Le Classique féminin désigne la rivalité sportive entre l'OL Lyonnes et le Paris Saint-Germain., deux clubs de football féminin français.

Les matchs entre les deux clubs n'ont pas réellement de noms ancrés dans la culture populaire, faute du déficit de popularité du football féminin. Depuis que Canal+ a racheté les droits de diffusion de la D1 féminine en 2018, la chaîne cherche à imposer le nom de « Classique féminin. » dans la culture populaire, calqué sur le modèle du Clásico entre le FC Barcelone et le Real Madrid car ce match oppose deux des meilleures équipes d'Europe, comme le montre leur opposition en finale de la Ligue des champions en 2017 après s'être affrontées en demi et huitièmes de finales respectivement en 2016 et 2015.

Histoire

Des chocs sur les terrains vignette|283x283px|Célébration lyonnaise lors du match de l'Olympique lyonnais face au Paris Saint-Germain en championnat le 11 décembre 2017. La rivalité entre l'Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain est tout d'abord sportive et a commencé au début des années 2010. Les deux clubs se disputent quasiment chaque année le titre de champion de France., terminant neuf fois dans les deux premiers du championnat la même saison, et s'affrontant six fois en Coupe de France, dont cinq fois en finale, ce qui en fait la finale la plus jouée. Le bilan de victoires est largement à l'avantage de la formation lyonnaise grâce à l'enchaînement de succès jusqu'à 2014 mais depuis le rachat du Paris Saint-Germain par le fonds d'investissement Qatar Investment Authority (QSI) en 2011, le bilan s'est équilibré mais penche toujours en faveur de l'Olympique lyonnais.

Après la des Parisiennes en championnat en janvier 2014, elles réitèrent la saison suivante en éliminant Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions. L'OL se venge en écartant le PSG en demi-finales de l'édition 2015-2016, puis en finale de l'édition 2016-2017. L'année suivante, Paris remporte son seul titre aux dépens des Lyonnaises en les battant en finale de Coupe de France au terme d'un match controversé. La première édition du Trophée des championnes, en 2019, oppose les deux équipes rivales, l'OL étant qualifié grâce à ses titres en championnat et en coupe, et le PSG grâce à sa deuxième place en championnat. Lyon remporte le trophée aux tirs-au-but.

Pendant la saison 2019-2020, après une nouvelle victoire des Lyonnaises au Parc OL, Amandine Henry déclare : « On s’attend à chaque fois contre le PSG à recevoir des coups et à en mettre aussi. C’est devenu un Classico ! ». L'entraîneur parisien, Olivier Echouafni, passé par l'Olympique Lyonnais quelques saisons auparavant, rétorque : « Si elles sont la meilleure équipe du monde, on va dire qu’on n’est pas très loin derrière ». Le match retour entre les deux équipes, décisif pour la course au titre, est suspendu à cause de la pandémie de Covid-19. La saison est finalement arrêtée et l'OL sacré pour la quatorzième fois d'affilée. Lyon et Paris se retrouvent à la fin de la saison pour une nouvelle finale de Coupe de France, à nouveau remportée par l'OL aux tirs-au-but, avant une demi-finale de Ligue des champions deux semaines plus tard, qui tourne également à l'avantage des Lyonnaises. La légende du football féminin français Marinette Pichon analyse : « Il manque toujours quelque chose, de la réussite devant le but, un soupçon de chance, ça tourne toujours du côté de l'OL ». En novembre 2020, pour leur première confrontation au Parc des Princes, les Parisiennes infligent aux Fenottes leur première défaite en championnat depuis 2016, et prennent les commandes du classement. Le match retour en championnat, initialement prévu le , est reporté à cause de cas de Covid-19 dans les rangs du PSG, mais les deux équipes se retrouvent dix jours plus tard en quarts de finale de Ligue des champions au Parc des Princes. L'OL est dominé dans le jeu mais s'impose finalement 0-1 grâce à un pénalty généreux, avant de s'incliner 1-2 à Lyon au match retour, privant les Lyonnaises de titre européen pour la première fois en 5 ans.

Une lutte sur le marché des transferts La rivalité entre les deux plus gros clubs français se joue également pendant les mercatos. Les deux écuries sont régulièrement au coude à coude pour attirer les meilleures joueuses. À l'été 2016, pas moins de quatre joueuses, la Suédoise Caroline Seger et les Françaises Jessica Houara, Kenza Dali et Kheira Hamraoui quittent le PSG pour l'OL, après avoir été notamment battues 7-0 en demi-finales de Ligue des champions par le club rhodanien. La Française Ève Périsset fait le chemin inverse. En 2017, Amandine Henry, ancienne cadre de l'OL, est prêtée au PSG par le Portland Thorns FC, pendant la trêve de la NWSL. Alors qu'elle cherche à revenir en France à la fin de la saison, le PSG échoue à la recruter, Amandine Henry préférant retourner à l'OL.

Pour pallier le départ annoncé de sa gardienne Sarah Bouhaddi en 2020, Lyon cherche à recruter la Parisienne Katarzyna Kiedrzynek, mais celle-ci refuse, expliquant que « l’OL est le plus grand rival du PSG » et qu'elle « ne pouvait tout simplement pas faire cela », et rappelant l'exode douloureux des joueuses parisiennes en 2016. Lyon devra finalement se tourner vers la Madrilène Lola Gallardo. Cependant Jean-Michel Aulas, après avoir recruté le directeur sportif du PSG féminin Bruno Cheyrou dans le staff de son équipe masculine, réussit à attirer deux espoirs du PSG, Vicky Becho et Alice Sombath, déclenchant la colère du directeur sportif parisien Leonardo.

À l'intersaison suivant, l'Olympique lyonnais fait signer trois joueuses parisiennes en fin de contrat, Christiane Endler, Signe Bruun et Perle Morroni, en s'appuyant sur un projet sportif plus convaincant et en profitant peut-être du manque de réactivité du PSG pour prolonger ses joueuses. Sakina Karchaoui fait le chemin inverse, attirée par de meilleures conditions salariales.

Au mercato 2022, Sarah Bouhaddi, la gardienne emblématique de l'Olympique lyonnais, dépassée dans la hiérarchie par Christiane Endler (recrutée au PSG un an auparavant), rejoint Paris. L'internationale allemande Sara Däbritz, patronne du milieu parisien, part renforcer l'entrejeu lyonnais.

Les deux équipes sont dotées d'un budget similaire, estimé autour de 7 millions d'euros, ce qui les place parmi les plus gros budgets du football féminin, loin devant leurs concurrentes nationales.

Des polémiques extra-sportives L'opposition entre les deux équipes dépasse parfois le cadre sportif, l'enjeu des confrontations rendant chaque détail extérieur primordial. En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, le directeur général du football de l'OL Vincent Ponsot accuse le PSG d'avoir abusé de la situation pour obtenir un report à une date plus favorable. Jean-Michel Aulas laisse ensuite entendre que les Parisiennes auraient contaminé l'effectif lyonnais lors d'un match entre les deux équipes. La demi-finale retour de Ligue des champions est jouée juste après cet épisode épidémique, qui est considéré comme un des facteurs de la défaite et de l'élimination de l'OL.

En , alors que les deux équipes se préparent à leur premier choc de la saison, la milieu parisienne Kheira Hamraoui est violemment agressée dans la rue. Sa coéquipière Aminata Diallo est soupçonnée d'avoir joué un rôle dans l'affaire et placée en garde à vue avant d'être relâchée. Les deux joueuses sont laissées hors de l'effectif parisien pour la rencontre, dégarnissant le milieu de terrain de l'équipe, mais c'est surtout l'impact psychologique qui est pointé par l'entraîneur du PSG Didier Ollé-Nicolle, dont l'équipe s'incline finalement lourdement (6-1).

Historique des confrontations