Le régiment de Vigier est un régiment d'infanterie composé de mercenaires de la Confédération suisse, originaires du canton de Soleure, au service du royaume de France, créé en 1673 sous le nom de régiment de Gréder, devenu sous la Révolution le d'infanterie.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Gréder 1714 : Régiment d'Affry 1734 : Régiment de Wittmer 1757 : Régiment de Waldner 1783 : Régiment de Vigier 1er janvier 1791 : Renommé d’infanterie de ligne : Licencié
Colonels et mestres de camp : Wolfgang Gréder : Louis Gréder : Balthazard Gréder : François d'Affry : Jean-Baptiste André Wittmer : Christian Frédéric Dagobert de Waldner de Freundstein : François Robert Joseph Guillaume de Vigier de Steinburgg
Historique Régiment de Gréder (1673-1714)
Le régiment de Gréder est créé par lettre de cachet du et la capitulation de levée est signée à Soleure le 18 du même mois. A l'origine, il est composé de 12 compagnies de 200 hommes du canton de Soleure. C'est le des régiments suisses, créé au service du royaume de FranceLouis Susane : Historique du régiment de Vigier.
Guerre de Hollande Le régiment n'est engagé qu'en 1676, dans le cadre de la guerre de Hollande, au siège de Bouchain où, le , il emporte avec les Fusiliers du roi les dehors de la place.
En 1677, il participe au siège de Valenciennes, et après la prise de la place, il est envoyé, le , renforcer l'armée du duc d'Orléans, Philippe qui assiégeait Saint-Omer et participe à la bataille de Cassel, avant de revenir assiéger Saint-Omer.
En 1678, le régiment fait les sièges de Gand et d'Ypres, puis il contribue à l'investissement de Mons et se trouve à la bataille de Saint-Denis.
Guerre des Réunions Lors de la guerre des Réunions, le régiment de Gréder fait partie de l'armée qui couvre les opérations du siège de Luxembourg.
Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1689, engagé dans la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le régiment sert sous les ordres du maréchal d'Humières. Au mois de mai cantonné à Fontaine-l'Evêque, en Flandre, un détachement de quarante-cinq hommes tombe dans une embuscade de 150 hommes et parvint à faire sa retraite en se retranchant de haie en haie. Le , le régiment assiste à la bataille de Walcourt.
Le , il se trouve à la bataille de Fleurus durant laquelle vingt et un officiers sont blessés, et parmi eux le colonel Wolfgang Gréder, qui, grièvement blessé, cède le commandement du régiment à son fils Louis Gréder.
L'année suivante, le régiment fait le siège de Mons, où il avait son quartier à la Belle-Maison. Il assiste plus tard au combat de Leuze et passe l'hiver à Courtrai.
Il contribue, en 1692, à la prise de Namur, et se distingue particulièrement à la bataille de Steinkerque.
Le régiment de Gréder fait encore des prodiges de valeur, en 1693, à la bataille de Neerwinden où il combat à l'aile gauche. Le colonel y reçoit deux blessures et l'un de ses frères, le capitaine Jean Georges Ignace Gréder, est mortellement blessé. Le régiment termine cette campagne par le siège de Charleroi.
Il passe une partie de l'année 1694 dans cette place et participe, du 22au , à la fameuse marche de Vignamont (Vinalmont), près de Huy Situation de Vignamont, au pont d'Espierre sur l'Escaut.
Il sert, en 1695, au bombardement de Bruxelles.
En 1697, il se trouve au siège d'Ath
En 1698, il fait partie du camp de Compiègne.
Guerre Succession d'Espagne En 1701, dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne, le régiment de Gréder retourne dans les Pays-Bas, sous le commandement du maréchal de Bouffiers.
En 1702, il prend part au combat de Nimègue et l'année suivante à la bataille d'Ekeren où son colonel est blessé.
Mis en garnison à Termonde, il défend la ville en 1704.
En 1706, il se trouve à la bataille de Ramillies et rentre, après la défaite, dans Termonde.
En 1708, il combat à Audenarde et se retire à Gand.
En 1709, il assiste à la bataille de Malplaquet, et après la retraite de l'armée, il est jeté dans Aire, qu'il défend énergiquement en 1710, pendant cinquante-huit jours de tranchée ouverte. Sorti d'Aire le , il passe l'hiver à Saint-Omer .
En 1711, il prend part au siège d'Arleux.
En 1712, il participe aux reprises de Douai, du Quesnoy et de Bouchain.
Régiment d'Affry (1714-1734) En 1714, le baron François d'Affry, capitaine aux Gardes suisses, devint colonel du régiment.
Guerre de succession de Pologne En 1733, la France, déclara la guerre à l'Autriche; c'est le début de la guerre de succession de Pologne. Il se trouve alors, comme les autres régiments suisses sur la rive gauche du Rhin. Il contribue à l'investissement et à la prise du fort de Kehl, qui se rend après neuf jours de résistance.
En 1734, il se trouve à la prise de fort Hollande à Philisbourg puis, pendant le reste du siège, il est chargé de la garde des ponts et termine la campagne au camp de Spire. Cette même année, le baron François d'Affry, qui servait en qualité de lieutenant général en Italie est tué, le , à la bataille de Guastalla.
Régiment de Wittmer (1734-1757)
Guerre de succession de Pologne Devenu « régiment de Wittmer » il passe la campagne de 1735 en garnison à Stenay, à l'exception des grenadiers qui, affectés à l'armée de la Moselle, participent à la bataille de Clausen.
Guerre de succession d'Autriche Dix ans s'écoulèrent sans que le régiment prit part à aucune campagne.
Au début de la guerre de Succession d'Autriche, le régiment est en garnison à Lille et à Valenciennes.
En 1743, il occupe Condé et Cambrai, puis Le Quesnoy.
En 1744, il occupe Longwy et Montmédy, et, sur la fin de la campagne, il est envoyé au camp de Courtrai, commandé par le maréchal de Saxe.
En 1745, pendant que le entre dans Maubeuge, les deux premiers se rendent au siège de Tournai, où ils sont chargés de l'investissement du côté du village d'Erre et de la chaussée de Douai. Pendant la bataille de Fontenoy, ces bataillons gardent le pont de bateaux sur l'Escaut. Après la prise de Tournai et de sa citadelle, ils se rendent devant Audenarde, puis devant Ostende et Nieuport. Après la soumission de ces trois places, ils rejoignent, le , la grande armée près d'Alost, et prennent leurs quartiers d'hiver à Tournai et à Ath.
En , pendant le siège de Bruxelles, le « régiment de Wittmer » occupe Anderlecht, et fait ensuite le siège de la citadelle d'Anvers, se distingue au combat des Cinq-Étoiles Combat donné près des 5 Etoiles, entre un gros détachement des Hussards Pandoures de la Reine de Hongrie & un autre du Regiment de Grassin & de Morliere, le 9 aoust 1746 , puis il assiste, sans être engagé, à la bataille de Rocourt.
En 1747, le régiment est envoyé en Bretagne, et passe cette campagne dans les cantonnements de la côte entre Brest et Saint-Brieuc. A la fin de cette année, il se rend à Toul.
En 1748, il est appelé au siège de Maastricht, où il est chargé d'une attaque sur la rive gauche de la Meuse, près du village de Scharn.
Guerre de Sept Ans En 1757, il fait partie de l'armée de Charles de Rohan prince de Soubise et est l'un des corps les plus maltraités à la bataille de Rossbach.
Régiment de Waldner (1757-1781)
Guerre de Sept Ans Le colonel Wittmer, qui venait de mourir le , est remplacé par le comte de Waldner.
En 1758, le régiment contribue à la conquête de la Hesse et se couvre de gloire à la bataille de Sandershausen. Pendant que le régiment Royal-Bavière détruisait la cavalerie hessoise, les « régiments de Waldner » et de Diesbach, et les 2 compagnies de grenadiers de Royal-Deux-Ponts attaquèrent les bois qui couronnent l'escarpement de la Fulda. L'ennemi fit une résistance désespérée et parvint un moment à faire reculer les troupes de France, mais une seconde attaque de celles-ci le jete enfin hors de sa formidable position. Après cette victoire, le régiment est chargé de plusieurs expéditions sur Warburg et Cassel, et il rejoint l'armée du prince de Soubise, à la bataille de Lutzelberg.
En 1759, il fait partie du corps de réserve, commandé par Victor-François duc de Broglie, et se distingue, à la bataille de Bergen, où il soutient la première attaque dans les vignes du village.
Le régiment, qui s'était retiré à Dillenburg, y est attaqué, Le , par le général Wagenheim, qui avait d'abord surpris et dispersé les troupes légères cantonnées aux environs. Abandonné à lui-même dans cette ville ouverte, le « régiment de Waldner » s'illustre par la plus vigoureuse résistance. Il se défend de rue en rue et ne se rend qu'après avoir épuisé toutes ses munitions et avoir fait un mal énorme à l'ennemi. Durant cette journée, et le comte de Waldner y est grièvement blessé. Quelques compagnies, échappées à la capitulation, continuèrent de servir en Allemagne et elles combattent à Corbach, où, avec le régiment de Navarre, elles enlèvent une batterie à l'ennemi.
Le , ces compagnies sont sérieusement engagées à Grebenstein; enfin, ce qui restait du régiment se trouve au combat d'Amenebourg et à la prise du château de ce nom.
Période de paix A la paix, le régiment est mis en garnison à Schelestadt, où il se rétablit en peu de temps. Ilse rend au Fort-Louis en , à Sedan en , à Montmédy en et au camp de Compiègne en . Il retourne ensuite à Montmédy, et rejoint Douai et Condé en , Arras en , Landrecies en , Huningue en , Neuf-Brisach en , Landau en , Landrecies et Avesnes en , Rouen en et Cherbourg au mois de septembre suivant. Il reste dans ce port jusqu'à la fin de la guerre d'Amérique.
Régiment de Vigier (1781-1792)
Période de paix Le il prend le nom de « régiment de Vigier », du nom de son nouveau colonel, François Robert Joseph Guillaume de Vigier de Steinburgg et ne prend part à aucune action de guerre avant 1790.
Le régiment est en garnison à Condé en , à Avesnes en , à Charlemont et Philippeville en et à Toul en .
Au mois de , les troubles de l'Irlande et la crainte d'une nouvelle guerre maritime le font envoyer à Nantes. Il n'y reste que peu de temps, et est de retour à Toul le .
Révolution française Au mois de , le « régiment de Vigier » est appelé aux environs de Paris. Il arrive jusqu'à Brie-Comte-Robert, et, recevant ordres et contre ordres, il retourne à Toul, d'où il détache 400 hommes à Troyes, au mois de septembre, à cause de l'affaire des grains et de l'approvisionnement de Paris.
En , le « régiment de Vigier » fournit 400 hommes au marquis de Bouillé, chargé de réprimer la révolte de la garnison de Nancy.
régiment d'infanterie de ligne ci-devant Vigier Révolution française L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme d'infanterie ci-devant Vigier.
En 1791, le régiment est envoyé de Toul à Strasbourg. Son passage à Nancy, le , faillit causer de nouveaux désordres. En voyant dans les rangs du régiment deux des quatre petites pièces de canon prises aux assiégés au combat du 31 août 1790 exaspéra la population de Nancy qui coure alors aux armes pour les reprendre et exterminer les soldats du « régiment de Vigier », quand l'intervention de la Garde nationale et des hussards de Chamborant remit du calme dans les têtes. Le régiment arriva sans autre incident à Strasbourg, où il est rejoint, le , par le détachement qui était à Troyes.
Personnalités Christian Frédéric Dagobert de Waldner de Freundstein François Pierre Amey, alors sergent Christian Noël de Zimmerman
Wolfgang Gréder