Johnny Herbert, né le à Romford (banlieue nord-est de Londres), est un pilote automobile anglais. Il s'est notamment illustré en Formule 1, ainsi que dans les épreuves d'Endurance. En 161 départs en Formule 1, Herbert a inscrit un total de 98 points, remporté 3 victoires et décroché 7 podiums. En Endurance, il a notamment remporté les 24 Heures du Mans 1991.

Biographie Les débuts en promotion Après un parcours classique en karting où il devient champion de Grande-Bretagne Junior en 1979 puis champion de Grande-Bretagne Senior en 1982, Johnny Herbert commence le sport automobile dès 1983 et s'affirme vite comme l'un des plus grands espoirs britanniques.

En 1984, sur une Sparton-Ford de Formule Ford 1600, il obtient une pole position, une victoire et quatre podiums dans les championnats BP (huitième avec 19 points) et Dunlop (sixième avec 24 points) de Formule Ford britannique dans lesquels il est engagé. En 1985, sur une Quest, il réalise quatre pole positions, quatre meilleurs tours et douze podiums en championnats britanniques de Formule Ford 1600 (ESSO, RAC et EFDA Euroserie). Il remporte surtout une importante victoire au Formula Ford Festival de Brands Hatch qui lui permet de s'engager en Formule Ford 2000 et Formule 3 en 1986.

En 1986, sur sa Quest, Herbert ne réalise comme meilleure performance qu'une quatrième place en FF 2000 et (au volant d'une Ralt) ne se classe que quinzième du championnat de Formule 3 avec 8 points. Toutefois il réussit à trouver un volant au sein du Eddie Jordan Racing pour la saison suivante de Formule 3. En 1987, il pilote une Jordan Reynard-VW et, en inscrivant 79 points, devient champion britannique de la discipline devant Bertrand Gachot et Martin Donnelly avec cinq pole positions, cinq meilleurs tours en course, cinq victoires et dix podiums. Cette même année, il effectue ses premiers tours de roue en Formule 1 en réalisant de probants essais privés à Imola pour le compte de l'écurie Benetton où il fait jeu égal avec le pilote leader et espoir italien Alessandro Nannini qui a déjà disputé 47 Grands Prix.

La Formule 3000 et le drame de 1988 En 1988, l'écurie Eddie Jordan Racing tente l’expérience en Formule 3000 avec Johnny : la première course est une victoire, à Jerez en Espagne, avec la Jordan Reynard 88D-Cosworth DFV. La bonne fortune quitte Johnny dès la deuxième manche du championnat à Vallelunga où il se blesse lors d’un accident provoqué par Gregor Foitek. Il doit alors faire l’impasse sur la course de Pau mais, dès la course suivante, à Silverstone, il termine septième. Puis, arrive la manche de Monza, une des plus belles courses de l'ensemble de la carrière d’Herbert selon le magazine Autocourse Annual : Ce , le lendemain de son anniversaire, Herbert réalise le meilleur tour en course et se classe troisième de l'épreuve.

En , l’écurie Lotus le sollicite pour des essais de pneus à Monza où il fait bonne figure au côté du champion du monde Nelson Piquet. Mais, encore une fois, la malchance le poursuit. Le , lors de la course de Brands Hatch, il est impliqué dans un crash dantesque avec de nombreuses voitures, un des plus importants accidents lors d'une compétition de F3000. La saison d'Herbert se termine ce jour-là, ses blessures sérieuses aux membres inférieurs l'empêchant d'envisager de monter dans un cockpit en 1988. Il se classe huitième du championnat international avec 13 points en n'ayant disputé que sept courses. Pour nombre d'amateurs de sport automobile Herbert semble perdu pour le sport automobile de haut niveau. Herbert déclarera :

Éphémère début en Formule 1 Pourtant, quelques mois plus tard, il est présent à l'ouverture du championnat du monde de Formule 1 1989 au Brésil. Herbert indiquera que si son corps était brisé, sa volonté restait intacte :

Malgré les incertitudes autour de l'état physique de Herbert, le directeur sportif de Benetton Peter Collins a tenu à respecter le contrat signé avec le pilote britannique juste avant son accident. Incapable de marcher normalement, obligé de se déplacer sur un petit vélo et d'être porté par ses mécaniciens pour entrer dans sa B188-Cosworth, Herbert stupéfie les observateurs en terminant son tout premier GP à une remarquable quatrième place, mieux que Prost neuf ans plus tôt, aussi bien qu'Alesi trois mois plus tard. La suite est plus difficile. Il rate ses qualifications à trois reprises lors des GP de Saint Marin, Monaco et Mexique et s'il termine ses courses, c'est seulement en onzième, quatorzième et quinzième position. Il se ressaisit au GP des États-Unis où, malgré une calamiteuse qualification en vingt-cinquième position sur la grille, il termine la course à une méritoire cinquième place finale. Rattrapé par les séquelles de son terrible accident (un nerf coincé au niveau de la cheville le prive de la force nécessaire pour appuyer sur les pédales), Herbert s'avère de plus en plus inapte au pilotage d'une F1.

Il touche le fond au GP du Canada où il manque sa qualification. La disgrâce de son protecteur Peter Collins lui est fatale puisque l'une des premières décisions de Flavio Briatore, le nouveau directeur sportif de Benetton, est de le limoger durant l'été pour le remplacer par Emanuele Pirro. Herbert retrouve ponctuellement un volant en fin d'année chez Tyrrell en remplacement de Jean Alesi, lorsque ce dernier est retenu par le championnat de Formule 3000. Au volant de la 018, il se qualifie en seizième position du GP de Belgique où il abandonne sur tête à queue et échoue en qualification au GP du Portugal. Herbert, en 6 départs, a inscrit 5 points et termine quatorzième du championnat pilotes. Herbert comprend que son avenir n'est plus en Formule 1 part au Japon disputer les de Fuji au volant d'une Takefuji-Porsche 962C et se classe sixième de l'épreuve. Il décide alors que, s'il ne décroche pas de contrat en F1, il poursuivra sa carrière au Japon.

Exil au Japon Sans volant de titulaire pour le championnat du monde de Formule 1 1990, Herbert s'exile au Japon et choisit de combiner un contrat de pilote-essayeur chez Lotus avec deux programmes de course dans les séries All Japan Sports Prototype Championship (toujours sur Takefuji-Porsche 962C) et Formula Nippon au sein de l'écurie Italiya qui engage des Reynard 90D-Mugen. En F3000 japonaise, il est contraint à l'abandon à 6 reprises et ne se classe que dix-huitième du championnat avec 3 maigres points tandis qu'en Endurance il se classe quatrième de l'épreuve du Mont Fuji.

Johnny fait son retour en F1 en toute fin de saison où il est engagé pour les GP du Japon et d'Australie chez Lotus (où Peter Collins est le nouveau directeur sportif) en remplacement de Martin Donnelly gravement blessé lors des essais du Grand Prix d'Espagne (et qui ne conduira plus en F1). En manque de roulage, Herbert se qualifie en milieu de grille (quatorzième puis dix-huitième) tandis que sa Lotus 102-Lamborghini le contraint par deux fois à l'abandon (casse moteur puis panne d'embrayage).

Retour en F1 et victoire au Mans vignette|gauche|Johnny Herbert vainqueur des 24 Heures du Mans 1991 sur la Mazda 787B avec Volker Weidler et Bertrand Gachot. En 1991, Herbert poursuit sa carrière au Japon, désormais au sein de l'écurie Suntory West qui engage des Ralt RT23-Mugen. Herbert décroche une deuxième place lors de l'épreuve disputé à Mine mais 5 abandons ne lui permettent que de terminer à la dixième place du championnat de Formula Nippon.

Grâce à David Kennedy, responsable du programme « Le Mans-Mazda », qui s'est démené auprès de ses dirigeants pour maintenir Johnny dans la liste de ses pilotes, il se voit ainsi offrir le droit de conduire la révolutionnaire Mazda 787B à Moteur Wankel. Herbert et Gachot décrochent une quatrième place au Mont Fuji, puis Herbert récidive, à nouveau à Fuji, mais aux côtés de Maurizio Sandro-Sala. Il participe alors aux 24 Heures du Mans et, avec Volker Weidler et Bertrand Gachot, il conduit la Mazda à la victoire, ce qui constitue la première victoire d’une voiture japonaise, et la première victoire d'une motorisation à pistons rotatifs dans la grande classique mancelle. Perclus de crampes après avoir assuré le dernier relais, Herbert est absent de la cérémonie de la victoire.

Herbert poursuit en parallèle sa carrière en F1 au sein de l'écurie Lotus, mais seulement de manière ponctuelle car l'écurie désargentée, donne la priorité aux pilotes payants tels Julian Bailey ou Michael Bartels aux côtés du débutant finlandais Mika Häkkinen. Pour preuve de sa pugnacité, il réussit à qualifier sa médiocre voiture (Lotus 102B-Judd) 7 fois sur 8 tandis que Bailey n'y parvint qu’une seule fois et Bartels jamais. Herbert obtient pour meilleur résultat une septième place lors du Grand Prix de Belgique et est contraint à l'abandon à trois reprises, sur rupture du V8 Judd.

Titulaire en F1 chez Lotus vignette|droite|Johnny Herbert sur Lotus au Grande-Bretagne 1994. Herbert doit attendre la saison 1992 pour pouvoir enfin réaliser une saison complète en Formule 1, toujours chez Lotus. Il fait alors jeu égal avec le futur champion du monde Mika Häkkinen. Les deux pilotes montrent l'exemple d'une collaboration parfaite tant au volant de leur monoplace que dans le paddock où ils passent leur temps à se faire des blagues de potaches. Cette bonne entente a certainement contribué aux bons résultats de Lotus tout au long de la saison 1992, et ce malgré une fiabilité perfectible puisque Herbert ne termine que quatre courses, dont deux dans les points (sixième en Afrique du Sud et en France). Il reste deux saisons supplémentaires chez Lotus et, en 1993, réalise une course d'anthologie sous une météo capricieuse à Donington. Il ne change qu'une seule fois de pneumatiques et garde ses slicks sous une pluie battante, alors que Prost passera sept fois par les stands. Ron Dennis, manager de McLaren Racing propose alors à Lotus d'éponger leurs dettes contre la libération d'Herbert mais se voit opposer un refus catégorique. Herbert se classe à quatre reprises dans les points, dont trois fois à la quatrième place au Brésil, en Europe et en Angleterre et termine à la neuvième place du championnat du monde.

Titulaire en Formule 1 chez Benetton vignette|gauche|Johnny Herbert remporte sa première victoire en Formule 1 au Grand Prix de Grande-Bretagne 1995. En 1994, Herbert poursuit sa carrière chez Lotus, en proie à de gros problèmes financiers. La saison est difficile jusqu'au Grand Prix d'Italie, où il se qualifie en quatrième position sur la grille grâce à un nouveau moteur, mais est percuté lors du premier départ. Contraint de prendre sa voiture de réserve avec l'ancienne version moins performante du moteur Mugen-Honda pour le second départ, il abandonne sur problème mécanique. Avant le Grand Prix d'Europe, il est appelé par Flavio Briatore pour effectuer une pige d'une course dans l'écurie française Ligier, désormais détenue par Briatore. Il dispute les deux dernières épreuves de la saison chez Benetton (dont Briatore est le directeur), mais ses résultats ne permettent pas à l'écurie de décrocher le titre des constructeurs.

Ces piges préfigurent son engagement complet chez Benetton en 1995, aux côtés de Michael Schumacher. En 1995, Herbert remporte ses deux premières victoires en Grand Prix en Angleterre et en Italie, profitant par deux fois d'un accrochage entre Schumacher et Damon Hill, mais est dominé par son équipier. En l'espace de quelques mois, celui qui passait encore courant 1994 pour un pilote d'avenir voit sa réputation ternie, même si cette saison reste sa meilleure au niveau des résultats.

Trois ans chez Sauber