Le combat d'El-Amar a lieu le opposant les combattants marocains de l'Armée de libération nationale à l'Armée française au puits d'El-Amar, à une centaine de kilomètres au nord-est de Fort-Trinquet (aujourd'hui Bir Moghreïn), dans la colonie de la Mauritanie.

Contexte Le combat d'El-Amar, tout comme celui d'Oum El Achar plus tard, se déroule peu après l'indépendance du Maroc qui a lieu le . Le Maroc essaye de mener à ce moment, une politique d'équilibre entre la France et le Front de libération nationale pour ne pas provoquer une rupture totale avec l'ancienne puissance protectriceEssemlali, Mounya. « Le Maroc entre la France et l'Algérie (1956-1962) », Relations internationales, vol. 146, no. 2, 2011, .. Malgré cette volonté d'équilibre, l'avenir incertain du royaume, la Guerre d'Algérie et la revendication du territoire mauritanien par le MarocEvrard, Camille. « Quelle transmission du « pouvoir militaire » en Afrique ? L'indépendance mauritanienne vue par l'armée française », Afrique contemporaine, vol. 235, no. 3, 2010, poussa l'Armée de libération nationale marocaine (ALN) à agir, notamment à des postes stratégiques, ici, aux confins de la Mauritanie. Le but ici étant "d'empoisonner l'armée française" qui s'était grandement déployée dès 1957 et à terme, de débarrasser l'Afrique du Nord de toute présence colonialeVermeren, Pierre. « II. Mohammed V et l’Istiqlâl (1956-1961) », Pierre Vermeren éd., Histoire du Maroc depuis l'indépendance. La Découverte, 2016, .

Déroulement L'armée française est appelée pour contrôler et disperser un rassemblement d'hommes et un dépôt de matériel découverts par des renseignements et localisés près de la frontière du Río de Oro. Face à environ 200 combattants de l'Armée de libération nationale commandés par le Réguibi Ali Bouya, les Français engagent le goum motorisé de l'Adrar (GMA), la du détachement motorisé autonome (DMA1) renforcée par la section portée de la du RTS, un peloton d'automitrailleuses et la CSM. Le GMA, commandé par le capitaine de La Sauzay, est coincé dans une coulée étroite entre deux plateaux par les tirs précis de l'ALN. Tentant de leur porter secours, les tirailleurs sénégalais du DMA1 (capitaine Poey) sont pris dans une embuscade à courte distance alors qu'ils pénètrent sur le plateau à l'ouest de la coulée en début d'après-midi. Vers , la arrive en renfort et vient couvrir les restes du DMA1 avec ses mitrailleuses lourdes de 12,7 et un . Les combats cessent avec la nuit.

Les Marocains parviennent à se replier dans la nuit, emportant leurs morts à dos de chameaux. L'Armée français récupère néanmoins les vivres et le matériel de leur dépôt. Deux compagnies parachutistes du colonial de commandos parachutistes rejoignent Atar le mais ne peuvent intervenir à cause d'une tempête de sable.

Bilan et conséquences La patrouille française subit de lourdes pertes. 20 soldats et 3 officiers ont été tués, dont les capitaines Poey et de La Sauzay. Dans le détail, le DMA1 compte seize tués dont deux officiers et 12 blessés tandis que le GMA déplore quatre tués, quatre blessés et un sous-officier capturé par les Marocains (il sera libéré deux ans plus tard par le roi Mohamed V).

Les différentes opérations de janvier- semblent cependant porter un coup sensible aux éléments de l'ALN qui menaçaient le nord du territoire mauritanien et qui stoppent leurs opérations pendant l'été 1957. Ce combat mena à l'opération Écouvillon en 1958, opération franco-espagnole pour éradiquer les confins mauritaniens de toute prétention marocaineJauffret Jean-Charles. Renaud (Patrick-Charles) : Combats sahariens, 1955-1962. Préface du général Bigeard. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 82, , trimestre 1995. ..

Annexes Notes

Sources bibliographiques

Références

Bibliographie

Essemlali, Mounya. « Le Maroc entre la France et l'Algérie (1956-1962) », Relations internationales, vol. 146, no. 2, 2011, . Evrard, Camille. « Quelle transmission du « pouvoir militaire » en Afrique ? L'indépendance mauritanienne vue par l'armée française », Afrique contemporaine, vol. 235, no. 3, 2010, . Vermeren, Pierre. « II. Mohammed V et l’Istiqlâl (1956-1961) », Pierre Vermeren éd., Histoire du Maroc depuis l'indépendance. La Découverte, 2016, . Jauffret Jean-Charles. Renaud (Patrick-Charles) : Combats sahariens, 1955-1962. Préface du général Bigeard. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 82, , trimestre 1995. .

El-Amar El-Amar El-Amar Catégorie:1957 en Mauritanie