La musique algérienne se distingue par la diversité des genres musicaux et par son riche répertoire. La musique classique arabophone est la musique arabo-andalouse, très appréciée dans les grandes villes du pays, elle a donné trois formes : le gharnati à dans les villes du Nord-Ouest, la sanaa dans les villes du Nord et le malouf dans les villes de l'Est. D'autres styles musicaux citadins plus populaires existent à côté comme le hawzi, le aroubi, le mahjouz et le chaâbi. Régionalement, la musique raï est originaire de l'Ouest algérien, tandis que la musique Staïfi, est apparue dans l'Est du pays. La musique contemporaine d'expression berbère émerge principalement en Kabylie. Dans le Sahara, on connaît la musique diwane et la musique touarègue. La musique moderne est présente par divers styles comme le rock et le hip-hop.

Elle se distingue également par la richesse linguistique de son répertoire mêlant arabe classique, arabe algérien, français et langues berbères (notamment le kabyle, le chaoui et le touareg). L'ahellil du Gourara et le raï sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Histoire vignette|gauche|L'ensemble algérien ayant participé au congrès du Caire (1932) sous la direction du Cheikh Larbi Bensari.

Le patrimoine musical algérien, traduit un fonds culturel maghrébin commun, mais beaucoup d'indices montrent que ce patrimoine s'inscrit dans un espace géographique plus vaste, celui de la Méditerranée. En raison d'une histoire commune, d'une similitude entre les structures sociales et d'une mobilité des hommes, les influences ont été largement partagées ; cela est très nettement perceptible dans la musique arabo-andalouse.

Entre le , des genres distincts se sont constitués à partir du caractère diglossique des chants : la musique arabo-andalouse qui emploie les mouachah ; le hawzi et le bedoui basés sur le melhoun et le zendani, à partir des variétés dialectales. Au début du , les enregistrements et les transcriptions se multiplient et une large transmission s'effectue à travers le réseau associatif. La musique arabo-andalouse, perd dans le même temps son caractère « populaire », pour acquérir un statut élitiste et savant.

vignette|Malika Domrane a révolutionné la chanson kabyle.

Le répertoire populaire évolue par le contact colonial, dont les formes les plus exogènes donneront la chanson en sabir à la fin du , puis la . Ces chansons légères, renouvellent les thématiques et s'inspirent du quotidien colonial et des changements de mœurs. À partir des années 1930, la chanson et la musique connaissent d'autres modes de diffusion, avec l'émergence d'un « théâtre arabe » et le développement de la radiodiffusion. On assiste également à la naissance, d'un bédoui citadinisée. Le milieu ouvrier constituait le terreau de la chanson , qui deviendra plus tard nationaliste et qu'animaient des artistes de renom tel Hadj Missoum qui a été la plaque tournante de la chanson chaâbi, kabyle, et même bédoui.

Sous les influences égyptiennes, le genre asri (« contemporain ») se développe, puis il emploie des chants nationalistes, il se présente comme un compromis musical entre les traditions musicales algériennes, françaises et égyptiennes. Entre les années 1940 et 1950, dans les milieux de l'émigration algérienne en France, ces mêmes processus d'hybridation se manifestent, dans les textes de la chanson de l'exil et des alternances linguistiques : arabe algérien/français ou kabyle/français.

À partir des années 1950, le melhoun est davantage dialectisé dans la chanson moderne, même s'il se conserve dans le bedoui et le chaâbi. Après l'indépendance, les influences anglo-saxonnes se font sentir quelque peu sur les chansons de jeunes. Durant cette période, ce sont les chansons en langue courante qui domine en particulier avec les cheikhate. Les années 1970 et 1980 voient, sur le modèle marocain de Nass El Ghiwane, le réinvestissement des textes du melhoun.

Ensuite, au milieu des années 1980, se développent des genres régionaux chantées dans les variétés dialectales qui modernisent les traditions musicales locales : le raï, la chanson kabyle, la musique chaouie et le staïfi. Ces genres peuvent appartenir à la musique de la contestation liée à la vague d'agitation juvénile notamment le raï et la chanson kabyle, ou liés à l'arrivée massive des populations rurales, qui à la recherche d'une intégration rapide, substituent certains genres, plus en rapport avec leur origine, comme c'est le cas pour le staifi. Enfin, les années 1990 voient l'émergence d'un fort courant rap. Le synthétiseur est devenu le recours le plus rapide. Des instruments classique comme le luth, le qanûn ou le violon deviennent rares dans les estrades publiques.

Musique citadine Répertoire classique dit arabo-andalous

left|thumb|Mohamed Tahar Fergani, brillant interprète du malouf et artiste virtuose.

À l'origine, il y avait vingt-quatre noubas, une pour chaque heure de la journée, mais seulement seize (dont quatre inachevées) sont préservées depuis en Algérie.. Cela fait de l'Algérie le pays où subsiste le plus grand nombre de nouba, ceci n'est pas dû au hasard, en effet, l'Algérie a accueilli des réfugiés Andalous et MorisquesRegard sur l'histoire de l'Algérie, Zahir Ihaddaden, .

La musique classique arabo-andalouse, d'expression arabe classique, est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le gharnati de Tlemcen qu'est lié à l'école de Grenade, la sanâa d'Alger qui se réclame de Cordoue et le malouf de Constantine qui se rattache à l'école de SévilleBaron Rodolphe d'ERLANGER : La Musique arabe, Paris, Paul Geuthner, t.VI, 1959.. Chacune de ces écoles pratique cette musique avec certaines nuances, liées aux influences locales. Cette pratique est représentée par la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Les textes de la forme mouachah et zadjal sont communs, alors que les mélodies et les rythmes restent spécifiques à chaque centre..

vignette|Orchestre algérien de musique andalouse vignette|Istiḥbār dans le mode məzmūm, chanté par Lazaar Ben Dali Yahia. vignette|Inqilāb Ǧārkā sallī humūmak fī da-l-ʿašīyyā, chanté par El Motribia d'Alger.

En Algérie, il y a douze noubas complètes : al-dhîl, mjenba, al-hussayn, raml Al-mâya, ramal, ghrîb, zîdân, rasd, mazmûm, rasd Al-Dhîl, mâya. Une nouba est composée des mouvements suivants : mestekhber çanâa ou mishalia (prélude instrumental) ; tûshiya (pièce d'ouverture) ; msaddar (pièce vocale et instrumentale la plus importante) ; btâyhi (deuxième pièce vocale et instrumentale) ; darj (troisième mouvement chanté et instrumental) ; tûshiya el Insirafate (pièce instrumentale annonçant une partie accélérée et vive) ; insirâf (quatrième mouvement vocal et instrumental) ; khlâs (ultime pièce chantée exécutée sur un rythme dansant) ; tûshiya el Kamal (pièce instrumentale).

Le gharnati, est la forme musicale arabo-andalouse issue de l'école de Tlemcen. Ce genre a été préservé et s'est développé à Tlemcen, de par la position de la cité qui fut la jumelle de Grenade en Afrique. À la suite de la chute de Grenade, des milliers de familles andalouses se réfugièrent à Tlemcen. Le gharnati est pratiqué aussi dans d'autres villes de l'Ouest de l'Algérie, notamment à Nedroma et Oran.

La ça'naa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, de tradition cordouane, elle s'est développée à Alger et ses environs, dans la ville de Mostaganem à l'Ouest du pays et à Béjaïa. Le malouf est le répertoire de la musique arabo-andalouse de Constantine. Il existe dans d'autres villes de l'Est algérien des associations musicales qui pratiquent le malouf et suivent la tradition de cette école. L'influence ottomane sur le malouf se fera en ce qui concerne le bashraf (ouverture instrumentale qui tient la place de la touchia dans le malouf).

En plus de la nouba, il existe en Algérie, le inqilab ou naqlâb qui est une petite pièce utilisant les mêmes types de textes que ceux de la nouba., mais plus modeste. Il a une grande place dans les répertoires algérois et tlemcénien dont il est, semble t-il, originaire.. À Alger, l'inqilab utilise les sept modes fondamentaux de la nouba. La silsila () est une autre composante du répertoire classique, c'est un ensemble de poèmes chantés qui s'enchaînent et sont liés les uns aux autres par une unité rythmique.

Répertoire populaire

vignette|gauche|Orchestre d'El Widadia de Blida, ensemble de musique « haouzi »

Les villes traditionnelles cultivent aussi en outre de la musique arabo-andalouse, des répertoires populaires citadins. Ces musiques, apparentées à la nouba, partagent avec elle les modes, les thèmes et certains rythmes.. Exprimées en arabe dialectal, elles comprennent en son sein plusieurs formes : le hawzi, le aroubi, le mahjouz, la qadriya, le hawfi et le chaâbi.

vignette|Hawzi nīrān šāʿla fī knānī d'Ahmed Ben Triki, chanté par Cheikh Larbi Bensari et son fils, Redouane, 1929.

Le hawzi est un genre poétique qui est né à Tlemcen au et dérive du gharnati de l'école de Tlemcen et s'est répandu au sein des populations citadines.. Du point de vue linguistique, il se distingue par l'emploi de la langue usuelle populaire de l'époque. C'est une longue poésie qui compte des strophes constituées en refrains et en couplets. Les concepteurs de ce genre sont généralement originaires de la ville de Tlemcen et de ses alentours et ils se sont inspirés du patrimoine arabo-andalou pour l'adapter aux propres traditions et expressions régionales maghrébines. Parmi les plus célèbres de ces poètes et musiciens, on peut citer Mohammed Benmsayeb, Ahmed Ben Triki ou encore Mohamed Bensahla et son fils Boumediène.

Le mahjouz est un genre musical populaire qui dérive du malouf où le chant est fortement scandé et accompagné d'une musique composée sur les modes musicaux du malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la nouba. Les textes du mahjouz sont en arabe populaire algérien, dont les auteurs sont des poètes issus du sud-est constantinois de l'époque.

Le aroubi est un genre populaire citadin et ayant pour chaque centre une structure spécifique.. La composition poétique de cette forme ressemble beaucoup au mouachah.. À Constantine, la partie réservée à l'improvisation est appelée aarubiyât qui est une forme chantée non mesurée aux couleurs des chants ruraux. Une pièce de aroubi compte souvent plusieurs modes et pour chaque mode correspond à une mélodie..

Le chaâbi est une musique citadine qui appartient à la musique arabo-andalouse mais enrichi aujourd'hui par diverses influences arabe, européenne et africaine dans ses mélodies et gnawa et berbère dans ses rythmesAlgérie 2011 Par Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias, et se base principalement sur la poésie malhoun des poètes Lakhdar Ben Khlouf et ses successeurs. Le chaâbi (populaire en arabe algérien) est né au début du dans la Casbah d'Alger, notamment selon Hadj Miliani par la diaspora kabyleDes Louangeurs au Home Cinema en Algerie Par Hadj Miliani, , cependant, il est apprécié dans toute l'Algérie, pour l'aspect poétique, moral et social de ses textes, les maitres Hadj El Anka et Cheikh Nador sont considérés comme les créateurs du genre. De nos jours, un nouveau genre musical, dit Assimi (), un mixage entre le répertoire arabo-andalou algérois et le chaâbi, s'impose dans l'ensemble du pays..

La qadiriyya est une pièce vocale appartenant au répertoire populaire à Constantine, à Alger, c'est un chant entrant dans la composition de la nouba..