Charles Lecour est un boxeur et entraineur français né le à Oissery (Seine-et-Marne) et mort à Épinal le .
Il est inhumé au cimetière de Oissery.
Le l'école du village a été baptisée du nom de Charles Lecour en présence de ses descendants, l'abbé Pierre Blin et son frère Paul, ainsi que de la sénatrice Nicole Bricq.
Biographie Charles Lecour est connu pour être le premier à avoir codifié une méthode de combat qu'il a appelée La Boxe Française ; même s'il ne s'agit pas exactement de ce que l'on appelle aujourd'hui la boxe française (qui fait plutôt référence à la méthode codifiée plus tard par Charles Charlemont).
En 1830, à la suite d'une rude défaite face au boxeur anglais Owen Swift, l'un des meilleurs combattants de l'époque, Charles Lecour décide d'étudier le « boxing londonien » à Paris chez un champion anglais installé en France : Adams.
Athlète accompli, il apprend la savate et le maniement des armes affinitaires de cette discipline (canne, bâton) auprès de Michel (dit « Pisseux », qui apporta une première codification à cette méthode de combat sous le nom « Art de la Savate »).
Ayant bien assimilé cette technique de combat aux poings, Charles Lecour l'ajoute à celle utilisant les pieds, créant ainsi la boxe française. En 1832, avec son frère Hubert Lecour, il ouvre sa propre salle dans le passage des Panoramas à côté de la boutique Stern. Il enrichit la savate de techniques de poings issues du noble art anglais (l'ancêtre de l'actuelle boxe anglaise). Il nomme alors cette nouvelle synthèse La Boxe Française. Il formera notamment un certain Rambaud, surnommé « la résistance ».
Avec son plus jeune frère, Hubert, il parvient à rendre cette discipline extrêmement populaire, notamment auprès du tout-Paris, en organisant des spectacles musicaux de boxe française, d'où probablement l'origine du mot « gala », utilisé aujourd'hui pour désigner une rencontre de boxe françaiseID magazine, numéro 10, 27, La savate, un sport dans l'histoire par Régent Bolduc. Il parvient en effet à attirer dans sa salle des personnalités telles que Eugène Sue, Alphonse Karr, Théophile Gautier ou encore Alexandre Dumas.
Joseph Charlemont affirme tenir ces propos de Charles Lecour lui-même : Ce combat de boxe entre Swift et Adams eut lieu en 1838 à Charenton.
Depuis Fouché, la police avait su organiser un réseau d’informateurs efficaces auquel ne peut échapper le moindre événement important. Le combat de boxe entre Swift et Adams en 1838 à Charenton ne pouvait passer inaperçu. La préfecture de police de Paris ordonna dans sa circulaire du , d’ . La lettre du Préfet de Police, Delessert, au maire de Paris, demande à ce dernier de veiller à, .
Charles Lecour, présent à ce combat des deux anglais, se rendit compte immédiatement qu’en alliant les deux méthodes, la savate et la boxe anglaise, on formerait un ensemble des plus sérieux comme moyen de défense. C’est alors qu’il se fit présenter à Adams qui était resté à Paris, et put ainsi prendre avec lui un certain nombre de leçons. Grâce à ces leçons de boxe anglaise réunies à la savate, Charles Lecour forma ce qu’on appela à juste titre « la boxe française ».
Charlemont précise
Alexandre Dumas écrira : . La boxe française était née, alliance souveraine des poings et des pieds. En adoptant les gants, il permit à ses élèves de porter de véritables coups de poing et non plus de simples tapes à main plate.
Certes, l’expression « boxe française » existait déjà : le mot savate a une connotation vulgaire, et il semble pour cela être à l’origine involontaire de l’expression « boxe française ». Peu à peu, la pratique étant sortie du ruisseau, ayant changé, son enseignement s’apparente à celui de l’escrime dans l’espoir implicite d’une reconnaissance sociale. C’est ainsi que dès 1834, Charles Lecour se qualifie de professeur d’escrime lorsqu’il indique sa profession au prêtre qui rédige à la sacristie de Saint-Étienne-du-Mont son inscription de mariage sur les registres de la paroisse.
Alexandre Dumas Père, dans Filles, Lorettes et Courtisanes, résume de la façon suivante la naissance de la boxe française : : un homme de génie apparut. Cet homme, c’est Charles Lecour.
Charles Lecour commença par étudier la savate, et, arrivé à une force supérieure, d’écolier il se fit maître, tout en convenant cependant – ce qui est rare chez les professeurs – que la savate, même comme il l’enseignait, était un art incomplet. Il rêvait donc jour et nuit aux moyens de perfectionner cet art. Comme il était plongé au plus profond de ses calculs théoriques, il entendit parler de la boxe.
L’Anglais, dans la boxe, - la boxe est la savate de l’Angleterre, - a perfectionné l’usage des bras et des poings, tandis qu’il n’a considéré les jambes et les pieds que comme des ressorts destinés à rapprocher ou à éloigner le boxeur de son adversaire.
Tout au contraire, dans la savate, qui est la boxe de la France, le parisien avait fait de la jambe et du pied les agents principaux, ne considérant les mains que comme des armes défensives.
Il en résulte que l’Anglais perd toute la ressource qu’il peut tirer des pieds, tandis que le Français perdait toute l’aide qu’il pouvait espérer des mains.
Charles Lecour rêva cette grande entreprise, cette splendide utopie, ce suprême perfectionnement de fondre ensemble la boxe et la savate. Il partit pour l’Angleterre et, sans lui dire qui il était, il prit, comme un écolier ordinaire, des leçons d’Adams, le premier boxeur de Londres.
Puis, lorsque l’écolier se sentit maître, il revint à Paris, et mit sa théorie en pratique. De cette combinaison par Charles Lecour de la boxe anglaise et de la savate est née la boxe française.
En fait, Charlemont précise bien qu’ici Alexandre Dumas fabule quelque peu, car il tient de Charles Lecour lui-même les circonstances de sa rencontre avec Adams, avec lequel il prit des leçons à Paris et non à Londres.
Charlemont (op. cit., , n.3) poursuit son récit :
En 1846 et 1847, Charles Lecour prit part aux grands assauts qui se donnaient au cirque et qui faisaient fureur. Les champions anglais étaient : Thomas Kay, Tom Cribb et Lazarus. Ils tiraient ensemble. Les champions français étaient Charles Lecour, Hubert Lecour et Charles Latois. Ils tiraient également ensemble.
Théophile Gautier écrit dans La Presse, du lundi 16, mardi :
Le Siècle du lundi y va également de son compte rendu signé Charles de Matharel :
Pugilat, - Assaut de canne et de bâton par les frères Lecour de Paris… :
En 1848, Charles Lecour céda sa salle du passage des Panoramas à son frère Hubert, pour se lancer dans l’industrie ; l’Annuaire du commerce nous apprend qu’il quitte l’enseignement de la boxe dans les années 1850.
Le Minutier central et l’Almanach donnent un aperçu sur cette activité industrielle, évoquée avec pudeur par Charlemont, son élève : en 1851, avec deux associés, César Joseph Platel et Jean Jacques Cheneby, Charles Lecour constitue une entreprise dénommée Entreprise de Vidanges Lecour et Cie, domiciliée rue de Versailles St-Victor à Paris’, (rue qui a disparu avec les travaux du percement de la rue des Écoles). Charles Lecour habite alors Place St Michel . Cette entreprise de vidange figure dans l’Almanach du Commerce des années 1852 et 1853 avec l’indication : « Lecour et Cie, successeur de Delamarre, acquéreur de la clientèle de Georges Chuquet, toujours rue de Versailles St-Victor ; entreprise générale des vidanges accélérées, service des vidanges à l’aide des pompes antiméphytiques et nouveaux procédés désinfectants, propreté, ponctualité ». En 1854, l’Almanach indique que Richer et Cie a repris l’entreprise Lecour et Cie, et s’est déplacé bd Montmartre . De fait, la rue des Écoles fut perçée de 1852 à 1855.
Néanmoins, rapporte Charlemont, il conserva quelques leçons particulières à la salle d’armes Pons, ainsi qu’au cercle des éclaireurs dont les chefs étaient : le général Ney d’Elchigen, le comte Ferry d’Esclands et l’académicien Legouvré.
À partir de 1853, déjà en , lorsque son frère Hubert se marie, Charles habite rue de l’Est, puis 57 bd du Montparnasse au moment du décès de sa mère à Paris en 1871. En 1872, il se rend à Rennes, à l’occasion de la naissance de Marguerite, seconde enfant de sa fille, Paul Beaufils. Il est alors « propriétaire » à Paris. Enfin à la fin de sa vie, avec sa femme, née Louise Lozes Louise, il demeure au de la rue de Rennes.
En 1875, de la fusion du cercle des éclaireurs et de la salle Jacob on forma l’École d’escrime française, à la salle d’armes de la rue Saint-Marc. Charles Lecour fut nommé professeur de boxe française.
D’après Charlemont, il avait à ce moment pour élèves : le jeune duc de Luynes, le duc de Rivière, le prince de Béthune, le baron Préménil, de Coppens, le vicomte de Coubertus, le comte de Chevillé, le comte de Lyonne, le marquis de Sassenay, le vicomte de Pully, Goupil, Louis Gaillard, Cortey, G. Laroze, etc.
En 1884, il quitta l’École d’escrime française et cessa complètement de donner des leçons. Il fut remplacé par Jules Leclerc. Charles Lecour et son successeur Jules Leclerc firent de nombreux disciples, assurant ainsi du mieux possible l’avenir de leur discipline.
Alors qu’il visitait sa fille Louise, Charles Lecour mourut, âgé de 86 ans, chez celle-ci, au 24 de la rue de la Préfecture, à Epinal, où son gendre Paul Beaufils, était directeur des contributions indirectes.
Il fut inhumé dans le cimetière de Oissery.
Notes et références
Catégorie:Naissance en Seine-et-Marne Catégorie:Naissance en mai 1808 Catégorie:Décès à Épinal Catégorie:Décès en juin 1894 Catégorie:Entraîneur français de boxes pieds-poings Catégorie:Boxe française Catégorie:Décès à 86 ans