La Fonda est une association française reconnue d'utilité publique créée en 1981.

Association de personnes, la Fonda valorise la contribution des associations à la création de valeur économique et sociale, à la cohésion sociale, à la vitalité démocratique. La Fonda accompagne les responsables associatifs à développer leur vision stratégique et leur capacité d’initiative.

Issue de l'association « Développement des associations de progrès » (DAP), la Fonda contribue à la fondation de la CPCA (devenue Le Mouvement associatif) et assure son animation jusqu’à la signature de la Charte des engagements réciproques entre les associations et l’État en 2001. Elle est également à l'origine du Conseil national de la vie associative (CNVA) et de la Loi Coluche. Elle a également joué un rôle au sein du Comité européen des associations d’intérêt général (CEDAG) à Bruxelles.

La Fonda est reconnue d'utilité publique depuis 2010.

Histoire

La fin du monopole de l’État sur l’intérêt général Les années 1970 marquent le renouveau de la société civile et de l'association en son sein. En 1971, le projet de loi Marcellin-Pleven est soumis au vote du Parlement : il donne à l'administration le pouvoir discrétionnaire de refuser la création d'une association. Ce projet de loi est écrit dans l'urgence à la suite de la création de l'association « Les amis de la Cause du peuple » par Simone de Beauvoir alors que l'association « La Cause du peuple », présidée par Jean-Paul Sartre venait d'être dissoute sous le motif d'atteinte à la sécurité publique. Il revenait ainsi à instituer un pouvoir de contrôle a priori sur la création d'association, à l'inverse de l'esprit de la loi de 1901. C'est ce qui conduisit Alain Poher, président du sénat, à saisir le conseil constitutionnel. Par une décision du , ce dernier déclara le projet de loi inconstitutionnel et éleva le droit de liberté d'association au niveau de liberté constitutionnelle.

Le , une circulaire du Premier Ministre reconnait que « l’État et les Collectivités publiques n'ont pas le monopole du bien public ». Les associations ne sont alors plus considérées comme un relai de la puissance publique mais comme des partenaires dont est reconnue l'indépendance et l'autonomie. Le Plan entend pour sa part privilégier les groupes, les relations de voisinages et la vie associative : « la participation des habitants à la vie publique est indispensable à la fois pour donner leur donner une prise plus directe sur leur cadre de vie, favoriser l'innovation et enrichir la vie sociale locale. Dans ce but, la commission recommande l'adoption d'un programme d'action prioritaire destiné à développer la vie associative, considérée comme un moyen privilégié d'engagement civique ».

Front commun des associations En 1975, François Bloch-Lainé crée l'association « Développement des associations de progrès » (DAP). La DAP est issue de la rencontre de plusieurs groupes de réflexion, dont Échange et Projets de Jacques Delors, du Groupe de recherche sur l'éducation permanente (GREP) de Paul Harvois, de l'association Éducation et Échanges de Paul Delouvrier avec le soutien de la Fondation de France, alors présidée par Roger Seydoux. Les objectifs de la DAP étaient de trois ordres : procéder à une analyse critique des règles suivant lesquelles les associations participent à la vie de la société, étudier et proposer des améliorations à apporter aux relations avec les pouvoirs publics et créer de structures de services pour les associations. Elle organise plusieurs colloques à partir de 1976 qui visent à un travail d'approfondissement de la réflexion portant sur l'autonomie des associations et sur la participation citoyenne comme moyen de relancer la vie démocratique. Le secteur associatif est alors traversé par une fracture profonde entre les organisations confessionnelles (qui dominent dans les secteurs social, médico-social et sanitaire) et les organisations profondément engagées dans le combat pour la laïcité – qui prévalent dans le secteur de la formation, des loisirs et une partie importante de ce qui sera appelé après 1936 l'éducation populaire. La DAP souhaite, pour sa part, se concentrer sur le fait associatif lui-même, c’est-à-dire sur la « méthode associative » porteuse de valeurs démocratiques et facteur de citoyenneté dans un contexte politique et social en pleine évolution.

Les divergences au sein même du secteur associatif s’expriment également sur son financement : d’un côté, ceux qui prônent l’idée d’une autonomie de la société civile - et donc des associations face à l’État ; de l’autre, ceux qui affirment leur attachement à une organisation plus étatique, au premier rang desquels Georges Davezac, représentant la Ligue de l'enseignement et Raymond Métro, représentant la Fédération des conseils de parents d'élèves. Les premiers, aux rangs desquels la DAP, préconisent un accroissement significatif du taux des exonérations fiscales consenties en raison des dons des particuliers ou du mécénat d'entreprise, alors que les seconds, pensent que l’État doit garder une position dominante dans le financement, sinon exclusive, au nom de l'intérêt public dont il est le garant. Cette profonde divergence amène les représentants de la mouvance laïque à démissionner de la DAP.

Construire une vie associative indépendante et reconnue Au regard de l'ampleur et de la pertinence des analyses portées par la DAP dont la dissolution est actée en 1981, une nouvelle structure est envisagée par Philippe Viannay, Guy Raffi et Frédéric Pascal, issue de la DAP, autour desquels vont s’agréger une cinquantaine de responsables associatifs, issus de la diversité du monde associatif, dont Marie-Thérèse Cheroutre, Henri Théry, Pierre de Saintignon. Ils lancent le un appel à créer la Fondation pour la vie associative, « La fonda » afin de créer une structure permanente capable de promouvoir une conscience de la communauté d’intérêt qui animait la vie associative, au-delà de ses divisions naturelles en secteurs d'activités. L'année suivante, plus de 600 fédérations et associations soutiennent la Fonda. Depuis l'origine, il est prévu une association de personnes physiques qui expriment leurs opinions à titre personnel sans engager leur structure.

Elle milite - lors de l'une de ses premières interventions publiques - pour l’abrogation de l'obligation de nationalité française comme condition pour siéger au sein d'un conseil d’administration, considérant que liberté d’association s'applique à tous, y compris pour les étrangers et que la pleine participation à la vie associative est facteur d'intégration. Un décret-loi du stipulait en effet qu'. Sont ainsi réputées étrangères, les associations dont le quart des membres est étranger. Il faudra attendre la loi du , sous François Mitterrand, pour que législateur abroge le décret Édouard Daladier. Au travers de son comité d'études et de liaisons, animé par Roby Bois, puis André Jeanson et Saïd Bouziri, elle a soutenu la Marche pour l'égalité et contre le racisme en . La Fonda considérait la pleine participation à la vie locale comme devant être ouverte à l'ensemble des personnes et des groupes résidant dans la commune.

L’avènement d'un mécénat populaire Toujours dans les années 1980, la Fonda milite pour le développement d'un mécénat populaire afin de passer d’une réduction sur le revenu imposable à une réduction d’impôt. Cette idée est particulièrement soutenue par Philippe Viannay, en partant de l'idée que la solidarité nationale obligatoire ne pouvait s'arroger la totalité de l'espace imparti à l'intérêt général, le progrès social étant souvent porté par les marges. En 1985, Coluche prend contact avec la Fonda, alors qu'il crée Les Restos du cœur. La loi de finance pour 1989 (votée en ) adopte la loi Coluche : une réduction d'impôt de 25% du don alors que la déduction fiscale était dans la limite de 5% du montant total des revenus.

Consciente que le développement du mécénat exigeait des obligations très strictes de la part des associations bénéficiaires, la Fonda lance en 1984 l'idée d'une évaluation et d'un contrôle des sommes perçues. C'est ainsi qu'est créé en 1989 le Comité de la Charte de déontologie, présidé par François Bloch-Lainé puis par Frédéric Pascal.

Accompagner les mutations associatives En 1992, François Mitterrand présente un projet de loi d'orientation relative à l'administration territoriale de la République. Mais cette loi adoptée par le Parlement reste timide en ce qui concerne la participation des citoyens et des groupes à la vie locale. La Fonda milite alors afin de formaliser une démarche de reconnaissance des associations comme acteur à part entière de la vie locale. Afin que la parole associative gagne en légitimité, la Fonda contribue à la création de la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) devenue Le Mouvement associatif, faîtière des associations d’associations, et assure son animation jusqu’à la signature de la Charte des engagements réciproques entre les associations et l’État en 2001.

En parallèle, elle contribue également à structurer une voix de la société civile au plan national avec le Conseil National de la Vie Associative ou le groupe des associations au Conseil économique, social et environnemental. La Fonda a par la suite mobilisé la recherche et la statistique publique pour disposer d'indicateurs au sujet du monde associatif avec l'association pour le développement des données sur l’économie sociale et le Conseil national de l'information statistique.

Travaux et réflexions

Les associations au cœur des enjeux de société français et européens Depuis l'origine, la Fonda s'est attelée aux effets de la professionnalisation de la vie associative. C'est l'objet de réflexion d'un Comité d'études et de liaisons que de s’interroger sur la conciliation entre travail bénévole et salarié. En 1984, elle faisait ainsi le constat que le secteur associatif était un lieu d'invention, d'expérimentation, de formation professionnelle et de qualification sociale. Dans le même temps, les responsables associatifs prenaient conscience de leur responsabilité d'employeur. La Fonda y soulignait qu'il était temps de s’interroger sur le moyen de créer des emplois au moment où le chômage sévissait. Jacques Delors, alors Ministère de l'Économie, des Finances et du Budget, pu apercevoir des solutions possibles pour répondre aux nouveaux besoins sociaux. Créer ou développer des emplois et s'investir dans le champ économique étaient des idées neuves que beaucoup de responsables associatifs refusaient d'assumer pleinement.