Alain Girelli né le à Draguignan est un sculpteur, peintre et performeur français.

Il découvre la sculpture avec Max Ernst et travaille dans son atelier en 1974. Il vit et travaille près de Fayence.

Biographie

Né le à Draguignan, Alain Girelli découvre la sculpture avec Max Ernst et travaille dans son atelier en 1974. Il vit et travaille près de Fayence, dans le Var. vignette|Copie du diplôme d'inventeur donné à Alain Girelli Il préfère travailler le bois, notamment le bois de cade imputrescible et odorant. Mais il expérimente également le béton, pour lequel il invente un procédé de décoration aléatoire de la surface.. En 1971, Alain Girelli obtient un brevet d’invention délivré par l’INPI (), acte qui accompagne ses premières recherches mêlant design, sculpture et expérimentation matérielle. Cette reconnaissance institutionnelle marque son intérêt précoce pour la mise au point de procédés et d’objets à la frontière de l’art et de la technique, où la fonctionnalité et la forme dialoguent étroitement. vignette|redresse|Lauréat offert par le comité central de coordination de l'apprentissage du bâtiment et des travaux publics. Sa famille originaire de Pérouse en Ombrie est dans le bois depuis des générations : bûcherons, charbonnier, exploitants forestiers. Il poursuit la tradition familiale en passant son CAP menuiserie en 1966. Il devint menuisier primé avec un diplôme. Après son service militaire, il est employé à partir de 1969 dans la menuiserie Francis Laboire de Seillans.

En parallèle de ses créations pour la Fondation des Treilles, Alain Girelli a travaillé étroitement avec l’artiste surréaliste américaine Dorothea Tanning, installée à Seillans. Menuisier, il collabore régulièrement avec elle à partir des années 1970, créant notamment une cheminée recouverte de tissu pour la Chambre 202 de l’Hôtel du Pavot Centre Pompidou, œuvre emblématique de l’artiste.

Une très vieille porte de cave du village à la partie inférieure érodée par les écoulements d’eau attire l’œil de Max Ernst qui propose à son propriétaire de lui en acheter une neuve s’il veut bien en échange lui donner celle rongée par le temps. Girelli s’occupe de l’opération : fabriquer la nouvelle porte, la mettre en place, récupérer l’ancienne, la fixer sur un panneau. Max Ernst la renverse et la transforme en une de ses D-paintings, D pour Dorothea Tanning pour qui, chaque année, il créait une œuvreMentionnée dans le catalogue du Max Ernst Museum Brühl, .. Girelli s’arrange avec son patron pour se mettre au service de l’artiste. À son contact, il pénètre un univers inconnu. Ses « forêts » peintes, gravées ou grattées le fascinent. Tout ce qu’il découvre chez l’artiste le nourrit, lui ouvre des perspectives impensées jusque-là. Il l’observe, lui pose des questions, s’imprègne de son univers et, rapidement, l’envie de créer va naître. Girelli, fort de sa grande connaissance du bois, réalise sa première œuvre : une chaise-trône à haut dossier, pourvue de marches. Cette création est faite de bois assemblés « avec seule une râpe comme outil ».

Il explore différents bois, ce matériau faisant partie du patrimoine familial mais jusque-là mis au service de l’utile. et diverses techniques : bois flottés ou bois lacustres coupés à la pleine lune qu’il laisse sécher après en avoir ôté l’écorce.

Présentant un dossier à la Maison des métiers d'art français, il lui sera proposé de participer en 1972 à une exposition en compagnie d’artistes de la région (Van Lith, Jacky Coville, Claude Pelletier, entre autres. .

vignette|Lettres de Madame Anne Gruner Schlumberger vignette|Sculpture arbre par Alain Girelli acheté par Anne Gruner pour la fondation des treilles. En 1973, Anne Gruner Schlumberger, amie de Max Ernst, qui habite à Tourtour, voit ses meubles d'artiste à l’exposition de la Maison des Métiers d’Arts. Elle lui passe commande de « sculptures arbres » et de meubles d'artiste (pièces uniques) pour la fondations des Treilles, un lieu virgilien pour les arts et la pensée. Anne Gruner Schlumberger rassemble un nombre important d'œuvres d'art dont elle a légué une partie, 800 pièces environ, à la Fondation des Treilles. Y figurent Dubuffet, Giacometti, Picasso, Max Ernst ou Victor Brauner qu'elle a personnellement connues et avec lesquels ont existé des liens d'amitié dont témoigne sa correspondance, ainsi que des œuvres d'Alain Girelli. En est créée l'association de préfiguration de la Fondation des Treilles, cette dernière étant reconnue d'utilité publique le .

vignette|redresse|Monogramme d'Alain Girelli. Tout en continuant à travailler pour Max Ernst, il crée une nouvelle gamme de meubles . C’est ensuite la galerie Saint-Jacques de Toulouse qui s'intéresse à son travail. Il crée pour elle une chaise ondulante..

vignette|redresse|Lettre de Jean-Louis Prat, directeur de la Fondation Maeght, à l'attention d'Alain Girelli (1976).

Ses réalisations sont trop fragiles pour rester à l’extérieur. Jean-Louis Prat, directeur de la Fondation Maeght, lui conseille de trouver un matériau résistant et imputrescible. Il pense alors au bois de cade, une espèce de genévrier (juniperus oxycedrus) présent dans la région, dont on tire de l’huile antiseptique et anti-parasitaire, habituellement utilisée pour soigner la gale des moutons. Il déracine souvent ces arbres morts à la suite d'incendies . Ses qualités imputrescibles et odorantes, sa dureté, intéressent Girelli qui, avec ce nouveau matériau, réalise une série de nouvelles sculptures qu’il va laquer et patiner en noir. vignette|recueil de performance Alain Girelli sur l'exposition de 1977 En , il est invité à l'exposition Le Bois et l’Homme qui a lieu à l’aéroport de Paris-Orly où sont exposés des chefs-d’œuvre du musée de l'Homme. C'est d'ailleurs lors de cet évènement qu'il réalise sa première performance avec de la poudre de cade (Juniperus oxycedrus).

L’émission de télévision Marche ou rêve, où il est interviewé par Georges Bégou, est enregistrée à cette occasion : son Grand Arbre sera filmé. La fin de l'année, il accompagne Dorothea Tanning à Paris pour le transport des œuvres de Max Ernst et séjourne chez eux rue de Lille. Il expose en décembre et -1978 et du au à Paris, la galerie Lucie Weill & Seligmann présente des œuvres de Girelli à côté de celles de Picasso, Miró, Max Ernst, Masson.. vignette|Carte de visite de César pour Alain Girelli En 1978, Jean-Paul Crespelle, critique d’art de France-Soir, le met en contact avec le sculpteur César qui appréciera son travail. Il recevra Alain Girelli avec ses premières œuvres dans sa maison de Roquefort Notre Dame (Alpes Maritimes). Il appréciera son travail et pousse Girelli à créer des « trônes en délire ».Tout en lui remettant sa carte avec l’empreinte de son pouce pour le recevoir en visite dans son atelier 10 bis Rue Roger 75014 Paris. Il explique, le fait qu'il n'est pas là "pour faire des petits Césars". alt=L'oiseau Noir|vignette|redresse|L'oiseau Noir, hommage à Max Ernst, acier thermolaqué, hauteur : , Fayence, Var.

En 1980, au Salon de Fréjus, il rencontre des architectes parisiens qui lui conseillent de réaliser des œuvres pour l’espace public, leurs qualités graphiques se prêtant à la monumentalité. Suivant leur conseil, Girelli réalise des sculptures monumentales, jusqu’à quatre mètres de haut, en bronze, en béton, en acier corten ou thermolaqué, notamment L'oiseau Noir en hommage à Max Ernst.

En 1983, dans le cadre du 1 % artistique, il reçoit de la société d’autoroutes Escota la commande d’une sculpture monumentale en bois imputrescible qu’il nomme Soleil couchant pour l’autoroute Estérel-Côte d’Azur, aire de Jas Pellicot - Autoroute A8. Il réalise sa première sculpture monumentale en béton coloréDépôt INPI brevet pour le procédé. dans un atelier spécialisé de Lafarge à Draguignan. Elle sera définitivement installée au Centre d'art contemporain de Chateauvert..

À Cannes, l’année suivante, il fait la rencontre d’Henri Goetz. Avec lequel il effectue un échange d'œuvre. En effet il fut réellement touché par « très sensible à sa qualité purement matérielle et sa sobriété »

En 1986, il reçoit la médaille d’or du Salon FAM de Tourrettes-sur-Loup. Le jury est composé de conservateurs de musées et d’artistes. La revue Art Thèmes publie un article sur son exposition dans la salle du couvent de Seillans.. La revue Maison française. avec Frédéric Méchiche consacre plusieurs pages à ses œuvres.

Le collectionneur Jacques Ginepro, expert en sculptures des lui achète des œuvres dont Gertrude, une de ses représentations féminines. En 1999, il le parraine pour avoir une notice dans le Dictionnaire Bénézit., le dictionnaire de référence des artistes. Trente lignes lui sont consacrées : . vignette|Écrit d'Henri Goetz pour Alain Girelli pour ses œuvres En même temps que ses sculptures monumentales, il décline avec la collaboration de Claude Pelletier, orfèvre de Biot des sculptures-bijoux en pierres semi-précieuses, notamment portée par Yvonne Desseux, la secrétaire d’Aimé Maeght.

En 1992, sa première exposition personnelle, Cinquante sculptures, a lieu au palais de l’Europe à Menton.. Un catalogue des œuvres est édité par le musée. La même année, il obtient un premier prix au festival des arts de Beaulieu, prix qui consiste en la possibilité de réaliser sa première œuvre en bronze offert par la fonderie d’art Bronze d’Airain. Il découvre alors l’univers des fonderies.

La peinture pénètre ensuite dans ses travaux, d’abord par les bois colorés de ses « Totems », puis par des dessins géométriques multicolores apposés sur le fond blanc de ses sculptures. Son originalité est de peindre sur des formes sculptées : (Jean Mas, écrivain artiste de l'École de Nice).

En 1996, à l’Espace Eiffel, il réalise une performance dans laquelle il effectue le moulage de la main et de la cheville de son épouse Dany, performance financée par les chocolats fins des ateliers Puyricard, filmée par l’École du journalisme de Paris, au profit d'Enfance et Partage. La revue Résidences présente ses sculptures..

Cette même année, la revue américaine Architectural Digest publie un article avec plusieurs photographies de ses œuvres.. vignette|Le Prince Albert de Monaco teste le Trône du Roi de la Forêt en 1998. Le Prince Albert de Monaco teste le Trône du Roi de la Forêt en 1998. La Fondation Prince Albert II de Monaco sera créée en 2006. Œuvre unique d’Alain Girelli, cette sculpture-trône est réalisée à partir d’arbres morts de cade, bois odorant, imputrescible, déraciné et détruit par les incendies à Monaco. Cette création s’inscrit dans le contexte du jubilé du Prince Rainier III en 1998.

alt=Sœur Emmanuelle sur le Trône du Roi de la Forêt|vignette|redresse|Sœur Emmanuelle sur le Trône du Roi de la Forêt en 2000.

En 2000, Alain Girelli invite Sœur Emmanuelle à déjeuner chez lui à Seillans. À la fin du repas, elle décide d'essayer une de ses chaises hautes (Le Trône du Roi de la Forêt).

Les expositions se succèdent. La galerie européenne de la Forêt et du Bois présente pendant six mois ses 18 œuvres. Il expose ensuite à New York à La Nouvelle-Orléans, Tokyo, puis Paris. vignette|Écrit de Sarane Alexandre à Alain Girelli le 13 Novembre 2007 En 2007 a lieu l'inauguration de Loplop, le supérieur des Oiseaux, l'homme au caractère doux et féroce en hommage à Max Ernst, un trône conçu pour lui. Un reportage a été publié dans la revue Supérieur Inconnu. Supérieur Inconnu est une revue littéraire française néo-surréaliste, fondée en 1995 par l'écrivain Sarane Alexandrian. L'artiste Pierre Pinoncelli est venu faire une "performance" à Fayence le 20 Juin 2007.

Redécouverte La sculpture d’Alain Girelli, longtemps oubliée, a été retrouvée en 2008 dans le grenier de la mairie de Tourrettes, sous une bâche, par le maire alors nouvellement élu, Camille Bouge. Elle était restée entreposée près de vingt-neuf ans sans être exposée au public.