Le Châtillonnais, ou pays châtillonnais, est une région naturelle française du nord de la Côte-d'Or aux limites de l'Aube et de la région Champagne. Reposant sur un socle calcaire creusé par le haut cours de la Seine c'est une région historique ancienne dont la ville principale semble avoir été successivement celle du mont Lassois puis de Vertillum sous l'Antiquité tardive. Sous les mérovingiens Latiscum, au sommet et autour du mont Lassois, est le centre d'un archidiaconé qui s'étend jusqu'à Bourguignons actuellement dans l'Aube avant que Châtillon-sur-Seine n'y supplée.
Regroupées jadis autour d'une sous-préfecture, Châtillon-sur-Seine, les communes du pays châtillonnais sont fédérées depuis 2003 au sein d'une communauté de 113 communes réparties en six cantons ; 107 d'entre elles sont réunies depuis en un seul par la réforme de 2015. Depuis le déclin de la sidérurgie au siècle dernier, l'exploitation de la forêt et de la pierre, l'agriculture, l'élevage et plus récemment la réimplantation du vignoble composent ses principales ressources. La découverte sur le territoire de Vix le 6 janvier 1953 d'un tombeau princier celte renfermant un exceptionnel cratère de bronze a attiré l'attention mondiale sur ce petit terroir.
Situation géographique Généralités
vignette|La Seine en Châtillonnais. Situé à plus de 300 mètres d'altitude moyenne avec un point culminant de 512 mètres à Beneuvre, le Châtillonnais est composé de deux zones calcaires séparées par le lit sud-nord de la Seine emprunté par la route nationale 71 : une partie du plateau de Langres à l'est et du Tonnerrois à l'ouest. S'y ajoute au nord un prolongement du Barrois champenois séparé du reste par une faille courant d'est en ouest empruntée par la route départementale 965. Dépourvue de cours d'eau mais composée d'argiles oxfordiennes, celle-ci retient quelques lacs. Châtillon se trouve au carrefour de ces deux axes alors que la Seine se sépare en deux bras dans une ancienne zone marécageuse de la faille où elle décrit un S inversé avant d'en ressortir vers la même direction.
vignette|Parcours dans la forêt de Châtillon. Recouverte de 84 000 hectares de forêts la région est à l'origine de nombreux cours d'eau qui structurent le territoire : la Seine au cours sud-nord au centre de la région reçoit ses premiers affluents : la Coquille, le Revinson, la Digeanne et le Brévon ; dans la partie nord la Laigne, l'Ource et l'Aube toutes orientées également sud-nord rejoignent la Seine au-delà des limites de la région ; dans le quart sud-est les sources de l'Ouche, la Tille et la Vingeanne coulent à l'est pour se déverser dans la Saône ; dans le quart sud-ouest, le plateau karstique est parcouru en partie par la Haute-Laigne qui disparaît entre le hameau de Vaugimois et Puits pour réapparaître à Laignes après un parcours souterrain de 20 km.
du massif forestier et des vallées du Châtillonnais sont classés zone de protection spéciale Natura 2000.. Des parcours sont aménagés et balisés. Le parc national de Forêts est créé le 8 novembre 2019 et concerne une grande partie du Châtillonnais. C'est le onzième parc national de France.
Végétation et paysages
vignette|Marais de Bure-les-Templiers. vignette|Pelouse sèche des plateaux.
La forêt de Châtillon-sur-Seine principalement composée de chênes, de charmes et de hêtres est l’une des plus vastes de Bourgogne.
Les marais tufeux. sont classés en zone de protection compte tenu du nombre de plantes protégées qui y croissent. : diverses orchidées, sabot de Vénus, ligulaire de Sibérie.
Les pelouses calcaires sèches sont de type mésobromion. Certaines comme la combe du Grand prieur sont protégées au niveau européen. Les zones cultivables sont destinées aux céréales et oléagineux sur les plateaux calcaires, aux prairies dans les vallons argileux des rivières. La culture de la vigne abandonnée au début du reconquiert les coteaux sud et sud-est.
Faune
La zone forestière est bien fournie en gros gibier, cerfs, chevreuils et sangliers. Celui-ci fait l’objet de chasses à courre depuis l’abbaye du Val des Choues qui entretient une meute permanente de chiens courants. La forêt héberge également trois espèces d'oiseaux parmi les plus rares de Bourgogne : l'aigle botté, la cigogne noire et la chouette de Tengmalm dont l'effectif principal pour la région niche au sein de cette zone. On y observe aussi des populations importantes de pics : pic mar, pic cendré et pic noir.
Accès
vignette|upright=1.9|Réseau routier du Châtillonnais. Le Châtillonnais se situe au centre d'importants axes routiers se croisant à Châtillon-sur-Seine : la RN 71 qui relie Troyes à Dijon ; la RD 965 qui relie Chaumont à Tonnerre ; la RN 80 qui relie Châtillon-sur-Seine à Montbard puis à Semur-en-Auxois (autoroute A6).
Depuis le déclassement en 1994 du service voyageurs de la gare de Châtillon-sur-Seine, le Réseau interurbain de Côte-d'Or assure les navettes vers les gares TGV de Montbard, Dijon et Troyes.
Cependant, la ligne de Nuits-sous-Ravières à Châtillon-sur-Seine, et son prolongement jusqu'à Brion-sur-Ource sur la ligne de Bricon à Châtillon-sur-Seine sont vitaux pour plusieurs entreprises industrielles et la filière bois. Réseau ferré de France a rénové ce lien destiné au fret en 2013.
L'aéroport le plus proche est Auxerre-Branches. L'aérodrome de Châtillon-sur-Seine est utilisé par l’aéroclub du Châtillonnais.
Administration et services
vignette|L’ancienne sous-préfecture du Châtillonnais.
Région naturelle et historique le Châtillonnais correspond plus ou moins à des divisions administratives dont les limites varient parfois quelque peu au fil du temps. Jadis regroupée autour d'une sous-préfecture, la communauté de communes du Pays Châtillonnais, présidée depuis 2003 par Hubert Brigand, maire de Châtillon-sur-Seine, comptait jusqu'en 2015 cent-treize communes réparties en six cantonsCommunauté de communes du pays châtillonnais : vignette|Lycée Désiré Nisard canton d'Aignay-le-Duc ; canton de Baigneux-les-Juifs ; canton de Châtillon-sur-Seine ; canton de Laignes ; canton de Montigny-sur-Aube ; canton de Recey-sur-Ource. Cent-sept se retrouvent depuis mars 2015 au sein du nouveau canton de Châtillon-sur-Seine. Cent adhèrent à la Communauté de communes présidée par Jérémie Brigand, maire de Massingy. Avec et Superficie calculée avec les données OpenStreetMap, fichier disponible sur le sujet EPCI 2014 du site GeoRezo, c'est la communauté de communes la plus étendue de France métropolitaine, dépassée seulement en superficie par la Guyane.
Enseignement
La scolarité secondaire du premier cycle y est assurée par trois collèges : le collège Fontaine des ducs à ChâtillonCollège Fontaine des ducs pour les cantons de Châtillon, Laignes et Montigny ; le collège Henri Morat à Recey-sur-OurceCollège Henri Morat pour les cantons d’Aignay-le-Duc et Recey ; le collège Alésia du canton voisin de Venarey-les-Laumes accueille les élèves du canton de Baigneux-les-Juifs . vignette|Hôpital de Châtillon. Le second cycle est assuré à Châtillon-sur-Seine par le lycée Désiré NisardLycée Désiré Nizard, le lycée agricole de la BarotteLycée de la Barotte et le lycée Saint-Vincent/Saint-Bernard, établissement privé polyvalentLycée Saint-Vincent/Saint-Bernard. Le ramassage scolaire dépend du conseil général de la Côte-d’OrTransport scolaire (Transco).
Santé
Les centres hospitaliers de ChâtillonHôpital de Châtillon-sur-Seine et de Montbard sont regroupés administrativement au sein du centre hospitalier intercommunal Châtillon-Montbard lié par convention au centre hospitalier universitaire de Dijon.
Archéologie et histoire
vignette|Fouilles du mont Lassois en 2014. Les traces d'occupation néolithique sont nombreuses : grottes de la Baume à Balot, éperon barré de Duesme sur lequel un château est érigé au Moyen Âge. C'est surtout une région historique ancienne dont les villes principales semblent avoir été successivement celle du mont Lassois puis de VertillumMartine Jouin, Un siècle de fouilles à Vertault, in Dossiers d'Archéologie , juin 2003. pour revenir peut-être au mont Lassois avec la cité disparue de Latiscum avant de privilégier Châtillon-sur-Seine au Haut Moyen Âge.
Protohistoire et Antiquité
vignette|Vestiges du château de Châtillon. Occupé par les Celtes au moins depuis le Hallstatt puis relevant de la Civitas des Lingons à la période gallo-romaine, le Châtillonnais possède de très grands sites archéologiques tels que Vix et son mont Lassois, Essarois, Vertillum, le Tremblois ... qui attestent de structures quasi urbaines dans la région dès le Le mont Lassois fait toujours l'objet de fouilles internationales importantes coordonnées par l'université de Bourgogne.
Moyen Âge
vignette|Abbaye du val des Choues. vignette|La corroirie de Lugny. Au Moyen Âge, le "Châtillonnais" ne correspond pas à une division administrative préexistante, et peut renvoyer à différente réalités. Au bas Moyen Âge, le terme désigne une très vaste zone allant d'Arc-en-Barrois jusque Saint-Seine-l'abbaye. Il est moins important entre le IXe et le XIIIe siècle, période où il acquiert sa dimension actuelle, en partie au détriment d'anciennes circonscriptions qu'étaient les pagi (pays) du Duesmois et du Lassois. La constitution du Châtillonnais est par ailleurs au centre d'une lutte de pouvoir entre les ducs de Bourgogne et les évêques de Langres.
L'affirmation de Châtillon-sur-Seine au détriment du Mont Lassois (VIIe - XIe siècle) Aux VIIe et VIIIe siècles, un cimetière et un lieu de culte existent sur le Mont Lassois. La possession du lieu est attribuée à l'évêque de Langres pendant le concile de Châlon-sur-Saône, qui mentionne par ailleurs la présence d'un castrum. Celui-ci pourrait avoir été édité par le comte palatin Girart de Roussillon, fondateur de l'abbaye de PothièresAutour de Girart, comte de Vienne, . La ville de Lasticum est le centre d'un important archidiaconé qui remonte dans l'Aube actuelle jusqu'à Bourguignons. Latiscum aurait été victime d'une remontée de la Seine par des Vikings au . Au début du second millénaire Châtillon devient la capitale d'une région prospère où la laine des moutons alimente la draperie et où la sidérurgie commence à se développer.
Au XIe siècle, le Mont Lassois a probablement perdu de son importance, puisque l'auteur de la vita (vie) de Girart de Roussillon évoque les "vestiges" des remparts existants sur le mont. Le déclassement du Mont Lassois est la première étape de la formation du Châtillonnais.
Le partage du Châtillonnais entre l'évêque de Langres et le duc de Bourgogne (Xe - XIVe siècle) Le Châtillonnais représente pour les ducs de Bourgogne et les évêques de Langres un enjeu important. D'une part, c'est un espace de marge entre leurs sphères d'influence respectives. D'autre part, le lieu se trouve dans une position de carrefour pour les itinéraires Auxerre - Langres et Alésia - Troyes.