Jean Louis des Bravards d'Eyssat, comte du Prat, est un aristocrate et militaire français. Il est le fils aîné de Jean-Baptiste des Bravards d'Eyssat, comte du Prat, seigneur de Salles et de Montrond, et de Marie Anne Horace de Saulx-Tavannes. Il fut un proche de Jean-Jacques Rousseau. Condamné à mort pendant la Révolution française, il meurt guillotiné le .

Biographie Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat naît le à Bongheat, actuellement dans le Puy-de-Dôme.

En , il est cornette au régiment de Bourbon-Busset-cavalerie.

En 1762, il est aide de camp du prince de Condé.

Le , il devient maréchal des logis au sein du régiment des grenadiers à cheval de la maison du roi.

Le , il est réformé avec son régiment à la suite d'une ordonnance réorganisant les compagnies de mousquetaires et de grenadiers à cheval.

Le , il est nommé lieutenant-colonel au sein du régiment d'Orléans ; cette même année il est créé chevalier de l'ordre de Saint-Louis.

Sa carrière militaire prend fin le ; il obtient alors une pension de livres.

Amitié avec Jean-Jacques Rousseau Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat fut ami avec Jean Jacques Rousseau, il lui rendit régulièrement visite lors de ses passages à Paris.

A propos du comte du Prat, l’éditeur des donne l’anecdote suivante :

Rousseau qui, après des années d'errances, revient s’installer à Paris en 1770, vit de travaux de copie de partition de musique. Victor Donatien de Musset-Pathay dans sa réponse à Stanislas de Girardin nous apprend qu'en 1777 Jean Jacques Rousseau tombe malade et doit renoncer à ses travaux.

C'est dans ce contexte de précarité que Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat propose au philosophe de venir se retirer sur ses terres. Le Jean-Jacques Rousseau accepte l'offre dans une lettre manuscrite adressée à Jean Louis Duprat.

Le lieu n'est pas nommé, mais il est suffisamment éloigné de Paris pour qu'il ne souhaite pas entreprendre le voyage durant l'hiver. L'asile semble également à bonne distance des grandes villes dont Rousseau ne . Éric Francalanza cite pour sa part un voyage en Auvergne près de Clermont. gauche|vignette|256x256px|Manuscrits Originaux de la Musique de J. J. Rousseau, trouvés après sa mort parmi Ses Papiers, et déposés à la Bibliothèque du Roi - le dix avril 1781 Dans une seconde lettre rédigée à Paris le , Rousseau confirme son proposé par le Comte Duprat. Rousseau évoque également les deux conditions réclamées par Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat en échange de l'asile. La première est d'aller à la messe ; Rousseau n'a à y assister même s'il ne . La seconde exigence est de changer de nom ; sur ce point Rousseau ne , même si de son point de vue .

Dans une troisième lettre datée du , il informe le comte Duprat que l’état de santé de sa femme s’étant aggravé, il n'a de pouvoir voyager jusqu’à l'asile proposé par le comte du Prat. Rousseau revient également sur les contreparties de Duprat qui sont la messe et l'incognito qu'il juge inutile et selon son expérience. Il termine sa lettre en disant adieu et en exprimant sa reconnaissance au comte du Prat. En bas de la lettre, il existe la note manuscrite suivante du comte du Prat : Jean Jacques Rousseau décède quelques mois plus tard au château d'Ermenonville, le .

Le , Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat est témoin du dépôt des manuscrits originaux de la musique de Jean Jacques Rousseau à la bibliothèque du Roi.

Selon une tradition locale, Joseph Moulins Brunet d'Évry, marquis d'Évry et baron de Châtel-Montagne, fut un admirateur de Jean Jacques Rousseau. Il aurait hébergé le philosophe dans sa demeure située dans la commune de Saint-Clément. à quelques kilomètres du château du Mayet-de-Montagne, résidence de Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat.

Sous la Révolution française

Les Bourbon Busset vignette|Lithographie du château de Busset au |257x257px|alt=Au moment de la révolution trois générations de Bourbon Busset coexistent. François Louis Antoine de Bourbon, comte de Busset le grand père, son fils Louis François Joseph de Bourbon Busset dit "L'émigré" et les deux petits enfants François Louis Joseph de Bourbon Busset et son frère cadet Antoine Louis Jules de Bourbon Busset.

Au cours de l'année 1791 Louis François Joseph de Bourbon Busset émigre à Turin afin de rejoindre sa femme qui est dame d'atours de Marie-Thérèse de Savoie. Les deux parents étant émigrés, c'est François Louis Antoine de Bourbon qui a la charge des petits enfants Bourbon Busset. Mais le comte est âgé et sa santé décline rapidement ; quelque temps avant sa mort, il rédige un testament. Dans celui-ci le vieux comte lègue tous ses biens directement à ses petits enfants et confie leur tutelle à Jean-Louis Des Bravards d'Eyssat qui était déjà fermier-régisseur au château de Busset. Le comte François Louis Antoine de Bourbon meurt le au château de Busset; Jean-Louis Des Bravards d'Eyssat Duprat est alors cité comme témoin dans l'acte de décès.

Le le directoire du district de Cusset répond favorablement à la pétition de la municipalité de Busset qui demande à avoir la surveillance sur Jean-Louis Duprat et sur les enfants Bourbon Busset :

Vente des biens de Busset et faux assignats Le , l'Assemblée nationale législative prononce la vente des biens mobiliers et immobiliers des émigrés qui avaient déjà été mis sous séquestre par la lois du . Le cinq fonctionnaires nommés par le directoire du district de Cusset se rendent au château de Busset pour débuter l’inventaire des biens de François Louis Antoine de Bourbon. Jean-Louis Des Bravards d'Eyssat Duprat assiste ces fonctionnaires avec plus ou moins de bonne volonté. Selon Jean-Charles Varennes mais cette affirmation est nuancée par Jean Corre Les efforts de Jean Louis Duprat permettent de soustraire de la vente les biens nécessaires aux enfants Bourbon Busset ; il obtient également une pension alimentaire annuelle de 900 livres.Les biens des Bourbon Busset furent vendus aux enchères durant 17 séances s’étalant du au .

Jean-Charles Varennes relate l'incident suivant qui se produisit lors de la troisième vente :

Selon Jean Corre, ces accusations sont contredites par les éléments qui se sont déroulés par la suite. Pierre Sayet suspendit la vente et informa le directoire du District de Cusset qu'il ne voulait pas se porter garant de faux assignats. À la suite de ces révélations, plutôt que de diligenter une enquête le district se borna en envoyer les gendarmes du Mayet-de-Montagne et de Cusset pour maintenir l'ordre.

En , une autre rumeur à propos de travaux de fortifications entrepris par le comte de Busset dans son château s’était déjà révélée infondée à la suite d'une inspection conduite par des commissaires du District..

Dénonciation et captivité D’après Jean Corre, tout commença durant la vente des biens des Bourbon Busset. Un certain Maillot, tailleur à Ris, vint se plaindre à Jean Louis Duprat qu'il avait vendu sa propriété aux Bourbon Busset à un prix beaucoup trop bas et qu'il souhaitait la recouvrer. Ce bien avait été acheté par Louis François Joseph de Bourbon Busset en 1790 juste avant d'émigrer ; il ne relevait pas de la compétence de Duprat. Il lui répondit alors que le bien allait être mis en vente et qu'il pourrait s'en porter acquéreur. Maillot répliqua Duprat rétorqua Maillot ne se porta pas acquéreur de son ancien domaine, mais fit le voyage à Cusset pour dénoncer Duprat au Comité de surveillance .

À la suite de cette dénonciation Jean Louis Duprat fut arrêté et son domicile fouillé, Jean Cornillon nous en livre le récit suivant : vignette|Antoine Fouquier-Tinville, estampe de François Bonneville, Paris, BnF, département des estampes, 1796.Augustin-Jean Louis Antoine du Prat comte puis marquis de Barbançon, était l’héritier d'une branche cousine des Bravards d'Eyssat Duprat. Dans un acte d'obligation du Jean Louis Duprat a pour lieu de résidence

Après son arrestation il fut incarcéré pendant seize jours à la maison d’arrêt du district de Cusset du 22 ventôse au 7 germinal de l'an II (12 au )

Pierre-Antoine Meilheurat, ancien administrateur du district de Cusset, arrêté pour avoir discuté les décisions de François Givois procureur-syndic du département de l'Allier, décrit dans ses mémoires son transfert de la prison de Cusset à celle de Moulins en compagnie de Duprat :

Accusation et exécution Le 8 floréal an II () Jean Louis des Bravards d'Eyssat Duprat fut accusé à Paris par Antoine Fouquier-Tinville en compagnie de 35 autres prévenus. L'acte d'accusation fut le suivant :

Les 35 accusés furent guillotinés le jour même et leurs corps furent enterrés au cimetière de la Madeleine dans le de Paris.

Fiefs et domaines Cheval-Rigon et le château de Montgilbert (Commune de Ferrières-sur-Sichon) Le Jean Louis Duprat acheta le château de Chappes à Paul de Manissy pour un montant total de 55000 livres Entre 1776 et 1778 Jean Louis Duprat acquis la terre de la Guillermie Le Jean Louis Duprat acheta le domaine de Bonaventure (Commune de la Guillermie) Le Mayet-de-Montagne et le domaine de la Roche (Commune du Mayet-de-Montagne) Dans un acte du Jean Louis Duprat est désigné comme seigneur de Saint-Priest-sur-la-Prugne

Notes et références

Bibliographie

Ouvrage de fiction

Liens externes Généalogie de la famille Duprat

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