Labbaye Saint-Éloi de Noyon est une ancienne abbaye bénédictine, située à Noyon dans l'actuel département français de l'Oise en région Hauts-de-France.
Histoire Elle est fondée, hors les murs, vers 640, sous le vocable de saint Loup par saint Éloi, évêque de Noyon, avec l'aide de Clovis II et la reine Bathilde, dans le faubourg d'Orroire, à l'est de Noyon , dans un endroit marécageux nommé le pré Saint Eloi. Saint Éloi y est inhumé en 659 ; l'abbaye lui est alors dédiée, confirmé par une bulle de Jean XV en 988.
Le monastère tombe en décadence et, en 842, l'église fait partie des dépendances de la cathédrale de Noyon. Elle est détruite par les Vikings en 860. En 881, les Vikings font une nouvelle apparition dans le Noyonnais. L’évêque Heidilon craignant que les reliques de saint Éloi ne soient profanées, les fait enlever du monastère de Saint-Loup et transporter à l'intérieur des fortifications. La petite abbaye voisine Saint-Étienne de Morlincourt est réunie à Saint-Éloi par l'évêque Transmar en 945. Les religieux ayant été tués ou dispersés par les Vikings, des clercs séculiers s'établissent dans l'abbaye avec le titre de chanoines vers 945. L'évêque Lindulfe rétablit les religieux. Vers l'an 982, il obtient du roi Lothaire, son oncle, une charte dans laquelle le roi permet aux religieux de rétablir leur monastère et déclarent qu'ils demeureront toujours en possession de l'abbaye Saint-Éloi. Elle est restaurée en 986. En 1035, l’évêque de Noyon intervient pour désigner l'abbé.
Une nouvelle église est commencée, en 1207, sous l´abbatiat de Raoul II et achevée sous celui de Robert en 1240.
Il y a entre le chapitre de la cathédrale et l'abbé de Saint-Éloi une dispute, au sujet du corps et des reliques de saint Éloi, qui dure du au . Les religieux en appellent au pape Innocent IV et au début de l’année 1256, la communauté des moines décide d’envoyer en cour de Rome son abbé JeanGuyotjeannin Olivier, Lohrmann Dietrich, « L'abbé de Saint-Éloi de Noyon en cour de Rome (1256) », Revue du Nord, 2004/3 (n° 356 - 357), p. 681-696.
La guerre de 1472 cause à l'abbaye des dégâts et des pertes importantes. Charles le Téméraire, voyant qu'il ne peut réussir à s'emparer de la ville de Noyon, brûle les faubourgs. L'abbaye Saint-Éloi n'est pas épargnée, les bâtiments sont renversés, les titres, cartulaires, archives sont pillés ou brûlés.
En 1552, Marie d'Autriche, reine de Hongrie, ravage, avec le comte de Rœux, toute la Picardie. Les religieux sont contraints de fuir avec les habitants et ne se réunissent dans leur monastère qu'après la conclusion de la paix signée en 1559,
En , Henri IV attaque l'abbaye Saint-Éloi qui avait été fortifiée par les habitants. La position est emportée d'assaut et les assiégés en se retirant mettent le feu aux bâtiments de l'abbaye. Après la reddition de la ville, Henri IV donne le revenu du monastère à Antoine d'Estrées, qu'il avait nommé gouverneur, et fait construire sur l'emplacement même une citadelle destinée à tenir désormais la ville en respect. Henri IV rend un arrêt, le , qui permet aux religieux de Saint-Éloi de rentrer dans la place, mais il n'est pas mis à exécution. Charles de l'Aubespine, abbé commendataire, obtient de Louis XIII un arrêté, du , fondé sur celui de son père, qui dit que les religieux rentreraient dans la portion de la citadelle où était l'ancienne abbaye, leur donnant les bâtiments, avec les deux tiers des matériaux de la forteresse, provenant de leur monastère; Les fortifications sont démolies et les religieux utilisent les bâtiments qui avaient servi aux soldats, la salle d'armes est convertie en église; le logis du gouverneur devient le logis abbatial. Les principales réparations sont faites en une année, et les religieux qui avaient logé en dernier lieu au Petit-Ourscamp, reprennent possession de leur abbaye.
L'abbaye adhère à la congrégation des Exempts puis à celle de Chezal-Benoît avant de rejoindre la congrégation de Saint-Maur en 1631.
En 1649, une nouvelle abbaye est construite dans la ville close avec une nouvelle église consacrée le 1682.
Le , l'Assemblée constituante prononce l'abolition des vœux monastiques et la suppression des congrégations religieuses. L'abbaye est fermée et vendue en 1792, comme bien national. Le couvent et l'église Saint-Éloi sont démolis pour en vendre les matériaux.
Abbés D'après Colliette et Tassus :
Abbés réguliers
Abbés commendataires À partir du concordat de Bologne, commence la série des abbés commendataires et seigneurs temporels, nommé par le roi : 1507-1525 : Charles d'Hangest de Genlis, Confusion avec Jean d'Hangest ?: (1506- 2 février 1577), il succède à son oncle comme évêque-comte de Noyon, par dispense en 1525, du pape Clément VII. Abbé commendataire de l'abbaye Sainte-Élisabeth de Genlis de 1545 à 1548. Il rend hommage au roi de France le pour Genlis, La Taule, Le Bac-d'ArblincourtArchives nationales de France, cote:P//15, . 1526- : Claude de Hangest de Dive, neveu du précédent. 1541-1549 : François de Tournon, cardinal-évêque d'Ostie 1549-1555 : Jean de Barbançon, évêque de Pamiers. 1555-1564 : Philibert Delorme (1514-1570), architecte. 1570-1579 : Sébastien de L'Aubespine, évêque de Limoges et de Vannes 1579-1596 : Jean de L'Aubespine, évêque d'Orléans 1596 : Pierre Cadot 1616-1630 : Gabriel de L'Aubespine, comte de Laon, évêque d'Orléans, conseiller d'État 1630-1653 : Charles de L'Aubespine, marquis de Châteauneuf-sur-Cher. 1653-1720 : Charles-François de Loménie de Brienne, évêque de Coutances La mense abbatiale de Saint-Éloi fut réunie ensuite à celle de l'abbaye de Chelles. 1720-1734 : Louise Adélaïde d'Orléans, fille du régent Philippe d'Orléans La mense abbatiale de Saint-Éloi fut mise en économat. 1734-1742 : Henriette-Louise de Bourbon-Condé, abbesse de Beaumont-les-Tours interruption 1761 : Élisabeth-Théodose Le Tonnelier de Breteuil
Prieurés L'influence de l'abbaye s'étend sur les prieurés où elle envoie ses religieux et recueille les revenus : Prieuré de Saint-Remy, puis Saint-Blaise de Noyon, fondé en 1045 Prieuré Saint-Jean-Baptiste de Vendeuil Prieuré de Verly Prieuré de Vrély Prieuré d’Englos, cédé aux jésuites sur ordre de Jean Vendeville, évêque de Tournai (1586-1592), Prieuré de Wavrin fondé en 1151.Les religieux de Saint-Éloi qui résidaient à Wavrin étaient communément appelés prieurs et leur habitation s'appelait le prieuré. Mais dans un acte de 1380, l'abbé et les religieux de Noyon déclarent que « cette ferme est une maison ou cense séculière et n'a jamais été ni prévôté, ni prieuré, ni bénéfice.
Droit de patronage et dîmage L'abbaye a le droit d'élire et de pourvoir aux cures des églises dont elle est patron, de prêtres qu'elle présente à l'ordination de l'évêque diocésain. C'est le droit de patronage, de présentation à l’évêque et de nomination d'un desservant aux églises ou cures (paroisses) où elle percevait les grosses dîmes.
Il présentait à l'évêque pour la nomination aux cures de Babœuf, Béhéricourt, Grandrû, Genvry, Varipont ou Appilly, Pont-l'Évêque, St-Eloi de Noyon, Saint-Étienne de Noyon ou Morlincourt, Bussy, Pimprez, Ribécourt, Rembercourt, Crisolles, Artang, Annoi, Canny, Suzanne (1089), Becquincourt (1069), Vaux (1089), Jehancourt (1049), Le Verguier, Omiécourt, Fonches, Conchy-les-Pots, Beuvraignes (1048), Oroir, Sancourt, Verly, Sancourt, Méharicourt (1048), Hercquingem, Radingem, Wavrin, Noyelles.
Patrimoine foncier Lindulphe, évêque de Noyon et seigneur de Chauny, donne à Cens, les revenus de sa seigneurie et de l'église de Chauny aux religieux de Saint-Eloi de Noyon, du consentement du roi Lothaire et obtient du Pape Jean XV la confirmation de cette aumône et des biens dont les religieux de Saint-Eloi étaient déjà en possession.
L'évêque Simon confirme par une charte de 1128, la cession faite par l'église de Noyon aux abbés et religieux de Saint-Eloi, du moulin de Pulset, à la charge de lui payer par an trois muids de bled à prendre sur la grange de l'abbaye.
Héraldique
Voir aussi
Bibliographie Dom Michel Germain, Matériaux du Monasticon Gallicanum, « Regalis apud Noviomum abbatia Sancti Eligii » Gallia Christiana, tome IX. . C.-A. Moët de La Forte-Maison, Antiquités de Noyon, Rennes : anciennes librairies Vatar et Jausions, 1845. Alexandre de La Fons, L’abbaye de Saint-Éloi de Noyon au , Noyon, 1863, t. IX, p. 523. . Olivier Guyotjeannin, Dietrich Lohrmann, « L'abbé de Saint-Éloi de Noyon en cour de Rome (1256) », Revue du Nord, 2004/3 (n° 356 - 357), p. 681-696. . Ernest Laurain, Épigraphie de Notre-Dame de Noyon, Société archéologique de Noyon, 1941, p. 105.
Articles connexes
Liste des abbayes, prieurés et couvents en Picardie
Liens externes
Ancienne église funéraire devenue abbaye de bénédictins Saint-Éloi à Noyon (première abbaye détruite) sur le site de l'Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France. Ancienne citadelle de Noyon devenue abbaye de bénédictins Saint-Éloi (deuxième abbaye détruite) sur le site de l'Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France. Vues de l'église et de l'abbaye royale de St Eloy de Noyon, dessins de Tavernier De Jonquières
Références et notes Notes
Références
Catégorie:Abbaye dans l'Oise Catégorie:Abbaye du Moyen Âge Catégorie:Abbaye détruite en France Abbaye