La famille Despine, que l'on trouve également écrit sous les formes d'Espine, de Lepine, de Lespine, de l'Espine, est une ancienne famille savoyarde de notables, originaire des Bauges, dont la filiation est prouvée depuis le .
La branche subsistante de la famille Despine en Savoie a relevé un titre de baron, par adoption autorisée en 1841, à la suite de l'anoblissement en 1782 de l'un de ses membres, mort sans descendance. Une autre branche s'est installée à Genève, où elle est reçue à la bourgeoisie, en 1792. On retrouve des rameaux en Piémont, en France, notamment à Saint-Malo et jusqu'aux Antilles. Des membres de cette famille ont occupé des charges de notaires et de châtelains au service de la Maison de Savoie, puis au cours des siècles suivants (notamment les et siècles) un conseiller du roi, un secrétaire du roi et plénipotentiaire à La Haye, des diplomates, des négociants, des militaires, des hauts fonctionnaires, ou des médecins, dont certains ont été directeurs des thermes d'Aix.
Histoire Origines Amédée de Foras, dans son Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie (1878), rappelle que l'on trouve dans la documentation médiévale plusieurs personnalités portant le nom de Spina, en Tarentaise, au cours des et siècles (lire en ligne).. Dans son Répertoire numérique détaillé du fonds Garbillon-Despine (1981), l'archiviste-documentaliste aux Archives départementales de la Haute-Savoie, Robert Gabion souligne que ce patronyme est attesté en Savoie dès le début du .. En effet, un moine de l'abbaye d'Hautecombe, en 1190, d'après les travaux du savoyard Joseph-Antoine Besson, est mentionné d'après notamment Jacques Augustin Galiffe (1776-1853), historien et généalogiste suisse, dans son septième volume de ses Notices généalogiques sur les familles genevoises (1895).. Un Guillaume Despine apparaît également dans la documentation au siècle suivant comme châtelain de Beaufort (v. 1398). Selon les travaux de l'historien Bernard Ducretet, le de Spina mentionné comme châtelain en 1395, 1398, 1402 était en réalité un lieutenant, c'est-à-dire chargé par le châtelain de la gestion. Le comte de Foras considère qu'il s'agit de personnalités ayant appartenu à une famille noble tarine dont les liens avec les Despines des Bauges , tandis que l'abbé Laurent Morand (1889), spécialiste de la région des Bauges, dans l'un des volumes qu'il consacre à cette région, indique (lire en ligne).
Le nom de famille Despines se retrouve dans les différentes sources médiévales et modernes sous les formes Despine, d'Espine, de Lespine, de l'Espine. L'abbé Morand considère que L'archiviste-documentaliste Robert Gabion indique quant à lui que le et qu'il a dérivé sous la forme Despine en Savoie et D'Espine selon la forme « française » et suisse.
Cette famille est dite originaire des Bauges. Toutefois, les fonds des Archives départementales de la Haute-Savoie permettraient d'avancer une origine dans les environs des Échelles, dans l'Avant-pays savoyard..
Le fonds d'archives dédié à la famille Despine aux archives départementales de la Haute-Savoie comprend des documents depuis 1345. Un Guillaume Despine est mentionné comme notaire pour le compte du châtelain du Châtelard, Gaspard de Montmayeur (v. 1357).. L'abbé Morand donne, pour sa part, une liste d'individus trouvée dans les différents documents qu'il a pu consulter, portant ce nom de famille depuis l'année 1357 jusqu'au milieu du , il précise cependant On trouve, par exemple, noble Antermet de Spina (Antermet de L'Épine), donné comme châtelain de Chambéry (?), et mentionné comme receveur de la châtellenie des Bauges vers 1445-1446. Il est nommé, par la suite, châtelain de Tarentaise, pour les années 1447 à 1451.
L'abbé Laurent Morand ne présente une filiation prouvée de cette famille qu'à partir du début du . De même, le comte de Foras fait débuter sa proposition de généalogie qu'avec Guillaume d'Espine, notaire ducal au Châtelard, en 1515. Pour Jacques Augustin Galiffe, la filiation débute avec le notaire et châtelain, Claude-Guillaume († 1641). Gustave Chaix d'Est-Ange, dans son Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du (1914), s'appuie principalement sur les trois auteurs précédents pour sa notice (lire en ligne).. Enfin, Robert Gabion (1981) indique que .
Les Despines en Bauges Les Despines appartiennent à la petite notabilité du Châtelard ( lire en ligne). Robert Gabion présente ainsi cette famille Plusieurs rameaux, d'une branche cadette, font souches à Chambéry, puis à Annecy, à Saint-Malo, puis à Genève (Suisse)..
Morand avance que Guillaume d'Espine pourrait être qu'il mentionne en préambule (lire en ligne).. C'est par ce même Guillaume, qu'Amédée de Foras fait débuter sa filiation. Les deux auteurs indiquent qu'il aurait eu pour fils Guillaume dit aussi Claude-Guillaume (lire en ligne).. Claude-Guillaume d'Espine ou Despine (1582-1641) est ainsi mentionné en 1602 lors de la signature de son contrat de mariage avec Clauda Bugnet, mentionnée dans un document comme . Ce titre fait penser que Claude-Guillaume d'Espine a pu remplir le rôle de châtelain dans la région. Ils ont quatre enfants dont deux fils, Jean-Claude et Claude, également notaires ducaux. Les deux filles épousent des fils de la famille noble de Cerise, une famille qui est mentionnée en Bauges vers la fin du ..
Jean-Claude d'Espine († 1638) est à l'origine de la branche aînée qui disparait au cours du siècle suivant, . Parmi les descendants de cette branche aînée, le petit-fils, Claude d'Espine († 1688), . Le frère cadet de Jean-Claude d'Espine, Claude d'Espine ou Despine (1609-1684), est à l'origine de la branche cadette qui se poursuit (lire en ligne).. Les premiers membres de ce rameau sont implantés en Bauges, mais très vite on retrouve leurs descendants installés sur les contreforts des Bauges, Chambéry, Annecy et Aix, puis au-delà .
Claude d'Espine ou Despine (1609-1684), chef de cette seconde branche, est notaire ducal à La Motte (lire en ligne). (1642-1684). Il épouse Françoise Catton en 1641. Leur fils aîné, Claude-Maurice (1643-1679), lui succède en devenant le chef de la branche ainsi qu'en étant (1670-1679). Il épouse Marie-Thérèse Rollin avec qui il a deux fils dont Jean-Baptiste (I) Despine (v. 1674-1732). Ce dernier, après des études de droit (Docteur en droit), est auprès du duc de Savoie, puis roi de Sicile, puis de Sardaigne, Victor-Amédée II, . À sa mort, la qualité de chef de famille de la branche cadette passe à la lignée du frère de son père, François dit le Cadet (lire en ligne). (1657-1714). Ce dernier, notaire ducal à La Motte, épouse Bonaventure Rollin avec qui il a six filles et huit fils.. L'aîné, Claude-François (1680-1751), devient le chef de la branche (voir section « Implantation en Savoie »), les cadets Sylvestre (né en 1696) et Pierre (né en 1698) s'installent à Saint-Malo (voir section « De Saint-Malo à la Suisse »).
La famille possédait une maison dite Despine au Châtelard, . (Rue Henri-Bouvier). Elle sert successivement de caserne de gendarmerie pendant la période révolutionnaire, puis à partir de 1845 elle accueille une école. La maison est achetée par la commune en 1863.
Implantation en Savoie (Chambéry, Annecy, Aix) Claude-François d'Espine, fils de François le cadet, est notaire à La Motte (1701-1751), avant d'être nommé, en raison de ses qualités, bourgeois de Chambéry, le (lire en ligne).. Peu de temps après, il épouse Jeanne Charrost de La Chavanne († 1776), fille de Spectable Humbert Charrost, issu d'une famille de robe anoblie par leurs charges en 1727 (lire en ligne).. Ils ont deux filles et neuf fils, dont Jean-Baptiste., Joseph.
Jean-Baptiste Despine ou d'Espine, dit II (1724-1794) devient avocat, puis il entame une carrière à Turin où il est nommé sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères, en 1749, secrétaire d'État, en 1772, puis conseiller du roi Victor-Amédée III, en 1780. Il est devenu le chef de famille. Deux ans plus tard, il est nommé résident de Sardaigne auprès de la République de Genève, le . Le roi lui accorde, par lettres patentes du , .. Célibataire et sans enfant, il adopte le , son neveu Charles-Humbert-Antoine Despine, fils de son frère cadet Joseph Despine, et en fait son , par autorisation du roi Charles-Albert de Sardaigne. Cette autorisation a lieu par patentes royales du ..
vignette|gauche|Maison Monnet au (anciennement Despine)., située à l'angle du passage de la cathédrale et de la rue de l'Évêché, à Annecy, habitée par Joseph Despine et son épouse. Jean-Baptiste II Despine avait présenté, en 1769, son frère cadet, Joseph, docteur en médecine, au roi. Victor-Amédée III en fait son médecin personnel. Joseph Despine, s'installe à Annecy (vers 1770), et épouse en 1773 (1777 ?) Anne-Constance Burdin, fille d'un notable annécien qui lui apporte une dot conséquente et lui ouvre la haute-société locale.. Joseph Despine est reçu bourgeois de la ville en 1790. L'abbé Morand souligne ainsi Joseph Despine est reçu à l'Académie des sciences de Turin (1783) et vaccine la famille royale. En 1787, il est nommé à la , en Savoie. Pendant près d'un siècle, les Despine sont à la tête de l'établissement, avec notamment Charles-Humbert-Antoine Despine (1777-1852) qui succède à son père en 1830, puis Constant Despine (1807-1873), fils d'Antoine.
vignette|droite|Maison Despine (édifiée entre 1816 et 1820), place Maurice-Mollard à Aix-les-Bains.. La famille de Joseph Despine est nombreuse puisque le couple a neuf filles et six fils. La plupart des filles, souligne Morand, meurent dans leur jeune âge (lire en ligne).. Après son adoption, Charles-Humbert-Antoine Despine devient le chef de famille. Ses frères sont à l'origine de plusieurs rameaux à Chavanod, à Marseille et en Guadeloupe. Son cadet, Jean-Baptiste Humbert Despine (1789-1818), devient avocat et s'installe en Guadeloupe, où il allait obtenir une habitation-sucrerie de Ferrayre, dite de l'Espérance.. Il meurt cependant avant la passation. Charles-Marie-Joseph Despine (1792-1859) devient inspecteur général des mines ainsi que député de la Savoie au Parlement sarde (1848-1856). Il est à l'origine du rameau dit de Chavanod, dans la banlieue annécienne. Morand indique qu'. Louis-Félix Despine (1782-1858) et Joseph-Louis-Félix dit François (1791-....), le benjamin, s'installent à Marseille où ils ouvrent une maison de commerce.. Louis-Félix Despine épouse Marianne de Passier, dont il a quatre filles et un fils, Prosper (1812-1892), médecin, sans postérité. Les affaires ne sont pas bonnes et les deux frères ne peuvent pas payer leurs créanciers. Afin d'éviter le discrédit sur la famille les frères solvables, notamment Antoine Despine, interviennent pour renflouer l'affaire. François Despine émigre à son tour aux Antilles.
Les affaires en Guadeloupe ne sont pas plus florissantes et les difficultés s'accumulent également. L'héritage oppose, dans un procès, l'aîné des frères, Antoine Despine, avec un cadet, entre 1824 et 1832.
De Saint-Malo à la Suisse Au début du , deux frères, Sylvestre et Pierre d'Espine, fils de François dit le Cadet, s'installent à Saint-Malo., après avoir voulu partir en Indes. Deux des cinq fils de Pierre, Jean-Baptiste-François (1725-1798) et Noël (v. 1750-…) sont à l'origine des rameaux suivants partis s'installer en Suisse, à Genève.