu'au milieu du XX siècle, le quartier le bordant est l'un des derniers territoires agricoles de la commune, comme en témoigne encore le nom de ses rues (des Bons-Raisins, des Vignes, etc.). On y trouvait aussi le château des Landes, détruit en 1870, des carrières et des tuileriesMichel Hebert et Guy Noël, Suresnes, t. 1, Éditions Alan Sutton, , 1995, p. 63..
La forteresse du Mont-Valérien est construite dans les années 1840. Une route stratégique aménagée en contrebas le relie aux autres forts qui entourent ParisMichel Hebert et Guy Noël, Suresnes, t. 1, Éditions Alan Sutton, , 1995, p. 13... Cette route stratégique est renommée boulevard Washington en 1917.
En 1939, le maire SFIO de Suresnes Henri Sellier renomme une partie de la rue du Mont-Valérien « avenue Franklin-Roosevelt », autre président américain, en fonction à l'époque, la voie aboutissant boulevard Washington. Durant sa mandature, parmi d'autres projets, l'élargissement du boulevard est envisagé mais la Seconde Guerre mondiale interrompt les travaux engagésRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 545-547..
En , au début de l'Occupation, les gardes du bois de Boulogne, forcés de quitter leur logement, sont installés de façon provisoire quai Gallieni et au 61 du boulevardRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 581..
Après-guerre, sa partie méridionale, qui allait jusqu'au carrefour de la Croix-du-Roy., est scindée en deux parties, qui sont renommées « rue du Docteur-Marc-Bombiger » et « boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny »Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968, p. 33..
En 2024, une piste cyclable est aménagée sur le boulevard Washington« La rue est à tous : bonnes pratiques pour les cyclistes », suresnes.fr, consulté le 25 mai 2024..
Le , dans le cadre des JO, la flamme olympique traverse le boulevard grâce à plusieurs relayeurs, depuis la forteresse jusqu'au mémorial du Mont-Valérien« Le passage de la flamme à Suresnes », suresnes.fr, consulté le 20 juillet 2024.« Relais de la flamme olympique à Suresnes », suresnes.fr, consulté le 26 juillet 2024..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|La terrasse du Fécheray. vignette|La table d'orientation. Proche du carrefour avec la rue du Calvaire, se trouvait la fontaine du Tertre, aussi connue sous le nom de fontaine sainte-Geneviève, que la tradition fait remonter au Moyen ÂgeÉtymologie du nom du Mont Valérien par Alain DubranaRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 32-33.. Une avenue éponyme perpétue son nom. Cimetière américain de Suresnes, aménagé en 1917 et inauguré en 1919« Cimetière militaire américain », tourisme92.com, consulté le 12 novembre 2019.. Terrasse du Fécheray. Jusqu'au XIX siècle, sous l'orthographe « Feucheret », le site accueillait des fours à plâtre, lequel aurait été utilisé pour la construction des châteaux de Versailles et de BagatelleRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 15.. Offrant un large panorama sur le bas de Suresnes, le bois de Boulogne, Paris et La Défense, l'actuelle terrasse est une promenade bordée d'arbres aménagée en 1935 par le conseil général de la Seine, sur une zone non ædificandi du fort du Mont-Valérien déclassée la décennie précédenteRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 544-545.. Des manifestations culturelles et des festivités y sont régulièrement organisées, par exemple en 1938 un feu de la Saint-JeanRené Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 571. et au début du XXI siècle le rassemblement de voitures anciennes Suresnes Auto-Rétro« Suresnes Auto-Rétro », suresnes.fr, consulté le 10 septembre 2024.. Dans les années 1960, à l'intersection avec l'avenue Franklin-Roosevelt, est installée une table d'orientation qui propose un panorama sur La DéfenseFrancis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989, p. 182-187..
Au cinéma Dans le film Le Tatoué (1968), une scène est tournée au niveau du boulevard, la voiture de Jean Gabin arrivant de l'avenue Franklin-Roosevelt, avec la tour Eiffel en arrière-plan« Suresnes (92) - Lieu de tournage du "Tatoué" (Denys de La Patellière, 1967) », autourdelouisdefunes.fr, consulté le 28 juillet 2022..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Octave Seron, Suresnes d'autrefois et d'aujourd'hui, Le Livre d'histoire (rééd. 2000), 1926. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965. Suresnes, ses lieux dits et ses rues vous parlent, Société historique de Suresnes, 1968. Francis Prévost, Histoires de Suresnes, Suresnes Information, 1989. . .
Articles connexes Histoire de Suresnes
Liens externes
Site officiel de la ville de Suresnes
Washington Catégorie:Mont Valérien