Maria Grzegorzewska (née le à Wołucza et morte le à ) est une éducatrice polonaise qui a amené le mouvement d'éducation spéciale en Pologne. Son travail scientifique et pour le système éducatif polonais est récompensé par de nombreux prix et distinctions.
Jeunesse Maria Stefania Grzegorzewska est née le à Wołucza, un village du royaume de Pologne de l'empire russe, fille de Felicja (née Bogdanowicz) et de Adolf Grzegorzewski. Ses deux parents sont originaires de Żmudź, une région située à présent en Lituanie, et déménagent à Wołucza, où ils louent un domaine. Son père est administrateur de la succession et supervise également les fermes voisines, plaidant pour la modernisation des pratiques agricoles et le traitement humain des travailleurs. Elle est la plus jeune des six frères et sœurs dont Zenon, Wanda, Helena, Witold et Władysław. Maria Grzegorzewska est influencée par la façon dont son père prenait soin de ses terres et de ses voisins. De la même manière, Maria Grzegorzewska est influencée par sa mère qui est impliquée dans des projets sociaux pour aider les villageois locaux, leur fournissant des soins médicaux et des services pour les aider dans leur vie. Felicja considérait le service envers ses voisins comme un devoir et, dès son plus jeune âge, sa fille a développe une sensibilité et un intérêt envers les besoins des autres.
Au moment où Maria Grzegorzewska commence ses études en Pologne, les programmes de russification ont poussé de nombreux parents à envoyer leurs enfants dans des écoles privées clandestines afin qu'ils puissent étudier leur propre culture et leur langue. Elle étudie dans un internat à Varsovie dirigé par Kotwicki pendant quatre ans, puis elle entre ensuite dans l'école Paulina Hewelke l » complétant trois années d'études supplémentaires avant d'être diplômé en 1907. Elle entre ensuite dans un cours préparatoire universitaire d'un an dirigé par Ludwik Krzywicki du département de mathématiques et de sciences de l'université de Varsovie. Pendant ses études, elle rencontre et s'implique dans un groupe de militants sociaux, parmi eux, , Helena Radlińska et Stefania Sempołowska.
Participer à la jeunesse socialiste clandestine et fournir une éducation aux travailleurs, a attiré l'attention de la police tsariste sur elle, la forçant à fuir en Lituanie. En Lituanie, elle obtient un diplôme d'enseignante privée et donne des cours particuliers pour gagner de l'argent et entrer à l'université.
En 1909, Maria Grzegorzewska commence ses études à l'université Jagellonne de Cracovie, en même temps qu'elle est tutrice, donne des conférences à l'université populaire Adam-Mickiewicz et effectue des travaux divers, tels que le collage d'enveloppes. Pendant deux ans, elle étudie et travaille intensément à Cracovie, mais le manque de nutrition adéquate et de sommeil affecte sa santé. Souffrant d'une maladie pulmonaire, Maria Grzegorzewska quitte l'école pour se faire soigner à Zakopane où son fiancé Czesław avait été pris pour une tuberculose. Czesław meurt quelques mois plus tard, laissant Maria Grzegorzewska dans une dépression. En séjournant à la Villa Osobita, elle rencontre Władysław Heinrich, qui lui fait part du travail en pédologie effectué par sa compatriote, Józefa Joteyko en Belgique. Elle commence une correspondance avec Józefa Joteyko et après un voyage en Italie avec sa famille, elle est retourne à Zakopane, où elle enseigne pour gagner assez d’argent pour pouvoir poursuivre ses études à Bruxelles. Biographie Née dans une famille de la région de Żmudź, elle est fortement influencée par les croyances humanitaires de ses parents. Après avoir fréquenté des écoles clandestines pour acquérir son éducation de base auprès d'éducateurs polonais plutôt que russes, elle a obtenu ses diplômes d'enseignement en Lituanie. Elle poursuit ses études à l'université Jagellonne de Cracovie et, en 1913, rejoint sa compatriote Józefa Joteyko à Bruxelles, pour étudier à la Faculté internationale de pédagogie. Au moment où elle étudie en Belgique, sa scolarité est interrompue par la Première Guerre Mondiale. Maria Grzegorzewska retourne alors à Paris et elle soutient sa thèse de doctorat en esthétique à la Sorbonne en 1916.
Après l'établissement de la deuxième République polonaise, Maria Grzegorzewska retourne en Pologne avec la ferme intention de créer des programmes répondant aux besoins des enfants en situation de handicap et de mettre en place des réformes de l'éducation pour améliorer leurs conditions de vie. En 1919, elle commence à travailler pour le ministère des Cultes et de l'Instruction publique, en créant des structures d'accueil pour les enfants en situation de handicap, des écoles d'enseignement spécial et des programmes de formation pour les enseignants. En utilisant sa propre méthodologie, elle conçoit des programmes qui sont mis en œuvre en 1922 dans le nouvel Institut d'État d'éducation spéciale. Elle dirigera cet institut depuis sa fondation jusqu'à sa mort.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maria Grzegorzewska travaille comme infirmière, elle est active dans le mouvement de résistance polonais et enseigne à Varsovie. Elle rejoint Żegota et apporte son aide aux juifs. Lorsque la Pologne est libérée en 1945, Maria Grzegorzewska relance l’Institut d’éducation spéciale et, au bout de cinq ans, introduit les cours de troisième cycle et les cours extramuraux dans les programmes d’études. En 1950, pendant le stalinisme, l'école est rebaptisée Państwowe Studium Pedagogiki Specjalnej (Collège d'État de l'éducation spéciale) et un programme d'enseignement y est introduit. Elle lutte contre le programme d'État pour protéger l'éducation spéciale et les personnes en situation de handicap. Après le dégel de 1956, l'ancien nom est récupéré et elle retrouve le soutien des autorités gouvernementales. Entre 1957 et 1960, elle est professeure titulaire à l'université de Varsovie.
Vie à l'étranger En 1913, Maria Grzegorzewska arrive à la Faculté internationale de pédagogie de Bruxelles et commence à étudier avec Joteyko. Elle prend cours de pédagogie, de psychologie et de sociologie, où elle rencontre d'éminents savants et scientifiques, qui influencent son parcours. Bien que cette faculté soit un mélange international de scientifiques originaires d'Argentine, de Belgique, de France, de Géorgie, des Pays-Bas, de Pologne, de Roumanie et d'Espagne, elle partage un logement avec des étudiants polonais Józefa Berggruen, Stefania Chmielakówna et Wanda Wosińska. Dans le cadre de ses recherches, Maria Grzegorzewska entreprend une étude sur le développement esthétique des enfants dans les écoles publiques de Bruxelles. Maria Grzegorzewska est attirée et impressionnée par l'ampleur des connaissances de Józefa Joteyko et par son empathie pour les enfants et les pauvres. Au fur et à mesure que leur relation évolue, elles sont devenues des compagnons de vie professionnelle et privée. En 1914, Maria Grzegorzewska retourne en vacances en Pologne pour voir sa famille et se trouve là-bas au moment de la Première Guerre mondiale. Elle voyage sur un navire de guerre à travers la mer du Nord minée et elle rejoint Józefa Joteyko à Londres en 1915. Après un court séjour, les deux émigrent à Paris, où Józefa Joteyko commence à travailler au Collège de France et où Maria Grzegorzewska s'inscrit à la Sorbonne.
Tout en continuant ses recherches en esthétique, Maria Grzegorzewska compile ses recherches de la Belgique dans une thèse Studium na temat rozwoju uczuc estetycznych - badania z zakresu estetyki eksperymentalnej przeprowadzone wśród uczniów Szkół brukselskich (« Étude du développement des sensations esthétiques - la recherche dans le domaine de l'esthétique expérimentale menée auprès des élèves des écoles bruxelloises ») elle obtient son diplôme en 1916. Pendant qu’elle prépare sa thèse, Maria Grzegorzewska participe à une visite sur le terrain à l’ hôpital de Bicêtre, un établissement psychiatrique qui traite des personnes ayant une déficience intellectuelle grave. Cette excursion à un profond effet sur elle et bien que depuis son enfance Maria Grzegorzewska soit mal à l’aise à la vue de la déficience physique celle-ci décide que le travail de toute sa vie sera d’assurer l’égalité d’accès et d’éducation aux personnes en situation de handicap. Elle commence à travailler dans une école pour les étudiants en situation de handicaps mentaux à Paris et crée une méthode pour travailler avec les élèves combinant son expérience acquise en Pologne, en Belgique et en France. En 1918, Józefa Joteyko et elle fondent la Ligue polonaise d’enseignement à Paris dans l’objectif d’aider les Polonais exilés impliqués dans le mouvement indépendantiste à recueillir du matériel sur l’éducation et la méthodologie d’enseignement. Ils prévoient d’utiliser ce matériel pour développer un système scolaire moderne une fois que la Pologne aura regagné son indépendance. Maria Grzegorzewska a écrit un article pour la Ligue O konieczności zorganizowania specjalnego szkolnictwa dla dzieci anormalnych w Polsce (Sur la nécessité d'organiser une éducation spéciale pour les enfants en situation de handicap en Pologne).
En , Maria Grzegorzewska et Józefa Joteyko rentrent en Pologne, peu après la création de la deuxième république polonaise. En quelques mois, elle trouve du travail en tant qu'assistante au ministère des Affaires religieuses et de l'Instruction publique . Elle est chargée de gérer le développement de l'éducation spéciale pour les écoles, les institutions et les éducateurs. Comme Józefa Joteyko est refusée à l'université de Varsovie, Maria Grzegorzewska l'aide à trouver du travail comme enseignante au Państwowy Instytut Pedagogiczny / Instytut Głuchoniemych à Varsovie. Bien qu’à ce moment-là des installations limitées sont établies pour les personnes sourdes, les aveugles et les personnes en situation de handicap mental il n’y a pas de système d’éducation nationale adressé à ceux qui vivent avec des difficultés physiques ou mentales Maria Grzegorzewska vise à mettre en œuvre les méthodes pédagogiques qu’elle a conçues, avec la formation obligatoire des enseignants et des projets de recherches en cours pour évaluer le système au fil du temps. Sa méthode adopte une approche holistique qui inclut la prise en compte des soins, des obstacles au fonctionnement quotidien et de l’éducation des personnes ayant un handicap mais aussi leur intégration sociale et leur développement socioprofessionnel. Il s’agit d’évaluer les enfants chroniquement malades, à handicap ou socialement inadaptés d’un point de vue interdisciplinaire et scientifique, plutôt que de se concentrer sur leurs défauts perçus.