L'atelier de poterie antique de Gueugnon est un grand site de production de poterie à Gueugnon en Saône-et-Loire, Bourgogne (région Bourgogne-Franche-Comté), France.
Occupé du au , cet atelier de Gaule du centre-est est réputé pour sa sigillée et ses céramiques fines des s. Avec fours reconnus, c'est le plus gros producteur connu de sigillée de Bourgogne.
Présentation
Actif de la fin de la Tène à la fin du ., c'est l'un des grands complexes de la Gaule romaine pour la production de céramiques et le seul grand centre de production de céramiques sigillées de Bourgogne gallo-romaine, ... En 2014 il est avec Jaulges/Villiers-Vineux l'un des seuls fabricants locaux de sigillées avérés.
La surface explorée est de , soit qui contiennent fours trouvés (il s'en trouve peut-être d'autre alentours : la surface de fouilles est limitée par l'urbanisation environnante.. La vue "caméra de rue mobile" ("street view") de google.maps montre le paysage le long de la plupart des routes circulables en voiture. Elle est accessible dans la carte classique de google/maps (ici centrée sur le site de l'archéo'site) par l'icône représentant une silhouette, sous la barre verticale du zoom en bas à droite de l'écran : cliquer dessus avec la touche gauche de la souris et maintenir la touche enfoncée, puis l'amener sur la carte : les routes parcourues par la caméra s'éclairent en bleu. Placer l'icône sur un trait bleu (= une route), relâcher le bouton de souris ; la vue en caméra de rue apparaît. Tourner la vue en cliquant sur la fenêtre et en faisant glisser à gauche ou à droite de l'écran. On peut faire avancer la caméra en cliquant sur la route ; et repositionner la caméra ailleurs en cliquant sur un trait bleu dans la carte en encart en bas à gauche de la fenêtre.).
Situation
L'atelier est situé le long et aux alentours de la rue des Potiers dans la plaine du Fresne (non inondable ordinairement), quartier actuel du Vieux-Fresne au sud de Gueugnon, en rive gauche (côté Est) de l'Arroux.. Ses sont en partie recouverts par des constructions existantes de la zone industrielle des Fontaines et une partie des terrains du stade sportif de la rue des Potiers Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées..
Dans une plus large perspective, Clermont-Ferrand est à environ au sud-ouest, Lyon au sud-est, Dijon au nord-est.
Situation historique Transport fluvial
Depuis le Néolithique, la navigation fluviale est le principal moyen de déplacement - surtout pour les objets lourds comme les amphores. Or l'Arroux est navigable depuis la Loire (Digoin, au sud) jusqu'à Gueugnon et peut-être jusqu'à Autun (environ au nord-est) ; c'est une voie de passage entre la Loire et le pays éduen.. La Saône est accessible par Tournus ( à l'est) et par la trouée de Chagny faite par la Dheune (qui amène à traverser la Thalie à Chagny à au nord-est en direction de Beaune, d'où on rejoint vers l'est la Saône à Gergy une quinzaine de km plus loin). Les distances par route entre deux points donnés sont calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) – cliquer sur "Itinéraires".. Le bassin de la Seine au nord commence quant à lui vers Château-Chinon (), Saulieu et Pouilly-en-Auxois.
Transport routier
De façon générale, les grands axes routiers suivent l'orientation des voies d'eau et, en quelque sorte, sont leurs doublures.. De même que d'autres grands centres de production comme Arleuf (ferriers, bas-fourneaux, atelier de forge), Beaune (ferriers), Boncourt-le-Bois, Domecy-sur-Cure (atelier de potiers), Mellecey (artisanat du bronze), Voutenay-sur-Cure (ferriers) ou Palleau (ferriers), Gueugnon (atelier de forge, . s. en plus de l'important atelier de potiers) est situé le long d’un axe routier. Pour Gueugnon, c'est la voie d'Autun à Feurs., Roanne (vallée de la Loire) et Clermont (vallée de l'Allier : une voie d'intérêt régional.. Gueugnon est l'une des plus anciennes agglomérations routières connues, remontant à la fin de la Tène D2b (troisième quart du ; la Tène est aussi appelée le second Âge du fer). Par opposition aux centres régionaux, la topographie des agglomérations routières se développe systématiquement le long de la voie de passage. Certains de ces sites de production ont pu simplement fournir des services aux usagers des voies ; d'autres, comme Gueugnon et Domecy, ont pu profiter du passage routier pour développer leur production au-delà du marché local.
Au début des années 2000, J.-Cl. Notet a identifié au mètre près et sur une distance de 12km, le tracé de la grande voie antique Autun-Clermont qui traversait les ateliers des potiers aux Fontaines.
Carrefour régional
Historiquement, le site est en Gaule lyonnaise mais très proche de la Gaule aquitaine à l'ouest et de la Gaule belgique à l'est ; la Gaule narbonnaise n'est guère plus loin au sud. L'atelier bénéficie de la proximité de la grande ville d'Autun (Angustodunum), au milieu d'un pays éduen (capitale : Bibracte, au nord) fortement peuplé, ..
Proximité des grands centres de production
Il est également proche des autres grands ateliers de la Gaule centrale : Lubié (près de Lapalisse, au sud-ouest), Toulon-sur-Allier ( à l'ouest), Vichy ( au sud-ouest), Lezoux ( au sud-ouest), Les Martres-de-Veyre ( au sud-ouest)… qui initialement fournissent impulsion, modèles et main-d’œuvre spécialisée (créateurs de poinçons, fabricants de moules, potiers).
Les ateliers de sigillée de la Gaule centrale incluent aussi Cournon-d'Auvergne (atelier des Queyriaux). et Terre-Franche (à Bellerive-sur-Allier).
Historique des découvertes et fouilles
Le site a été découvert pendant l'hiver 1965-1966 lors du creusement de tranchées pour l'installation d'un aqueduc et d'une conduite de gaz naturel.. Des fouilles animées par Henri Parriat ont immédiatement été entreprises par le groupe archéologique amateur de Gueugnon-Montceau, avec les deux premières campagnes en juillet et .. Quelques archéologues professionnels comme Hugues Vertet apportent très occasionnellement leur soutien scientifique. Entre 1966 et 1974, fours ont été dégagés ainsi que des ateliers, dépotoirs, fosses à argile, un puits, un balneum.. À partir de 1976, Jean-Claude Notet prend le relais de Henri Parriat. Jusqu'en 1986, fours ont été mis au jour, ainsi que des structures et des dépotoirs ; le tout sur une surface d'environ . L'association des Amis du Dardon dépose un des fours et une partie du produit des fouilles au musée de la céramique de Digoin (créé en 1972). ; puis place des sigillées au musée du Patrimoine de Gueugnon.. Sous l'influence de Christian Goudineau (membre du Conseil supérieur de la recherche archéologique à partir de 1978), vers le milieu des années 1980 les amateurs - qui pourtant ne coûtaient pratiquement rien à l’administration, contribuaient fortement à la sensibilisation de la population à l’archéologie, constituaient un réseau important d’informateurs et ont formé un grand nombre d’archéologues à la pratique de la fouille - sont exclus du domaine des fouilles archéologiques ; en 1992 (« année de restructuration de l’archéologie ») le groupe archéologique de Gueugnon-Montceau cesse ses activités à Gueugnon. En 1997 les structures reconnues incluent 60 fours, 2 fosses d'extraction d'argile, 7 dépotoirs et plusieurs bâtiments relatifs à l'activité de l'atelier..
En 2000 J.-Cl. Notet publie à l’université de Bourgogne une thèse intitulée La production de sigillée et de céramique fine gallo-romaine de Gueugnon.
Dans le début des années 2000., Frédéric Devevey fait quelques nouvelles découvertes dans le cadre d’une opération de l’Inrap, dont trois nouveaux fours.
Quartier d'habitations
Malgré plusieurs fouilles archéologiques et des prospections magnétiques, l'emplacement des habitations des potiers du Fresne restent inconnus. En 1972 Rolley signale les traces d'une habitation., dont nous n'avons pas trouvé de confirmation ultérieure.
Le site de production
Plusieurs découvertes démontrent une activité dès la fin du , dont une estampille sur sigillée à glaçure brillante, portant l'inscription « CN ATEI » ; des chenets à tête de bélier (de facture gauloise-éduenne), « Annexes » : , carte de la répartition des chenets gaulois (C) à tête de bélier ; et fiche du chenet de Gueugnon à tête de bélier dans la sous-section “fiches C” (sans numéro de page, se repérer approx. à l'aide de la table des matières des annexes en des annexes)., . ; un vase sans anse en terre rouge d'époque augustéenne (-14 apr. J.C.).
Le voit la fabrication de céramiques communes, notamment cruches en grande quantité et amphores vinaires. La découverte d'un puits en 1974 ou peu avant, répond aux questions sur l'alimentation en eau. Le puits était comblé avec des statuettes, entières ou en fragments, en terre blanche (vénus, déesses anadyomènes, déesses-mères). Depuis cette découverte du début des années 1970, cinq autres puits ont été mis au jour soit un total de six puits connus en 2012 pour le site.
Les s marquent l'apothéose de l'atelier, notamment avec les céramiques sigillées (de couleur rouge-orangée). produites sous forme de vases moulés à décors et de vases tournés et signés. Ses fours sur en font l'un des grands centres de production de céramique en Gaule romaine, avec plusieurs ensembles artisanaux, .. Ce vaste atelier n'est pas une dépendance d'un domaine rural mais fonctionne de façon indépendante.
Les ateliers de Gueugnon et ceux de Toulon-sur-Allier établissent des relations en regard de leurs productions respectives dans la deuxième moitié du .. Ainsi, les styles de décorations du (comme celles du « Maître à la rosette » ou celles de BIRACATVS, présentent d'importantes similitudes avec un certain nombre de pièces retrouvées sur le site de Toulon-sur-Allier. Par contre, Gueugnon n'entretient plus de relation avec les ateliers de Lezoux au cours du troisième quart du .
Les substructions d'un édifice avec hypocauste (balneum) ont été trouvées, accompagnées de sigillée tardive.
Abandon du site L'abandon du site de Gueugnon (comme pour ceux de Boncourt-le-Bois et de Domecy-sur-Cure) semble postérieur à la première moitié du . Pour Gueugnon, les vestiges indiquant une fréquentation disparaissent à l’époque valentinienne. (364-392). Mais le site a déjà profondément changé dès le début du . La fabrication de céramique, si importante jusqu'à la fin du Haut-Empire, cesse dans le dernier quart du . Les quelques monnaies du font pauvre figure à côté des abondants vestiges des siècles précédents, notamment le mobilier du Haut-Empire. Quininum, ancêtre du Gueugnon actuel, n’apparaît qu’en 876 dans une charte du monastère de Perrecy-les-Forges (Saône-et-Loire). La continuité n'est pas prouvée entre le site gallo-romain, connu à ce jour uniquement sur la rive gauche de l'Arroux sur la voie d’Autun à Clermont, et le village du qui serait sur la rive droite.
Les fours
Dès 1968 deux fours à feu direct (pour céramique commune ou poterie à couverte sombre, noire ou brune, à reflets métalliques) sont dégagés par les fouilles, mais aussi des tuyaux et joints en terre cuite caractéristiques des fours à feu indirect, pour sigillée.
En 2012, fours sont reconnus.. Ils sont de formes très diversifiées ; F. Creuzenet en compte types. Mais la méthode de construction dominante est toujours la même : parois, parements et voûtes sont faits de tuiles et de briques, jointoyées à l'argile. Les soles ont une armature de tuiles plates ; leur largeur conditionne les dimensions des alandiers. Cette armature porte une couche épaisse d'argile réfractaire.
Quelques alandiers sont couverts d'une fausse voûte faite par le porte-à-faux progressif de l'empilement des tuiles.
Ce sont presque tous (mais pas tous) des fours à feu direct : les flammes et les gaz entrent dans la chambre de cuisson par des conduits de .