Le gouvernement Sánchez () est le gouvernement du royaume d'Espagne entre le et le , sous la des Cortes Generales.

Il est dirigé par le socialiste Pedro Sánchez et formé après les élections générales anticipées du 10 novembre 2019. Il se compose de 22 ministres, dont quatre portent initialement le titre de vice-président du gouvernement, ce qui en fait le deuxième plus important après le gouvernement Suárez III, formé en 1979. Au total, 34 personnes y siègent au cours de son mandat.

Minoritaire aux Cortes Generales, il est constitué d'une coalition entre le Parti socialiste et l'alliance de partis Unidas Podemos. Cela constitue la première expérience de gouvernement de coalition depuis la fin de la . Il bénéficie du soutien sans participation de plusieurs partis nationalistes périphériques et indépendantistes catalans. Il fait l'objet de cinq ajustements et remaniements, dont un d'ampleur le qui établit le record de présence féminine au sein d'un exécutif espagnol. Il est soumis à deux motions de censure, en puis , qui sont rejetées par le Congrès.

En raison de la pandémie de Covid-19, le gouvernement proclame deux fois l'état d'alerte en , dont un entraîne le confinement général de la population. Les deux seront rétroactivement annulés en par le Tribunal constitutionnel.

Il succède au gouvernement Sánchez I, qui assumait la gestion des affaires courantes depuis les élections générales anticipées du 28 avril 2019, qui n'avaient pas permis de forger une majorité parlementaire. Après les élections générales anticipées du 23 juillet 2023, il cède le pouvoir au gouvernement Sánchez III.

Historique du mandat Dirigé par le président du gouvernement socialiste sortant Pedro Sánchez, ce gouvernement est constitué d'une coalition de centre gauche entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) et l'alliance Unidas Podemos (UP). Ensemble, ils disposent initialement de sur 350, soit 44,3 % des sièges du Congrès des députés, et sur 265, soit 44,5 % des sièges du Sénat.

Il est formé à la suite des élections générales anticipées du 10 novembre 2019.

Il succède donc au gouvernement Sánchez , constitué uniquement du PSOE et du PSC, bénéficiant du soutien sans participation d'UP et chargé de l'expédition des affaires courantes depuis les élections anticipées du 28 avril 2019.

Contexte vignette|Pedro Sánchez échoue en à obtenir l'investiture du Congrès des députés. Cinq jours après une manifestation contre l'indépendantisme catalan et après que le Congrès des députés a refusé d'examiner le projet de loi de finances, Pedro Sánchez annonce le que le Conseil des ministres a dissous les Cortes Generales et convoque des élections générales anticipées le ..

À l'issue du scrutin, le Parti socialiste redevient la première force politique en Espagne, pour la première fois en onze ans, mais sans majorité absolue, ce qui le rend dépendant d'Unidas Podemos, ainsi que du Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) et des indépendantistes catalans de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).. Le roi propose ensuite Pedro Sánchez comme candidat à l'investiture du Congrès., mais faute d'accord de coalition avec Unidas Podemos, il échoue lors des votes des et à remporter la confiance des parlementaires...

Aucune majorité ne s'étant dégagée par la suite., le Parlement est à nouveau dissous le , et de nouvelles élections générales sont alors convoquées pour le ..

Au cours de ce second scrutin, le Parti socialiste enregistre un léger recul mais arrive de nouveau en tête. Dans l'ensemble, la répartition des forces au sein de l'hémicycle reste la même, ce qui confirme la nécessité pour Pedro Sánchez de passer des accords avec Unidas Podemos et les partis régionalistes et indépendantistes..

Négociations parlementaires Coalition avec Unidas Podemos vignette|L'accolade entre Pedro Sánchez et Pablo Iglesias après l'annonce de leur future coalition. Le , Pedro Sánchez et le secrétaire général de Podemos Pablo Iglesias signent un accord de principe pour former ensemble une coalition, basée sur dix points essentiels comme la création d'emploi, le soutien aux petites entreprises, la lutte contre la corruption, la fraude fiscale, la précarité énergétique, ou encore la nécessité de résoudre la situation de crise en Catalogne. Cette entente prévoit la participation d'Unidas Podemos au Conseil des ministres, formule de coopération que Sánchez avait pourtant refusé après les élections d'avril.. Il s'agit du premier cabinet de coalition depuis la fin de la ..

Le , Sánchez et Iglesias signent publiquement leur accord de coalition, constitué d'un document de négocié pendant sept semaines entre les deux partis et qui prévoit des hausses d'impôts pour les plus aisés, des réformes sociales comme la hausse du salaire minimum ou la hausse des retraites suivant l'inflation, et des mesures sociétales à l'image de la légalisation de l'euthanasie...

Accord avec les partis territoriaux et minoritaires Le PSOE et le Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) présentent le l'accord auquel ils sont parvenus et qui prévoit notamment de nouveaux transferts de compétences au Pays basque, à la Navarre, et une coordination en matière de politique fiscale. Cette entente garantit à Pedro Sánchez six votes favorables supplémentaires lors de la session d'investiture dont la date reste encore à fixer, soit confirmés.. Le soir même, le chef de file et porte-parlementaire de Más País Íñigo Errejón annonce que ses deux députés soutiendront l'investiture de Sánchez, après avoir pris connaissance de l'accord de coalition, dont il regrette cependant le manque de précision ou d'ambition sur certains points..

Après s'être engagé à réformer sous huit mois les règles de financement des budgets des communautés autonomes, Sánchez reçoit le le soutien de Compromís et son unique parlementaire.. Le même jour, le conseil national de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) adopte à 96,6 % des voix l'accord négocié avec les socialistes, qui prévoit notamment la création d'une commission de négociation entre les gouvernements de l'État et de la Généralité dans les qui suivront l'assermentation du nouveau cabinet espagnol, ainsi que la possibilité de ratifier les décisions adoptées par cette instance par référendum si cela suppose une modification du statut d'autonomie ou de la Constitution. La décision d'ERC entraîne l'abstention de ses au Congrès lors du vote d'investiture..

En réaction, le Parti régionaliste de Cantabrie (PRC) choisit de s'opposer à la réélection de Sánchez alors que tous deux avaient signé en un accord d'investiture toujours en vigueur, arguant que .. Le PSOE indique peu après l'annonce du PRC qu'il s'est assuré le soutien de Nouvelles Canaries (NCa) et Teruel Existe (TE), ce qui permet à la candidature de Sánchez de compter avec l'appui de et le refus de 164 autres..

Le lendemain, les militants d'Euskal Herria Bildu (EH Bildu) approuvent à plus de 80 % l'abstention de leurs cinq députés., avant que le Bloc nationaliste galicien (BNG) signe avec le Parti socialiste un accord d'investiture prévoyant le vote de son unique élu en faveur du candidat à l'investiture, garantissant favorables à ce dernier.. Lors du premier jour du débat parlementaire, le , la députée de la Coalition canarienne (CCa) Ana Oramas annonce qu'elle s'opposera à l'investiture de Sánchez, une décision contestée par son parti qui lui avait commandé la veille de s'abstenir. Cela porte à 165 le nombre d'oppositions au candidat..

Investiture vignette|En , Pedro Sánchez se soumet avec succès au vote d'investiture du Congrès des députés. Lors du premier vote d'investiture le , Pedro Sánchez reçoit favorables, et , une députée de Unidas Podemos étant absente pour raisons médicales. Ce résultat ne lui permet pas d'être réélu à son poste, la majorité requise étant de , et conduit à la convocation automatique d'un nouveau vote plus tard, où la majorité simple suffit.. L'assermentation de Sánchez semble alors prévue pour le , celle de ses ministres pour le lendemain, et le premier Conseil des ministres se tiendrait le 10..

Lors du second vote le , Sánchez obtient la confiance du Congrès par pour, et , ce qui met un terme à neuf mois de gestion des affaires courantes. Il s'agit de l'investiture la plus serrée depuis l'entrée en vigueur de la Constitution et la troisième obtenue à la majorité relative.. Peu après la proclamation du résultat, le président du gouvernement fait savoir que la composition de son équipe ne sera pas dévoilée avant la semaine suivante..

Formation vignette|Le gouvernement Sánchez II, en . Au matin du , la présidence du gouvernement confirme que Unidas Podemos disposera de cinq membres au sein du Conseil des ministres, dont un poste de vice-président délégué aux Droits sociaux confié à Pablo Iglesias. Irene Montero sera ministre de l'Égalité, Yolanda Díaz ministre du Travail, Manuel Castells ministre de l'Enseignement supérieur, et Alberto Garzón ministre de la Consommation.. Il est parallèlement annoncé que Carmen Calvo est reconduite comme vice-présidente et ministre de la Présidence, avec les compétences sur la mémoire démocratique, et que la ministre de l'Économie Nadia Calviño et la ministre de la Transition écologique Teresa Ribera sont promues vice-présidentes, obtenant respectivement des compétences en matière de transition numérique et de lutte contre la désertification rurale.. La ministre des Finances María Jesús Montero est elle est choisie comme porte-parole du gouvernement, réunissant ces deux fonctions pour la première fois en Espagne et pour la deuxième fois en Europe après Alain Juppé à la fin des années 1980 en France..

Il précise ensuite qu'il présentera la liste de ses ministres au roi puis à la presse le , afin que le nouveau gouvernement prenne ses fonctions et prête serment le lendemain et que le premier Conseil des ministres se tienne le ..

Une nouvelle série de nominations est avancée le . Un ministère de la Sécurité sociale, de l'Inclusion et des Migrations sera mis en place pour prendre les compétences séparées du ministère du Travail et revient à l'économiste José Luis Escrivá, président de l'Autorité indépendante de responsabilité fiscale (AIReF) depuis la création de cette institution en 2014. ; l'économiste Arancha González, directrice du Centre du commerce international (CCI) et ancienne cadre de l'OMC, est pour sa part choisie comme ministre des Affaires étrangères. ; pour diriger le ministère de la Santé à la place de María Luisa Carcedo, Sánchez fait appel à Salvador Illa, secrétaire à l'Organisation du Parti des socialistes de Catalogne. ; enfin le ministre de l'Équipement José Luis Ábalos est reconduit, avec le titre , tout comme le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska...

Le lendemain, la conseillère à l'Économie du gouvernement des Canaries Carolina Darias, ancienne présidente du Parlement canarien, est choisie pour diriger le ministère de la Politique territoriale et de la Fonction publique, occupé par intérim par Luis Planas depuis l'élection de Meritxell Batet à la présidence du Congrès., puis le porte-parole adjoint du PSOE à l'Assemblée de Madrid et philosophe José Manuel Rodríguez Uribes, ancien délégué du gouvernement dans la Communauté de Madrid, est désigné ministre de la Culture pour succéder à José Guirao., et enfin le juge et député de Cadix Juan Carlos Campo est proposé pour le poste de ministre de la Justice à la place de Dolores Delgado..