L'abbaye d'Homblières est une ancienne abbaye bénédictine, féminine puis masculine aujourd'hui disparue, située à Homblières dans le département de l'Aisne.
Histoire Une abbaye de moniales est fondée au . Saint Eloi passe pour le fondateur de la maison. Une sainte femme du pays, nommée Hunégonde, disciple de saint Eloi et dite abbesse, y meurt en 690 et y est ensevelie.
En 943, Raoul de Cambrai envahit le Vermandois, l'abbaye est incendiée. .
La communauté souffre des incursions normandes et entre en décadence. L'archevêque de Reims, Hugues de Veramandois, y envoie une abbesse, appelée Berthe, soutenue par Albert Ier de Vermandois. Les religieuses ne changent pas de comportement. Albert de Vermandois, son vassal Ybert ou Eilbert et Hersent son épouse, demandent au roi Louis IV l'autorisation d'expulser les moniales. En 948, les autorités ecclésiastiques expulsent les religieuses et les remplacent par des bénédictins venus de Saint-Remi à Reims. La fondation est attestée par un diplôme de Louis IV et la réforme est confirmée par Jean XII.
Les comtes de Vermandois s'associent à la restauration de l'abbaye en 948 et s'inscrivent, durant les premières années, parmi les principaux bienfaiteurs de la maison. Eilbert, châtelain de Ribemont qui détient le monastère à titre de bénéfice, le rétrocède aux moines et rebâtit le couvent vers 950.
En 1607, l'incurie des abbés commendataires a pour conséquence la chute du clocher de l'église abbatiale. Celui-ci, en s'effondrant, ruine durablement le reste du bâtiment. Louis Lavocat fixe le nombre de religieux à 10 prêtres et 6 novices. En 1635, pendant la guerre de Trente Ans, les bâtiments continuent à se dégrader. Les religieux doivent se disperser. Un seul reste, faisant son rôle de veilleur.
Vers 1665, l'abbaye est de nouveau dévastée. La paix, revenue le , le prieur, dom Antoine Thuret, moine de l'abbaye Saint-Remi de Reims rejoint le veilleur solitaire. En 1671, Dom Thuret répare l'église de 950, en ruines. En 1687, le monastère réunit dix profès. Le revenu de la mense est alors de livres, dont deux tiers allaient au commendataire et un tiers au monastère, conformément aux prescriptions concordataires. Le , est posée la première pierre d'une nouvelle église. La communauté se compose à ce moment de six moines.
À partir de 1768, la communauté masculine d'Homblières n'existe plus qu'en apparence. Les bénédictins demandent la sécularisation que l'évêque leur accorde, et que leur confirment le pape et le roi, par lettres patentes. La maison est convertie en chapitre noble séculier de chanoinesses. Le chapitre noble séculier d'Homblières est créé par un brevet du roi le , Une chanoinesse d'honneur est nommée le , mais les nouvelles dames ne se sont jamais installées dans le couvent.
Le , l'Assemblée constituante prononce l'abolition des vœux monastiques et la suppression des congrégations religieuses. Les hut bénédictins restants quittent l'abbaye en 1792 qui est vendue comme bien national. Elle devient une carrière de pierres. Aujourd’hui ne subsistent qu’un portail fortement remanié par les propriétaires du château qui fut construit ensuite à cet emplacement, avant d’être détruit à son tour, en 1918, ainsi que des souterrains désormais inaccessibles.
Abbesses ... Sainte-HunégondeSainte Hunégonde sur le site nominis.cef.fr ... <946 : Berthe, sainte veuve, venant de Saint-Pierre-les-Dames.
Abbés D'après Colliette
Abbés réguliers
Abbés commendataires Comme la plupart des monastères de France par le concordat de 1516, la mise en commende s’appliqua à l’abbaye d’Homblières : ~1579 : M. de Créquy des Bordes, cède la place à un nouvel abbé régulier, Simon Le Roy. ... 1602 : Albert de Lénoncourt du Belis (†1608), abbé de l'abbaye de Bourras, abbé commendataire. 1606 : Louis Lavocat 1613 : François Lavocat (†1646), chanoine de Paris et aumônier du roi. 1646-1648 : Henri de Lorraine (1622-†1648), fils de Charles d’Elbeuf et de Catherine-Henriette de Boubon, dit l'abbé d'Elbeuf. 1648 : Armand de Rohan-Soubise, comte de Rochefort, fils d’Hercule de Rohan. 1660 : Charles du Bouzet de Roquépine 1661 : Joseph de Montpezat de Carbon, d’abord évêque de Saint-Papoul, ensuite archevêque de Toulouse, Il résigna pour le suivant. 1665 : Jean de Montpezat de Carbon , Archevêque de Bourges 1668-1716 : Anne-François-Robert Aubery (†1716), seigneur de la salle de Ponthieu et Falluy près de Roye. 1717-1754 : Charles-François d'Hallencourt de Dromesnil (†1754), évêque d’Autun , puis de Verdun 1754-1756 : Georges-Albert-François de la Verdure de Gavielle (1688-†1756), chanoine de Cambrai 1757-1789 : Eugène Hercule Camille de Rohan (1737 – 1816), fils de Charles de Rohan-Guémené, prince de Rochefort.
Chanoinesses 1789-1790 : Barbe-Antoinette-Charlotte Collinet, comtesse de la Salle, né à Épinal le , nommé par le Louis-Philippe d’Orléans, duc d'Orléans, comte de Vermandois.
Prieurs Le prieur est le moine choisi par l'abbé pour le seconder : on parle alors de prieur claustral, ou de grand-vicaire, numéro deux d'une abbaye. ~1400 : Gobert de Vervins. ... 1666-~1715 : Antoine Thuret, paléographe, profès de l'abbaye Saint-Remi de Reims, Gilles de Radepont, sous-prieur. ... : Chypre 1789 : Gabriel Bissez, Quénescourt, sous-prieur.
Prieurés L'influence de l'abbaye s'étend sur les prieurés où elle envoie ses religieux et recueille les revenus : La prévôté de Maurepas, paroisse de Cugny.
Droit de patronage et dîmage L'abbaye a le droit d'élire et de pourvoir aux cures des églises dont elle est patron, de prêtres qu'elle présente à l'ordination de l'évêque diocésain. C'est le droit de patronage, de présentation à l’évêque et de nomination d'un desservant aux églises ou cures (paroisses) où elle percevait les grosses dîmes.
L'abbé présentait à l'évêque pour la nomination aux cures de Saint-Étienne d'Homblières (donation en 947), Beaumont-en-Beine, Marcy (1133), Mézières-sur-Oise, Morcourt, Urvillers (1094).
Patrimoine foncier En 959, l'abbé Bernier obtient de Gerbege, épouse d'Albert Ier de Vermandois un bien au village de Rumigny.
En 1018, le domaine d'Autreville, donné par Childéric II aux moines d'Elnon en 661, est rétrocédé à ceux d'Homblières.
L'abbaye possédait la seigneurie de Châtillon-sur-Oise ; des terres à Cugny, à Maurepas, à La Neuville-en-Beine, à Urcel ; le moulin de Luvignies à Rouvroy, le four et les rentes pécuniaires d'Attilly ; une partie du domaine d'Essigny, une cense ou ferme dite Zunnencourt à Fresnoy-le-Grand, une cense nommée Lambaye à Urvillers, la ferme de Courcelles à Fonsomme, la ferme d'Abbeville à Fontaine-Notre-Dame.
Les moines possédaient une vaste maison de refuge à Saint-Quentinsur les rues actuelles d'Alsace, de Metz et de Strasbourg . Elle devint plus tard, la maison du gouverneur..
L'abbaye d'Homblières possédait des eaux avec droit de pêche, à Frise et à VillaNova ou Saint-Christ au .
les dîmes d'Ablincourt, de Fontaine-Notre-Dame.
En 1159, elle échange le fief de Gerbert de Fresnoy-le-Grand à Gulvilla avec celle du Mont Sain-Martin avec l'abbaye du Mont-Saint-MartinActe dans Chartae Galliae, Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2014. (Telma)..
Héraldique
Voir aussi Bibliographie Gallia Christiana, tome IX, col 1078. . . .
Articles connexes
Liste des abbayes, prieurés et couvents en Picardie
Liens externes L'abbaye d'Homblières et la châsse de sainte Hunégonde aux . - Persée Les religieux de l’Abbaye d’Homblières (de 948 à 1790) – 2ème partie – Société Académique de Saint-Quentin
Références et notes Notes
Références
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