vignette|Localisation de Paramillos de Uspallata dans la province de Mendoza. Paramillos de Uspallata est une localité de la province de Mendoza en Argentine, centre minier prospère du , aujourd'hui site historique et archéologique, aire protégée et destination touristique.

Géographie Paramillos de Uspallata se trouve dans les contreforts montagneux de la Precordillera, sur le versant oriental de la cordillère des Andes, entre et d'altitude. L'aire naturelle protégée, d'une superficie de hectares, est à de la ville d'Uspallata, département de Las Heras, province de Mendoza, par la route provinciale 52 (ancienne route nationale 7).

Le naturaliste français Alcide d'Orbigny, au début du , décrit ainsi cette région :

Selon le géographe Emmanuel de Martonne, le climat est très sec :

Histoire La région est d'abord habitée par les Indiens Huarpes qui sont soumis et réduits au travail forcé sous la domination espagnole. Les gisements d'argent de Paramillos de Uspallata sont mentionnés à partir de 1622 ; un Alcalde Mayor de Minas est nommé à Mendoza en 1638. En 1643, le chroniqueur Diego de Rosales dit ces mines extrêmement riches. Elles sont exploitées sous la direction des jésuites jusqu'à l'interdiction de leur ordre en 1767. Une Sociedad Minera de Uspallata (société minière d'Uspallata) est fondée en 1756 puis reprend, après une période d'interruption, en 1780, mais son activité est réduite et les gisements restent partagés entre plusieurs petits prospecteurs individuels appelés pirqueneros. En 1793, le vice-roi du Pérou fournit des techniciens et une main-d'œuvre de prisonniers.

En , avec le développement du mouvement indépendantiste hispano-américain, se crée une (Société patriotique) qui tente d'organiser l'exploitation pour soutenir la cause de l'indépendance : les mines contribuent à financer l'expédition de l'Armée des Andes de José de San Martín qui, en 1817, traverse la cordillère pour engager la guerre d'indépendance du Chili. Par la suite, la société périclite faute de main-d'œuvre et seuls quelques pirqueneros parviennent à maintenir une activité.

Alcide d'Orbigny décrit ainsi le travail des mineurs dans les années 1820 :

En 1823, , gouverneur de la province de Mendoza et héritier des frères Molina, propriétaires miniers au , décide de frapper une monnaie d'argent. En 1824, il vend ses mines à un groupe d'affaires de Buenos Aires dirigé par . Une Compañia o Empresa Minera de Uspallata est alors fondée à Londres et, en 1826, résiste à une tentative de rachat par la Rio de la Plata Mining Company. Celle-ci, engagée dans des investissements incertains au milieu des guerres civiles sud-américaines, fait faillite dans l'annéeEdmund Burke, The Annual Register of World Events: A Review of the Year, Volume 68, 1826, .

Dans la seconde moitié du , l'activité s'intensifie et la mine de Rosario de Paramillo devient une des premières du continent américain. En 1865, l'ingénieur anglais Francisco Rickard, directeur des mines de la province de San Juan, entreprend de développer les mines de Paramillos ; à cette époque, le minerai est transformé dans des petits fourneaux à proximité des mines, utilisant comme combustible du bois et du schiste bitumineux. L'entreprise cesse son activité en 1874 : à cette date, sur 37 gisements connus, seulement 4 sont exploités.

En 1884, la Législature (parlement provincial) de Mendoza donne en concession le secteur minier de Paramillas à une Sociedad Minera de Paramillas de Uspallata à capitaux britanniques et argentins. Le géologue et homme politique Germán Avé Lallemant, originaire de Lübeck, est chargé de la direction ; il publie une des meilleures descriptions de l'exploitation de Paramillas. En 1890, Germán Avé Lallemant laisse la direction à Francisco Sabatié qui fait construire une fonderie à Uspallata, à de la mine. En 1892, le chemin de fer transandin arrive à UspallataWeber Édouard. La République Argentine. In: Le Globe. Revue genevoise de géographie, tome 29, 1890. .. Cependant, la société minière est concurrencée par les petits prospecteurs indépendants (pirqueneros). Entre 1893 et 1899, deux compagnies tentent de reprendre l'exploitation mais doivent finalement abandonner le terrain aux pirqueneros. Une société néerlandaise rachète la concession en 1910 sans que la production retrouve jamais son niveau du siècle précédent.

Personnages liés à Paramillos de Uspallata Charles Darwin (1809-1882), pendant son tour du monde avec l'équipe de naturalistes du , fait escale à Valparaiso en 1835 et traverse la cordillère des Andes jusqu'à la Sierra de Uspallata. Il y découvre 52 troncs de bois pétrifié, la première formation de plantes fossiles identifiée et décrite en Amérique. Le « Bois de Darwin » date du Trias, il y a 230 millions d'années : il s'est formé de troncs des genres et Cuneumxylon, dans un marécage tropical totalement différent de l'actuel désert froid de la steppe des Andes du Sud.

Juan Francisco Cubillos (1869-1895), dit El Gaucho Cubillos, est une figure populaire du folklore argentin, un pauvre cavalier d'origine chilienne devenu hors-la-loi : la légende et la chanson en ont fait un redresseur de torts qui . Après avoir échappé plusieurs fois à la police, il est finalement surpris dans son sommeil et abattu. Son corps est emmené et enterré au cimetière de Las Heras (Mendoza) où il devient l'objet d'un culte populaire, orné d'ex-votos, de crucifix, de photographies et d'images saintesFélix Coluccio, « 22. El Gaucho Cubillos » in Cultos y canonizaciones populares de Argentina, Del Sol, Buenos Aires, 2007, p. 72-73.. Le lieu de sa mort à Paramillos de Uspallata, marqué par une croix, est aussi un lieu de dévotion et d'offrandes.

Sources et bibliographie dans sa version du . .

Félix Coluccio, « 22. El Gaucho Cubillos » in Cultos y canonizaciones populares de Argentina, Del Sol, Buenos Aires, 2007

Références

Lien externe Paramillos de Uspallata, Monumento Natural

Articles connexes Uspallata Steppe des Andes du Sud

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