Robert Gordon Orr, dit Bobby Orr, né le à Parry Sound en Ontario au Canada, est un joueur professionnel canadien de hockey sur glace, membre du temple de la renommée du hockey.
Il commence à patiner à l'âge de quatre ans et est découvert par les Bruins de Boston de la Ligue nationale de hockey à l'âge de 12 ans. Il commence sa carrière à Boston en 1966 et revitalise l'équipe. Il est le seul joueur à avoir gagné le trophée James-Norris du meilleur défenseur de la LNH à huit reprises, qui plus est consécutivement (de 1968 à 1975). Bobby Orr a révolutionné la position de défenseur en transformant un rôle traditionnellement défensif en rôle également offensif, remportant le trophée Art-Ross du meilleur pointeur de la ligue à deux reprises en 1969-1970 et 1974-1975 ; il est l'unique défenseur à avoir remporté ce trophée.
En 1976, il rejoint les Blackhawks de Chicago avec lesquels il joue jusqu'en 1979, année où il se retire définitivement, l'état de ses genoux écourtant sa carrière. Il est intronisé au temple de la renommée du hockey la même année.
Biographie Son enfance La famille Orr est originaire de Parry Sound, une petite ville à l'Est de la baie Georgienne en Ontario au Canada ; Bobby est le petit-fils de Robert Orr, un joueur professionnel de football originaire de Ballymena en Irlande qui rejoint Parry Sound au début du . Le père de Bobby Orr, Doug Orr, joue au hockey sur glace mais rejette une offre des Seagulls d'Atlantic City en 1942 et préfère s'engager dans la Marine royale canadienne lors de la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il retourne vivre dans la ville de Parry Sound auprès de sa femme, Arva Steele, et travaille dans la . Le couple Orr a cinq enfants : Patricia, Ronnie, Robert, Penny et Doug junior. Bobby est né le à l’hôpital St. Joseph's Hospital.
Bobby Orr joue pour la première fois dans une équipe de hockey sur glace en 1953 alors qu'il n'a que cinq ans, un an après avoir eu sa première paire de patins. Malgré sa petite taille et son gabarit fragile, il se démarque par sa vitesse de patinage que ce soit lors des entraînements ou des matchs. Bobby Orr joue sur les ailes de son équipe jusqu'à ce que son entraîneur Wilfred McDonald, un ancien joueur de la LNH, décide de le faire jouer en défense alors qu'il a dix ans ; McDonald encourage Orr à utiliser sa vitesse et sa maîtrise de la crosse pour inscrire des buts en contre-attaque.
Au cours du printemps 1961, Orr participe à un tournoi dans la ville de Gananoque. À cette occasion, Wren Blair, membre des Bruins de Boston remarque pour la première fois le jeune joueur qu'il décrit alors comme une combinaison de Doug Harvey et d'Eddie Shore. Les Bruins décident rapidement de faire signer Orr et Blair rend régulièrement visite à la famille. Quelques mois après le tournoi, l'équipe des Bruins sponsorise l'équipe d'Orr en lui donnant la somme de . Même si d'autres équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont des vues sur le joueur de l'Ontario, Bobby Orr signe un contrat d'exclusivité avec les Bruins en 1962. Ce dernier explique alors qu'il décide de rejoindre les Bruins car ils sont l'équipe du futur.
Sa carrière junior À cette époque, les Bruins possèdent déjà une équipe junior, les Flyers de Niagara Falls, mais Blair arrive à un arrangement avec les dirigeants de l'équipe pour prendre 51 % des parts dans une nouvelle équipe, les Generals d'Oshawa. Orr rejoint les rangs des Generals tout en continuant ses études dans sa ville natale. Il manque ainsi les entraînements des Generals et rejoint son équipe chaque fin de semaine ; en signant un contrat avec les Bruins, Orr reçoit un bonus de ainsi qu'une nouvelle voiture.
Orr fait ainsi ses débuts dans la lors de la saison 1962-1963 ; il n'a que quatorze ans et joue contre des joueurs de dix-huit, dix-neuf et vingt ans. En 34 rencontres, il inscrit 6 buts et 15 aides pour 21 points. Lors de la saison suivante, la ligue des Generals cesse ses activités et ils rejoignent l'Association de hockey de l'Ontario (AHO) ; dans le même temps, Orr quitte sa ville natale et s'inscrit dans la . Avec 29 buts, il décroche un record de buts pour un défenseur dans la ligue et il est nommé dans la première équipe d'étoiles de l'association.
Lors de sa quatrième saison junior, Orr compte 38 buts pour améliorer encore le record de l'AHO et il totalise également 94 points, pour une moyenne de deux points par match. Les Generals terminent la saison à la quatrième place du championnat puis passent tous les tours des séries éliminatoires de l'AHO pour remporter la Coupe J.-Ross-Robertson. L'équipe gagne sa place en finale de la Coupe Memorial 1966 en battant les champions de l'Ontario du nord, les Trappers de North Bay puis les champions du Québec, les Bruins de Shawinigan.
Orr se blesse à l'aine contre Shawinigan mais, afin d'attirer plus de monde pour la finale qui se joue dans le Maple Leaf Gardens, son équipe affirme qu'il s'agit de la dernière opportunité pour le public de voir jouer la jeune vedette dans les rangs juniors. Dans le même temps, les dirigeants de la franchise de Boston demandent à ce qu'Orr ne joue pas la finale afin qu'il n'aggrave pas sa blessure. Cependant, les parents du joueur ainsi que Blair défient la franchise des Bruins et Orr joue la finale qui est finalement perdue en six matchs contre les Oil Kings d'Edmonton. L'entraîneur de l'équipe, Bep Guidolin, est licencié pour avoir fait jouer Orr alors que Blair quitte les Bruins pour rejoindre la nouvelle équipe des North Stars du Minnesota.
La signature avec les Bruins En 1963, Doug Orr se rapproche d'Alan Eagleson, un jeune avocat de Toronto qui représente certains joueurs des Maple Leafs de Toronto, afin qu'il prenne en main les affaires du futur joueur des Bruins. Bobby Orr et Eagleson entament alors une relation d'amitié qui dépasse les relations professionnelles. Hap Emms, directeur général des Bruins, fait au cours de l'été 1964 une proposition d'un contrat de pour les deux premières saisons d'Orr dans la LNH mais Eagleson demande le double et il menace les Bruins d'envoyer son joueur jouer avec l'équipe du Canada au lieu de rejoindre les Bruins. Finalement, les deux parties s'entendent sur un salaire de plus un bonus de à la signature.
La signature se fait officiellement sur le bateau personnel d'Emms et Orr devient le joueur le mieux payé de l'histoire de la LNH mais cette signature crée également un précédent dans le monde de la LNH. En effet, à cette époque, les joueurs sont forcés d'accepter les contrats des dirigeants des équipes de la LNH et cette négociation menée par Eagleson ouvre la porte aux agents de joueurs. Il devient par la suite un des dirigeants de la nouvelle Association des joueurs de la LNH.
Les Bruins de Boston Ses débuts dans la LNH (1966-1969) alt=Photographie en noir et blanc de Tim Horton|vignette|Tim Horton, défenseur des Maple Leafs de Toronto dans les années 1960. Orr rejoint donc les Bruins de Boston pour la saison 1966-1967 à l'époque où la LNH ne compte que six équipes, les « six équipes originales ». Orr fait ses débuts dans la LNH le contre les Red Wings de Détroit lors d'une victoire 6-2 et réalise la passe décisive du deuxième but des siens, but inscrit par Wayne Connelly . Quatre jours plus tard, lors du troisième match de la saison, il inscrit le premier but de sa carrière dans la LNH contre les Canadiens de Montréal ; la salle des Bruins, le Boston Garden, lui donne alors une ovation. Au cours de la saison, Orr est défié physiquement par plusieurs adversaires et il se bat alors contre plusieurs bagarreurs de la LNH : Vic Hadfield et Reggie Fleming des Rangers de New York ou encore Ted Harris des Canadiens de Montréal.
À la fin de cette première saison, Orr est mis en avant par l'ensemble de la LNH en recevant le trophée du meilleur joueur recrueLe terme « recrue » désigne un joueur dans sa première saison professionnelle, le terme anglais utilisé est celui de « »., le trophée Calder. Il totalise alors 13 buts et 28 passes, un des meilleurs totaux pour une recrue dans la LNH à l'époque et surtout pour un défenseur. Il est également désigné membre de la deuxième équipe d'étoiles de la LNH. Harry Howell, défenseur des Rangers de New York, se voit remettre le trophée James-Norris du meilleur défenseur de la LNH ; il déclare alors être fier d'avoir remporté le trophée, prédisant aussi qu'Orr allait remporter le trophée pendant plusieurs années. D'un point de vue collectif, les Bruins terminent derniers de la LNH et ne participent pas aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
En 1967, la Ligue nationale de hockey passe de six à douze franchises. Phil Esposito, Fred Stanfield et Ken Hodge rejoignent les rangs des Bruins avant les débuts de la saison 1967-1968. Pour sa deuxième saison, Orr ne joue qu'une cinquantaine de rencontres après s'être blessé lors d'un match de gala à Winnipeg au cours de l'été 1967. En décembre, Frank Mahovlich, joueur des Maple Leafs de Toronto réalise une mise en échec sur Orr, lui luxant la clavicule. Il revient au jeu en janvier, juste à temps pour jouer le Match des étoiles de la LNH au sein de la sélection des meilleurs joueurs de la ligue. En février, il quitte une rencontre contre Détroit après une nouvelle blessure ; il est opéré pour la première fois du genou et les docteurs lui réparent un ligament et lui retirent un cartilage. Malgré une saison tronquée, il termine avec 31 points mais, surtout, il est nommé meilleur défenseur de la ligue et reçoit le trophée James-Norris. Il est également nommé dans la première équipe d'étoiles de la LNH aux côtés de Gump Worsley, dans les buts, Tim Horton en défense et Bobby Hull, Stan Mikita et Gordie Howe en attaque. Les Bruins terminent à la troisième place de leur division derrière les Canadiens de Montréal et les Rangers de New York et se qualifient pour les séries éliminatoires ; ils sont cependant éliminés dès le premier tour par les Canadiens en quatre matchs.
Orr ne joue aucun match de préparation afin de reposer son genou avant la saison 1968-1969 ; malgré tout, il le soigne à la fin de chaque match en apposant dessus des glaçons. Orr et la composée de Wayne Cashman, Esposito et Ken Hodge, inscrivent de nombreux buts et permettent ainsi à l'équipe de marquer pour la première fois de son histoire cent points en une saison et de terminer à la deuxième place du classement de sa division. D'un point de vue individuel, Orr et Esposito décrochent tous les deux des records de la LNH : avec 21 buts et 64 points, Orr devient le meilleur défenseur-buteur et le meilleur défenseur-pointeur de la LNH alors qu'avec 126 points, Esposito est le premier joueur de la LNH à dépasser les cent points en une saison. Il reçoit alors le trophée Art-Ross du meilleur pointeur et le trophée Hart en tant que meilleur joueurLe terme francophone de « meilleur joueur » correspond au terme anglais de « » - MVP. désigné par les journalistes. Orr est, quant à lui, une nouvelle fois élu meilleur défenseur de la saison et membre de la première équipe d'étoiles après avoir joué le Match des étoiles en février. Au cours des séries, les Bruins parviennent à battre les Maple Leafs au premier tour en quatre rencontres mais perdent une nouvelle fois contre les Canadiens de Montréal quatre matchs à deux.
La première Coupe Stanley (1969-1970)
vignette|alt=Photographie d'un match de hockey avec Orr au centre de la photographie|Bobby Orr marque le but de la victoire contre les Blues de Saint-Louis en finale de la Coupe Stanley en 1969-1970.|gauche