Sans Souci - Dauphiné, parfois dénommé à l'inverse Dauphiné - Sans Souci, ou simplement Sans Souci, est un quartier du de la ville de Lyon situé entre les quartiers de la Villette, Montchat, Monplaisir et le secteur sud de la Part-Dieu.
Autrefois constitué de terrains agricoles rattachés au faubourg de la Guillotière, son aménagement est dans un premier temps contraint par la présence des fortifications de Montluc et du chemin de fer.
L'urbanisation de Sans Souci va débuter à compter de la seconde moitié du dans le prolongement du quartier voisin de Monplaisir en regroupant des maisons individuelles, ateliers et usines.
Aujourd'hui, le quartier présente majoritairement une vocation résidentielle caractérisée par un renouvellement progressif de l'habitat tout en conservant une activité commerciale sur ces axes historiques.
Géographie Localisation Le quartier situé au sud-est du arrondissement est délimité de la manière suivante :
Au nord par l’avenue Félix-Faure et le quartier de la Villette. À l’est par la rue Feuillat et le quartier de Montchat. Au sud par le cours Albert Thomas et le quartier de Monplaisir (situé dans le arrondissement). À l’ouest par les voies de chemin de fer reliant la gare de la Part-Dieu et la rue Général Mouton-Duvernet. Au-delà du chemin de fer, on trouve le boulevard Vivier-Merle puis le secteur de La Buire, prolongement résidentiel de la Part-Dieu.
Voies de communication et transports
Principaux axes de voirie Le quartier est encadré par deux axes importants à l'échelle de la ville de Lyon.
Au nord, l'avenue Félix Faure reliant l'avenue Jean Jaures dans le 7e arrondissement à la place des Maisons-Neuves sur la commune de Villeurbanne.
Au sud le cours Albert Thomas, délimitation entre le et le arrondissement reliant le Cours Gambetta à la place d'Arsonval.
Le secteur est également délimité à l'est par la rue Feuillat, un axe traversant qui relie l'avenue des Frères Lumière à la route de Genas.
Intra-muros, le quartier est traversé par deux principaux axes, l'avenue Lacassagne reliant la rue Paul Bert au boulevard Pinel et la rue du Dauphiné reliant le cours Albert Thomas à la route de Genas.
Transports en commun vignette|La station de métro Sans Souci au sud du quartier Concernant les transports en commun, le sud du quartier est desservi par la ligne D du métro au niveau du cours Albert Thomas via les stations Sans Souci et Monplaisir Lumière.
Le tramway est également présent au cœur du quartier par le passage de la ligne T3 à la station Dauphiné - Lacassagne sur l'emprise de l'ancien Chemin de fer de l'Est de Lyon et le passage de la ligne de tramway T4 à l'ouest du quartier au niveau de la station Manufacture - Montluc.
Concernant le réseau d'autobus le quartier compte cinq lignes. Il s'agit des trois lignes majeures C11, C13 et C16 ainsi que des lignes complémentaires 25 et 69.
Plusieurs stations du service de vélo partagé Vélo'v sont implantées sur le quartier pour compléter cette offre de transport.
Urbanisme vignette|La rue Jean-Pierre Lévy ouverte au début du
Au nord-est, le secteur se caractérise par un bâti relativement peu élevé, délimité et contraint par l'emprise de l'ancien chemin de fer de l'Est Lyonnais. On trouve ainsi plusieurs parcelles occupées par des maisons de ville et des activités artisanales.
Le sud-est du quartier, qui correspond historiquement au lotissement Sans Souci, se caractérise avec des rues rectilignes. Il est occupé par une zone résidentielle plus affirmée avec des immeubles d'habitation construits à compter de la seconde moitié du en remplacement d'ateliers et de maisons individuelles.
L'ouest du quartier concentre une plus forte mixité avec les activités économiques par la présence de linéaires commerciaux et artisanaux.
Entre les années 1990 et 2010 des ZACs ont vu le jour à l'ouest, le long de l'emprise de l'ancien chemin de fer de l'est Lyonnais afin d'assurer la continuité urbanistique entre la rue du Dauphiné et l'avenue Félix Faure. Ces opérations d'urbanisme ont permis l'ouverture de nouvelles rues et la création d'une voie cyclable qui traverse le quartier.
Toponymie On retrouve le nom « Campagne de Sans-Souci » pour la première fois sur un plan topographique de 1828. Il s'agit d'un nom commercial choisi par Marie-Vital Henry, baron des Tournelles, lorsqu'il décide de lotir le domaine qui lui appartenait jusqu'alors. C'est également à lui que l'on doit le nom du quartier voisin de « Village de Monplaisir ».
En 1920, le plan parcellaire de la ville de Lyon indique que le secteur comportant le croisement entre la rue du Dauphiné, le chemin des Pins (devenu aujourd'hui Avenue Lacassagne) et la voie ferrée du chemin de fer de l'est lyonnais est dénommé « Carrefour de Sans-Souci ». Le passage à niveau qui était situé sur cette intersection jusqu'en 2004 était également dit de « Sans Souci ».
Le terme Dauphiné lui vient de la rue du Dauphiné, axe historique qui traverse le quartier pour relier Lyon à Crémieu. Le secteur se trouvait, comme l'ensemble de la rive gauche de Lyon, sur la province du Dauphiné.
Histoire Le secteur était autrefois situé sur la commune de La Guillotière, laquelle a été définitivement rattachée au troisième arrondissement de Lyon en 1852.
Le domaine des Tournelles vignette|Plaque de l'ancienne rue des Tournelles On trouve à l'origine ici un domaine essentiellement composé de champs autour de voies de communications permettant de rejoindre le centre du faubourg de la Guillotière.
Le château des Tournelles occupe les lieux, propriété des jésuites au début du , il sera racheté par Louis Henry qui devient alors le principal propriétaire des terrains environnants.
La campagne de Sans-Souci Son fils Marie-Vital Henry prend le titre de Baron des Tournelles, il décide à partir de 1827 et à la suite du développement démographique lyonnais de lotir son domaine qu'il va nommer « du village de Monplaisir et de la campagne de Sans-Souci ».
Les lots mis à la vente sont découpés en parcelles entre lesquelles sont aménagés des chemins se coupant en angles droits. Des villas entourées de jardins, maisons ouvrières et ateliers voient le jour sur la campagne de Sans-Souci à compter de la du .
Fortifications et chemin de fer vignette|Le fort Montluc et une partie du quartier en arrière-plan au début du
La zone relativement éloignée du centre de Lyon profite néanmoins d'une urbanisation contrainte. Celle-ci s'explique par la construction en 1831 du fort de Montluc (à l'origine dénommé fort de Villeurbanne) pour défendre Lyon en cas d'invasion. L'ouvrage entouré d'eau est complété par une ceinture de fortification.
En 1859, la ligne de chemin de fer Lyon - Genève rejoint la gare de la Guillotière et longe les fortifications.
Développement des transports vignette|La gare de l'Est
En 1881, la gare de Lyon-Est ouvre ses portes à la limite nord-ouest du quartier avec la mise en service du Chemin de fer de l'Est de Lyon.
C'est également la même année que la Compagnie des omnibus et transports lyonnais (OTL) ouvre l’une de ses dix premières lignes de tramway. La ligne en provenance de Bellecour traverse désormais le quartier par l'actuelle rue du Dauphiné avant de rejoindre la route de Genas et le quartier de Montchat. Le tramway perdure jusqu'en 1951 ou il est remplacé par un service en autobus jusqu'à Saint Jean.
Des HBM sont construits au sud du quartier dans les années 1930, le long de la rue du Dauphiné. Cet ensemble va permettre le développement d'une activité commerciale et artisanale sur le secteur. C'est à la même période, en 1934, que le château des Tournelles est démoli non loin de là sur le quartier de Monplaisir.
Détention lors de la guerre Lors de la deuxième guerre mondiale, le quartier est marqué par l'activité de la prison Montluc. Construite en 1921 comme prison militaire à côté du fort éponyme. Elle est utilisée à compter de 1940 par le régime de Vichy, puis par les nazis, pour la détention de prisonniers dans des conditions épouvantables sous les ordres de Klaus Barbie.
C'est notamment ici que Jean Moulin, chef de résistance est détenu en 1943 après son arrestation à Caluire. À la suite de ces évènements, le lieu est transformé en mémorial national en 2009.
Époque contemporaine vignette|La ligne de tramway T3 au niveau de la station Dauphiné Lacassagne et son croisement avec l'avenue Lacassagne.
À partir des années 1960, le sud du quartier voit l'arrivée de nombreux immeubles résidentiels provoquant la disparition progressive des maisons et des ateliers. En 1991, la création de la ligne D du métro le long du cours Albert Thomas va accentuer cette mutation, une station Sans-Souci ouvre ses portes à l'intersection avec la rue des Tuiliers.
À la fin du , le Chemin de fer de l'Est de Lyon est progressivement fermé. L'emprise laissée par l'ancienne infrastructure permet le développement en 2006 de la ligne de tramway T3. La station Dauphiné - Lacassagne est inaugurée au croisement des deux voies éponymes. À cet emplacement se trouvait auparavant un passage à niveau dont l'ancienne maison du garde-barrière a été conservée par son aspect patrimonial. C'est aujourd'hui un local associatif.
Une ZAC est également créée sur le secteur permettant la création de logements et commerces sur l'emplacement d'une ancienne usine de mise en bouteille. La structure du bâtiment principal est conservée en raison de la façade remarquable et est reconvertie en maison des associations.
C'est aussi depuis le début du que le secteur ouest autour du fort et des voies ferrées tend à se développer avec l'influence de la restructuration du quartier voisin de la Part-Dieu. Une esplanade arborée voit le jour et un nouveau collège est construit en 2005. Deux ans plus tard, en 2007, le fort Montluc est reconverti en hôtel de police.
En 2013, c'est au tour de la ligne de tramway T4 d'être inaugurée à l'ouest du quartier, le long de la rue du Général Mouton-Duvernet. Une station Manufacture - Montluc est créée à l'embouchure de la rue du Dauphiné, elle permet de desservir le campus de la Manufacture des Tabacs situé à proximité immédiate, dans le arrondissement.
Politique et administration Sans Souci - Dauphiné, comme tous les quartiers, n’est pas une structure administrative.
Depuis 1926, le quartier dispose d'un conseil d'intérêt local (CIL) permettant de faire le lien entre la mairie et les habitants au travers les sujets concernant l'urbanisme, la circulation, la voirie, les transports en commun, le cadre de vie, les espaces verts, la propreté, la sécurité, les affaires scolaires et petite enfance, la culture et le patrimoine.
Par ailleurs, à compter de 2002, un conseil de quartier dénommé Sans Souci - Dauphiné est également mis en place. Celui-ci réfère au 3e arrondissement de Lyon dirigé par un maire. Cet arrondissement est inclus dans la commune de Lyon dont la collectivité territoriale est la métropole de Lyon.
Population et société
Sports Le quartier compte quelques équipements sportifs. On dénombre : La maison du Judo, un complexe de deux salles destinées à la pratique des arts martiaux. Le gymnase Rebatel, où l'on pratique le hand-ball et le tennis de table. Le skate park, situé rue Mouton Duvernet. Un club de tennis avec deux courts, rue Saint Marc.
Par ailleurs plusieurs salles de sports privées sont situées dans le quartier.
Santé Dans le quartier sont situés les cabinets d'une dizaine de médecins généralistes et de plusieurs dentistes, un cabinet de radiologie, un laboratoire d'analyse médicale ainsi que quatre pharmacies.
Le centre hospitalier le plus proche est l'Hôpital Édouard-Herriot dans le quartier de Grange Blanche.
Administration et services alt=La rue du Dauphiné et son bureau de Poste|vignette|La rue du Dauphiné et son bureau de Poste On trouve dans le quartier :