Le , Mediapart publie une enquête sur la relation entre le réalisateur de cinéma Christophe Ruggia et l'actrice Adèle Haenel.. Celle-ci accuse le réalisateur d'« attouchements » et de « harcèlement sexuel » alors qu'elle était âgée entre 12 et 15 ans, consécutivement au tournage du film Les Diables, et se rendait chez lui les week-ends. Le , la Société des réalisateurs de films annonce entamer une procédure de radiation à l'encontre de Christophe Ruggia. Le même jour, Adèle Haenel livre un long entretien filmé à Mediapart. Elle explique notamment pourquoi elle n'a pas porté plainte contre Christophe Ruggia, affirmant que la justice est défaillante dans le genre de cas qui la concerne. Le parquet s'auto-saisit de l'affaire sur les chefs d'accusation de « harcèlement sexuel » et « agression sexuelle ». Une fois auditionnée, Adèle Haenel décide finalement de porter plainte, et Christophe Ruggia est mis en examen.
De nombreux observateurs estiment que la prise de parole d'Adèle Haenel, dans le prolongement du mouvement #MeToo, constitue un événement pour l'émancipation des femmes dans le cinéma et au-delà. Les principales instances représentatives du cinéma français et certaines de ses grandes figures lui apportent leur soutien. Adèle Haenel appelle plus globalement à une libération de la parole des victimes de violences sexuelles et évoque pour elle un nouvel .
En outre, sa prise de parole rejaillit indirectement sur le réalisateur Roman Polanski, encourageant Valentine Monnier à livrer, quelques jours plus tard, une accusation de viol à l'encontre de ce dernier alors qu'il fait déjà l'objet d'autres accusations de violences sexuelles et qu'il est considéré comme un fugitif par Interpol pour des faits d'abus sexuel sur mineure, à quelques jours de la sortie de son film J'accuse dont la promotion se trouve perturbée.
En 2025, Christophe Ruggia est déclaré coupable condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique. En 2026, suite à son appel, sa culpabilité est confirmée, et sa peine portée à cinq ans de prison, dont deux ans ferme.
Enquête, entretien et droit de réponse publiés par Mediapart alt=Adèle Haenel au Festival de Cannes 2017|vignette|Adèle Haenel. Dans une longue enquête réalisée par Marine Turchi, et publiée le sur Mediapart, Adèle Haenel dénonce qu'avait sur elle le réalisateur Christophe Ruggia à partir du tournage du film Les Diables. Elle affirme que, après le tournage du film, sa relation avec le réalisateur a « glissé vers autre chose ». Elle l'accuse d’« attouchements » et de « harcèlement sexuel » entre 2001 et 2004, alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans... Les faits allégués se sont déroulés lors de rendez-vous réguliers, le week-end, dans l'appartement parisien du réalisateur, où la conduisait parfois son père.. Elle déclare avoir été victime de ce qu'elle considère :
Elle déclare que le registre de ces crises était la et ajoute : ...
L'enquête de Mediapart ajoute aux propos d'Adèle Haenel une trentaine de récits et deux lettres signées par le réalisateur à l’attention de la jeune actrice, datant de et , dans lesquelles il évoque son pour elle et déplore de devoir .
alt=La journaliste Marine Turchi|vignette|175x175px|La journaliste Marine Turchi.
Dans un entretien vidéo avec Edwy Plenel et Marine Turchi, publié le , l'actrice explique pourquoi elle est sortie du silence, 4 novembre 2019, durée totale : ... Elle détaille trois raisons principales : le visionnage du documentaire Leaving Neverland sur Michael Jackson, dans lequel Wade Robson et James Safechuck affirment avoir été victimes d'abus sexuels de la part du chanteur lorsqu'ils étaient mineurs ; une solidarité avec les victimes de #MeToo ; et enfin, le fait que le réalisateur prépare un autre film intitulé L'émergence des papillons, avec des adolescents auxquels il donne les mêmes noms que ceux utilisés dans le film Les Diables, soit Chloé et Joseph. :
Le même jour, l'ensemble du conseil d'administration de la Société des réalisateurs de films (SRF) vote le lancement d'une procédure de radiation à l'encontre de Christophe Ruggia.. qui, pour sa part, conteste .. Peu après, il fait paraître un droit de réponse sur Mediapart. Il raconte qu'une pendant cinq à six mois entre lui et Adèle Haenel à l'occasion du tournage du film Les Diables. Il déclare qu'il a eu envie après le tournage de maintenir le lien qui s'était noué avec ses jeunes acteurs Vincent Rottiers et Adèle Haenel, et qu'il leur a proposé de se . Selon lui, Adèle Haenel a et lui a proposé qu'ils se voient le samedi suivant, puis elle est venue chez lui tous les samedis.. Il conteste les accusations de et déclare ne jamais avoir eu à l'égard d'Adèle Haenel dont elle l’accuse. Il affirme avoir . Il évoque une du . Il ajoute : ...
Dans l'entretien accordé à Mediapart, Adèle Haenel insiste par ailleurs sur la nécessité de parler publiquement, espérant , exprime sa reconnaissance à l'égard du mouvement #MeToo et évoque un nouvel ... À travers son propos selon lequel , France Info relève qu'elle ne cherche pas tant ..
En , dans un article que Marianne présente comme étant une , l'hebdomadaire critique plusieurs aspects de l'enquête de Mediapart et estime que Christophe Ruggia y est présenté d'une manière tendancieuse . L'hebdomadaire relaie également que Christophe Ruggia : après lui avoir promis qu'elle jouerait dans son prochain film, il lui aurait annoncé que son producteur ne voulait pas d'elle, qu'il voulait des « stars ». Adèle Haenel, qui, selon le réalisateur, n'était à l'époque pas retenue aux castings qu'elle passait et , lui aurait alors ...
Traitement judiciaire Premiers développements Un débat a lieu entre experts en droit pour déterminer si les faits décrits par Adèle Haenel sont prescrits, l'article 8 du code pénal fixant les délais de prescription ayant été modifiés sept fois depuis le début des années 2000...
En outre, le délit de harcèlement sexuel avait été abrogé par le Conseil constitutionnel en ..
Plainte Initialement, lors de la publication par Mediapart de l'enquête et de l'entretien avec elle début , l'actrice déclare ne pas vouloir porter plainte, se défiant de la justice. Le parquet de Paris s'auto-saisit alors de l'affaire, décidant l'ouverture d'une enquête préliminaire pour des faits d'« agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité » et « harcèlement sexuel ». Le , auditionnée dans le cadre de cette enquête judiciaire, l'actrice choisit finalement « ne pas se dérober » et saisit la justice...
Ses avocats précisent que trois raisons ont conduit Adèle Haenel à s’engager : le premier pas ayant été franchi par l'institution judiciaire, l'actrice considère qu' ; de Christophe Ruggia ; enfin, .
En , Christophe Ruggia est suspendu de la Société des réalisateurs de films jusqu'à l'issue de la procédure judiciaire..
Mise en examen Le , Christophe Ruggia est interpellé et placé en garde à vue par les services de police, tandis que son domicile est l'objet d'une perquisition... Le , après 48 heures de garde à vue, il est mis en examen pour .. En , ses avocats contestent les conditions de son contrôle judiciaire, Christophe Ruggia ayant l'obligation de se soumettre à des soins psychologiques. Ils argumentent que cela pourrait faire croire à la presse « qu’il souffre d’une affection psychologique ou psychiatrique quelconque, ce qui est contraire à la réalité ».. L'obligation est annulée en .. En , ses avocats obtiennent la nullité de la garde à vue. Ils avaient notamment plaidé que rien ne pouvait laisser penser au parquet que Christophe Ruggia ne se rendrait pas à une convocation de police et ils déploraient une « confrontation organisée en pleine nuit aux alentours de la quarantième heure de garde à vue ». La mise en examen est toutefois maintenue..
Procès En , le parquet de Paris requiert un procès contre Christophe Ruggia pour « agressions sexuelles aggravées sur mineur de 15 ans » en retenant comme circonstances aggravantes la minorité de l’actrice au moment des faits reprochés et la position d’autorité du réalisateur... Le procès s'ouvre en .. À l'audience comme pendant l'enquête, Christophe Ruggia nie les faits, et accuse l'ancienne actrice de lui reprocher de ne pas lui avoir proposé d'autres rôles. Cinq ans de prison dont deux ans ferme sous bracelet électronique sont requis. La décision est mise en délibéré au .. Ce jour-là, il est condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique.. Suite à l'appel interjeté par Christophe Ruggia, le 17 avril 2026, sa culpabilité est confirmée, et sa peine portée à cinq ans de prison, dont deux ans ferme.
Réactions Soutiens à Adèle Haenel Le Monde souligne que , ce qui constitue un : la Société des réalisateurs de films (SRF), la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs indépendants (ARP), Unifrance et le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) publient des communiqués saluant sa prise de parole.. Adèle Haenel reçoit par ailleurs le soutien de nombreuses personnalités, notamment du ministre de la Culture Franck Riester, de Brigitte Macron, des acteurs Isabelle Adjani, Marion Cotillard, Julie Gayet, Jean Dujardin, Gilles Lellouche et Omar Sy......
Répercussion sur le traitement des violences faites aux femmes De nombreux observateurs estiment rapidement que le témoignage d'Adèle Haenel et constitue un dans l’histoire de l’émancipation des femmes en France et dans l’histoire des médias : Daniel Schneidermann évoque ; Libération, .... Emily Barnett, critique aux Inrockuptibles, estime qu'avec son témoignage, Adèle Haenel ..
Adèle Haenel est la première actrice de premier plan du cinéma français à dénoncer publiquement des abus sexuels... Certains observateurs soulignent l'aspect inédit de la situation dans laquelle la femme qui accuse est plus puissante que l’homme qu’elle met en cause. Michel Guerrin, rédacteur en chef au Monde, considère que l’enquête et l'entretien vidéo donné à Mediapart : ..
Certains observateurs considèrent qu'Adèle Haenel pourrait relancer le mouvement #metoo en France.. Une semaine après l'enquête et l'entretien, le magazine Les Inrockuptibles souligne que son témoignage .. D'après Le Devoir, ..
Débat sur la médiatisation et la judiciarisation des accusations Début novembre, lors du déclenchement de l'affaire, l'actrice déclare ne pas vouloir porter plainte : elle met en cause le fait qu' et un système judiciaire qui , appelant la justice à ... Le même jour, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet salue la prise de parole de l'actrice et l'invite à , cette dernière lui semblant au contraire . La ministre déclare : , tout en jugeant qu'il est que le parquet s'auto-saisisse des faits .. C'est pourtant ce que fait le parquet le jour même, confiant l'ouverture d'une enquête préliminaire à l'Office central de la répression de la violence faite aux personnes (OCRVP) pour des faits et pour ..
En contradiction avec Nicole Belloubet qui estime la justice capable de traiter ce type d'affaires, Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, dit , et évoque un des femmes face à la justice.. Le discours de la ministre de la Justice Nicole Belloubet évolue ensuite : quinze jours plus tard, elle reconnait les dysfonctionnements de la chaîne pénale dans ce contexte.. Par ailleurs, Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, invite Adèle Haenel à et juge nécessaire de dans de tels cashttps://www.lepoint.fr/societe/adele-haenel-doit-faire-confiance-a-la-justice-estime-castaner-07-11-2019-2345913_23.php.